REMARQUES SUR CES ILES
Les Martin -Vaz sont des rochers élevés, d'une nudité repoussante; 1ls gisent au nombre de trois, à peu de distance l'un de rés dans une direction Nord et Sud: Le plus grand est tres- ; rapproëhié de celui du N ord; mais entre le premier et le rocher
| méridional, il y a un canal 4 deux milles de largeur.
L'ile de la Trinidad, située à neuf lieues dans l Ouësi des Martin-Vaz, est une terre haute, que l'on peui apercevoir, par un temps clair, à seize ou dix-huit lieues de distance; elle est: en général rocailleuse et stérile : néanmoins quelques arbrisseaux couronnent les hauteurs, et principalement la partie méridionale. La mer brise partout avec force sur le rivage, qui est couvert de rochers. On y remarque des mornes d’un difficile accès,
1 Mernorias sobre las observaciones hechas por los navigantes españoles en
distintos lugares del sa etc., ordenadas. por D. Jose 6: Espiopa y Tello, etc, Madrid, dis Vol. 1, 2° Mémoire, æ 19 et SUV. :
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sur le sommet desquels s ‘élèvent plusieurs arbres à tige élaniéées et d'où s'échappent plusieurs petits ruisseaux dont le plus propre à servir d'aiguade parait être celui qui va se jeter dans l’anse du NE; | |
- Ges iles, situées sur un même sirralièle dans l'espace de mer compris entre l'Afrique et l'Amérique , se trouvant sur la route des navires destinés, soit pour la partie méridionale de ce der- nier continent, soit pour les Indes Orientales, ont, depuis les premières “hilcshiiiis; toujours servi de de: reconnaissance aux navigateurs.
Leur position géographique ayant été détérminée, dé le |
principe, avec les méthodes inexactes des anciens temps, on vit bientôt paraitre à cent lieues plus à l'ouest une autre ile, qui, sous le nom d’Ascensao, a, pendant trois siècles, été l'objet des recherches des fhsstssuers: et qui, figurant encore auJourd'hui sur quelques cartes, a failli, il ÿ a-peu d'années, devenir funeste au capitaine Devaux , qui, comptant sur son existence, et la regardant comme un dernier refuge , se dirigea vers elle
avec un navire incendié par le vitriol. Les routes sans nombre
: C’est une doctrine généralement admise par les hydrographes de ne point effacer
des cartes lés îles vues par les anciens navigateurs, quoiqu'elles n'aient point été re-
trouvées, par la raison qu'elles éveillent l’attention des marins qui parcourent les parages où elles sont figurées. Cependant peu s’en est fallu que l'hypothèse de l'existence de l’Ascensäo ne produisit le mallieur que ce système semble devoir prévenir. Eu 1817, M. Devaux, capitame du brick marchand /a jeune Sophie, destiné pour l’île Bourbon, vit se manifester à son bord un incendie causé par deux caisses d’huile de vitriol embarquées à son insu. Après avoir atteint l’île de la Trinidad, persuadé que le feu n'avait fait que peu de progrès, dans l'espérance de sauver la cargaison, il continua sa route vers Rio-Janeiro, en se dirigeant sur l'Ascensäo comme point de sauvétage à tout événement. Il était déja à quatorze lieues sous le vent de la Trinidad, lorsque , par un bonheur inouï, l'inspection des chevilles des haubans, devenues
presque rouges, lui fit juger qui y avait beaucoup de risques à aller plus loin ; et
il remit de suite le cap sur cette île, où 1l arriva Juste à temps pour Jeter son navire .
brûlé à la côte, et sauver ainsi l'équipage et les passagers. du danger imminent dont
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Getobre
que les navigateurs modernes ont tracées , sans rien découvrir
dans cette partie de l'Océan Atlantique, binient:ici scsi convaincre d'une manière bien évidente que la Frinidad et l’'Ascensao ne sont qu'une seule et même ile. Les pilotes porturgais qui les ont reconnues les premiers n'ayant pas, comme
aujourd'hui, les moyens d'en fixer la longitude d'une manière
exacte, et ayant apercu la Trinidad sous des aspects différents, en raison du point d'où ils la relevaient, ont donné lieu à cette distinction erronée. L'identité devient Mcteiter si lon jette un coup-d'œil sur la carte d'Ortelius, publiée en 1603, et sur celle de Gérard Mercator de 1606, où les deux îles, jolies sur le même parallèle, sont accompagnées, vers l'Est, de trois ilots qu figurent clairement les Martin-Vaz, que tibls trouve en effet à pese, lieues environ dans l'Est de de Trinidad. Alexo da Motta, pilote portugais, qui parcourait l'Océan Atlantique pour se rendre aux Indes, dès l'an 1612, et qui rédigea le routier de ces mers en 1659, tout en reconnaissant l'existence de l'Ascensa0, qu'il avoue n'avoir jamais vue, dit que les pilotes de son temps trouvaient toujours que la distance entre l'Ascensao et les îles de Tristan da Cunha était beaucoup plus courte qu on ne l'indiquait sur les cartes; que la même différence était ob-
