TEST TARGET (MT
Février 18:19.
temps par le travers de l’autre bord. À midi la hauteur du soleil donna 19 deg. 31 min. de latitude Nord ; on releva en même temps l’Assomption du Nord 12 à 18 deg. Ouest, le milieu d’Agrigan au Sud 7 deg. Est du compas.
Quoique cette dernière île fût à peine visible à l'horizon , ie soin qu’on avait mis à la suivre de l'œil ne laisse pas lieu de craindre de méprise dans cerelévement. D’après ces données et lalatitude de 18 deg. 54 min. Nord, queles meilleures autorités modernes assignent à Agrigar, le milieu de cette île serait situé à sept milles à PEst de l’Assomption ; cette dernière étant par 143 deg. 15 min. Est selon La Pérouse, la longitude d’Agrigan doit étre 143 deg. 22 min. Cette différence de méridien était confirmée par la montre qui mettait l’'Assomption par 143 deg. 28 min. , et Agrigan par 143 deg. 35 min. Les relévemens ont été corrigés de 3 deg. 30 min. de variation Nord-Est. L'état du ciel ne
permit pas de prendre des distances la nuit. Le
sommet de l’Assomption fut constamment caché par un petit nuage de vapeur blanche ; de l’extrémité de cette espèce de bonnet, il se détachait à chaque instant des flocons qui dispa-
AUTOUR DU MONDE. 365 Mors 5819.
raissaient bientôt. Il me semble que ce ne pouvait étre que la fumée de quelques feux souterrains.
L'aspect de ce rocher, dont nous passämes à 10 milles, n’est pas moins lugubre que du temps de La Pérouse. Nous ne fümes jamais à moins de huit lieues d’Agrigan ; à cette distance nous ne pümes faire de remarque. Dans cette traversée des Sandwich aux Mariannes, nous n’éprouvâmes que 18 min. de différence Ouest; mais le navire fut porté de 107 min. dans le Sud. Après avoir doublé ces îles, la brise ne varia que de l'E. au N.-N.-E., et fut constamment assez fraîche.
Le 7 mars. — À troïs heures et demie du
matin, n'étant qu'à quelques milles de la plus Nord des îles Bachées, je pris le bord de l'Est sous petite voile. Le temps était menaçant, il ventait grand frais du N.-N.-E. En revirant au Nord-Ouest, à cinq heures et demie, nous eûmes
à la fois connaissance des six îles les plus septentrionales, s'étendant du Nord-Nord-Ouest à la distance de quatre lieues. La grosse mer et la force du vent me faisant perdre l'espoir de
366 VOYAGE Murs 1819
doubler la troisième, j’arrivai à sept heures un quart pour passer entre la quatrième et la cinquième. Ce canal a environ cinq milles de large; il m'a paru libre de dangers, à l’exception d’un rocher cerné de pierres et de petits brisans à un quart de lieue seulement dans le Sud- Est de la quatrième île. La cinquième, qui est la plus grande de cet archipel, est élevée, accore et parfaitement saine. Aucun navire, à ma connaissance , n'avait pratiqué ce débouquement avant le Bordelais. Au moment d’y entrer, on vit une septième île dans le Sud quart- Sud-Est de la grande. Autant.que j'ai pu juger en côtoyant à la distance de une à trois lieues avec un sillage de sept à huit nœuds, il y a passage entre toutes ces îles, excepté entre la troisième et la quatrième, qui sont presque liées par une chaîne de rochers. D’après le gisement des côtes opposées de ces deux îlots, l'ouverture étroite qui les sépare ne peut être aperçue que des bâtimens qui. passent dans l’Est ou dans l'Ouest, ce qui est probablement cause que les cartes n’en font qu’une seule île , désignée sous le nom d’ile Monmouth. Dans la traversée de
D OO Ce © À nt ut pus
an.
+ Mars 1819.
dix jours des Mariannes aux Bachées, la différence Ouest ne fut que de 9 min., mais nous fümes portés de 121 min. dans le Sud.
