NÉRITINE AMPHIBIE
Neritina amphibia, Less.
COM S een)
Fig. 1’, le mollusque. 1”, l’opercule.
Cette espèce a les plus grands rapports avec la rerttina dubia de Lamarck et de Chemnitz, fig. n° 2019 et 2020, mais elle nous en parait bien distincte, et les nombreux individus que nous avons examinés nous présentent la même uniformité dans leurs formes et leur coloration.
La néritine amphibie a son test globuleux, plus large que haut, à spire conique, courte, assez saillante. Le dernier tour est considérable et ventru; elle est couverte de côtes arrondies, assez proéminentes, traversées par des lignes longitudinales. Sa bouche est demi-circulaire, à lèvre droite simple, ellipsoïde, mince. La columelle est droite ou très-peu oblique, large, trèslisse, marquée d'une dent ou plutôt munie d’un ressaut saillant à son bord inférieur. Le test est treillisé de petits damiers noirs ‘et jaune roux en dessus; mais deux rubans jaunes bordés de deux rubans noirs et séparés par un troisième ruban noir, tous ponctués plus ou moins de jaune, suivent le grand tour transversalement par rapport à la spire, mais dans le sens de l'enroulement. La bouche et la columelle sont blanc bleuûtre. Elle a de hauteur 6 lignes et 12 lignes de diamètre.
Le mollusque est comme tronqué, tant sa tête est obtuse. Un
ZOOLOGTE. 379 large lambeau labial échancré au milieu et divisé ainsi en deux lobes arrondis, recouvre la bouche. Deux tentacules très-longs, très-gréles, très-atténués, partent de la base des lobes labiaux et sont portés sur un petit renflement contractile. Au-dessus d'eux, de chaque côté, deux petits pédoncules cylindriques et courts reçoivent les yeux. Le corps est arrondi en dessus, grisâtre clair. Le pied est large, ovalaire, et se termine en pointe. A l'extrémité postérieure du pied, et non à la pointe, s'attache l'opercule à l'aide d'une apophyse saillante et anguleuse,pour l'insertion des fibres musculaires. Cet opercule est en demi-ellipse. Sa surface externe est lisse, finement striée, comme enduite de vernis. Elle est gris blanc de perle, et son pourtour est sillonné par un trait arqué, et le bord qui en résulte est ponctué, aréolé et strié de manière que les stries s'unissent aux précédentes à angle obtus. La face interne est rougeûtre, lisse, à part quelques dépressions pour les attaches musculaires.
Cette néritine est extraordinairement abondante aux alentours du port Praslin à la Nouvelle-Irlande. Dans les eaux des ruisseaux et des cascades qui vont se jeter à la mer, nous avons trouvé en grande quantité des petites néritines lisses et avec des épines, mais Jamais l'espèce qui nous occupe. Constamment nous avons rencontré cette nerttina amphibia collée sur les feuilles des pandanus ou des autres arbres, souvent à plus de 15 pieds du sol dans les profondeurs des bois, et loin de tout ruisseau. Cette espèce naitrait-elle dans l’eau, et une fois devenue forte, changerait-elle d'habitudes, ou bien ne sort-elle de son milieu naturel que temporairement ? Il est fort difficile de résoudre cette question. Nous nous trouvions à la Nouvelle-Irlande en août 1823. Lorsque nous détachions une néritine des feuilles, l’opercule se relachait et laissait échapper une certaine quantité d'eau. Le mollusque l'avait-il puisée dans les aisselles des pandanus? car dans cette région il règne constamment d'abon-
dantes vapeurs, et la chaleur y est humide : il y pleut d'ailleurs fréquemment chaque jour; ou l'animal sortant de l’eau dans la nuit avec sa provision de liquide, n’y retourne-t-il que lors-
qu'elle est épuisée ?