‹ Voyage aux États-UnisChapitre 26 sur 26 · ÉTATS A ESCLAVES EN · texte numérisé non relu

ÉTATS A ESCLAVES EN

Maryland. — 11 a été pourvu à rétablissement d'écoles primaires , dans toute l'étendue de l'État. En 1829, il en avait été ouvert une à Baltimore.

11 y avait de huit à dix pensions recevant annuellement chacune de 4oo à 600 dollars du Trésor public.

Allocation à l'Université de Maryland 5,ooo dollars

Allocations aux colleges, pensions et écoles i3,ooo

Delaware. — En 182g, il fut promulgué une loi établissant un système d'écoles primaires, et à cet

iK) L!j: i.\ sociKTj; ameiucaose.

L'fl't't, en i85o, les comtés furent divisés en dislricts.

La Caroline du Noiid avait un fonds littéraire de 70 ; 000 dollars; mais licn encore n'avait été fait pour son emploi.

"\ iRGiAn;. — Point d'écoles gratuites.

Caroline du Sud. — « îl appert, d'un rapport du comité d'instruction publique, que le nombre des écoles publiques établies dans l'État était de 5i3, où 5,56i élèves étaient instruits aux frais annuels de 55,5 10 dollars.

» L'avantage résultant de cette allocation, dit le gouverneur, n'est que partiel; les commi.ssaires en font la répartition d'une manière aveugle et arbitraire. Si cette somme était employée de manière à compléter l'éducation d'un certain nombre de jeunes gens, à la condition de consacrera l enseignement un temps limité, comme équivalent de Tinstruction reçue, on verrait résulter de cette mesure les plus beureux eft'ets. » — Registre annuel (iniéricaiii .

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ropiiliilion clc couleur . . .... . . ........... i .-V.v.'^;. :'.K'/. '^'&ii'i,H^.-i

GÉoncn:. — Les allocations pour les petisions de comtés se sont élevées à i4,5o2 dollars, et le fonds destiné aux écoles gratuites à y/p dollars.

r<)i)ii'a', i'in lil.aiclio ca iS-îo -jjjGjSiiG

Population J.c coiilcîir 2 -.0,0 17

Al.vea:ma. — Point d'écoles.

MississH'i. — Foiiiî d'écoles,

Missouri. — Point d'écoles.

Louisiane. — An lieu d'écoles, une loi punissant de remprisonnemenl quiconque enseigne à lire à un esclave.

TenmîssÉe. — 11 a été assigné un fonds qui doit s'accumuler à reflet d'encourager plus tard les écoles , les collèges et les pensions.

A1*PE1NDÎCI'. VIT

Kentucky. — Un système cl écoles primaires a été organisé par une loi ; à cet effet, les comtés ont été divisés en districts, et afin de pourvoir aux frais, il a été établi une capitation et des taxes sur la propriété.

(f V Annonciateur de Louisville fait connaitre l'établissement, dans celte ville, d'une école fondée à la charge publique; c'est la première qui ait été établie au sud de l'Obio. Elle admet indistinctement les enfants de tous les citoyens. Le Jionibi c des élèves inscrits est de3oo. » — tlc^istre aiuiiLel cuncricam,

ÉTATS LIBRES EN 1833, 183/, et 1835.

Maine. — i835.

Dt^ehsc annuelle ilts écoles gratuites. . . i5'i,oo.) ilulliirs.

Total approximatif des c'Icvcî ioG,ooo

C Pensions, 12; colleges, 2.)

Ne\v-Hampsh!re. — 1 835. — Dépenses des écoles primaires, 101,000 dollars.

Massachusetts. — i834. — Sur 261 localités, 44 n'ont point (Mivoyé d'état.

Garçons de i à iC iiiis fréquentant les écoles 67,490

Filles du même .laje G3,-23

Nombre des individus de i(i à 21 ans ne sachant ni lire

ni écrire i .">S

IVom!>r!; des maîl n s 1 ,r;(;7

Nom;)re des maîtresses y.j^'SS

.Soninie Ii'^alement perçue pour les écoles ' ■ 310,178 (io!!;il-s.

Soinnie pcri;:ie par eoiilribution volontaire iô,i4i

Nombre approximatif des élèves fréquentant les pensions

et les écoles parli< tili( res p. K'^O

Frais approximatifs de l'enseignement dans les pensions et écoles pariieidières 270,670 dollar^.

Riiode-Isi.vnd. — i8"5.

Taxe anniiellc des écoles 10,000 d'iîUrs.

l'onds ])eriuaiieut 60,000

Somme additionnelle perçue par les

villes. I '» '!j"

Ecoles piilîliqiifs daus l'Etat (en 1S02 ) '^zi

Nombre des (-Irvcs 177» •'»

Ecoles parliciilières 220

ÎVombre de leurs élèves 8,007

Dejicnse a]iprosimali\ c des écoles parlicuiières 81,370 dollars.

