ONCHIDIE FERRUGINEUSE
Onchidium ferrugineum , Less.
Cette onchidie est bien voisine de l'onchidore de M. de Blain-
ZOOLOGIE. 3o1 ville, et fait le passage de l’un à l’autre genre. Elle a 18 lignes de longueur. Son manteau, très-épais et tres-charnu , déborde peu le pied, c'est-à-dire que son bord est presque vertical, et donne de l'épaisseur au mollusque sans l’élargir dans le sens transversal. La partie supérieure est très-rugueuse, couverte de papilles charnues, pressées, coniques, et feuilletées en rosaces lorsqu'on les regarde à la loupe. Cette partie, très-consistante, est d'un rouge-ferrugineux intense. Le pied est large, ovalaire, terminé en pointe et un peu échancré au milieu en avant. Il est jaune blanchätre, ainsi que le bord du manteau. Dans le jeune âge, le pourtour entier du manteau est noirâtre. La tête est striée, assez volumineuse. Les deux tentacules oculaires sont courts et situés sous le rebord antérieur même du manteau. La bouche est ouverte en fente verticale sous l’épaisseur d'une sorte de rebord labial à lobes peu distincts. Une rainure très-marquée nait sous le lobe buccal droit, et côtoie le sillon qui résulte de la soudure du manteau et du pied, et s'arrête à son extrémité même. Cette rainvre conduit à une ouverture garnie d'un bourrelet où aboutit l'oviducte, ouverture percée à l’extrémité postérieure et médiane du pied. L'organe excitateur est prodigieusement allongé. Il est cylindrique, très-tortillé sur lui-même, attaché à la partie postérieure de l’onchidie, rampant le long du tube intestinal, devient dorsal, se dilate en tube contractile, épais près de l'estomac, et sort à côté de la bouche par une ouverture percée entre les tentacules, à droite, sur le rebord antérieur du manteau. L'anus consiste en un trou arrondi perforé sur le rebord postérieur et sur la ligne médiane du manteau.
Des cellules aériennes occupent toute la partie postérieure du mollusque. Elles communiquent avec l'extérieur par des branchies tout-à-fait dorsales, disposées en houppes ou en paquets fasciculés. Aucune autre espèce ne nous a présenté cette
particularité bien digne d'être notée. Ces paquets de branchies sont tout-à-fait postérieurs, et saillent d’entre les papilles verruqueuses qui recouvrent le manteau. Ces branchies consistent en tubes courts, perforés, diaphanes, implantés dans le tissu souscutané du mollusque, et réunis par petits faisceaux de cinq à Six.
Cette onchidie est essentiellement marine; nous l'avons trouvée à quelques pieds sous l’eau, dans le havre de Doréry, à la
Nouvelle-Guinée.
4o. VAGINULE DE LIMA.
Vaginulus limayanus, Less.
(HDCP RSS en)
Les vaginules, qui sont pour M. de Blainville des onchidies, sont des limaces à corps allongé, étroit, à manteau sans bouclier, mais débordant le pied de toutes parts. Celui-ci est allongé et mince. La tête est cachée sous le rebord du manteau. Deux tentacules oculaires, cylindriques, allongés, naissent au-dessus de deux tentacules buccaux placés au côté de la bouche, courts, aplatis et bifurqués à leur sommet. La bouche, disent les auteurs, est très-fendue et armée en avant d’une orande dent demi-circulaire. En arrière du corps, sur le côté droit, s'ouvre la cavité pulmonaire. L'organe excitateur est placé latéralement entre les deux tentacules droits.
La vaginule de Lima est longue de 2 pouces environ, mince, peu épaisse, lisse et presque plane sur le dos, à bords légèrement flexueux, et arrondie à ses deux extrémités. Un repli
membraneux mince donne une extension marginale à tout l’a-
nimal, et une sorte de convexité marque la ligne moyenne du
corps. Le pied est très-long, rubané, mince, puissamment con-
ZOOLOGTE, 303 tractile, et étroit à sa terminaison. L'ouverture respiratoire est nue et parfaitement ronde. Les tentacules oculaires sont allongés, cylindriques; les labiaux sont courts, élargis à leur sommet et bifurqués.
Le manteau est d'un brun marron très-foncé, encadré de brun olivatre sur le pourtour. Le pied, les tentacules sont jaune olivâtre. Le dessous du manteau est brun sale mêlé de fauve.
Cet animal a été trouvé par M. Bérard sur le mont San-Christoval, situé à une lieue de Lima. Cette montagne est nue, desséchée et brulée par un soleil ardent : à peine y croit-il quelques euphorbes, quelques cactées, etc.