‹ Voyage aux îles de la mer du Sud, en 1827 et 1828, et relation de la découverte du sort de La Pérouse (volume 2)Chapitre 37 sur 37 · CHAPITRE Xy · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xy

TraTtrséc de Tlade en Eitcope. — ^Remarques sur les venu alises

et les moussons.

Du i5 mai. Dans la soirée, Je m'embarquai sur xaTï bateau à vapeur nommé le Fii^-fly^ et le lendemain matin , je fus rallié par M. Chaigneau et quelques autres passagers. A huit heures , nous descendîmes la rivière pour rejoindre la Mary Aan que nous atteîgnfmçs près de Fulta,

Du 20. A huit heures du soir, étant en dehors de tous les dangers qui se trouvent aux embouchures de la rivière d'Hooghly, notre pilote fît un signai à Tun des bricks affectés au sefvice du pilotage, lequel envoya sur-le-champ un canot à bord de la MaryAnn.he pilote partit, et nous fîmes route au large.

Les navires qui se rendent du Bengale en Europe , pendant le mousson du sud-ouest, prennent généralement leur Toute en louvoyant le long de la côte d'Orissa, deGolconde et de Coromandel, jusqu'à ce qu'ils atteignent le quinziêlnc ou seizième degré de latitude, nord. Ils traversent alors le golfe du Bengale, en se dirigeant au sud-est jusqu'à ce

qu'ils coupent la ligue, où ils espèrent rencontrer les vents alises qui, dans ces parages , soufflent de la partie du sud-est , et avec lesquels ils se dirigent à rO.-S.-O. pour aller passer à peu de distance de la partie sud de Madagascar. Ils arrivent généralement en vue de la côte d'x\frique, près de la pointe de Natal , doublent le cap de Bonne-Espe'rance et gagnent Sainte - Hélène , où ils se procurent de Teau, du bois, dés volailles, etc. Apres avoir fait à cette île une relâche de deux ou trois jours, ils#^ (»e dirigent vers TEurope.

Cette roule est invariablement «uîvîe par tous les capitaines de navires pendant que la mousson du stid-ou^t règne dans le golfe du Bengale. Cependant elle esik la fois pénible cl périlleuse. Les )>âtimeTis, en la suivant, éprouvent souvent des avaries ; les uns démâtent^ les autres ont des bordages qui larguent et leur causent des voies d*eau consi- <iérables:Jls sont alors obligés de retourner an port, d*où ils étaient parlis, avec leur cargaison endommagée, et souvent la coque même du navire est dans un tel état, qu'on est obligé de le condamner comme hors de service. D'un autre côté , quand ces acci- 4ens ne leur arrivent pas, ils mettent en général six semaines à atteindre la ligne.

, On devrait par conséquent i^noncer à siiivrc> cette route. Voici celle que j'ai ^suivie dans deux différens voyages. Le premier- eui lieu en 1819, wsur

le Saint- Michael. Le pilote du Bengale me quiUa le 8 juillet. Je me dirigeai vers l'île du Prince de Galles, où je relâchai , et de là j'allai à Achem.De ce dernier point jusqu'à la ligne , je n'eus que dit jours de traversée. Ma rclècbe à Pulo-PÏQaDg(île du Prinre de Galles) fut de cinq semaines, elcc* pendant j'arrivai à la terre de Van Diemen cinq jours avant le navire le li.ombay, qui prit la haule mer le m^me jour et à la même heure que moi. Je fis mon second voyage, en 1822- Je partis du Bengale, pour| la terre de Van Diemen, le 18 juillet, sur le brick le CaltJer, que je commandais. An bout de quatorze jours, j'eus connaissance de la cote d'Achem , près de laquelle je restai toute la Bint, courant bord à terre bord au large , et je pris ""> mouillage le lendemain. D'Achem, JÊmisneofjouf* à atteindre la ligne , ce qui faisait en tout vingi-tw jours de navigation; tandis que, si j'eusse pns» i-oiitc ordinaire , par le côté ouest du golfe du Bengale, j'aurais employé au. moins six semaines a an*ver jusqu'à l'équateur. J'avais en outre évité iein démâte ou d'avoir mes voiles et mon gréemeni mis en pièces , en louvoyant pour m'élever au ïS» dans des parages où la mer est dure et les tempe'** si fréquentes.

Quand Tes vents régnans soufflent de la parti* l'ouest ou du sud-ouest , ce qui a presque loojou

i5 août, je conseillerais aux capitaines de totis na-*vires , allant au cap de Bonne- Espérance , à la lerre de Van Die'men, ou à T Amérique (\\i Sud, de courir tribord au vent , jusqu'à ce quMls eussent connaissance des îles Andaman. De là ils atteindraient généralement à la bordée les petites îles voisines d'Achem. Ils devraient alors arrondir ces îles, en ne s'éloîgnant pas de nuit à plus de quatre lieues au large, et de jour, se maintenant sur la sonde. Il y a dans ce parage un courant qui porte au sud le long dt la côte , et qui met un navire à même de s'y avancer jusqu'à une distance de quarante à soixante milles , où la mousson du sud-ouest , aiT^tee par les hautes terres , change de direction et devient ce que les marins du pays nomment la petite mousson ou mousson du nord-ouest, à l'aide de laquelle ils dirigent leurs pros vers le sud, et gagnent les îles situées en face de la côte sud-ouest de Sumatra.

Dans les deux voyages que j'ai cités plus haut, j'ai trouve le tems beau près d'Achem.^ A une latitude si voisine de Téquateur , la mousson n'est ni si forte ni si dangereuse que dans le voisinage de la côte d'Otissà ou sur les brasses du Bengale. Après avoir passé la latitude des îles Andaman, j'ai tou** jours trouvé la mousson du sud-ouest d'une force modérée. Un autre avantage qu'offre cette route est que, si un navire part de la côte du Bengale avec

un vent largue , il ii*a pas besoiit de virer de bord avant d'étie arrivé sous le vent des île^ Andamao, et, si alors il était obligé de faire des bords, ce serait dans une belle mer. D'après cela on voit qu'en adoptant cette route » un navire qui oiarche bien peut , en partant de Calcutta , gagner la ligne en Vingt ou vingt-trois jours au plus.