Connecticut. — Au i'^' avril i835, le capital du fonds des écoles s'élevait à 1,929,758 dollars, et le dividende, en 18 i4, était à raison de i dollar par enfant de 4 à 16 ans. Le nombre de ces enfants, suivant les états dressés, était de 85,91 2.

NEv.'-Yor.K. — i835.

Eeoles ... Oi^So

Fonds publics alloues aux écoles SiG,!/!? liollars.

Paye', en outre, aux niaîlrcs 098,187

Le nombre des enfants instruits dans les écoles publiques élait de 53'!,oo2, ce qui est à la totalité de la population dans la proportion de 5o à 5i.

Pensylvanie. — Quelques obstacles s'étaient opposés à l'exécutiori de la loi, et aucun état n'avait éîé envoyé en i835.

Ohio. — « L'oiganisation de notre enseignement public n'a pas marcbé aussi lapidement qu'on l'espérait : elle a d'abord été impopulaire dans quelques parties de l'État, mriis les préventions ont peu à peu disparu ; son utilité est maintenant reconnue. » — Message du Gouverneur, 6 décembre 1854.

11 n'a rien été fait de plus dans les États à esclaves.

ÉCOLES DU dimanche.

Les rapports de la Société des écoles du dimanche jusqu'en mai t855 donnent les cbiffies suivants :

16,000 écoles. Dans ce nombre ne sont pas comprises les écoles qui ne relèvent pas delà Société.

1 1 5,000 maîtres.

790,000 élèves.

CnUcgCJ.

r> ombre de colleges aux Etats-Unis , 7g

Le nombre des élèves varie, dans chaque collège, de ibà..')-2-i.

ôeDiin/iires.

Le nombre des séminaires aux Etats-Unis est de , 3i

Le nombre des lilcves \arie de i à i52.

licoles de tnédecine.

Leur nniubrc est de 23

ayant de i8 à 392 lilèves.

Ecoles de droit.

Leur nombre est de 9

ayant de G à i»(J élèves.

.'ClO bL i.\ sUCii li: AMKiiirVBK

DISCOURS RELIGIEUX SLIV LES DESOINS DE LEl'OQUE.

Le siècle, et surtout le pays dans lequel nous vivons, ont un caractère spécial ; il leur faut donc une instruction également spéciale, et les vérités du christianisme doivent leur être dispensées dans un mode particulier; ils ne ressemblent à rien de ce qui nous a précédés. C'est un siècle et un pays nouveau qui, par conséqi]ent, exigent ce que j'ai appelé une nouvelle dispensatix)n du christianisme; une dispensation en harmonie parfaite avec le nouvel ordre de choses né de son existence.

Toutefois nous ne paraissons pas avoir été généralement convaincus de cette vérité. Le caractère de nos institutions religieuses, le style de nos prédications, les moyens sur lesquels nous comptons pour la propagation des vertus chrétiennes sont encore ce qu'ils étaient à des époques reculées, et adaptés à des besoins qui n'existent plus ou qui n'existent que sous une forme extrêmement modifiée.

C'est à ce fait que j'en attribue un autre dont j'ai déjà eu l'occasion de parler, à savoir que nos églises sont loin d'être remplies; qu'une portion nombreuse et toujours ci'oissantc de la société prend très peu d'intérêt aux institutions religieuses et manifeste, pour l'instruction religieuse, la plus complète indifférence.

Si ces personnes s'éloignent de nos églises, ce n'est pas qu'elles n'éprouvent aucun besoin de religion, aucun désir de se rassembler et de communier dans le saint temple avec leurs semblables et avec l'esprit

APPENDiCF.. V21

grand et bon qui ri*gne partout autour d'eux et avec eux; si elles ne viennent pas dans nos églises, ce n'est pas faute d'apprécier cette communion, mais c'est qu'elles ne la trouvent pas dans nos églises. Sous les formes de nos institutions et de nos instructions, elles ne peuvent trouver le Dieu paternel qu'elles pensent aimer et adorer, avec qui elles voudraient établir une communion douce et salutaire; elles ne peuvent trouver cette sympathie de l'homme pour l'homme qu'elles recherchent, obtenir ce retour aux chaleureuses a flections du cœur qui leur rendrait aîïréahle de se réunir et de s incliner ensemble devant un autel commun.

