AURICULE DE PENCO
Auricula fluviatiles, Less.
Cette auricule, que nous avons figurée dans l'atlas du Dictionnaire classique d'histoire naturelle, sous le nom d'auricule de Dombey, semble être en effet une variété locale de l’auricula Dombeyana de Lamarck (An. sans vertèbres, t. VII, p. 140). L'espèce rapportée du Pérou par Dombey, type de la descripüon citée, que nous avons comparée avec notre espèce dans la
collection même de M. le duc de Rivoli, n’en diffère en effet que par une taille du double plus forte, et par une spire beaucoup plus allongée, ainsi que par quelques autres petits détails.
L'auricule de Dombey et celle que nous en distinguons par l'épithète de fluviatilis, bien que toutes les deux vivent dans les eaux fraiches et limpides des ruisseaux de l'Amérique du sud, devront peut-être former un genre distinct des vraies auricules. Déja M. de Lamarck en avait fait une deuxième section, celle des auricules à bord droit, simple et tranchant; mais l'animal doit sans doute différer de celui des espèces purement Jittorales et terrestres. Nous avons déposé plusieurs individus du mollusque, conservé dans l'alcool, au Musée de Paris, il sera facile de résoudre cette question que nous n'avons pas le loisir d'aborder en ce moment.
L’auricule de Penco, ainsi nommée parce qu'elle est extraordinairement abondante dans la petite rivière de Penco, dans la province de la Concepcion au Chili, où elle vit ala manière des Iymnées, dans une eau très-froide et toujours courante, l’auricule de Penco n'a guère que 9 à 10 lignes de hauteur sur 5 à 6 de diamètre. Elle est de forme ovalaire, plus dilatée au centre qu'aux extrémités, et très-ventrue. Son test n’est pas très-épais, et bien que solide, il est beaucoup plus mince que celui de toutes les auricules que nous connaissons. Sa spire est trèscourte, subconique, tronquée au sommet. Le demi-tour forme
à lui seul la plus grande longueur du test. Il est lâche, oblongo-
ventru, rétréci au sommet, comme caréné à sa partie inférieure. La bouche est grande, tres-ouverte, à lèvre droite trèssimple, coupante, lisse en dedans, un peu entamée à son point de jonction avec la lèvre gauche, entièrement formée par le bord montant de la columelle. À la base de ce bord épaissi est une forte dent disposée en spirale. Dans les individus complètement adultes, on observe une deuxième dent tout-à-fait interne sur le bord de la columelle.
Cette coquille est très-finement striée en dessus et revêtue d'un épiderme jaune olivâtre. Le dedans de la bouche est rosé, et le péristome est blanc nacré.
L'auricule de Penco a de grandes analogies avec les Iymnées, et peut-être, malgré les dents de la columelle, est-ce dans une section de ce genre qu'on devrait la placer.