Depuis ma première arrivée dans Tlnde, il ne s-est pas passé une seule année saa<} <|u'oq ait tu des navires qui avaient plus ou moins souffert eu pre* nant, pendant la mousson du sud-ouest , leur route le long de la côte ^d'Orissa. On en vît constamment quelques-uns revenir fortement avariés , et il y en eut d'autres dont on n'entendit plus jamais parler. Au contraire, je ne connais pas un seul exemple d'avarie grave éprouvée par des navires qui avaient pris leur route par l'est des iles Andaman , bien que , dans la saison dont je parle, il y ait un grand nombre de bâtimens qui partent pour se rendre à la Chine, à Pulo-Pinang, Malacca , Singapore, Batavia, Manille, Achem et les ports à poivre situés sur la côte ouesl de Sumatra.

J'ai omis de mentionner qu'en juin 1820, mon navire, \t Saint- Michael y partit de Calcutta, gagna le côté est du golfe et rentra ensuite en pleine mer après avoir fait une relâche aux i\es Nicobar, et être allé reconnaître la pointe d'Achem. Sa traversée jusqu'à^ la ligne fut de vingt -sept jours; il la fit

sous le commandement de mon ancien second, M. Marsh.

Le capitaine de la Mary Ann ayant résolu de prendre l'ancienne route, le long de la côte d'O-* rissa , Je suspendrai ici mon journal pour ne pas fatiguer mes lecteurs des détails d'une navigation ennuyeuse, et je le reprendrai à l'époque où nous coupâmes Téquateur, notant^àlors la durée de notre traversée.

Du i^juin. Aujourd'hui nos observations nous tnettaient à environ une lieue dans le sud de îa ligne , par 93** de longitude est : ainsi notre traversée avait été de quarante jours. Nous en passâmes dix à louvoyer le long de là côlé , près de Coringa, entre les i6* et 17' degrés de latitude nord, gagnant quelques milles un jour et les reperdant le lende-^ main. Le capitaine reconnaissant qu'il était impossible d'avancer vers le sud , en se tenant près de la côte, se décida à essayer s'il réussirait mieux en tenant le milieu du golfe.

Le vent continua de régner du sud-ouest pendant presque tout le tems, depuis le moment où nous perdîmes la côte de vue , jusqu'à ce que nous eussions atteint le 3* degré de latitude nord. De là jusqu'à la ligne nous fûmes arrêtés dans notre marche pendant près d'une semaine par des brises faibles et variables , et par des calmes. Nous espérions trouver bientôt les vents généraux de la par-

i\t du sud-est , et avec leur aide regagner le tems perdu.

Les seuls animaux aquatiques que nous rencontrâmes , depuis notre départ , furent de fems à autre quelques baleines , des marsouins et un petit nombre d'oiseaux des tropiques.

Du 1 3 Juillet, Ciel couvert et pluie pendant la plus grande partie du tems, depuis que nous eûmes coupé la ligne. Chose extraordinaire, pendant tout ce tems le^'ent régna ^généralement de la partie de l'ouest;

L'estime nous donna pour latitude, lo** 5o' S., et pour longitude, S7® 3o' E. Dans la matinée, le vent parut enfin se fixer au sud-est, et je conjec-^ turai que c'était le commencement des vents généraux que nôus étions si impatiens d'atteindre.

En août 1822 , Je coupai la ligne vers le 20 du mois, et je continuai à avoir des vents du nordouest et d'ouest jusque par le 9* degré de latitude sud. En septembre 1819, au contraire, ayant à faire ra»te au sud-rest, je rencontrai les vents généraux, de cette partie , dès le 3* degré de latitude sud. Je suis ainsi porlé à croire qu'on ne peut guère compter sur la constance des vents dans l'océan Indien, enlrc l'équateur et 10" sud, à aucune époque de l'année.

Du 22. A neuf heures du matin, l'île Rodrigue était visible de dessus le pont» nous restant au

nord , distance d'environ vingt milles. La position géographique assignée à cette île, dsnsHorsburgh's Direciory pour iSay, est 19® 4^' de latitude sud, et 63** 10' de longitude est.

Du 26. Ce matin lé vent tourna au S. S.-O. où il parut se fixer.

' Du 6 août. Vendredi dernier on aperçut du haut des mâts une voile qui faisait route au N. N.-E. Samedi , à quatre heures après midi , ce bâtiment vint à portée de voix et se fit connaître pour Y Ontario dé Liverpool, parti de Calcutta le 2 juin, c*est-à-dire douze jours après nous.

Du 7 . Ce matin , nous eûmes la côte d'Afrique en vue du pont , à la distance de cinq à six lieues. A midi , la première pointe de Natal nous restait à Fouest , distance de six ou sept lieues. Notre latitude était de 29® 5o' S. et notre longitude^ de 29^ 5i ' £. Depuis le 27 les vents avaient soufflé de la partie de l'est.

