‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 282 sur 355 · CALYPTRÉE (CALYPÉOPSIS) RUGUEUSE · texte numérisé non relu

CALYPTRÉE (CALYPÉOPSIS) RUGUEUSE

Calyptræa (calypeopsis) rugosa, Less.

Coquille patelliforme, convexo-conique, oblongue, à circon-

férence profondément dentelée, à dents inégales, arrondies, festonnées. L'extrémité antérieure est plus étroite que la postérieure. La surface supérieure s'élève en cône dont le sommet est obtus, placé un peu en arrière. Un talus assez marqué entoure la base du cône, et forme sur le pourtour une assez large dépression marginale. Des côtes noueuses, grosses, séparées par des sillons profonds, raboteux, descendent obliquement du sommet jusqu'aux bords où ils se perdent après avoir été coudés par la dépression en formant les dents saillantes du pourtour. L'intervalle des côtés est plane sur le bord, et marqué d'un trou ou d'une fossette dans la portion amincie et terminale du sillon. Cette face supérieure côteleuse est rouge brunâtre.

En dedans, cette calyptrée est concave, et sa surface est sillonnée de lignes larges et peu creusées qui répondent aux cotes du dessus. Le fond ou la voute est lisse. D'une lame fixée au côté droit et canaliculée à angle aigu du méme bord, s'évase et se roule un cornet interne qui forme une deuxième coquille entière, et libre dans toute son étendue, hormis au fond et sur le bord droit. Ce cornet est obovalaire, lisse, assez épais, évasé à sa circoñférence qui est mince et libre. Il est coloré en blanc mat, tandis que la surface interne est rougeatre et à taches longitudinales interrompues par la teinte blanchätre des sillons.

Cette coquille a 28 lignes de longueur, 23 de largeur et 9 de hauteur. :

Nous n’en trouvâmes qu'un seul individu (déposé au Muséum) sur les sables de Payta, sur la côte du Pérou.

ZOOLOGIE. 399 159. CALYPTRÉE (CALYPEOPSIS) TUBIFÈRE.

Calyptræa (calypeopsis) tubifera , Less.

Coquille obirrégulière, ovale, arrondie, à circonférence crenelée, peu régulière et accommodée aux inégalités de plan des roches sur lesquelles elle repose, convexe en dessus, conique dans le jeune âge, affaissée dans son état adulte, à sommet ongulé, obtus, médian, à pointe un peu déjetée à droite. En dessus elle est couverte de rugosités qui partent de l'onglet qui est lisse, et se rendent en rayonnant sur les bords. Sur ces rugosités s'élèvent des tubes cylindriques, plus ou moins élevés, perforés au centre, ayant un sillon sur un côté, ce qui annonce qu'ils sont le résultat d’une lame roulée et soudée par ses bords. Ces tubes ont jusqu'à 4 lignes et demie de hauteur et 1 ligne et demie de diamètre.

Jeune, le dessus du test est rouge violâtre, et l'onglet est jaunâtre. Adulte, cette surface est blafarde, et se recouvre de petits balanes et de polypiers dans les intervalles des tubes.

La surface interne est concave, très-nacrée, très-lisse, excepté sur le rebord qui est marqué par les crénelures. Cette face est blanc jaunâtre, maculée de rougeûtre. La coquille interne est soudée par un large support en avant de la concavité qui répond à l'onglet. Cette coquille interne adhère encore au bord gauche par une lame épaisse. Elle est concave, entière, à circonférence taillée en bord simple, imitant une petite soucoupe dont la partie antérieure serait en arc de cercle, et la partie postérieure rectiligne. Mais ce qui caractérise la cloison postérieure est un pli convexe en devant, qui devient canal profond en. arrière et qui aboutit à la voüte même de la face inférieure du test.

Cette coquille habite de grandes profondeurs d'où elle est rejetée par les vagues sur les sables des plages déclives, situées

4oo VOYAGE AUTOUR DU MONDE.

entre Payta et Colan, sur la côte du Pérou. Nous n’en avons trouvé que deux individus : l’un, long de 20 lignes, large de 15 et haut de 8, et un second, long de 26 lignes, large de 22 et haut de 6. Tous les deux sont au Muséum.

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