À huit heures nous débouquâmes dans les mers de la Chine (1). Je portai au vent du banc de Pratas, de manière à assurer notre passage au Nord de ce danger, malgré les forts courans portant au Sud. Il continua à venter grand frais en hâlant le N.-E. , avec une mer grosse, clapoteuse et très-dure, et un temps qui ne permit pas de faire d'observations ni le 7 ni le.8.. Le ventse modéra de bonne heure le 9, la mer s’embellit, et les apparences de mauvais temps firent place à la brume. À auatre heures on ent connaissance de deux sampaugs (2) qui couraïènt au large, en même temps la sonde donna trente-six. brasses fond de sable et coquilles cassées. À cinq heures et demie on aperçut la côte de Chine dans le Nord-Est: elle s’étendit bientôt dans la partie de l'Ouest; plusieurs îlots la bordaient, et tout l’intérieur était
(:) Un instant aprés, le petit hunier, qui, à la vérité, était
mr, fut défoncé. C’est l’avarie la plus grave que nous ayons éprouvée dans la voilure.
(2) Bateaux chinois : ceux-ci étaient des pêcheurs.
Mars 1819. montueux. Nous louvoyämes à petits bords en
nous entretenant par le brasseyage de douze à vingt brasses. Un grand nombre de sampaugs pêchaient autour de nous. La brume ne permit pas de faire d'observations : les relèvemens et le gissement de la côte qui s'étendait Est et Ouest, rapportés à mes cartes qui étaient à petit point, déterminérent notre position à la hauteur de Kingoe par 22 deg. 33 min. Nord, et 112 deg. 45 min. Est, ce qui nous mettait à trente lieues à l'Est-Nord-Est de Macao. Pen-
dant cette traversée de deux jours des iles Ba-
chées à la côte de Chine, les courans nous portèrent 111 min. à l'Ouest, et 14 min. seulement au Sud. Les renseignemens que nous obtinmes des pêcheurs, tout imparfaits qu'ils étaient, confirmérent l'opinion que j'avais conçue sur notre position. La faiblesse du vent et les variétés contraires rendaient nos progrès trèslents, malgré notre empressement à mettre les circonstances à profit. On prit des mesures pour recevoir les pirates en cas de rencontre ; et afin d'éviter les surprises de nuit, on tint à distance les sampaugs qui se trouvaient en grand nombre sur notre chemin. Le temps, constamment cou-
AUTOUR DU. MONDE. 369 Mars 18:19.
vert depuis le 6, s'éclaircit le 10.'AÀ midi la hauteur du soleil nous mit par 22 deg. 39 min. de latitude et le relèvement: ‘par 119 des: Ouest de longitude. bus e1qn ofnoh Je 2000:
Le i1.— On découvrit de bonne étre 18 Lemas ‘et plusieurs autres îles orientales: du groupe situé à l'embouchure: de la rivièré dé Canton. A cinq heures; 'atmoment dé ‘donner dans les passes, un pilote vint’à bord’: aprés avoir fait des défnandes exorbitañtes l) né voyant disposé à me passer de lui , il s'engigea | à conduire le navire devant Mächo is 4 dés cons ditions raisonnables (1)! Le! calmé et'le «jähan nous obligèrent à motiller à ‘trois’ heures ‘ét demie, relevant le pic de Lautao au Nord:Nord! Est , celui’ de Linting à l’Est-Sud-Est. Je ré rendis aussitôt à Macao afin de préndte ligue et de mé procurer un: piloté ‘pour rémôntér” à Wampou. J'arrivai à Macao'à minuit. liélhavire mouilla en rade à neuf Heuves du'matin le ten: demain , qui, pour les Habitans de cétte ViIIé et pour les navigateurs ventis”par VEst était lé 13 mars. Nous avançimes notre date d’un jour afin de nous mettre au courant. Je revins à bord (1) Pour quinzé pisstres. | T. Il. 24
Mars 519.
aved le:pélote, et le:14 nous: appareillâmes à six hautes du soir potir:Canton. Nous entrâmes dans (la riviérede: syrlendemain, et le 17, à deux heures et demie après midi, nous mouillämes à Wampouauprésdunavire l’Zndienne, de Nantes.
