REMARQUES SUR CES ÎLES
L' ile San-Gallan comme. toutes les terres qui avoisinent Pisco, est escarpée et dépourvue de végétation, notamment du côté de l'Ouest où la côte est pour ainsi dire à pic. Son étendue est d'environ deux inilles dans toutes les directions. Sa partie supérieure présente deux plateaux élevés, séparés par une vallée peu profonde qui paraît se diriger du Nord au Sud ; et toute sa côte occidentale est garnie de rochers isolés du rivage et peu
élevés au-dessus de la surface de l'eau. Les bâtiments venant du
Sud peuvent, en évitant les rochers de Pinero situés à un mille et demi dans le S.S.E. de la pointe méridionale de cetLe
ile, passer entre elle et le Morro-Lechuza, dont elle parait avoir été détachée. On peut même mouiller dans ce canal, qui
peut avoir trois milles de large et trente brasses de fond, lorsqu'on est surpris, soit par le calme, soit par les brumes du
matin qui sont si fréquentes et si salutaires dans” la partie.
occidentale de l'Amérique comprise entre les tropiques, où le sol n "est jamais humecté par la moindre pluie.
Les iles Ballesta et Chincha forment déux groupes situés au. nord du Morro-Lechuza et à l'entrée de la baie de Pisco. Elles
sont petites et n’ont de remarquable que cette couche, prodigieusement épaisse, d'excréments déposés par la multitude in- | croyable des oiseaux de mer auxquels elles servent de refuge pendant la nuit. Cette fente, que les habitants nomment guano, et dont les anciens voyageurs out souvent parlé, est si abondante dans plusieurs iles de la côte du Pérou, que, maloré l'usage qu'on en fait pour amender les terres lég contrées, où elle est principalement destinée à la culture du mais, nl que soit la quantité prise journellement par les na-
vires chargés de la transporter, on ne l'épuise jamais. Voyage de la Coquille. — HyDROGRAPHIE. 19
oères de ces
Février 18923.
Février
ei:
Mars
Ç IL pe ss RELACHE AU CALLAO DE LIMA.
Nous continuames de snidisitons hs, côte du Lénèu en nous tenant néanmoins assez au large Pour ne pas être contrariés
- par les calmes; mais nous fûmes presque sans intérruption en-
veloppés ds. brume qui semblait ne se dissiper par inter-
valles, que pour nous permettre de jouir pendant quelques “tsnia de l'aspect imposant de la Cordillère des Andes, de cette chaine de montagnes gigantesques, la plus longue que
l'on connaisse, et dont les cimes s'élèvent majestueusement au-dessus des nuages à des hauteurs considérables. Avant d'arriver à l'ile San-Gallan, les courants, ainsi que nous
l'avons fait remarquer, nous avaient portés. dans le. N. N.O.
raison de dix à douze milles par jour. Au-delà de cette ile , # | prirent la direction du Nord et ne conservèrent plus qu’ en vitesse de cinq à six milles dans le même intervalle de temps. Le 25 février, nous nous rapprochâmes de la côte , et nous vimes, dans la matinée, les iles Pachacamac ainsi que le Morro-Solar, situés à environ dix milles dans le Sud de Lima. À quatre heures du soir, nous contournämes la partie septentrionale de l'ile Lorenzo, d'où nous fimes route pour le mouil-
lage du Callao; mais le calme qui survint peu après que nous
eumes doublé cette ile nous obligea à passer la nuit sous voiles.
Le lendemain 26, le calme ne cessa qu'à deux heures de l'après- midi. Une bribe s'éleva alors et nous porta enfin à trois milles au Nord du fort San-Felipe, où nous laissèmes tomber l'ancre par six rames d'eau sur un fond de vase de couleur olive. |
HYDROGRAPHIE, CHAP. VIIL 147
: Nous étions encore sous voiles lorsque nous recumes les of-
hs: de service de M. le contre-amiral Rivero, commandant
de la marine, et de M. le capitaine Prescost, commandant la frégate anglaise l'Aurora. | | Aussitôt que notre arrivée fut connue à in: M. Riglos, l'un des premiers habitants de cette ville, nous écrivit pour nous faire connaitre que sa maison et sa cobie étaient entièrement à notre disposition, et qu'il désirait nous donner, ainsi qu'il avait déja fait à plusieurs de nos compatriotes, une preuve de l'affection particulière qu'il avait pour les Français. Nous étions trop curieux de voir la capitale du Pérou, où flottait alors le pavillon de l'indépendance, et de procurer ce plaisir aux officiers de la corvette , pour ne pas accepter des offres présentées d’une manière aussi obligeante ; et nous consacrons ici le souvenir agréable des attentions et du vif intérêt dont M. Riglos a bien voulu nous honorer.
Le moment de notre séjour à Lima n'était point celui des
. plaisirs que présente. ordinairement cette capitale. Les dames
étaient aux bains de Mira-Flores, et leur cortége était composé -des personnes les plus distinguées du pays. Le plus grande : inquiétude régnait d’ailleurs parmi les indépendants, qui n'occupaient alors qu'une partie du litioral du Pérou , pays presque inculte et en partie ruiné par les précédentes guerres. Les Espagnols avaient tout le haut Pérou; les mines étaient en leur pouvoir , et leur armée, composée de six à sept mille hommes sous les ordres du général Canterac, venait de remporter une victoire complète à Moquehua près d’Arica, et marchait sur Lima dont la conquête était presque certaine.
Cependant les habitants de cette ville prenaient des mesures “pour résister à l'envahissement dont ils étaient menacés. C’est ainsi que le 28 février, nous assistämes à la dernière séance du congrès suprème, qui, soupçonné par le peuple et l'armée, se