POULPE BLANC
Octopus niveus , Less.
(PL T; Ge. retmbis,.s.n.
A. Ventouses vues de face : B. Les mêmes vues de profil.
Ce poulpe, dessiné de grandeur naturelle, se distingue aisément de toutes les espèces connues, d'après les figures du moins, par la minceur et la longueur des bras, relativement au volume du sac terminal, au renflement céphalique, puis au peu d'ampleur du repli membraneux qui unit les bras à leur base.
La surface du corps en dessus est très-légèrement chagrinée, mais si le renflement postérieur est parfaitemens lisse, tout le dessus de la région oculaire et céphalique, est couvert d'éminences papilleuses courtes, de forme conique. Ces éminences constituent un rebord à chaque œil. Ceux-ci sont petits, peu apparents. Les bras arrondis, minces dès leur naissance, et
très grèles à leur terminaison, sont munis de deux rangées de sucçoirs. Ces sucoirs ou ventouses sont en forme de godet, arrondies à leur sommet et bordées par un bourrelet. Elles sont alternes et non opposées sur la face interne de chaque bras.
Ce poulpe, grèle et fluet dans ses formes, est d’un blanc neigeux sur toutes ses parties. Il a quelques rapports avec le polypus longipes de Leach, mentionné dans le tome LXXX VI du Journal de Physique (p. 374), mais très-mal caractérisé. Il vit sur les côtes de l'ile de Borabora, où les naturels le recherchent pour s’en nourrir. Comme ses congénères, il demeure au fond de l’eau, car, privé d'ailes, il ne nage point, et sa locomotion est une reptation à l’aide des bras. C'est à six jusqu'à quinze brasses de profondeur qu'il se tient, sur le sable et dans les interstices des coraux.
M. de Lamarck n’admet que les octopus vulgaris, granulatus, cirrhosus et moschatus. M. de Férussac y ajoute les octopus Backerit, longipes et Peroni; mais ces diverses espèces ont besoin d'être mieux distinguées qu'elles ne le sont dans les
livres, par un travail de révision.