: Lesi retards que nous avions :éprouvés tant en Amérique qu'aux: îles Sandwich erirent.une influence fächeuse surnos opérations à la Chine, où ngus,p'arrivames que dans l’arrière-saison. Les difficultés qui entravent les affaires à cette époque. reculée se trouvaient aggravéés ipar le uombre ipou d'A méricains qui, nous ayañt pr-6 cédés, avaient fait tomber la valeur des importations et épuisé ou renchéri les mâréhandises du,pays. Nous ne. pûmes placer le ;cuiyre qu’à 19, piastes le .pikle:(62,kil.).: Le sandal des Sandwich, qui jusque là n’avait jamais été audessous, de 13 piastres,, ne se vendit que 9) et celui des; Marquises 6..Les peaux de loutres ; dont. il.:était venu. une quantité, médiocre, avaient. çonservé, leur valeur , et rapportérent l’une dans l’autre 30.piastres, malgréla qualité inférieure de celles de Californie, qui faisaient près: de la moitié, Quelques fourrures des détroits du Nord furent portées à 54.piastres. Les
AUTOUR DU MONDE. 371 Mars 19:19:
sies écrues, l'écaille,la rhubarbe, étaient épuises, et le thé.vert trés-rare, Ce ne fut, qu'au tauxide 80 piastres le pikle que nous pûmes obtenir uge petite quantité de celui dit poudre à canon, le plus recherché dans n6s marchés.
Lesucre, seul objet d’un prix raisonnable, était à,7. piastres +. Nous le fimes entrer pour une portion considérable dans la composition de notre petite. çargaison , quoique cette espèçe füt encore peu connue en France et. que les lettres que j'avais trouvées à, Macao ne m'’autorisassent à.en prendre que quelques gi pour échantillon, Estrie T te |
Dès notre. arrivée, à Wampou, on.s’occupa des trayaux nécessaires pour metitre.le navire an état. d'effectuer son retour en France, La.s0+ Lidité des, liaisons et l'état de la carène m'inspirant encore beaucoup de confiance , malgré, la perte du doublage et les accidens de nos:lonr gues nayigatipns ; je me bornaï à changer quelques écazts.<s œuvres mortes et placer sous les. bossoirs le.peu de cuivre qui, nous restait. Le, biscuit était, épuiséainsi que la salaison, una
partie de éelle.faite.à Sau-Francisro ayant. été cédée aux Amérigains aux Sandwich. Je fis COR
Avril-1819.
fectionner de ces deux articles, à un prix assez modéré , une quantité suffisante pour nous rendre en Europe: il fallut aussi nous munir de manœuvres courantes et de toile à voile.
Je fis valoir la petitesse du navire et la faiblesse de sa cargaison pour le soustraire aux charges énormes imposées à nos bâtimens, dans un temps où il n’en venait à la Chine que d’un port: considérable, et pour obtenir qu’il fût traité comme les Américains venant de la côte Nord-Ouest : malgré l’absurdité d’assimiler Le Bordelais à un vaisseau de compagnie, les Chinois, alléguant l’usage établi, rejetèrent ma demande; et le seul fruit que je retirai de mès démarches, fut une diminution de 700 piastres sur la gratification du comprador, dont la meilleure partie, ainsi que les autres dépenses de cette espèce, tourne au profit des autorités. | | (|
Nous appareillâmes de Wampou le 28 avril, et nous mîmes à l'ancre devant Macao: le 25 ; après avoir fait deux mouillages dans la rivière. Jé passai la journée suivante dans cette ville pour remettre mes paquets pour la France, et pour prendre du vin avec qüelques médica-
AUTOUR DU MONDE. 373 Avril 1819.
mens. Le a7 nous fimes voile de la rade de Macao , de conserve avet l’Indienne.