servée par ceux qui traversaient la partie de mer comprise entre
la même ile et le cap de Bonne-Espérance : en fallait-il davan-
tage ‘pour prouver que l’Ascensao se confondait avec la Trinidad, que Jon prenait pour elle, et d’où lon partait sans s'en dite P |
Un voile RATE couvre l’histoire de la Lobe de ces
iles, qui sont marquées sur les anciennes cartes, même sur celle
ils étaient menacés. Si le désir de se rapprocher des terres du Brésil l’eût porté à poursuivre sa route jusqu’à l’Ascensäo, il eût infailliblement péri. Cet exemple prouve combien il importe, non pas de supprimer des cartes les îles douteuses, mais du moins de les signaler de manière que l’on ne puisse —. sur leur existence dans un pressant danger. |
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de Thevet, publiée en 1575, sous les noms divers de Martin Vaz, d'onde: de Trinidad, de Santa-Maria d'Agosta. Nous igHOrons complétement : à nel époque et par qui ces: noms leur ont été imposés ; mais nous avons lieu de croire que ceux de Martin -Vaz et d’Ascensäo sont les plus anciens. Alexo da Motta est le: premier qui ait attribué celui d’Ascensao à Joao
da Nova; mas. il n'est pas d'accord en cela-avec Îles historiens de la conquête des Indes, qui donnent à Ÿile vue par Joao da
Nova: en 15017, le nom dé Conceicao’. Cette confusion de noms, et.le peu de osé que méritent les positions sécgiasliqies déterminées par les premiers navigateurs, étaient déja de fortes
présompüons contre | ttc dE l Acénsée qu "ont vainement cherchée Olivier van Noord en 1599, et Edmont Halley en. 1698. Si l'on y ajoute les tentatives infructueuses , mais d’une
certitude plus digne de confiance, renouvelées par d’Après. de
| Mannevillétte en 1791, par La Pérouse en 1785,: par M. l'amiral de Krusenstern en 1801 , lesquels, après avoir pris connaissance
de la T rinidad , ont suivi le parallèle de cette ile jusqu'à cent quatre- vingts on de distänce vers l'Ouest sans rien ‘aperce-
| voir, quoiqu ils missent en panne toutes les nuits, dans la crainte
de manquer cette terre il ne restera pas le moindre doute que J'Ascensao n'a jamais été autre chose que la Trinidad. Le sas
: Les premiers historiens de la conquête des Indes par les Portugais, Jerosme Osorio.et Lopez de Castagneda , qui écrivaient en 1580; Barros, en 1628, et Diégo do Conto, en‘1781, s'accordent à dire que Joio da Nova découvrit, en 1501, à à 8° sud de la ligne, une ile qu il nomma Conceicäo. Alexo da Moita, dans son Routier de la navigation des Indes orientales ; 1659, dit que l'ile de P Ascensäo, par 20° sud,
fut découver te par Le. da Nova en 1501: L’ identité. du nom du découvreur:et de.
la date semble faire croire que le pilote portugais s’est trompé en plaçant dans les parages de la Trinidad l'ile découverte par Joao da Nova, qui est évidemment celle
de l’Ascension, que l'on trouve par 7° 55' de latitude sud, à deux cent-vingt lieues
dans le N.O. de Sainte-Hélène, quoique Ovington, qui visita celle-ci en 1699; attribue sa découverte à à Tristan da Cunha, en I 508.
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vant rédacteur du voyage de l'infortuné La Pérouse est loin de partager cette. opinion ; mais quelque respectable que soit la | | sienne , elle ne doit pas prévaloir sur célle des Portugais eux-
mêmes, qui, en 1784, envoyèrent du Brésil un bâtiment à la
dite “expresse de l'Ascensao, et qui, après le retour de cette |
expédition, toutes les positions assignées précédemment à à cette ile chimérique ayant été parcourues sans la trouver, 5e rayèrent
en définitive dés cartes, pour ne point éterniser une erreur.
Le célèbre Halley, davis son second voyage fait en 1700, ne dédaigna pas de prendre possession de l'ile de la Trinidad au nom de la Grande-Bretagne; et les Anglais furent en effet les premiers qui cherchèrent à s'y. fixer ; mais ils ne tardèrent pas à céder ce rocher stérile, d'aucune utilité pour leur commerce, aux Portugais qui le réclamèrent. Ces derniers s'établirent sur
la pointe S.E,, où La Pérouse les trouva lors de son passage en
1785. Il DE ds encore des restes de leur établissement détruit, |
| qu'ils ont depuis long-temps abandonné; et. l'ile n'est plus se bitée aujourd. hui que par des oiseaux rs mer, des chèvres, des
chiens et des cochôns sauvages. Élle à servi plus d'une fois de refuge aux équipages des bâtiments en détresse; et, malgré . ériité de son terrain et JThorreur des monts dénodés qui la constituent , plus d'un ns a trouvé sur ses tristes rivages l'espérance et la : vie’.
a du brick 1A JRoNs SOPHIE, etc. Un vol. in-12; Paris, chez Eberhart, et Journal des Voyages, t. 1”, 1818, p. 56.
Voyez aussi la notice de M. Gourbeyr e, que nous avons insérée dus Hé Parti
historique du dl ds de la C pue, p. 36.