‹ Voyage autour de ma chambreChapitre 9 sur 30 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

PREMIER COUPLET

Juste ciel! qu'aperçois-je ici!

(il prend le plateau sur la tablette.) Un pâté, du vin... du pain tendre!

Mais cela peut-il me surprendre ? A l'auberge, enfin, me voici !

Ce repas, c'est un Dieu, sans doute.

Qui, pour moi, l'a mis sur ma route.

(Gaiement en posant le plateau sur la table à gauche.) Mettons à profit Cette heureuse chance :

J'ai bon appétit, Et faisons bombance !

(U se verse à boire.) Vous, à qui je dois Ce repas étrange, A vous seul je bois.

Salut, mon bon ange !

(il boit et semble trouver le vin bon, puis il fait une grimace de désappointement.) Hélas! hélas! je ne puis le nier.

Dans ce voyage autour de mon foyer.

Mon beau lutin, mon ange hospitalier.

L'aubergiste... c'est mon portier!

C'est mon affreux portier !

(U se remet i table, et dit en dépliant sa serviette.)

C'est clair; je l'avais instruit de mon arrivée, et il aura, par prévoyance... mais je n'ai pas de fourchette, ni de couteau I... (ll se dirige vers l'armoire, et s'arrête stupéfait en voyant sur la face intérieure de la porte, qui est restée ouverte, le nom de Cécile tracé & la craie ; audessous du nom, il y a quelques mots à demi effacés.)

DEUXIÈME COUPLET

Mais, pardieu! que vois-je à présent?

Et ce nom inscrit sur la porte...

Cécile!., encore?.. Mais qu'importe!

Je rêve, et mon rêve est piquant :

Cécile est de l'hôtellerie La servante accorte et jolie!

(Se frottant les mains en descendant la scène.) Je ne sais pourquoi.

Ce doux nom de femme Vient, d'un doux émoi.

D'enivrer mon Ame !..

(il remonte doucement jusqu'à l'armoire.) Je crois voir soudain Soubrette gentille, Au minois mutin, A l'œil qui pétille! .

Hélas! hélas! je ne puis le nier.

Dans ce voyage autour de mon foyer.

Mon beau lutin, mon ange hospitalier, (Il ferme la porte de l'armoire avec bumcur et redescend.) Ma soubrette... c'est mon portier!

C'est inon affreux portier!

(il se remet à table avic humeur pendant la ritournelle. — Aussitôt après, oit frappe t U porte de l'armoire. — Il (e relevé.)

EiiCoie ce Coquillardl Que peut-il me vouloir?

(il va à la porte du cairé qu'il ouvre.) Personne!... OÙ est-il fourré?... (Ounois sort un instant.)

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