‹ Voyage autour du monde (volume 2)Chapitre 91 sur 355 · MACQUARIE DE LA NOUVELLE-HOLLANDE · texte numérisé non relu

MACQUARIE DE LA NOUVELLE-HOLLANDE

Macquaria australasica.

CARS U MERE FE) Cuv., Porss.,. © M, p. 377, pl CX XXI

B. 5; p. 16; d. E; cat. 5; a. 5 c. 17.

Dans le voyage que nous fimes, M. d'Urville et moi, dans l'intérieur de la Nouvelle-Galles du sud, au-delà des montagnes Bleues et dans les plaines de Bathurst, nous rapportämes de la rivière Macquarie, qui arrose cette partie de la Nouvelle-Hollande, divers animaux et surtout deux espèces de poissons. Le premier que nous avons fait peindre a, dans l'intervalle(r 830), été publié par M. Cuvier, comme type d'un nouveau genre de la famille des sciénoïides, et a recu de lui le nom de Macquaria australasica. Nous ne pouvons donc mieux faire que d'insérer textuellement les notions descriptives de ce savant.

« À son extérieur, surtout lorsqu'il est dans de petites dimensions , on le prendrait pour un grémille; car il en a le port ,.et les lacunes caverneuses de sa tête sont les mêmes. Mais un premier examen fait connaitre qu'il en diffère d'abord par le manque absolu de dents , et à mesure que cet examen va plus loin, il

développe encore d'autres caractères et surtout celui du nombre des rayons branchiaux réduit à cinq. Les proportions sont toutà-fait celles d'une perche; sa nuque est un peu bombée, son museau obtus. Sa longueur totale comprend trois fois et un tiers sa hauteur au droit des pectorales, et près de quatre fois la longueur de sa tête. Son épaisseur est deux fois et un quart dans sa hauteur. Son front, son museau, son sous-orbitaire, ses machoires n'ont point d'écailles. Il a une fossette longue et impaire sur le front, une de chaque côté sur l'œil en avant, deux entre les narines, deux petites sur le bout du museau, Cinq ou six autour du bord inférieur de l'orbite en avant, trois sous chaque branche de la mâchoire inférieure, deux au limbe inférieur du préopereule , une à son angle, et une à son limbe montant. On voit de plus deux petits pores et une petite fossette sur l'extrémité de la mâchoire inférieure. L'angle du préopercule est un peu arrondi et finement dentelé, ainsi que son bord montant; mais le bord inférieur a des dentelures plus rares et plus fortes. Le subopercule et l'interopercule sont aussi dentelés, mais encore plus finement que le bord montant du préopereule. L'opercule osseux se termine par deux pointes peu aiguës , dont l'inférieure est plus saillante. Les ouïes sont médiocrement fendues, et leur membrane ne contient que cinq rayons. Il y a de fines dentelures au surscapulaire et à la partie de l'huméral qui est au-dessus de la pectorale. Quoique la nuque soit aussi longue que la tête, comme elle va en montant, la dorsale commence presque vis-à-vis la base de la pectorale; elle a onze épines fortes, dont la première est très-petite. La quatrième et la cinquième sont les plus longues et surpassent la moitié de la hauteur du corps. L'échancrure avant la portion molle n'est pas très-profonde; cette partie qui nest pas aussi longue que l'épineuse a onze rayons enveloppés à leur base de petites écailles. L'anale

commence un peu plus en arrière, mais finit au même endroit ;elle a trois fortes épines, surtout la seconde, et huit rayons mous aussi en partie enveloppés de petites écailles vers leur base. L'espace derrière la dorsale et l’anale jusqu'a la caudale fait le cinquième de toute la longueur, et est de moitié moins haut que long. Nous ne pouvons bien décrire la caudale dont le bord est usé dans notre individu, mais elle a dix-sept rayons comme dans presque toutes lés perches et les sciènes. Les pectorales sont médiocres, un peu pointues; les ventrales sortent un peu plus en arrière , et les dépassent un peu; elles sont plus épaisses et non moins pointues.

« Les écailles de ce poisson rudes au toucher, comme dans les perches, sont un peu plus longues que larges, ciliées et pointillées dans leur partie visible, coupées carrément à leur racine, marquées de seize à dix-huit rayons et d'autant de crénelures; il ÿ en a sur la Joue et les trois opercules ainsi qu'a la gorge et à la poitrine, mais point à la membrane des ouiïes ni aux autres endroits déja indiqués comme nus; on en compte cinquante-six ou cinquante-sept jusqu'aux petites de la base de la caudale. La ligne latérale suit la courbure du dos et ne se marque que par des tubes simples. Dans la liqueur, ce poisson parait tout entier d'un brun roussatre et verdatre. Sa gorge et sa poitrine sont blanchâtres ; il y a un peu de noirâtre vers la pointe et le bord externe de ses ventrales. Notre individu est long de 6 pouces, haut de 1 pouce 3/4.

«Mais M. Lesson nous apprend que l'espèce arrive à une grande taille. Sa chair est très-délicate. Elle se prend à Bathurst, ville nouvellement fondée sur la rivière Macquarie, à cent cinquante milles dans l'intérieur du nouveau comté de Cumberland. Le macquarie a le foie en travers sous l'œsophage, et se prolongeant dans l'hypocondre gauche en un lobe mince, aplati, et assez long; le foie recouvre dans sa partie moyenne le pylore

et la crosse du duodénum. Au-dessus de cette courbure de l'intestin est la vésicule du fiel qui est petite, allongée. L'œsophage est court, assez large, et il se dilate promptement en un estomac de moyenne grandeur, allongé et arrondi en arrière. Le pylore s'ouvre à la partie antérieure de l'estomac; il est muni de huit cœcums disposés de chaque côté de l'estomac: ceux du milieu sont plus courts que les autres. Le duodénum est assez gros, il descend jusqu'auprès de l'anus où il se plie, pour remonter vers la pointe de l'estomac; près de cette pointe le diamètre de l'intestin offre une diminution très-remarquable. L'intestin grossit de nouveau et se replie pour se rendre à l'anus, en augmentant un peu son diamètre vers le rectum. La rate est ovoide, assez grosse, placée en arrière de l'estomac. La vessie natatoire est grande; simple, à parois minces, argentées, en tout semblable à celle d'une perche. Les reins sont peu volumineux, de couleur noire. La vessie urinaire est bien petite, si elle existe. Le péritoine est du plus grand éclat d'argent mat. On n’a trouvé dans l'estomac que des débris d'insectes. »

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