ALUTÈRE A MASQUE NOIR
Aluteres personatus , LESs.
Dousonbère, dans la langue des naturels de Waigiou.
1 ray. ép.; dorsale 46 ; pectorale 12; ventrale de 48 à bo; caudale 12.
Nous primes ce poisson, le 28 août 1823, par une belle journée de calme, sur les côtes de la Nouvelle-Guinée. Le corps, du bout du museau à la naissance de la queue, n'avait que 6 pouces sur 22 lignes de hauteur au niveau de l’épine dorsale solitaire. L’alutère à masque est très-mince, presque tout en élévation, à tête longue, à front convexe, puis devenant concave, de sorte que le museau est effilé, déprimé et saillant. La bouche complètement terminale est petite, peu ouverte. L'œil est arrondi, très-éloigné de la bouche. La fente unique qui communique aux branchies est oblique, et percée en avant de la pectorale. Le ventre est un peu saillant, anguleux en avant de l'anus. Le corps s'amincit et diminue de hauteur jusqu'à la naissance de la queue. Celle-ci est longue de plus de 2 pouces, oblongue et comme festonnée. La nageoire pectorale est très-petite, trèsétroite. La dorsale est courte , naît vers le milieu du dos, s'élève pour former un feston aigu, puis s'abaisse et cesse à dix lignes environ de la queue. La ventrale occupe la même étendue que la dorsale. Elle est courte et assez régulière, si ee
Voyage de la Coquille. — Z. Tom. II. Partie 1. 14
n'est à son extrémité où elle s’abaisse. L'épine dorsale est haute au plus de 7 lignes. Elle est mince, gréle , aiguë, un peu courbée.
La coloration de cette espèce est des plus gracieuses. Le pourtour de la bouche est gris clair. Un masque d’un noir profond recouvre le museau , la tête jusqu'au-delà de l'épine, les joues jusqu'en avant de la fente branchiale, et s'avance obliquement pour former une pointe sur le thorax. Le corps entier est d'un gris bleuatre à teinte douce, sillonné par deux raies interrompues de gris bleu plus foncé, et marqué d'une longue tache noirâtre sur le dos, d'une arrondie près de la queue, et de deux plus grandes et obliques sur les côtés. La dorsale et l'anale sont gris blanc. La caudale est noire avec des stries blanches sur les bords des festons.
La peau de ce poisson est parfaitement lisse, et sans aucune trace d’aiguillons sur les côtés de la queue.
L'alutère à masque noir nageait en pleine mer au milieu d’arbres déracinés , de plantes marines que transportait un courant «ue nous traversämes, en compagnie de lophies, de tortues, de vers marins. Un beau nautile papyracé passa le long du bord au moment où la brise fraiche donnait à notre sillage une rapidité qui ne nous permit pas d'aller nous en emparer.