Mais quand ces obstacles seraient levés, quand tous obtiendraient des places, et les obtiendraient de manière à n'impliquer pour personne une présomption de supériorité ou un aveu d'infériorité, les prédications les plus ordinaires seraient loin encore d'être satisfaisantes et ne répondraient pas aux besoins de l'époque. Je dis que les prédications les plus ordinaires sont loin d'être satisfidsantes; je ne les accuse point, pour cela, de manquer de vérité, je n'accuse aucun prédicateur de prêcher l'erreur. Je crois la vérité prêchée dans toutes les églises de toutes les dénominations, du moins jusqu'à un certain point; mais ce n'est pas la vérité qui convient, ce n'est pas celle qui devrait être présentée selon les exigences du siècle et les besoins du pavs. Toute vérité est précieuse, mais toutes les vérités ne sont pas également précieuses, et tous les aspects des mêmes vérités ne sont pas , en tous temps et en tous lieux, également attrayants. Ce que je reproche aux prédications en général, c'est qu'elles ne roulent pas sur des sujets qui puissent intéresser les masses à cette époque et dans ce pa^^s. Les sujets, habituellement traités, peuvent avoir eu autrefois la plus baute importance; ils peuvent même ollVir un vif

intérêt au savaiit on à l\'tudiant dans son cabinet, mais ils laissent les auditeurs rassemblés dans la plus compléteindifférence. Legrandnombre se souciepeu du sens d'une particule r^rccque ou de l'interprélation d'un passage douteux : peu lui importent des dogmes depuis longtemps privés de vie; les mœurs et les coutumes d'un peuple dont nous avons entendu parler, mais auquel nous ne prenons aucun intérêt spécial. Aux hommes, il ne suffît pas de présenter des descriptions de cérémonies juives , les menaces des prophètes d'Israël, des compositions poétiques, des périodes sonores sur quelques devoirs frivoles, quelque fruit théologique insignifiant; il leur faut un langage fort, des paroles qui pénètrent profondément dans l'intelligence universelle, et qui aillent toucher la corde qui vibre dans le cœur de tous. Ils veulent qu'on les fasse pénétrer profondément dans les choses de Dieu et de l'humanité, qu'on les éclaire et les échauffe sur des matières avec lesquelles ils sont, chaque jour, mis en contact et qui seraient un aliment éternel de pensées vivifiantes et de sentiments forts.

Ce qui prouve que nos institutions religieuses et notre mode de dispenser la vérité chrétienne ne sont pas en harmonie avec les besoins de l'époque, c'est le progrès de l'infidélité et le succès qu'obtiennent les infidèles à former des sociétés et à organiser l'opposition au christianisme. Il y a, dans cette vie, une société d'infidèles; ils se donnent, je crois, le nom d'investigateurs libres. Pourquoi cette société s'estelle formée? ce n'est pas, j'en ai l'assurance, parce que son chef est un infidèle. (3n ne va pas l'entendre parce qu'il proclame des doctrines d'athéisme ou de pantbéisme, parce qu'il nie le christianisme, rejette la Bible et déverse des sarcasmes sur quelques membres de la profession cléricale, mais parce qu'il se constitue en opposition avec l'aristocratie

APrENDICE. /j2?

dp, nos églises et revendique les droils de l'intelligence, ïl réussit non parce qu'il est infidèle, mais parce qu'il s"est, jusqu'à ce jour, montré démocrate. Les hommes ne sont jamais infidèles pour le seul plaisir de l'être. L'infidélité, je n'emploie point ce terme dans une intention de reproche, n'a par ellemême aucun charme, ii n'y a rien d'attrayant à ne voir, dans nos sembiahles, que des plantes qui naissent le matin, se flétrissent et meurent avant la nuit : il n'y a rien d'attrayant à regarder le ciel, brillant de perles, de saphires et à ne pas voir l'intelligence qui y resplendit; à regarder la terre féconde et fleurie, et à ne pas voir l'esprit qui lui donne la fécondité ; à jeter les^eux autour de soi sur un monde de matière muette et inerte, et à se sentir seul. Il n'y arien d'attrayant à dépeupler le ciel, de Dieu , et la terre, d'hommes, et à nous sentir au centre d'un vide universel sans une ame que nous puissions aimer, sans une intelligence avec laquelle nous puissions entrer en communication. Je connais le sentiment de solitude qui pèse sur l'incrédule, la désolation des hommes qu il oppresse; mais je ne tenterai pas de le décrire.

Je dis donc que ce n'est pas l'infid élite» qui fait le succès du parti infidèle : c'est la défense de la liberté d'investigation et de la démocratie. En revendiquant le droit personnel qu'il avait de ne pas croire au christianisme, il a revendiqué le droit de Fintelligence, prouvé que tous ont di'oit de s'enquérir pleinement dans tousses sujets et de s'en tenir aux loyales convictions de leur propre intelligence. En cela, le parti infidèle a répondu au besoin d'une portion considérable de la société et il y a répondu comme aucune église n'a pu encore le faire. Je ne dis pas qu'il soil lui-même un investigateur libre, mais il proclame la liberté d'investigation comme l'un des droits de l'homme, et il a proclamé ainsi ce que des mil-

/i24 DE L\ socii'té américaine.

liers d'hommes sentent, quoiqu'ils n'aient pas, en P'énéral, le courafre de l'avouer. Le besoin de s'enquérir, de constater ce qu'est la vérité, ce que nous croyons et pourquoi nous croyons, devient de plus en plus ui'.o;ent; nous pouvons le désavouer, Texcommunier, l'anathéniatiser, mais le supprimer, cela nous est impossible. Il est trop tard pour arrêter les progrès de la liberté d'investigation; les digues que nous élevous pour contenir ses flots ne sont que des points d'arrêt d'où elle s'échappera avec une force nouvelle et une furie redoublée. Le toi-rent coule, laissons-le couler; la vérité n'a rien à craindre.