Il me parut que cette côte n'avait pas été le théâtre d'opérations hydrographiques bien faites, attendu que , sur les cartes que nous avions à bord ^ les sondes étaient fort différentes de celles que nou$ trouvions. Je ne doute pas qu'un navire courant vers la terre pendant la nuit , en se fiant aux cartes de 181 2 , ne fût dans le cas de faire côte. Les sondes sont portées à 80 brasses à un demi- degré de la terre. Cependant, en faisant sonder ce matin iti 2t

CTCC ose Bgae de too brasaei^ je âe trouYai pai de fond, intn que nous ne ftiMÎoni fêa k plu« de cinq ou dt Keilc» du ma§e«

Du 3 1 . Rien de remarquable ne nous arriva déliais le •/. Pendanl deox jouré, après avoir doublé le cap de Bonne-Ëspërance , nous eùmee des venti forts de la partie du sud-est ( ils tournèrent ensuite ati nord- ouest I et, au bojut de cinq à six jours , revinrent au sud-èsti Ce matin i au point du jour, nous avions Sainte^ Hélène en vue du pont^ ^stance de deux Ueuesi A^ant attaqua celte lie par^ dessous le vent, nous fûmes obligés de l'arrondir de cecdtif pour gagner Jatnes-Town, pu nous jetâmes lancre à deux heures après midi. On intima aux passagers que le nftvire devait mettre è là voile le lendçmaiil soir.

J*Ai beaucoup vojragé t xnais jamais je n'ai vu aucun point du globe aussi stérile en apparence que me sembla Sainte-Hélène , vue de la mer. L'île du cap Barren , dans le détroit de Bass , est un Eden ^n comparaison de celle'^ci* Son aspect triste et nu fait naître un sentiment de tristesse et d'horreur dans Tamc du voyageur qui y aborde passagère* ment*, quel doit être son effet sur ceux que leur devoir oblige de réaider dans cette île ! Je débarquai et me rendis à une espèce d'bdtel situé au coin d'un petit jardin qui confine à la maison du gouverneur du côté de Tiiàtérieur de l'île» La cbambrk

» SaS <

qa'pn me domia ^taît celle qu*occupa le duc 4e Wellington en tewnant de l'Inde, et Napoli^on y i^vait couche la première nuit qfi\i\ passa sur cette terre de captivîtë. ♦

Du ï^' septembre. Ce matin , au point du jour, |e partis, accompagne d'un autre Anglais , pour aller visiter le tombeau de Tex^empereur, à deux mille« et demi de la ville. Chemin faisant , nous passâmes auprès de la petite ferme connue aujourdlmi sous le nom de Briars. Le terrain ne paraissait pas avoir été cuhivd depuis plusieurs annt^s ; on n'y voyait aucun arbuste , et le chétif bâtiment d'habitation » ainsi que la brasserie , tombait en mines ; il y avait dans les environs six «pldats qui creusaient la terre couverte en cet endroit d'un ëpais gazon. Jç demandai à moq guide ce que l'on voulait planter là. Il me rcîpondit que c'étaient des mûriers, et que l'intention de la compagnie des Indes était de naturaliser les vers à soie dans cette partie de l'île , comme on l'avait déjà fait avec succès à Long- ^ood. A sept heures et demie nous arrivâmes au-* près de la tombe de Napoléon. Elle était gardée par un sergent et un soldat invalides qui offrirent , aux personnes présentes , quelques petites branches des saules qui s'élèvent près de la grille de fer dont est entourée la pierre tout unie qui recouvre la dépouille mortelle de l'ex-empereur.

Dé là, nous nous rendîmes à Hutsgate , ancienne

rëaidence do comte Bertrand et de sa famiUe , distante de Longwoodde deux milles et demi. £n arrivant à Lfongwood , nous descendîmes de cheral , et Ton nous conduisit à la maison qu'avait habitée Napolëon. Nous y entrâmes par une porte de derrière , et nous trouvâmes toutes les chambres converties en une seule pièce , qui servait de grange » et contenait une grande quantité de paille d'avoine au milieu de laquelle se promenaient un grand nombre de rats. C'est dans ce triste sëjour que ^ termina Texistence de celui que Ton reconnaît pour un des plus grands hommes que l'Europe eût jamais produits. Cet endroit est le seul où j'aie trouvé une portion de terrain aplani ; toutes les autres parties de l'île que j'ai vues présentent un sol inégal, raboteux et aussi aride que des rochers peuvent l'être.

Nous revînmes en ville à neuf heures. Les chemins que nous avions parcourus étaient assez bons, mais roides ; ils Valaient mieux que tous ceux que j'avais vus , dans de semblables localités , à l'Amérique du Sud , et doivent avoir coûté beaucoup de travail.

Six heures du soir était l'heure fixée pour nous rembarquer, et neuf celle où nous devions mettre à la voile. Mon hôtesse m'apporta son mémoire. Elle avait traité ma société axccc assez de conscience pour un pays où tout est si cher. Pour la tablé et

le logement de chaque grande personne nous payâmes trente shillings par jour; pour chaque enfant quinze shillings , pour chaque domestique autant. On payait» pour une petite voiture à un cheval, moitié moins grande qu un guigue ordinaire, deux lii^Tes dix sous sterling par jour, et pour un cheval de selle quinze shillings.

A six heures nous nous embarquâmes. En me rendant à bord du canot , je remarquai que tous les gens de la basse classe étaient munis d'une pipe; il parait qu*on fume plus dans cet endroit que dans aucun autre des établissemens anglais que j'ai visités ; des garçons de douze ans avaient la pipe à la bouche.

A onze heures du soir, nous mîmes sous voiles et nous xlirigeâmes au nord-ouest. Nous avions embarqué quelques moutons , du biscuit , de Teau et des patates. Ces demièresr étaient de la plus mauvaise qualité que j'eusse rencontrée depuis quelque tems; elles étaient petites , et si mollasses et si gluantes , qu'il fallait un estomac d'autruche pour les digérer.

Du 14. Rien dé remarqu2d>le ne nous arriva depuis notre départ de Sainte-Hélène jusqu'à ce jour. Dans la nuit, nous passâmes la ligne pour la seconde fois. A midi, notre latitude observée était de o® 27' S. et la lontitude de 23® 3o' O. de Grecnwiçh. Un de nos passagers, le révérend M.Wîlson, aide chapelain de l'établissement du Bengale , s*était

rémbarqaë ii Sâmte*Hëlène atec qhc malade d'en* traiMei qui avait fait depuis d'ef&ayans progrès , et \t& mëdediis du bord d^espéraient de sa Tie.

