‹ Voyage aux îles de la mer du Sud, en 1827 et 1828, et relation de la découverte du sort de La Pérouse (volume 2)Chapitre 6 sur 37 · XIX · texte numérisé non relu

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portugaise de Sainte-Catherine comptait alors, d'après le rapport du navigateur français, environ trois mille habi tans eï quatre cents maisons. Il reconnut que des bâti mens pouvaient sans difficulté approcher de Tile jusqu'à quatre encablures, où Ton trouvait un bon mouillage. L'expédition sy procura des vivres en abondance et à très-bon marché. On avait un porc pesant i5o livres pour 4 piastres, et deux dindons pour une piastre. D*un autre côté, il ne fallait que jeter le filet pour le retirer plein de poissons. Un millier doranges coûtait moins d une piastre.

Après s être ainsi ravitaillée, letpédition quitta Sainte- Catherine le 19 novembre, et le a5 janvier 1786 doubla le cap Hom avec beaucoup plus de facUité que La Pérouse ne s'y était attendu. De là, elle se rendit à la baie de la Conception , au Chili. Les frégates y embarquèrent des vivres, y reçurent quelques légères réparations, et en repartirent le 17 mars. Le 8 avril, elles eurent connaissance de l'île de Pâques, située par 270 ii'S.,etpar iii®55'3o'' 0. de Paris. Elles y restèrent à l'ancre pendant un jour et s'en éloignèrent après avoir laissé aux naturels quelques animaux utiles , tels que moutons , chèvres, porcs, etc.

Le raS mai au matin , les frégates arrivèrent en vue d'Owyhyee , la plus fréquentée des îles Sandwich , et

celle où Gook fut tué. Elles y échangèrent des cercles en. fer, des clous et des hameçons contre des porcs, de Isl volaille, des ignames, des cocos, des fruits à pain, des bananes, etc., et le premier janvier elles quittèrent cet archipel, dirigeant leur route vers la côte nord«ouest de FAmérique.

Le a3 du même mois on aperçut le liiônt Saint -Elle de Behring. Les frégates employèrent quelques jours à explorer cette partie de la côte et découvrirent un port que le comte de La Pérouse nomma port des Français et qu*il comparait^ jusqu'à un certain point, à celui de Toulon. Les frégates y jetèrent Fancre le 4 juillet, après avoir manqué de faire naufrage à Feutrée. Ce danger provint de ce que le vent était tombé tout-à-coup et que les frégates se trouvèrent entraînées par un ras de marée très-fort qui les poussait vers les rochers situés à l'entrée du port.

Le comte de La Pérouse écrivit à cette occasion : « De- » puis trente ans que je navigue ^ il ne m'est pas arrivé » de voir deux vaisseaur aussi près de se perdre ; la cir- I» constance d'éprouver cet événement à l'extrémité du » monde aurait rendu notre malheur beaucoup plus » grand ; mais il n'y avait plus de danger. Nos cha- > loupes furent mises à la mer très-promptement ; nous

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