Après le besoin d'investigation, de philosophie, le siècle se distingue par sa tendance à la démocratie, par ses désirs de réforme sociale. Que cela nous plaise ou nous déplaise, la société tend incontestahlenjentà la démocratie; l'esprit démocratitpie triomphe, les missions s'éveillent; les masses entrent en .scène, et chaque jour nous révèle de plus en plus

:' Quelle puissance dort (lari.< le bras populaire.

• La voix de millions d'hommes appelés à une importance nouvelle et inouie, et demandant à grands cris des institutions populaires, nous ari'ive apportée par toutes les brises et se mèhuità tous les sons. Sur toute retendue du monde chrétien une lutte se continue, non comme autrefois entre dix monarques et des nobles, mais entre le peiqjle et ses maîtres, entre le grand nond)re et le petit nombre, les privilégiés et les non-privilégiés; et la victoire, bien que, çà et là, elle semble douteuse au premier coup d'œil, se prononce |)artout pour le parti du grand nombre. Les vieillesdistinctiousperdentdeleurprix; les titres deviennent de moins en moins propres à conférer la dignité; la simplicité dans les goûts, dans les habitudes, dans les manières, devient à la mode; la dignité appartenant à Ihomme est de plus en plusrecher-

APPEiNDiCr. 425

chée, et le simple nom d'homme est déjà devenu plus honorable que celui de gentilhomme.

Or, c'est, à cet esprit démocratique que le chef du parti inlldèle lait appel; c est là qu il trouve un puissant Qlémeut de succès. Les corre8|)ondants de son journal essaientmêmed'araalgamerraihéisme avec la démocratie ; moi-même, il iïitun temps où je croyais fermement qu'un progrès social étnit impossible, que l'homme ne porurait conquérir sa dignité véritable sans la destruction de la religion; je croyais que les institutions, les habitudes et les croyances religieuses formaient le plus grand, presque le seul obstacle au perfeciionnement de l'homme : celte opinion, que naguèîc je professai loyalement, est aujourd'hui tout aussi loyalement professée par des milliers d'homuics qui veulent ideutiiier les progrès de l'humanité avec les progrés de l'infidélité.

C'est, je 1 avoue, un état de choses nouveau que l'inlidélité se faisant démocrate. Hobbes, l'un des pères, sinon le créateur de l'infidélité moderne, n'avait aucune sympathie pour les mœurs; Hume et Gibbon ne songeaient guère aux progrès sociaux, ils ne manifestaient aucun désir de relever les humbles et de faire tomber les chahies des opprimés. Avant Thomas Penn , je ne sache pas qu'aucun écrivain infidèle, dans notre langue, ait été démocrate ou ait pensé à donner à l'ijifidélité une tendance démocratique. Depuis lui , l'inlidélité s'est plu à se qualifier de démocrate, et elle s'est presqu.e toujours présentée comme ennemie des masses et favorable au progrés. Le parti infidèle travaille maintenant à prouver que l'Église est aristocratique, et qu'elle ne s'occupe aucunement d'aniéliorer rexistence terrestre de riiomme. iMallieureusement plus il réussit, plus l'Eglise lui fournit de nouveaux éléments de succès; plus il semble identifier son inhdéiité avec l'esprit démocratique, plus l'Église désavoue cet esprit et le

déclare complètemenl opposé à la foi. Lorsque, il y a quelques années, la pens-Je me vint qu'il y avait dans la société des déviations à redresser, lorsque je songeai à me constituer réformateur social, tout ecclésiastique que j'étais, je trouvai mes adversaires les plus acharnés dans le clergé et dans les laïques les plus zélés pour la foi. Que je me sois trompé dans les conséquences que j'ai tirées de ce fait, comme les incrédules se trompent actuellement dans les leurs, je suis prêt à l'avouer ; mais il n'en résulte pas moins de ce fait que la religion et ses défenseurs sont hostiles, du moins en apparence, aux progrès sociaux.

