PLEUROBRANCHE DE BLAINVILLE
Pleurobranchus Blainvillié, Luss., Centurie zool., pl. LE, g. n.
Péron rapporta le premier mollusque de la famille des phyllidiens qui servit de type au genre pleurobranchus de M. Cuvier, adopté par M. de Lamareck et M. de Blainville, bien que ce dernier auteur en ait séparé les bertelles, petit genre très-voisin que Montagu parait avoir nommé lamellaire. Le genre pleurobranche appartient au quatrième ordre des mollusques gastéropodes ou éectibranches du Règne Animal de M. Cuvier, et au troisième ordre les monopleurobranches, à la première famille des subaplysiens de la méthode de M. de Blainville (Manuel de Malacologie, p. 470).
Les pleurobranches ont les caractères génériques suivants : Animal épais, charnu, ovalaire ou subcirculaire, déprimé, comme formé de deux disques. L’inférieur ou le pied ordinairement le plus large, ovalaire, aplati. Le supérieur ou le disque débordant le corps, aplati et renfermant au milieu une coquille ovale, convexe en dessus, rudimentaire, à bords membraneux et tranchants, le sommet spiré et postérieur : une sorte de canal régnant tout autour du corps formé par les saillies des deux disques d’entre lesquels sort en avant une tête distincte, à bouche transversale, cachée, ouverte à l'extrémité d’une sorte de trompe, et munie de deux paires d'appendices tentaculaires,
les antérieurs à chaque angle extérieur de la tête, où ils forment
un voile qui l’unit avec le pied; les postérieurs plats et fendus, soudés à leur base. Yeux sessiles placés au bord externe et à la base des tentacules antérieurs. Branchies composées d'une double série de lamelles formant un seul panache adhérent au côté droit et au tiers postérieur entre le manteau et le pied. Les organes excitateurs en avant et sur le rebord du côté droit. L'anus porté par un petit tube et tout-à-fait en arrière des branchies.
M. Cuvier a trouvé aux mollusques de ce genre quatre estomacs dont le second est charnu, quelquefois armé de pièces osseuses, et le troisième est garni à l'intérieur de lames saillantes longitudinales et un intestin court.
Sept espèces de vrais pleurobranches de l'Océan, de la Méditerranée et de la mer Rouge sont décrites par les auteurs. Nous y ajouterons la belle espèce que nous dédions à M. de Blainville, et que nous trouvames en mai 1823 à la pointe Vénus de la baie de Matavai, dans l'ile d'O-Taiti.
Long de près de 3 pouces et demi, le pleurobranchus Blaënvillii a jusqu'à 2 pouces 3 lignes d'élévation vers le milieu du corps. Le disque dorsal est mince, aplati, charnu, ovalaire, arrondi à l'extrémité postérieure et échancré en devant, léoèrement aréolé, d'une couleur blanc-bleuâtre de porcelaine, avec des stries blanches, et quelques raies purpurines au milieu. Un rouge ocreux teint le rebord antérieur. Les tentacules buccaux et les organes générateurs sont d’un pourpre noir. Les branchies, en forme de panache élégant et bipinné, sont purpurines. Un rose violâtre nuance le corps, et est sillonné par des stries bleuâtres ramifées. Le pied est aplati, lisse, blanc bleuûtre, plus épais et coloré en rouge carminé sur son bord : il est arrondi en devant et terminé en pointe obtuse à son extrémité postérieure.
La figure de la planche LI de notre Centurie zoologique
ZOOLOGIE. 203 représente exactement le dessin que nous avons fait de ce mollusque sur le frais à O-Taiti. Nous n'avons pu retrouver l'individu que nous avons apporté et déposé au Musée de Paris, ‘de sorte que nous ne pouvons donner aucune description de sa coquille.