‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 274 sur 355 · CALYPTRÉE (CRÉPIPATELLE) D'ADOLPHE · texte numérisé non relu

CALYPTRÉE (CRÉPIPATELLE) D'ADOLPHE

Calyptræa (crepipatella) Adolphei, Less.

(EEE he Etsne)

Cette calyptrée , ou crépidule suivant les auteurs, est la plus grande espèce connue du genre. Elle se rapproche de la creprdula peruviana de Lamarck, bien cependant qu'elle en soit trèsdistincte, ainsi que nous nous en sommes assurés sur l’individu type conservé dans la collection de M. le duc de Rivoli.

La coquille qui nous occupe est épaisse, massive, très-encroutée , et couverte de tuyaux de serpules quand elle est adulte, ou bien souvent rongée et déchirée à sa surface. Il n’est pas rare d'en rencontrer des individus qui sont longs de 2 pouces et demi sur 2 pouces de largeur. Nacrée en dedans, sa surface est concave et comme onduleuse ou bosselée. Sa forme est un ovale peu régulier. Son bord est simple , inégal et sinuolé. Sa surface dorsale est convexe, voutée. L'onglet terminal ou spire est la-

téral et terminal. La partie postérieure est plus étroite que l'antérieure. Le bord gauche est très-arrondi, tandis que le droit est presque rectiligne. La surface interne est tres-convexe, creusée en voute, nacrée. La lame transverse est profonde, oblique, concave, à bord libre, mince, disposé en demi-segment avancé, très-échancré au bord gauche. Le dessus de cette coquille est blanc verdätre. Le dedans est blanc-nacré très-luisant, teint d'un rose très-pur sur les bords, rose qui disparait après la mort de l'animal.

Le jeune âge de la coquille a sa lame interne très-échancrée sur le côté gauche, très-renflée sur son bord libre; son intérieur est blanc nacré, et sa spire est petite, terminale et placée sur le côté.

L'animal de la crépipatelle d'Adolphe, vu par le dos, présente les particularités suivantes. Un large manteau mince et à bords réguliers et arrondis nait sur les côtés du corps qu'il déborde complètement, et s'étend sur la face interne du test, sans en couvrir toute la circonférence, et s'y attache circulairement. Ce manteau est jaune d'orpin. La tête se termine en devant par une lèvre échancrée au milieu, à deux lobes, sous lesquels s'ouvre la bouche. Deux tentacules cylindriques médiocres occupent les côtés de la tête. Ils sont plus épais et renflés à leur base, de sorte que l'œil est placé sur ce renflement et au bord externe du tentacule dont le sommet est grèle et obtus. La partie antérieure et supérieure du corps se compose d’un ovale oblong, épais, charnu, ayant de chaque côté deux festons frangés sur leurs bords. L'extrémité postérieure est musculaire, arrondie et très-large. Les branchies disposées en lame pectinée forment une frange circulaire qui entoure l'extrémité du tube digestif dont l'ouverture est en fente étroite; or les branchies, le foie et le tube intestinal constituent un paquet séparé par une profonde rainure du reste du corps, pa-

quet qui est logé et protégé sous la lame transversale du test. (PL XV, fig. 2B.)

Le mollusque vu en dessous (pl. XV, fig. 2 À) a un muscle central étroit, marqué d'un sillon au milieu, et débordé par deux renflements ovalaires garnis d'une frange latérale membraneuse. Cette partie est séparée du pied par un léger étranglement, et celui-ci assez charnu, peu épais, est presque entièrement arrondi et libre sur ses bords. Il est jaune ocreux, ainsi que le milieu du corps et les franges marginales. Les deux épatements latéraux sont blancs. Les tentacules , la lèvre bilobée et le haut du muscle antérieur et moyen, sont noirs.

Cette crépipatelle est extraordinairement abondante sur les hauts-fonds qui découvrent à marée basse dans la grande baie de Talcahuano , au Chili. L'animal s'attache avec vigueur, et son pied robuste l'y aide puissamment. Cette coquille s'implante aussi sur la grande moule ( mytilus lata), si commune daus ces mers.

Le nom d'Adolphe que nous lui avons donné est celui de notre frère, Adolphe Lesson, chirurgien de marine, chargé des collections botaniques dans l'expédition de découvertes du capitaine Dumont d'Urville.

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