Ce sont là les principaux motifs du succès qu'obtient l'infidélité; ses partisans répondent à deux besoins : la liberté d'investigation et le progrés social; besoins urgents à celte époque et dans ce pays. Les infidèles y répondent mieux qu'aucune de nos églises. Nous ne devons donc pas attribuer leur succès à une dépravation sociale du cœur, ni à un aveufflcment particulier de rintellieence: ils ont raison de revendiquer les droits de 1 intelligence et de défendre la cause du progrès social ; seulement ils ont tort de supposer que la liberté d'investigations et le progrès social sont les éléments constitutifs de l'infidélité, tandis qu'ils n'en sont que des accidents. En réalité ils constituent deux importants éléments de religion; comme telsje les reconnais, je les accepte et j'alïirme à tous les hommes religieux qu'ils doivent les accepter en se résignant à voir quelque temps la religion complètement obscurcie et l'infidélité triomphante.

Les infidèles ont tort de prétendre que l'infidélité peut effectuer le progrès du genre humain. L'infidélité n'a aucun élément de progrès ; sa moralité la plus pure n'est que de l'égoïsme. Elle n'offre point à l'homme de mobile plus élevé que son intérêt personnel; mais rintérôt personnel ne saurait faire un ré-

formateur. Les grandes {•éform^s ne se sont jamais elTectuées sans sacrifice. Eu travailiant au bien des autres, nous sommes souvent obligés de nous oublier nous-mêmes , de nous exposer sans crainte et sans regret à perdre notre fortune, notre repos, notre réputation, et quelquefois même la vie. Celui qui ne consulte que son intérêt ne s'expose jamais à de pareils dangers. Quand bien môme nous arriverions à convaincre les hommes qsi'on travaillant pour la génération universelle on travaille pour le plus grand avantage ultérieur de chacun , l'expérience de chaque jour prouve que personne ne le fera, s'il faut renoncer au plus léger avantage immédiat. La moindre satisfaction actuelle, instantanée, l'emporte aux yeux de la plupart des hommes sur l'éventualité de la plus grande félicité future. L'amour est le seul princi|)e de réforme sur lequel nous puissions compter; il nous faut aimer la race humaine, afin de pouvoir nous consacrer à son plus grand bien, tout faire et tout oser pour son progrès ; mais comme nous ne pouvons aimer que ce qui nous parait aîinabLe, il nous est impossible d'aimer le genre humain, si nous ne voyons en lui quelque chose qui le rende digne d'être aimé. Mais riniidélité dépouille l'homme de toutes les qualités que nous pouvons aimer; aux yeux de l'inhdêle, l'homme n'est qu'un animal né ])Our propager son espèce et mourir. C'est la religion qui découvre la véritable dignité de l'homme, révèle l'ame, dévoile l'immortalité qui est en nous et présenle dans chaque homme le Dieu incarné, devant lequel nous restons saisis d'un saint respect, et que nous pouvons aimer et adorer. L'infidélité ne peut donc effectuer ce que ses anns revendiquent pour elle; elle ne peut nous faire aimer les homm.es; et ne pouvant nous les faire ainu'r, elle ne peut nous faire travailler à leur amélioration.

En parlant ainsi, mon intention n'est point d'ac-

/i28 DE I.\ SOCILTK AMKRICAINE.

cuser les infidèles; si donc je condamne rinPidclilé parce que je dois la condamner, je n'ai point cessé de voir, dans rinlidèle, nn homme, un égal, un tVère pour qui Jésus est mort, et pour qui, s'il était nécessaire, je serais moi-même prêt à mourir. Je n'ai pas le droit d'accuser Tinlidele, ni d'incriminer ses opinions spéculatives; si ses opinions sont erronées, comme j'en ai la conviction, mon devoir est de les lui imputer à malheur , non à crime, et de faire mon possihle pour l'aider à les rectifier. Nous sommes injustes envers notre frère quand nous lui refusons^ pour ses opinions, la tolérance que nous exigerions de lui pour les nôtres. Nous méconnaissons le christianisme quand nous déversons la censure, le ridicule ou le dédain sur un homme, en raison de ses opinions consciencieuses, quelles qu'elles soient. Nous avons souvent fait violence à l'Evangile, dans notre manière de traiter ceux qui, selon nous, l'interprétaient mal ou le désavouaient. Nous n'avons pas toujours traité leurs opinions comme nous demandons qu'on traite les nôtres. Nous n'avons pas toujours mis assez de scrupule à accorder aux autres les droits que nous réclamons pour nous-mêmes. Nous avons été injustes, et comme cela arrive toujours, notre injustice a fait tort aux opinions que nous avouons et à la cause que nous professons. Il n'y a jamais eu, il n'y a pas nécessité d être injuste ou incharitable envers les incrédules, et si nous croyons posséder la vérité, ne faisons pas à la vérité que nous défendons l'injure de croire qu'elle ne peut, sans danger, soutenir et repousser le choc du mensonge. Adoptons une règle uniforme pour juger tous les hommes, les infidèles comm.e les autres, non en raison de leurs opinions spéculatives, mais selon leur moralité réelle.