Pendant que notre navire était à l'ancre à SaiMe^ Hélène » nous reçûmes avis que le bâtiment ai^^a» k Norih Starj^ revenant de Gejlan à LondKs » avait été pillé et sabordé paf un {»rate près cb Ttk de r Ascension I datas le mois de février dernier. Plusieurs hommes avaient été massacrés ; le reste de l'équipage avait été renfermé aoua te gaiHard d'avanti évidemment dans l'intention qullyfât noyé par l'eau qui s'introduisait dans le navire à l'endroit où on l'avait sabordé. Cependant les HH&eureut qu'on avait ainsi voués à la mort , étaient parvadcm pendant la nuit k forcer leur prison et à boucher le sabord ^ lorsqu'il y avait déjà six pieds d'eau dms la cale. Le pirate n'était pas ea vue alors ; ib ias^ talièrent leurs voiles du mieux qu'ib purent , et réua^rent a gagner sains et sauCs un port d'Angleterre^ Cet avis nous avait tous mis en alerte à bord de là Mary Ami. Kous nous attendions à tout moment à éprouver te même sort , et chaque voile qtie nous apercevions excitait nos soupçons et nos craintes.

Ia&& fnntades du cap nous suivirent pendant deux jours après notre dépari de Sainte-Hélène. Le premier joiu-, j'en remarquai six autcmr du bâti-- BatM; te teflodemasn^ je aea comptai plw4|iie deux.

«t le troisième jour» toute» avaient diapiâru. Peiidiiit pluftieun de met^ voyagea, j'ai oh^mrvéh courte 4e ee» oiseAut et je lai notée sur mai journaux, WM jamais je ne 1^ avais vu$ si au nord de Tendfoit Qh ils statiouneut habituellement

Du ^3t Dimanche inatin à sept heuMS i tnottrai le rëvërend Isaac Wilsoo. C^étâdt un homme pieux^ libéral, éclairé ^ et par£atmneBt propre à ?< 1m fonctions ecclémastiques. U était rtf^pecU dé tous ceux qui le cooMMsaient.

Hier à huit heures du matia, nous aperçAusM deux bâtii»eM toutes voiles dehors et pai^iss»«t avoir une grande «ardbe. Quattd ils fureal; arrivés assez près de ootre navire ^ nous recoimûtties quâ le plus rapproche' était ?jne gogletle portaiif: k pavillon àm £tat#*Unis ; l'autre était un brick peint en uoir portant une Ojàmme et Je pa^UoA de Bi^no^ Ayru. A midit ils passèrent tout près dW noire arrière i ils faisaient route an nord^ et nous au n^nd* iK>rd-iouest Le brick pacasâsait ^;agner s^ la got-r leiie. A une heure, fo brick tira un amp de canons et à uflNe heure et denûe un second* La goëkue alora mit en panpue. Peu de tems a^ès Le brifk lui passa de l'arrière et nût en panne é^ilement. Ils n&rtèreat dans cette position fusqu a cinq heures que nous les perdîmes de rm» CetXe rencontre donna lien k une foule de cotijeclure^ k bor4 de la M^ Anm^

hm liM mffomwt q^ h Mck étmi v» piwte

oocapë à piller la goélette ; d'atitres pensaient que c'était un bâtiment de la république de Buenos- Ayres qui visitait simplement F Américain pour i^assarer sHl n avait point dans sa cargaison de marchandises appartenant à des sujets de l'empereur du Brésil. Nous réunîmes tout ce que nous possédions d'armes afin de défendre notre vie , et nous avions pris la détermination de laisser le pirate ( si c'en était un ) prendre ce qu'il lui plairait à bord de notre navire, excepté les passagers et l'équipage. Nous n'avions guère de chance de pouvoir résister avec avantage , le navire n'étant aucunement armé et n'ayant à bord qu'un petit nombre d^bommes. A midi le point nous donna pour latitude , 9* a ' N* et pcmr longitude , 25* 3o ' O.

Du 25. Un peu après le point du jour , nouis découvrîmes une voile. A d^ux heures après midi , le bâtiment aperçu se trouva tout près de nous. Nous lui parlâmes , et nous apprîmes que c'était le* Cape Packei^ allant de la Nouvelle-Galles à Liverpool et ayant cent vingt jours de traversée. Le capitaine nous dit que le brick etla goélette que nous avions vus le 22 l'avaient visité , et que tous deux étaient des corsaires de Buenos- Ayres allant croiser aux Indes occidentales pour faire des prises sur les Espagnols. A midi , notre latitude était de 1 1"* 25 ' N. et notre longitude de 26* I^o O.

Du i4 octobre. Bien d'extraordinaire ne s'étant

ptésent^ defmis le 25 du mois dernier, je n'ëcris point ici d'extrait de mon journal pour cet espace de tems. Les yents alises nous conduisirent jusqu'à 32* de latitude N. Là ils tournèrent au N.-E., au N. et au. N.tO. , de. manière à nous empêcher de passer au nord. des Àçores , ainsi que nous avions intention de le faire. Nous gouvernâmes au nord-ouest jusqu'au point du jour ce matin > où nous eûmes en vue du pont les îles du Pic et de Fàyal. Le chenal entre ces deux îles nous restait à l'ouest. Le vent étant alors de la partie du sud, tems cou-* vert , nous fîmes porter au imrd et nous arrondîmes la pointe nord de Fayal, A l'ouest de cette pointe ^ nous vîmes plusieurs pièces de terre encloses et quelques maisons éparses çà et là sur ctes terres* Vers midi , lèvent soufflait trop. fort et le tems avait trop mauvaise apparence pour nous permettre de conmiuniquer avec la terre, JEn conséquence nous dirigeâmes notre route vers T Angleterre.