Le commerce de la Chine a éprouvé quelques changemens dans le quart de siècle pendant lequel les circonstances nous ont exclus de ce pays. Celui qu'y font les Etats-Unis, si faible au commencement de nos troubles, a pris une extension proportionnée à l'accroissement de leur population et de leurs richesses. La guerre avait presque “entièrement suspendu ces: relations ; il n’était venu que neuf bâtimens pendant les années 1813'et 1814. Depuis la paix, cette branche de navigation a repris une actis vité que chaque année a vue s’accroître: Dans le cours de la saison ou année commerciale, comprise entre le 1° juillet 1815 et le 3o-juin-suivant, la rivière de Canton a été fréquentée par trente bâtimens américains, dont le port réuni s'élevait à 10,200 tonneaux; la saison de 1816 à 1817, il en est entré trente-huit, du tonnage total de 13,096 tonneaux; la suivante en a vu trente-neuf, portant 14,325 tonneaux. Il en était arrivé quarante-sept dans les dix mois dela saison 1818 à 1819, écoulés jusqu’à notre départ; les trois quarts de ces derniers ont dû
374 VOYAGE Avril 1819,
porter leurs cargaisons dans leurs ports. Les avantages que présënte ce tableau sous le ratport de la navigatidn, sont en grande partie balancés par les suites fàcheuses que doit avoir pour un pays aussi peu tiche en numérairé que les Etats-Unis , d'exportation énorme d'espèces monnayées, au moyen desquelles ce commerce s'alimente. La Chine a reçu par cette voie dans Jes trois premières années précitées, 1,922,000 piastres, 4,545,000 ét 5,601,000 piastres. Il en avait été introduit plus de 7,600,006 dans les dix premiers mois de 1818 à r8rg. Dans les trois années dont le relevé complet a été fait, la-valéur totale des importations par les bâtimens des Etats-Unis, avait été respectivement de 2,527,500 piastrés, 5,609,600 et 7,076,800 piastres. Les produits des contrées baignées pat le grand Océan dans l’un et l’autre hémisphère, formaient une partie considérable des marchandises importées. Il est probable que la Chine ne recevra pas de long-temps autant de navires américains, d’après les mauvais succès qu'ont dùavoir la plupart des expéditions de l’année dernière. |
Tandis que les autres nations ne se procurent
AUTOUR DU MONDE. 375 Avrila8:9,
les produits de la Chine que par le sacrifice d’une partie plus ou moins considérable de‘leur numéraire , l'Angleterre est parvenue non-seulement à s'affranchir de ce tribut, mais même à faire de ce commerce une mine fertile, qui augmente les richesses métalliques de ses possessions asiatiques, et par conséquent sa puissance, Ce succès est dû à l’accroissement progressif de l’importalion des marchandises de l'Inde, particulièrement des cotons et de l’opium , ainsi que des lainages de ses manufactures. Le débouché immense que ce dernier article trouve maintenant chez les Chinois; est
le fruit de sacrifices.faits pendant plusicurs an-
nées, avec une persévérance courageuse qui à vaincu la répugnance de ce peuple pour tout ce qui vient des étrangers, et l’a accoutumé à l'usage des tissus anglais. Dans la saison de 1817 à 1818, la Chine reçut seize vaisseaux de compagnie d'Angleterre, et trente-neuf bâtimens particuliers armés dans l'Inde. La valeur des importations faites par les premiers fut de 5,045,000 piastres, somme dans laquelle les lainages et les métaux de la métropole figurent respectivement pour 3,130,000 et 260,000 pias-
376 VOYAGE Avril 18:19.
tres, et les cotons de l'Inde pour les 1,650,000 piastres restantes. Les exportations chargées d'environ 200,000 piastres de frais et dépenses diverses , montèrent à la somme de 6,390,600 piastres. Le commerce particulier introduisit pour 1,082,000 piastres de marchandises ; ses exportations furent de 4,004,000 piastres, en comptant 460,000 de frais. Les pacotilles et les dépenses des capitaines et des officiers de la compagnie sont comprises dans le second chef, mais j'ignore dans quelles proportions; peut-être contient-il les 280,000 piastres’ de marchandises d'Europe qui font partie des importations particuliéres. La totalité des importations faites par les bâtimens anglais, taut appartenant à la compagnie qu'aux armateurs particuliers, s'est élevée, de 1817 à 1818, à la somme de 16,126,700 piastres ; les exportations ne présentent qu'une valeur de 10,394,700 piastres, toutes dépenses comprises; la balance en faveur du commerce anglais est de 5,632,000
piastres, dont la remise doit s’effectuer dans
l'Inde. Dans la somme des importations, les produits de l'Angleterre représentent une valeur de 3,670,000 piastres ; ceux de l’Inde
Avril 1819.
12,456,000 piastres. En isolant son compte de celui de l'Angleterre, ce pays aurait 8,450,000 piastres à répéter sur la Chine.