Je. n'hésite point à descendre avec l'infidèle sur son propre terrain; j'accepte, sans difficulté, tout

APPK-NDicr,. 420

ce que jo, crois vrai dans ses clociriiu'S, et je conihats avec la même liberté, tout ce qui me semble faux et nuisible. Je l'approuve de revendiquer la liberté des investigations et le progrès social, car je les accepte comme lui non pas comme éléments de l'inlidélilé, mais comme éléments du cbrislianisme. Si maintenant l'on me demande, comme on l'a déjà fait, ce que j'entends par la nouvelle dispensation du christianisme, la nouvelle forme de religion dont j'ai souvent parlé ici et ailleurs, je réponds que j'entends des institutions religieuses, et un mode de dispenser les vérités et les influences religieuses, qui reconnaisse les droits de l'inlelligence, et se propose le progrés social comme l'un des grands buts à atteindre. Dans cette nouvelle Eglise, dont j'ai quelquefois rêvé, et plus que rêvé j'espéi'e, je voudrais que la liberté illimitée de l'intelligence fut clairement reconnue; dès lors nul interdit ne sera mis sur la pensée : raisonner sera l'acte d'un chrétien, non d'un infidèle. Les investigations de la pensée seront encouragées, non dans un cercle étroit et limité, mais de manière à permettre à l'homme de scruter le ciel, l'air, l'Océan, la terre, et de comprendre la nature et Dieu, s'il le peut. Quiconque recherche la vérité franchement, fidèlement, avec pjcrsévérance, de toute la puissance de ses facultés, fait tout ce qu'on peut exiger de lui; il obéit à la volonté de Dieu, et il doit lui être permis de s'en tenir à ses conclusions, sans avoir à redouter la désapprobation de Dieu ou des hommes.

En parlant ainsi , je ne fais que l'appeler la Société au christianisme. Jésus reprochait anx Juifs de ne pas juger par eux-mêmes de ce qui est juste, reconnaissant ainsi en eux , et par conséquent, en nous, le droit et la faculté de juger par soi-même, (c Si je ne fais pas les œuvres de bon père, » disait Jésus, « ne me croyez pas; » reconnaissant évidemment dans

rhomme le droit et la faculté de dëtermiaer ce que sont et ce que ne sont pas les œuvres du Père; c'est à dire, en d'autres termes, ce qui est et ce qui n'est pas la vérité. Un apôtre nous recommande « de nous attacher fortement à la liberté que nous avons reçue du Christ, d'examiner toutes choses et de tenir fermement à ce qui est bien. » En effet, l'esprit même de l'Evangile est un esprit do liberté; on l'appelle une loi de liberté; et son but principal est d'affranchir l'ame de toute entrave, si ce n'est de l'obHgation de faire le bien. Ils méconnaissent 1 Evangile, ceux qui veulent restreindre la pensée et enchainer l'investigation; ils mettent en doute ou nient sa vérité et sa puissance, ceux qui craignent de le soumettre à l'examen le plus sévère, aux investigations les plus rigoureuses; et si j'étais en veine d'accusation, j'accuserais d'infidélité quiconque ne veut pas ou n'ose pas s'enquérir, quiconque ne veut pas ou n'ose pas enconrager ["investigation dans aulrui.

J'ai dit que le progrès social devait entrer dans l'Eglise que je voudrais voir établir, comme l'un des buts à atteindre. Le progrès social tient une grande place dans les sentiments de notre époque; les infidèles s'en emparent et y trouvent l'un de leurs plus puissans éléments de succès : et moi aussi, je voudrais m'en emparer, lui donner une direction religieuse, et y trouver un élément du triomphe du christianisme. J'en ai le droit; comme chrétien, mon devoir est de retirer le progrè? social ou , si vous voulez, l'esprit démocratique des mains de linfidèle; lui, il n'y a aucun droit; il ne l'a usurpé que par la négligence de l'Eglise. L'esprit démocratique est l'esprit même du christianisme; Jésus était Ihomme du peuple, l'instituteur des masses; ses apôtres étaient des pécheurs de la dernière classe de ses compatriotes; c'était le commun du peuple qui entendait avec joie sa parole; ce furent les Pharisiens et les

Sadducéens, le graiid-|)reîro et les scrihes, les hommes riches et éminents, en un mot l'aristocratie du temps, qui conspirèrent contre lui et le firent crucifier entre deux voleurs. 11 se disait, lui-même, envoyé par Dieu pour prêcher l'Evangile aux pauvres, pour proclamer la liberté à ceux qui sont sous le ]oug, et délivrer le captif de sa chaîne. Il annonça à Jean qu'il prêchait l'Evangile aux pauvres, et que c'était la preuve la plus concluante de son droit au titre de Messie.

