UNIVERSIBRANCHE ARBORESCENT
Homopneusis frondosus, Less.
( PI. XII des Mollusques, 3/4 de g.n.)
Les planaires , bien qu'étudiées dans ces derniers temps avec une grande persévérance, soit par M. de Baër, soit par M. Dugès, dans son beau travail sur les Planariées, soit par M. de Blainville, dans son article Vers du Dictionn. des sciences naturelles (t. LVIT), soit par M. Cuvier, dans la deuxième édition du Règne animal, laissent encore beaucoup à désirer sur la place qu'elles doivent occuper dans les cadres zoologiques. Les plapaires sont-elles des verset par suite de simples zoophytes ? Bien que dans l'état actuel de nos connaissances on ne puisse les classer avec les mollusques, on ne peut se dissimuler qu’elles ont de nombreux points de contact avec plusieurs nudibran-
ches, et le genre Æomopneusis, surtout, nous parait conduire 57:
les planaires (devenues aujourd'hui une famille divisée en plusieurs genres ) aux mollusques gastéropodes nudibranches et tectibranches , et cela sans efforts et sans saccade.
Quoi qu'il en soit, c'est près du genre Planocère, planocera, de M. de Blainville, que l'universibranche devra prendre place. Malheureusement les détails que nous aurons à fournir sur ce genre , exigeront de nouvelles recherches et un nouvel examen de la part des voyageurs futurs. Lorsque nous avons recueilli l'animal singulier qui lui sert de type, lorsque nous le dessinämes sur nature, il nous manquait trop de données pour en faire , dans une relâche rapide, l'objet d’un travail approfondi; et depuis l'individu que nous espérions retrouver dans l’esprit-de-vin, où nous l’avions placé, s'y étantentièrement dissous, nous a plongé dansune incertitude que n'a pas peu augmentée le vague des notes prises sur les lieux. Toutefois nous avons dû reproduire notre dessin pour appeler l'attention sur cet animal très-remarquable , et:par sa taille considérable puisque c'est le géant des planariées connues jusqu'à ce jour, et par la disposition de ses vastes branchies en réseau dorsal.
L'universibranche vu en dessous, se compose d'un corps discoïde, plus large que haut, très-mince, très-aplati, à bords réguliers très-dentelés. Au milieu est une bouche ovale, nue, lisse, garnie d'un large rebord renflé, lobé, plissé. La surface inférieure est jaune olivâtre, tandis que la bouche est du plus riche violet. Cette surface inférieure est couverte de stries rayonnantes qui semblent étre des vaisseaux anastomosés. Sur les bords sont des festons arrondis, flabellés, plus foncés en couleur, très-striés, et ayant chacun deux ovales d'un blanc lacté. Aucune autre ouverture ne s'est offerte à notre examen.
Cet animal est entièrement recouvert en dessus de branchies touffues et épaisses. Ces branchies naissent sur la partie moyenne du dos par quatre gros troncs vasculaires, qui s'al-
ZOOLOGÏIE. 453 longent en se dichotomant un grand nombre de fois. Ces troncs vasculaires vus en dessous sont lisses, aplatis, et colorés en rose vif. Leur partie centrale est occupée par un canal plus coloré. Mais en dessus ces troncs se couvrent de petits rameaux, dus à une ténuité extrême du réseau et aux plissures innombrables, et de la plus grande finesse, de la membrane qui en constitue la trame. Ces foliolures forment donc sur le dos et bien au-delà du disque du corps, une couche épaisse, dense, très-molle, finissant aux extrémités des dichotomies par simuler des ramuscules. La couleur de ces branchies est un gris bleuatre mélangé de blanc.
La consistance de l’omopneusis est mollasse , mucilagineuse. Les dimensions du corps sont de 2 pouces et demi de hauteur sur plus de 3 pouces de largeur, mais les dichotomies lui donnent par leur développement jusqu'à 6 pouces de diamètre.
Nous trouvames cet animal adhérent aux rochers baignés par la mer de la petite ile aux Tombeaux, dans la baie d'Offach de l'ile de Waigiou.