Du 20. Nous eûmes le vent hon depuis le jour où nous quittâmes les Açoresjusqu'à vendredi soir qu.'il survint du calme et ensuite des hrises légères et variables de la partie de Touest. Au point du jour nous découvrîmes trois voiles. Deux de ces bâtimehs faisaient route à Test, Tun desquels arbora les couleurs françaises. Le troisième couraitàrouest toutes voiles dehors ; nous gouvernâmes pour nous en a{^ocher i et nous tc^uvâmes que c'était V^nô*

MMMI^^IIMi

Bomney, 4e I^iidrc»,{»arti, il y avait cinq joins ^ Bristol , pour Tîle de Saint^Tfaomai amr Indes occh dentales. Ét^nt à couHde vivres, nous envoyâmes à onze beurjes un canota bord de ce bâtiment avec quelques jpîastres pour acheter des provisions* Ce canot revint à une heure après imdi , noua appor*tant d€6 salaisonst et la larine; cki biacoit et da nun« Nous reosbarcpiiines luitare canot et neos dirigeâmes au nord-oord-esi avec le verrt à l*est

Dans la journëe^ ayant vu un certain nombre d'oiseaua terreitres de ^«« espèces , nous an^^po» salues qu'ils avaient été entntnës par le vent des côtes d'Iriande «t <k celles d'Espagne « le cap Clear nous restait alors i «piatre cent soinmie miUes et le cap Fin&tère à tr<4s cent trente^ deuK nulles. P;trmi ces oiseaux nous prîmes cm verdier, une chouette et trois ëtonmeauic. Les der* niers étaient au nombre de se{A, voltigeait au* tour du vaisseau et venant à bord où ik se )e^ taknt avec avidité sur des grain» de riz , des cancrelas et des m^tes dé pain« On reinlit ta fi^ bert^ aux trob qui avaknt éui pris* Ils se per«* ehèrent dans le gr^ement pour y passer la nuit et um doute ils restèrent avec nous jusqu'à vue de b cèle* Je regarde comme une chose très-rarç d'à* vofi^ trouvé des mseaux de ces «^ipè^ à une A gmade dtstsnce de terre ^ aurtomt la clKMietle à

A midi, ladtade , 45* i a' N. , longitude , iQ^iàj' O* Le 25 octobre nous aperçûmes Siart^Poitit et le lendemaii) / dam l 'après midi, hs passagère ée la Mary Ann débarquèrent à Ptymouth. Je nfee rendis, en toute iiâte^ à Londre^^ où J'orriYai 1« mercredi suivant duis la matinée. Je déposai te lettres que j'apportais du Bengale à l'hdtel dft la compé^ie des Indes. Peu après, je fus rendra Vîsîfe à S« £xe. le prince de Polignac , ambassa^ dkur de France \ 4a cour d'Angl^erre et lui fis pari de rîatention ou j'étais de me tsendre immédèa*^ tement à Paris* S. £^g. me reçut, de la manière la i^us flatteuse et eut k bonté de me fiiire êé^ IvfT^ un passeport de cabinet a^^c ^ kttres de reeommandatioa pour M. le baron Hyde de Neu-** ville 9 ministre de la marine à Paris*

Je partis, fe samedi i^ novembre, poisr la Fraace , dans Tintention d'assurer , dans ce ps^f mes droits d'autem* pour la relation de mon voyage que je me proposais de publier. Je pensais que ce sa*ait vrabemblabiement toute l'indemnité que je recevrais pour une expédition qui m'avait coftié tant de ^Rtigucs ^ de dépenses et d'inquiétudes.

J'arrivai à Paris dans la soirée du 3 et le lende^ main ^e me présentai au ministère de k marine. J'y fus reçu avec une extrême politesse par ie pfte^ mier secrétaire <du mtinistre, qui m'ixnrka à rev^enir le iendeiim i qwtee iMums. J'obtins afars l'imaiaieur

d'une entrevue avec S. Exe. M. le baron Hyde de Neuville . qui me reçut parfaitement bien et me féliciu mr le succès de mon entreprise.' Je fis coa- Bftître au ministre l'objet de mon voyage à Paris, et Je reçus de S. Exe. l'assurance que l'on prraditiit en considâ^ion ma demande relative à ta ga- TUtie de mes droits d'auteur en France. Le minittre me «fit en outre qu'à mon retour à Paris , où l'avais témoigne l'intention de revenir sous peu, il ne. doutait pas ^e Sa Majesté très-cfarëtienne ne me donnftt des' marques de sa recale satisfaction. J'étais de retour à Londres le 9 novembre. Le lendemain, j'eus une entrevue avec le président de l'honorable cour des directeurs pour les affaires de l'Inde. Il m'informa que tes reliques que )e m'étais procurées à l'île de Mannicolo seraimt délivrées au secrétaire d'état des affaires étrangères , qui adresserait à ce sujet une commnnication k l'ambassade française et prendrait les arrangemens nécessaires pour que ces objets fussent - transportéscn France. Les choses demeurèrent dans cet état jusqu'au i5 janvier 1829. A cette époque ,on reçut à la compagnie des Iodes une communication de S. Exe. le prince de Polîgnac. Cet ambassadeur remerciait , au nom de Sa Majesté trèschrétienne , l'honorable compagnie des Indes âes efforts généreux et humains de ses délégués en Asie* annonçant que le roi verrait avec intérêt ks

objets trouves à Mannicolo , ainsi que le capitaine XKlion à qui la découverte en ëtait due.

Le 1 8 janvier, S. Exe. le prince de PoBgnac , d'après une invitation qui lui avait été adressée, vint à rhôtel de la compagnie des Indes pour examiner les objets que j avais rapportés avant qu*on ne les embarquât. Il fut reçu, avec tous les honneurs dus à son rang, par le vice-président et plusieurs des membres de la cour des directeurs , et, après avoir également examiné le Muséum de la compagnie et d*autres objets de curiosité , S. Exe. prit part à une brtUânte collation qui avait été préparée pour la circonstance.