Eh! quel était cet Evangile que Jésus prêchait aux pauvres ? était-ce un Évangile tel qu'il en faut aux despotes, un Évangile appioprié aux vues de l'autocrate des Piussies? Commandait-il aux pauvres, au nom de Dieu, de se soumettre à un ordre de choses dont ils sont les victimes, de se contenter de souffrir sans soulagement et de mourir de misère? INon, non : ce n'était pas cet Evangile de la tyrannie que prêchait Jésus. L'Evangile qu'il prêchait était l'Evangile de la fraternité humaine. Il prêchait l'Evangile, le saint Evangile, la bonne nouvelle aux pauvres, quand il les proclamait membres de la grande famille humaine, quand il enseignait que nous sommes tous frères, ayant tous le môme père qui est dans le ciel ; il prêchait l'Evangile aux pauvres, quand il déclarait, à ceux qui faisaient parade de leur religion, que les publicains et même les fenmies de mauvaise vie entreraient plutôt qu'eux dans le royaume des cieux, quand il déclarait que la pauvre veuve qui, en prenant sur ses propres besoins, avait mis deux oboles dans le trésor du seigneur, y avait mis plus que tous les riches ensemble; et quiconque prêche la fraternité universelle de la race humaine prêche l'Evangile aux pauvres, alors même qu'il ne s'adresse qu'aux riches.

Quelle puissance dans cette grande doctrine de la fraternité universelle du genre humain ! elle

482 Di' ],\ so{:[;.Ti- amÉkic.um-:.

donne d'ininii'uses aviintiif-'es au rëfornuUeiir; elle prête à ses paroles une force presque capable de réveiller les morts : Arrête, oppresseur, lui permetelle de dire, tu opprimes un frère! Cesse tes mépris, amer contempteur de ia race humaine, tu calomnies (on frère! En passant hier avec indifférence devant cet enfant qui était dans la rue, et le laissant grandir dans l'ignorance et le vice, quoique Dieu t'ait donné la richesse pour l'élever dans les lumières et la vertu, tu as négligé l'enfant de ton frère. Ou! si nous comprenions que nous sommes tous frères et sœurs, enfants d'un môme père, nous comprendrions que tout mal fait à un être humain est une violence faite à notre propre chair.

Je répète que Jésus était véritablement l'instructeur des masses, ou, si vous l'aimez mieux, le prophète des travailleurs, de tous ceux qui (f ^travail lent et sont pesamment chargés. » Si je répétais ici ou ailleurs ses paroles en y attachant un sens, si je disais comme lui : « Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'il ne l'est à un homme riche d'entrer dans le royaume des cieux, » et si je le disais d'un ton qui indiquât que j'y attache un sens, vous m'appelleriez radical, niveleur, désorganisateur ou de quelque autre nom ér^alement barbare et horrible. Celui-là aurait besoin de courage qui voudrait, de nos jours, prendre en main la défense du peuple, comme le faisait Jésus, et il sexposerait dans cette lutte à perdre sa réputation de bon sens et de moralité.

Je répète donc encore que Jésus était expressément l'instructeur des masses , le prophète du i)euple ; non quil s'adressât à une classe d'individus à l'exclusion des autres, non qu'il cherchât à faire du bien à inie portion de la race humaine aux dépens d'une autre j car sou caractère distinc-

tif était de s'élever au dessus des classifications factices de la société et de parier à 1 homme universel, a l'intelligence universelle, aj.ix sentiments universels. Je l'appelle le prophète du peuple, parce qu'il a reconnu des droits de fhunjanite, parce qu'il a proclamé et scellé de son sang des principes qui, dans leurs conséquences légitimes, ne peuvent manquer de relever les humbles et les opprimés et de restituer au grand nombre qui, dans tous les temps et dans tous les pays, a été le jouet du petit nombre, le rang et l'importance sociale qui lui appartiennent; son esprit, considéré sous le point de vue politique, est ce que j'ai appelé l'esprit démocratique; au point de vue le plus général, c'est, dans l'individu et dans la race, 1 esprit de progrés vers la perfection, vers l'union ^vec Dieu; c'est cet esprit qui, depuis dix-huit cents ans, fermente dans • la société, comme le levain dans les trois mesures de froment, qui a fait disparaître l'esclavage de presque toute la chrétienté, qui a détruit l'aristocratie du glaive, presque etfacé l'aristocratie de la naissance, lutte aujourd hui contre l'aristocratie de la richesse, et fniiia, avant qu'il soit longtemps, par proclamer et établir la véritable aristocratie, celle du mérite.