‘Auprès du commerce de l’Angleterre et des Etats-Unis, celui des autres nations est insignifiant. J'ignore le nombre des bâtimens qu’elles ont envoyés à la Chine depuis la pacification de 1814. À ma connaissance , il r’en est venu que trois hollandais et un suédois; mais les portugais ont été plus nombreux.
Si les circonstances dans lesquelles nous nous trouvons excluent la probabilité de voir le commerce de la Chine nous procurer des avantages comparables à ceux qu’en retirent les dominateurs actuels de l'Inde, elles nous permettent au moins d’aspirer à entretenir ces relations sans aucun sacrifice de numéraire ; peut-être pourrons-nous un jour faire entrer nos tissus en con:currence avec ceux del’Angleterre. Enattendant, la traite des pelleteries à la côte Nord-Ouest d'Amérique, et le commerce de la mer du Sud, nous offrent dès a présent les moyensde pourvoir par les échanges aux besoins de nos marchés.
La faveur dont jouissent les produits de notre
sol et de notre industrie dans l'Amérique me
378 VOYAGE Avril 1819.
ridionale , nous promet des résultats bien plus
importans, et doit nous faire espérer de voir notre commerce former des relations aussi étendues qu’avantageuses avec les riches contrées situées sur le grand Océan ; mais dans l’état de faiblesse et de timidité où un quart de siècle si fécond en désastres a plongé le commerce français, il serait nécessaire de stimuler l'esprit d'entreprise par des encouragemens. Dans les
circonstances actuelles, l’apparition de quel-
ques bätimens du Roi, d’une force respectable, serait aussi trés-avantageuse en entretenant le respect dù au pavillon français, et en déposant de la protection que Sa Majesté accorde au commerce de ses sujets.
Avant de quitter la Chine, je me fais un plaisir de reconnaître les procédés aussi obligeans que délicats que j'y reçus de la part de M. de Verinnes, armateur de l’Zndienne. Je ne puis non plus passer sous silence la manière agréable dont je fus accueilli par les facteurs et les négocians des diverses nations unies par les liens de la civilisation. J’eus particulièrement à me louer du chevalier Liungsted, facteur de Suëde, dont les témoignages affectueux
AUTOUR DU MONDE. 379 Avril—Juillet 1819
et la bienveillance me firent oublier que la France n'avait pas d'agent dans ce pays.
La conduite du haniste Chonqua, mandarin de troisième classe, avec qui j'ai traité toutes les affaires du navire, le rend digne sous tous les rapports de devenir, comme il le désire, le haniste en titre des Français.
Je ne porterai pas plus loin ma relation: l’intérêt qui s'attache à l'expédition du Bordelais jusqu’a son arrivée en Chine, ne pouvant s'étendre a sa dernière traversée, qui n’a pu rien-ajouter aux connaissances que plus de deux siècles de fréquentation régulière ont fait acquérir sur les parages qui lui réstaient à parcourir pour sè rendre en France.Je me contenterai de direque, parti dela rade de Macao le 17 avril, ayant eu à remonter les mers de Chine à contre-mous+ son, ce ne fut que le 30 mai qu’il en sortit par le passage de Carimata, et le 7 juin qu’il doubla le détroit de la Sonde, après vingt-quatre beures de relâche à Aniers, Une voie d’eau qui se déclara de l'avant, nécessita son entrée à l’ilé Maurice, où il relâcha du 1° au 17 juillet:
Le 20 il passa sur la rade de Saint-Denis pour prendre les paquets du gouverneur de l'ile de
380 VOYAGE Août. = Novembre 1819.
Bourbon. Il doubla le cap de Bonne-Espérance le 13 août. Sa traversée ayant été retardée jusqu'aux Açores par des brises faibles et presque toujours contraires, et dans l'Est de ces îles par une série de vents de N.-E. souvent très-violens, le Bordelais fut obligé de demander des vivres à trois bâtimens différens, et ne fit son atterrage sur la côte d'Oléron que le 19 novembre. Il rentra dans la Gironde le 2r, et termina ainsi son voyage autour du globe en trente-sept mois et deux jours, dont vingtdeux mois et six jours sous voile.