Les objets qui devaient être présentés àSa Ma^ jesté très-chrétienne ayant été embarqués sur un pa-: quebot à vapeur, je les accompagnai jusqu'à Calais où on les débarqua le premier février. Le 6 ils arrivèrent à Paris et j'en fis la remise à M, le baron Hyde de Neuville qui, en les recevant, iqc dit qu'ils seraient placés dans un cénotaphe qu'on érigerait à cet effet dans une des salles du musée de là marine nouvellement établi sous le nom de Musée Dauphin^ et qu'on y joindrait une inscription rappelant les circonstances de leur perte et de leur recouvrement.

Le 22 février, je reçus , de S. Exe. le ministre de la marine , une lettre par laquelle il m'annonçait que Sa Majesté très-chrétienne i Charles X i

pour 6M donoèr tine n^arque da sa roymk approlM^ tion , avait daigBë qtf Qommer chevalier dç Tordre royal ^e la Ugion d^onaevr et m'accorder une •omme luffiiaiite pour m'iiideiiiinser des frais de mon voyage» ainsi qa*uiie pension de 4fOOo fr. dont la moitié serait réversible à ma famille* Tadres^ai mes très^humbles remercîmens à cet illustre prince {N>ttr ce témoignage de sa bonté royale et la manière fénéreusc dont il récompensait mes services.

Le 2 mars , S. Exe. le ministre de la marine me mena à la cour et |*etts Thonneur d^étre présenta au roi. Sa Majesté me reçut très-^gracieusement et s'entretint avec moi en anglais , langue qu'elle parle avec iacilité« I^es événetaieos de mon voyage for* mèrent le sujet de notre entretien. Sa Majesté parut connattre parfaitement tous les détails relatifs i l'eiqpédition de La Pérouse et m'adressa plusieurs questions tr^s^ judicieuses concernant la perte de ce célèbre et infortuné navigateur , avec une solUci-* tude qui fait le plus grand honneur aux sentimens de son cœur royal. Sa majesté me demanda mon opinion sur la possibilité qu'il existât encore sur les lies de Saiomon quelques hommes des équipages de La Pérouse. Après une audience d'une demi-heurct ce monarque affable me congédia en m'adressant ces paroles bienveillantes : a Gx>od by » caplmn Dillon; likarfkyou.i» J*e^primai de nouveau à Sa Majesté ma gratitude "pour ^ses bontés envers moi fet ma famille et je me retirais

PéïklAnt mon tëjour à Punâ, fmt pluâiews oo ca^ns de voir lericomte de Xiesseps^ qui est h seul àta compagnons de LaPéroixse aujourd'hui TiTanl. U fit partie de l'expédition pendant ringt'^iix nurif , et fut débarque au Kamschatka ^ par ordre du cobik mandant « pour porter en France lea cartes et jonraauit du voyage jusqu^à cette époque. Le vicomte de Lesseps était igé de vingt'^trois à vingt-quatre ans quand il partit avec l'expédition. Il a aujour^ d'hui ibixante-tjuatre ans et paratt vigoureux , actif et plein de santé. 11 était ^ il y a quelques années i cliargé des honorables fonctioné de coumI général de S. M. T. C. en Portugal

Ce fût pour moi un véritable plaisir de trouver le vicomte de L^seps aussi bien posant à son âge ^ après les Catigues incroyables d*un des voyagea les plus longs et les plus difficiles qu'on ait jamtfis eur. trepris par terre. Il m'accompagna un jour au ministère de la marine pour voir les objets que je m'étais procurés à Mannicolo. Il les examina minutieusement. II me dit que la pièce de bois, sur laquelle est sculptée une fleur de lis , avait probablement fait partie âe$ omemens du tableau.de poupe de la Boussole , sur lequel on avait repré*^ sente les armes de Frapce , parce que c'était le seul des deux bâtimens qu'on avait orné de cette manière « La poignée d'épée et la cuiller d'argent atti* irèrent aussi particulièrement son attention. U di^

q«e les officiers de rexpë^tion portaient des épëes pareilles à eelle-ci , et qu'il n'ëtait pas invraisemblable que Fépëe et la cuiller lui eussent appartenu , parce qu'à son débarquement il avait laisse des objets semblables sur la frëgate , comme étant trop embarrassans à porter dans un long voyage à travers les neiges des pays arctiques et les déserts de la Sibérie. Quant aux canons de bronze , après les avoir regardés attentivement , il dit qu'il y en avait quatre semblables aux plus gros sur lé gaillard d arrière de chacune des frégates » et que les phs petits étaient pareils à ceux qu'on installait dans 1^ canots lorsqu'on allait à terre chez des sauvages. Quand il eut aperçu la petite meule de pierre , il se retourna subitement et , avec une surprise marquée , il me dit : « Voici ce que vous avez trouvé de mieux. Nous avions des moulins établis sur le gaUlard d'arrière pour moudre nos grains. » Ceux qui ont lu la relation du voyage de La Pérouse, peuvent se rappeler ce passage :

« On trouva que les moulins à bras ne rempMs- 9 saient pas bien leur objet. Le capitaine de Lan- » gle , de V Astrolabe «. les perfectionna et les établit » d'une manière à peu près semblable aux moulins 9 à vent construits à terre. »

A mon retour de France en Angleterre, je reçus des lettres de M. Russell , l'officier que j'avais expédié de la Nouvelle-Zélande avec Martin Bushart

et les autres interprètes. Il m'informait qu'il les avait débarques sains et saufs à leurs résidences respçcti» ves; qu'il était revenu à Calcutta , en août 1828, et qu'il y avait reçu un'accueil distingué en récompense des services qu'il avait rendus à l'expédition.

