‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 41 sur 197 · INTRODUCTION XLIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLIII

suivre ligne après ligne l'ébauche d'un plan magnifique qui lui fait honneur en sa double qualité de patriote et d'archéologue. Il rêve à la reconstruction de la Gaule romaine. Il aimerait restituer son histoire lapidaire par ses vestiges, ses débris, les épaves de sa civilisation et faire le départ des éléments indigènes et des éléments transplantés sous l'Empire. Nul mieux que lui ne sait que la vie d'un homme est peu de chose en regard d'une entreprise aussi gigantesque. Qu'importe ! Il commence à rassembler, à collectionner, à faire fouiller, dessiner, graver, il se borne au gros de la besogne, voire à la recherche rebutante, aidé par des collaborateurs obscurs ou connus auxquels il communique son feu. Il s'estime heureux si quelqu'un plus éclairé que lui et plus jeune, partageant son rêve, poursuivra et achèvera Toeuvre. Aux antiquités gauloises il consacre une modeste place dès le troisième tome du Recueil; au sixième elles remplissent presque la moitié du volume. Le même soin, la même consciencieuse recherche, la même préoccupation de clarté et d'exactitude qu'il prodigue aux bronzes, aux moules, aux pierres gravées d'Egypte, de Grèce, de Rome, il les prodigue au ramassis de la Gaule. Il fait du ravaudage avec la joie anxieuse qui accompagne la création. Libéralement il fournit à la science de demain, un plan encore inexécuté^ « Etant un animal dont la nature est reconnaissante, je témoigne, en action, les obligations que j'ai-. » Cochin^, Marmontel\ Quérard% qui, par dépit, par jalousie et par système, ont accusé Gaylus d'exploiter les besogneux et les érudits, de les payer d'ingratitude et de se parer de leur

laissée Avig-non, sa ville natale, toutes ses collections qui forment le muséum Galvet. On y trouve aussi les 85 billets que Gaylus lui adressa : Orange, Carpentras, Apt, y occupent la même place que Portici, Herculanum et Véléia, dans la correspondance avec Paciaudi.

i. Napoléon III, en fondant le musée de Saint-Germain, remplissait en partie le vœu de Gaylus.

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