Quoique l'équipage fût encore fort de vingttrois hommes, il n’en restait que dix-sept des trente-quatre embarqués à Bordeaux3 un seul
avait été enlevé par la mort, mais il avait fallu
en débarquer cinq pour cause de santé, et onze avaient déserté. Le nombre de ces derniers ne doit pas étonner, en considérant que l'espoir de trouver l’occasion de faire la course sur les côtes d'Amérique avait attiré à bord, lors de Parmement, beaucoup de mauvais sujets. D’un autre côté, nous eùmes le plaisir de ramener sous pavillon quatre Français. La composition de l'équipage, dont la presque-totalité appar-
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tenait au Midi de la France, et était peu ac-
coutumée aux fatigues, explique les maladies continues qui le désolérent pendant les deux premières années.
Il est à remarquer que, malgré È rigueur de l'hiver de la côte Nord-Ouest , la santé de l'équipage ne fut jamais dans un état plus satisfaisant que depuis notre départ de Californie.
. Le scorbut ne se manifesta que très-légèrement, dans la traversée des Santini en Chine pt PE STE
Il m’est agréable determinerma tâche enrendant àmesbravescollaborateurs les témoignages dus au couragè, aux talens et à la patience dont ils ont fait preuve au milieu de la longue série de. dangers, de fatigues et de privations; que nous ayons éprouvés dans-le. cours de notre voyage, et particulièrement dans les deux çam-
pagnes à la côte: Nord-Ouest d'Amérique. J'ai surtout à me louer des services de M. Foucault, lieutenant de vaisseau , mon second, dont le coup d’œil sûr et rapide prévint Ja perte du
navire à Nitinat, la nuit du 24 au 25 sep- . tembre 1817. Je fis le sacrifice de cet officier
distingué, dont, l'amitié ne m'était pas moins
ge eme
near rene
connue qué l'expérience ,:en faveur de Pndienne, dont il pritle commandement en Chine. M. Briole, qui le:remplaca , ajouta aux titres qu’il avait déjà à ma confiance , par la manière dont il‘s’acquitta de ses nouvelles fonctions. La conduite dé M. Partariéux , embarqué volontaire , lui mérita d'être: fait officier en dé: cembre) 18127, 'et répondit toujours à monattente. Pour fairp l'éloge de M. Vimont, officier de santé , il suffitde dire que là mort, qui le menaça lui-même plusieurs fois, n’atteignit parmi-nous qu'une seule victime. M. yssautier, volontaire, se rendit surtout'trésutile par son ‘intelligence à saisir les différens idiômes dés peu. lidéssauvages. J'aiété généralement sui tisfhit des hommes de l'équipage’) qui, fidèles à leurs'engagémiens’; sotit revenus en Frdnée avec hnaviwel ei eus uote ls eue Ov :: Exévateur d’une entreprisé à laquélle ; à tôté d'intérétsipdfticuliers,' se trouvent attachés ldes intérêts nationaux, je regrette vivénrent de n'avoir pu:obtenir des résultats assez avantas geux pour éornpetiser les sacrifices du négotianit patriôte et'cohrageüx ejui n’a pad craint dé fairé | setiPitous'leb ffais d'une! mise-déhors cünsidé-
rable, et pour présenter, sous un jour favo> rable, à nos armateurs, l'immense débouché que le grand Océan offre à leurs spéculations. Mes regrets sont allégés par la conviction d’avoir employé thutes les ressources de l'activité et de la persévérance afin de suppléer à la défectyo« sité des moyéns mis à ma disposition ; d’après desirenseignemeÿs inexacts:ou surannés ; et pat laiperspeative des isacqès que notre: expérienée apréparés aux expéditions: quo pourra tentep à Pavemir. "0 91] pic
En énvisageantle voyage ae Bordelais sous le rapport de l'intérêt::général; on remarquera que, par l'intermédiaire de ses opérations sur les côtes du grand Océan, il a pu obtenir son retour au moyen d’une cargaison composée des produits de notre sol et de notre industrie, tandis que par la voie suivie ordinairement dans les relations avec la Chine, le chargement que le navire a pris dans ce port aurait coûté à la France une extraction d'espèces de plusieurs centaines de mille francs. Ces considérations fixeront l'attention d’un gouvernement sage juste appréciateur de tout ce qui se rattache
aux intérêts nationaux, et appelleront sa solli-