Je lus aussi avec plaisir dans la Gazette lilté^ raire^ du 12 avril 1828, que Ton avait reconnu quelles étaient les armoiries gravées sur le pied du chandelier d'argent trouvé à Mannicolo. Sir William Betham, roi d'armes d'Irlande, s'était livré à des recherches qui prouvaient , suivant son 0|^« nion, que ces armoiries étaient celles des Gollignon , famille noble de France , et que par consé-^ quent l'objet qui les portait avait probablement appartenu à un membre de cette famille, conjecture qui se trouvait appuyée par la circonstance de l'embarquement, à bord de la Boussole^ d'un M. Colignon en qualité de botaniste. Yoici la teneur de l'article de la Gazette Littéraire :

« On a enfin reçu des renseignemens positifs sur le sort ai long-tems incertain de l'infortuné La Pérouse. . » Le capitaine DiUon ayant été informé que deux grands nanres avaient (ait naufrage sur une des tles de l'archipel des Amis, ou de celui des Navigateurs (i), le gouvernement de

(1) Le rédacteur de la Gazette littéraire , en préteudanl rectifier une erreur , en commît une lui-même. Il crut devoir substituer au nom des deux archipels ci-dessus celui des lies de Salomon , tandis que MaHinîcolo , que les Français ont nommée Ue de la Recherche , appartient à Parchîpel de Santa- Crus;

tu «a

Vlnde équipa fit expédia, sons le cofaniaiidemen^ de ce capitaine, un rabsean nommé le Reseœ'ch, dans le but d'aller re^ connaître la vérité de cette information.

» M. John Russell, officier à bord du Research, écrmi à son oncle, sir William BetKam, une lettre portant la date do 7 novembre 18^7, et qui parvint, à Dublin, le g mars 1828. Mous en insérons ici la copie.

De la Nouvelle-Zélande , le 7 noTembre iSa;.

« Nous venons d'arriver d'un voyage k la recherche de Li » Pérouse, et je crob que nos efforts ont réussi à procurer » une entière certitade sœ* le sort ftmeste de ce célèbre Bâvi* • gMeur. Les den fii^tf s firent naufrage dami nq^ min» » nuit, sur un récif aii large de Tîle Mannicolp, située par » tV 4^' 4^ latitude sud, et 170^ de longitude est (i). L'âne » d'elles coula à fond immédiatement après avoir touché, et

» tous ceux qui la montaient périrent L'autre fut jetée sur

» le récif et quelques hommes de l'éqiidpage s'éehappèrcQt M Ils sauvèrent des débris 4pà, leur servh^ent de matériaia » peur eoDstmire un petit bâtiment st}r ll^q^^l, à l'exception 9 de deUK hommes, qiû restère^it parpai l^s insulaires, ili » quittèrent l'île ejivirQn cinq mois après Ifîur naufrage. On » ignore ce qu'ils sont devenus. Des deux hommes demeurés » sur rtie, l'un en partit plus tard sur uns pirogue, et l'autre » mourut il y a envirou trois ans. flous avons obteim la » preuve éride^te que les bâtimens, naufragés à Mannicolo, » étaient français, ayant trouvé plusieurs objets en argent et n en cuivre timbrés de fleurs de Us. Nous avons aussi dei» » cloches dont Tune porte cette inscription : Bazin m'a/œt; » sur l'autre sont les armes de France. Nous avons encore

(i) La latitude du iTiouînage occupé par te Besearch élaîl de ii»

» trouTé U pied d'un chandelier plaqué en argent, sur lequel » sont gravées des arpioiries dont je tous envoie la descripw tion. Nous avons vi^té toutes les i9es voisines pour tAcher M de connaître le sort du petit bâtiment et de ceux qui le » montaient, si, par hasard, il en existait encore quelqu'un ; ift mais nos recl^erches ont été sans succès, a»

» Ce récit de M. Russell, quelque concis qu'il soit, paraîtra d'une importance et d'un intérêt extraordinaires, k défaut du rapport officiel qui sera adressé par le gouvernement de l'Inde, attendu qu'il s'écoulera quelque tems avai^t que ce rapport ne parvienne en Europe.

» Les armoiries mentionnées dans la lettre de M. Russell appartiennent k M. CoU^pnon qui était embarqué en qualité de bptapistf iiir U Bw^sok* D'après cela, cpmme l'équipage dfi bâtiment qui coula à fond aussUAf après avoir Couché a d^ périr et qu'on n'a pu rien sauvfsr de ce bâtioitent, on doit re-r garder comme prouvé que c'est la Boussole y commandée par M. de La Pérouse, qui fut jetée sur le récif, puisque M. Golignon montait cette frégate.

» Quelques-uns de nos confrères journalistes ayant inséré dans leurs feuilles un rapport inexact et très-incomplet du fait dont il s'agit, nous nous sommes adressés à sir W. Be^^ tham, qui a bien vqi|1)i nous transmettre les renseignemens que nous publions.

» Afiq de lyi^ntrer que )a découverte des armoiries, doni parlfî M. Russell , a dévoilé le mystère qui enveloppait depuis quarante ans le sort de Tintrépide et malheureux La Pérouse , nous avons fait faire un dessin de ces armes. Ayant ensuite fait des recherches dans un ouvrage français sur le blason ( Mer-* cun Anhoriiil , in-foUo ; Paris , 17* siècle^ nous avons trouvé que ces armoiries ^taienf celles desCpUgnoUi ^t en consul-

tant l'histoire de la malheureuse expédition de La PéroUse , nous avons remarqué au nombre des personnes qui en faisaient partie, un M. Colignon, naturaliste de la Boussole. Ces faits nous paraissent fournir la preuve évidente que les hàtimens dont on a x'etrouvé des débris, ne peuvent être autres que ceux de La Pérouse. Le croissant or qu'on remarque au bas de l'écusson, étant le signe de filiation, indique qae M. Colignon était d'une branche cadette de la Camille de ce nom. Nos confrères de Paris feront sans doute des recherches sur un sujel qui a pendant si long-tems excité la curiosité et l'intérêt dans toute l'Europe. »

TeHe ëtait Topinion qu'on s'était formée en Angleterre. Mais, pendant mon séjour à Paris, M. A. Hapdé , chevalier de la Lcgion-d'Honneur, qui a publié une brochure sur le voyage que je venais de faire, m'a déclaré qu'il croyait que les aiTDoiries en question étaient celles de M. de Langle , commandant de V Astrolabe , qui fut massacré aux îles des Navigateurs.

