VIII INTRODUCTION
Parmi les hommes de la première race, on remarque bientôt deux sections bien pronon eées. D'une part, toutes les peuplades qui occupent les tles les plus orientales de FOoéan Pacifique, depuis les tles Hawaii jusqu'à celles de la Nouvelle-Zélande dans un sens, et dans l'autre depuis les îles Tonga et Hamoa jusqu'à l'île WalhoUi ont évidemment la même origine et ne forment qu'une même femille. Leur teint , leurs traits , leurs formes et leurs langages sont les mêmes. Tous ces peuples reconnaissaient le iapou; tous £Biisaient usage du haoa ou ava ; et l'emploi de Tare et des flèches , comme instruments de guerre , leur était inconnu. Enfin , tous étaient parvenus à un degré de civilisation plus ou moins marqué, et chez quelques^uis les lois de l'étiquette avaient déjà acquis un développement surprenant.
La seconde section de la race cuivrée comprend les tribus disséminées sur cette chaîne de petites îles qui ont reçu des navigateurs les noms de Gilbert, Marshall, Carolines, Mariannes, jusqu'aux îles Pelew inclusivement. Ces insulaires diffèrent généralement de ceux de l'Orient par une couleur un peu plus rembrunie, par un visage plus efflilé et des formes plus sveltes. Le tapou leur est inconnu ; leur langue, qui varie sensiblement dans ses dialectes d'un archipel à l'autre, diffère beaucoup de celle qui est commune aux hommes de la section précédente. Le hava est encore usité sous d'autres noms dans la partie orientale de cette section ; mais dans la partie occidentale il &it place au bétel et à l'arek.
Enfin, parmi les peuples cuivrés, une troisième division avait été déjà depuis longtemps formée sous le nom d^ Archipel Indien ou Grand Archipel d'Asie^ et comprenant les îles connues sous le nom de Philippines, Moluques et îles de la Sonde, occupées presque entièrement, du moins quant au littoral, par le peuple malais.
Ces considérations, fondées sur les caractères moraux et physiques des peuples, nous ont naturellement conduit à partager d'abord TOcéanie en quatre divisions principales et fondamentales, savoir:
1<> L'Ooéanie orientale, à laquelle nous conservons le nom de Polynésie , déjà adopté par divers géographes dans un sens plus étendu. Nous en limiterons l'application aux peuples jaunes ou cuivrés qui reconnaissent le tapou , parlent la même langue, et occupent toute la région orientale de l'Océan Pacifique. Cette division comprend les archipels Hawaii , Nouka-Hiva, Pomotou, Taîti, Hamoa, Tonga, les îles de la Nouvelle-Zélande, les îles Chatam, et plusieurs autres éparpillées entre ces groupes.
T L'Océanie boréale , que nous nommons Micronésie , parce qu'elle ne contient que de petites îles, dont Gouaham dans les Mariannes, Pounipet dans les Carolines, et Baubelthouap dans les tles Pelew, sont les principales. Là se trouvent renfermées les peuplades qui diffèrent de groupe à groupe pour les moeurs , le gouvernement et le langage. La trèsgrande majorité de ces peuples est simplement cuivrée; cependant le capitaine Lûtke a récemment rencontré des noirs sur l'île haute de Pounipet, et, si l'on en croit Morrell, cette race se retrouverait aussi sur le groupe de Hogoleu. Les principaux groupes de cette division sont ceux de Gilbert, Marshall, les Mariannes, les îles Pelew, et tout ce qui est connu sous
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)e nom de Carolines , y compris un grand nombre d'tles inhabitées, jusqu'au quarantième degré de latitude septentrionale.
30 L'Ooéanie occidentale, ou Malaisie^ contenant les tles Philippines, Moluques et de la Sonde, occupées par les peuples d'origine évidemment malaise, au moins sur les bords de la mer; car dans Tintérieur de la .plupart de ces grandes terres existent encore des peuplades qui se rapprochent beaucoup de celles qui occupent la division suivante.
4« L'Océanie méridionale, qui comprend tous les peuples océaniens à peau plus ou moins noire, aux cheveux frisés ou crépus, et aux membres souvent grêles et difformes, à laquelle nous imposons le nom de Mélanésie. Là les mœurs, les coutumies et le langage varient à l'infini , ces hommes sont presque toujours restés dans une sorte de barbarie. Point de gouvernement, de lois, de cérémonies régulières ; aversion constante et marquée pour les Européens. L'observateur le plus philanthrope est forcé dé reconnaître une différence immense entre Tintelligence de ces hommes et celle des peuples simplement jaunes ou cuivrés. L'Australie ou Nouvelle-Hollande, sorte de continent austral , forme le noyau de cette vaste division, à laquelle viennent se joindre les grandes îles de la Tasmanie, de la Nouvelle-Guinée, de la Louisiade, Nouvelle-Bretagne, Nouvelle-Irlande, NouvelleOalédonie , Nouvelles- Hébrides, îles Loyalty, Nitendi et Viti.
Notre système de division nous semble avoir, sur ceux qui ont été proposés jusqu'ici , l'avantage réel de n'être point arbitraire , et d'être fondé , au contraire , sur des considérations positives , sur des rapports naturels bien établis et presque toujours constants entre les peuples qui composent chaque division. Ainsi l'on saura sur-le-champ qu'il sera question des peuples cuivrés, parlant une langue commune et esclaves du tapou^ ou des peuples cuivrés parlant des langues diverses et étrangers au tapou, ou des nations malaises, ou enfin des noirs de l'Océanie, suivant que nous emploierons les désignations de Polynésie, Micronésie, Malaisie ou Mélanésie.
Les quatre grandes divisions de l'Océanie une fois arrêtées , il nous restait à établir une nomenclature de détail. A cet égard , une confusion inextricable commence à régner dans la désignation des îles de l'Océanie , et nous pourrions citer telle île qui a déjà reçu quatre ou cinq noms divers, sans qu'aucun d'eux ait définitivement prévalu. Dans le principe, cet abus est résulté de l'ignorance des premiers navigateurs et de l'imperfection des moyens dont ils pouvaient disposer pour déterminer d'une manière satisfaisante les terres qu'ils reconnaissaient. Ainsi, plus d'une fois ils ont regardé comme une découverte une terre vue par leurs devanciers, lui ont imposé un nom , et ce nom figurait sur les cartes dressées d'après leurs données. Cook était trop éclairé, il opérait avec trop de jugement et de précision pour se tromper sur la valeur réelle de ses découvertes, et il lui eût appartenu d'éta? blir une nomenclature régulière , à laquelle son autorité aurait donné un poids immense. Mais, par une faiblesse déplorable dans un homme d'un mérite si supérieur, il ne respecta presque jamais les droits des premiers découvreurs ; il se permit d'imposer des noms nouveaux à des terres déjà reconnues. Cet exemple a été plus d'une fois suivi depuis , et Ton
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