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OBSERVATIONS SUR LES OISEAUX DE SAINTE-CATHERINE DU BRÉSIL

L'île de Sainte-Catherine et le continent voisin, situés par 27° 22° 34” latitude Sud, et 50° 42° 48” longitude Est (détermination prise sur l'île d'Anatomirim), offrent une infinité de points de vue des plus piquants; des fleurs brillant des plus vives couleurs leur prêtent un charme séduisant. Le port en ces lieux est embelli par les immenses et impénétrables forêts vierges, qu'anime le chant des oiseaux : on dit aussi qu'on y entend quelquefois le rugissement des bêtes féroces.

Dans les environs de Nostra Segnora do Destero, ville capitale, chef-lieu de la province, on rencontre des maisons de campagne, séjour délicieux, planté de pêchers, de cafeyers, et d'innombrables orangers dont les fleurs exhalent un doux parfum. Les fruits de ces derniers jonchent la terre, les habitants dédaignant d'en faire la récolte.

Sur le continent, dans les alentours du village de Saint-Miguel, près duquel coule le riant ruisseau qui alimente l’aiguade où les navires en relâche dans la baie viennent faire leur eau, des sites pittoresques récréent la vue par leur diversité.

Non loin du mouillage des bâtiments de guerre est l’île d'Anatomirim, qu'un étroit passage, hérissé de rochers, sépare du continent.

Les oiseaux qui habitent ces lieux sont la plupart ornés des plus vives couleurs. Nous citerons d’abord le vautour aura de Vieillot, qui plane dans les airs, au-dessus des nombreuses montagnes qui avoisinent Punta-Grossa, pointe de Sainte-Catherine. Il n’est pas

le seul oïseau de proie qui trouble le repos des passereaux ; il a dans l’émérillon de Saint- Domingue un puissant auxiliaire.

La craintive pie-grièche tachot se tient dans les arbrisseaux. C'est ordinairement par son cri que le chasseur est averti de sa présence.

Sur la côte, vis-à-vis d'Anatomirim , dans les bois qui bordent la route qui conduit à l'établissement que l’on désigne sous le nom d’Armacao, nous vimes le joli tangara tricolore, le bluet ou évêque, la houpette, et le tangara écarlate. Le moucherolle à longs brins, le tyran à gorge grise, le moucherolle rubis, font leur demeure dans les environs de Saint-Miguel. Les éclatants manakins (manakin tijé ), dont le cri se fait entendre sans qu'on puisse les apercevoir qu'avec les plus grandes difficultés , habitent les grands arbres, où ils se tiennent généralement sur les plus basses branches. La fauvette gazouille son doux ramage près des cabanes des misérables pêcheurs qui avoisinent ce mouillage. L'hirondelle puffine rase de son vol rapide la surface de la terre, tandis que le moineau chingolo et le chardonneret à front jaune ramagent au haut des arbres.

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