Avant de partir pour Paris avec les objets que j'avais retrouvés à Mannicolo , je lus dans les feuilles de Londres un article concernant l'expédition de La Pérouse , lequel article avait été traduit d'un journal de Paris , du 12 janvier. Il était ainsi conçu :

« La Pérouse. Le capitaine Dumont Durville, commandant X Astrolabe , qui avait été envoyé à la recherche des débris de l'expédition de La Pérouse, parait avoir trouvé le lieu où les bâtimens de l'expédition firent naufrage» Ge fut vers la côte sud de

im 34.1 m

Yûe de Vanikoro , et non Màlîcolo » que les deux bâtimens se perdirent sur des rochers pendant une nuit très-obscure. Les naturels , interrogés par un interprète , déclarèrent qu'un matin ils avaient vu une immense pirogue échouée contré le récifs où elle fut promptement démolie et engloutie par les flots. Environ trente hommes de son équipage parvinrent à s'échapper dans un canot et abordèrent' sur Tîle. Le jour suivant les insulaires aperçurent tme seconde pirogue, semblable à la première, échouée sur un fond régulier de i5 à 18 pieds d'eau ; elle y demeura long-tems sans être, détruite. Tous ceux qui Ja montaient descendirent à terre , où ils rejoignirent les hommes de l'autre navire , et travaillèrent sur-le-champ à construire un petit bâtiment des débris de celui qui n'avait point coulé. Après six ou sept lunes de travail, ils quittèrent l'île, suivant l'opinion la plus répandue. Néanmoins la place précise du naufrage ne fut point indiquée sur-le-champ par les naturels ; mais le présent d*un morceau de drap écarlate leur inspira des dispositions plus favorables , et ils montrèrent un endroit où l'on distinguait au fond de la mer, à trois ou quatre brasses sous Teau, des ancres, des canons , des boulets , des saumons , etc. , et surtout une immense quantité de plaques de plomb. La chaloupe de X Astrolabe parvint à retirer de cet endroit une ancre de dix-huit cents livres, un canon

court en fonte, du calibre de 8, un saumon de plomb et deux pierriers en bronte. Certain i d'après ces preuves matérielles, que c'était là le lieu où La Pérouse avait fait naufrage i M. Durville fit ériger sur la côte un monument portant cette inscription : A la mémoire de La Pérouse et de ses coTTÈpagnons , /'Astrolabe, i4 mars 1828. Uâ détachement de dix honunes défila pat trois fois autour de ce mausolée, et fit trois décharges de mouçquèterie, tandis que la corvette tirait un salut de vingt-un coups de canon. Après avoir rendu Ces pieux honneurs aux mânes de ses illustres compatriotes , et avoir échappé aux plus grands périls , le capitaine de X Astrolabe , dont presjque tout Téquipage était malade, parvint à atteindre les îles Mariannes, où il fut parfaitement accueilli par le gouverneur espagnol, don José Médinillâ. UAs-^ irolabe toucha ensuite à Amboinç, le î8 juillet 1828, à Batavia, le 29 août, et enfin le 29 septembre à File Maurice , d'où ce bâtiment revicndnt à Toulon aussitôt que l'équipage aura pris un peu de repos, bien nécessaire après tant de glorieuses fatigues. »

. Je fus surpris et peiné de la teneur de cet article^ d'après lequel on représentait évidemment M. Durville comme ayant le pretnier découvert le sdrt de La Pérouse et trouvé des traces de son naufrage ; tandis qu'on ne m'accordait àucuiuî part dans ces

gtorieu^s faligttës ^ û% que Ton passait tonf^Vfûl sous »ileni:e les généreux efforts du gouyernemexit de riude^ ma visite antérieure au théâtre de là catastrophe et la découverte de preuves encore piua concluantes que celles dont il était fait mentioit.

Ce qui contribua principalement à me confirmw dans l'idée que je m'étais formée du sentiment sous l'inspiration duquel cet article avait été écrit , était la connaissance des efforts qui avaient été employés à la ten^e de Van Diémen, pour faire croire que les renseignemens que j*avais donnés sur l'île de La Pérouse étaient chimériques.

Il en résulta que je récriminai contre le capitaine Durville comme l'auteur supposé de l'article en question.

J'appris plus tard que cet officier n'était pas encore de retour en France et par conséquent n'avait pu avoir connaissance de Tarlicle dont je n>'étaîs cini fondé à me plaindre. Je sus en outre, que loin de chercher à s'attribuer tout l'honneur de la découverte , il avait , dans sa correspondance avec le ministre de la marine , fait une mention honorable de mes services et annoncé que j'avais visité Mannicolo six mois avant lui ; enfin , qu'en témoignage de mes efforts antérieurs aux siens , il avait donné mon nom à un des caps de l'île.

Une conduite aussi loyale de' sa part méritait d'être reconnue autrement que l'article du journal

ne m*aTait malhearensement porté à le faire. Je Saisis avec empressement l'occa^on de rendre justice à ce courageux navigateur, dont les travaux ont fourni de nouvelles preuves de la réaHtë de la découverte que j*ai faite du sort d^* La Pér6use.

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