INSTRUCTIONS RELATIVES À LA BOTANIQUE
par les naturalistes. Une relâche à Chiloë, quelque courte qu'elle füt, ne serait pas stérile. Za Bonite aura très-probablement doublé le cap Horn en mars, époque qui, pour ces latitudes, répond à la fin de nos étés. Alors donc les graines seront müres, et une abondante moisson deviendra facile. j
Dans l'intérêt de la culture, on recommande surtout à l'attention des collecteurs les arbrisseaux, et plus encore les arbres. Nous indiquerons, entre autres, le Fagus obliqua (hêtre à feuilles obliques) ou roblé , observé à la Conception par Dombey, le Fagus Dombeyi ou.cogué, découvert également par ce botaniste, et toutes les espèces de conifères quise rencontreraient. La plus précieuse peut-être, serait l’4raucaria du Chili. Sous le climat de Paris, nous lui faisons passer l’hiver en serre tempérée, et nous ne le multiplions que bien difficilement par bouture. Ce bel arbre donne, dans son pays natal, une grosse amende nutritive trés-savoureuse. Il supporterait indubitablement le climat de nos côtes méditerranéennes , et, à plus forte raison, le climat de la Corse et celui d’Alger. Mais les graines manquent à nos cultivateurs. Il faudrait nous trouver des correspondants zélés qui saisiraient toutes les occasions favorables pour nous en envoyer.
La ville de Lima possède, sans noms scientifiques d'espèces et sans classification , un grand herbier du Pérou , dans lequel , d’après des renseignements que nous avons de justes motifs de croire certains , 1l sera permis de prendre les doubles échantillons, à la charge
ET A LA CULTURE. 175 de numéroter toutes les espèces, et d’en envoyer les noms au retour de l'expédition. Nous pouvons donc à la fois enrichir nos herbiers et propager la science au loin, parmi des hommes qui ne la dédaignent pas, comme il paraît par le prix qu'ils mettent à leur concession.
Si les instructions que recevra M. le commandant de /a'Bonite ne s'opposent pas à ce qu’il relâche à l'entrée du golfe de la Californie, nous devons espérer une riche récolte au profit de la botanique et de la culture. Les deux côtes occidentale et orientale du golfe n’ont été encore visitées par aucun naturaliste ; et, si nous préjugeons leur température et leur végétation d’après ce qui a été observé dans certaines localités situées plus au nord , sous des longitudes peu différentes , nous penserons qu'elles doivent offrir un grand nombre de types nouveaux, dont beaucoup, tôt ou tard, se naturaliseront dans l’Europe australe et sur les côtes de l'Afrique.
Un important travail de géographie botanique a été entrepris à deux époques très-rapprochées l’une de l'autre, sur les montagnes des iles Sandwich, par deux habiles naturalistes, MM. Chamisso et Gaudichaud. Le peu de temps qui fut alors accordé aux recherches scientifiques n'a pas permis de les terminer. Il est à souhaiter que cette fois elles soient conduites à fin. Elles approcheront bien près de la perfection , Si, en même temps que le naturaliste signale les diverses zones végétales , le géomètre physicien détermine la hauteur où elles commencent et celle où elles finissent.