Si maintenant on me demande, comme on l'a déjà fait, à quelle communion j'appartiens, je réponds que j'appartiens à cette communion quia pourpoint de départ la liberté de l'investigation, reconnaît de bonne foi, et sans aucune restriction mentale, les droits de l'intelligence , et se propose l'amélioration de l'existence terrestre de l'hoaime conmie l'un des buts principaux de ses travaux. Je ne pense pas qu'une telle communion existe, je ne connais pas de communion qui, comme telle, réponde pleinement aux besoins de l'époque. Toutefois, qu'on ne se méprenne pas sur mes intentions : je ne suis pas ici

pour accuser ou pour attaquer aucune communion expiante; je ne suis en guerre coiUre aucune église; je n'ai de controverse.à soutenir, ni avec mon frère le calviniste, ni avec mon frère l'Arménien, l'unitaire ou le trinitaire : chaque Eglise a son idée, sa vérité, et beaucoup plus de vérité, je le crois, qu'aucune Église n'est disposée à en reconhaitre dans celles dont elle diffère. Pour moi, je suis charmé de trouver la vérité dans toutes les Eglises, et je la reconnais partout où je la trouve; toutefois, je le déclare, je ne connais point* d'Eglise qui avoue, pour sa vérité centi-ale, la grande vérité centrale du christianisme, vérité qui doit être maintenant retirée des ténèbres où elle a été ensevelie, et qu'il est plus que jamais nécessaire de rétablir dans ses droits.

Qu'il me soit donc permis de le dire : quoique ma présence ait ici un but qui, à ma connaissance, n'est le but spécial d'aucune Eglise, je ne veux faire encourir à aucune le plus léger dommage. Plût au ciel qu'elles eussent l'une pour l'autre le sentiment de fraternité que j'ai por.r elles! Je n'ai aflaire à aucune d'elles; je suis ici pour un objet spécial, mais si élevé, si vaste, qu'elles peuvent toutes coopérer à l'atteindre. Ma profession de foi est simple; son premier article est : investigation libre et illimitée, liberté complète de professer et d'exprimer des convictions loyales, et respect absolu pour l'investigateur libre et consciencieux, quelles que soient ses conclusions. ^îon second article de foi est le progrès social : je voudrais que la société, dont j'appelle df mes vœux la léformation , travaillât à peifectionner toutes les institutions sociales, à donner à chaque homme une position sociale qui lui permît de développer librement et harmonieusement toutes ses facultés; je voudrais voir perfectionner^ et non détruire, toutes les institutions

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socialos. Je ne crois pas que Dieu m'ait donué une mission de destruction : je voudrais améliorer, conserver tout ce qui est bon, rectifier tout ce qui est défectueux, et réunir ainsi les deux fonctions de CONSERVATEUR ct de RADICAL. Mou troisième article de foi est que tout homme doit travailler pour son ame de préfértaice à son corps; l'homme n'a pas seulement un corps, il a aussi une ame; il n'a pas seulement des besoins animaux; il a une ame qui est en relation avec l'absolu et l'infini, une ame toujours prête à s'élancer dans l'inconnu et à s'élever à travers un monde de ténèbres jusqu'à la source du bon et du beau ; cette ame est immortelle; la perfectionner est le but le plus élevé que nous puissions nous proposer. Je voudrais encourager les investigations; je voudrais perfectionner la société, non comme but définitif, mais comme moyen de croissance et de maturité pour ce qu'il y a dans l'homme de plus élevé, son ame.

Telles sont mes vues, et je pense qu'elles répon-* dent aux besoins de l'époque; elles ne sont hostiles à aucune secte chrétienne; elles ont été adoptées dans un esprit d'amour pour l'humanité, et ne peuvent être mises en pratique que dans un esprit de paix; elles ne sont hostiles qu'au péché: contre lui, en eifet , elles nous appellent aux armes. Nous devons combattre toute injustice, toute perversit'é de haut et de bas étage, mais nos armes doivent être spirituelles et non matérielles; nous devons ma-rcher au combat fortifii'S par la foi et par l'amour, revendiquer les droits de l'intelligence, faire de la société le scjour de toutes les vertus et de toutes les graces, revêtir l'homme de sa dignité morale et le mettre à même, à l'exemple du (Créateur , de promener ses regards sur un monde de beautés.

Tel est le but que je me propose : je ne suis pas

ici pour prêcher aux travailleurs ou aux non- travailleurs, dans l'intérêt de l'aristocratie ou de la démocratie; je suis ici dans Vintérêt de l'humanité; je plaide la cause de Tuniversalité des hommes; j'arbore la bannière de la croix sur une position nouvelle et plus haute, et j'appelle autour d'elle la race luiniaine. Je suis ici pour parler à tous ceux qui se sentent hommes, à tous ceux dont le cœur palpite au nom d'homme, à tous ceux qui brûlent de diminuer la somme de la misère humaine et d'augmenter celle du bonheur humain, à tous ceux qui ont la perception du beau et du bon , à tous ceux qui ont soif de se reposer dans i'infuii, l'éternel et l'indestructible; c'est à eux que je fais appel : je leur recommande l'objet dont j'ai parlé et devant lequel je m'arrête pénétré d'un saint respect; je les adjure, par tout ce qu'il y a de bon dans leur nature, de saint dans la religion, de désirable dans la joie d'un monde régénéré, de s'unir et de marcher à la conquête de ce grand but, préparés à combattre en héros, à soulTrir en saints ou à mourir en martvrs.

FTX OU TOM F. .«rCOND,

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