‹ Voyage d'Italie, 1714-1715 par le comte de Caylus. 1. éd. du code autographe annotée et précédée d'un essai sur le comte de CaylusChapitre 81 sur 197 · De la Justice ou « délia Ragione · texte numérisé non relu

De la Justice ou « délia Ragione

2. Tile Live, le théologien frate Alberto, le philosophe et médecin, Pietro d'Abano, et Paolo, préteur, jurisconsulte du ii* siècle.

3. // Bo, d'après l'enseigne « Au Bœuf » d'une célèbre hôtellerie du moyen âge qui dut faire place aux constructions de l'Université en 1493.

4. L'Université, fondée par l'évêque Giordano, en 1222, agrandie par l'empereur Frédéric II, en 1238.

5. Misson Addison, Montesquieu répètent la môme chose. Il y a beaucoup d'exagération dans ce jugement. Aux xv' et xvi* siècles, le nombre même des écoliers les rendait redoutables.

6. Antonio FaZ/tsnien"(lG61-1730), professeur de médecine de l'Université de Padoue, s'illustra par ses découvertes en histoire naturelle.

expliqua tout ce qu'il a dans son cabinet, soit sur les métaux soit sur les planches avec une attention infinie parce qu'il vit que nous y prenions g-oût. C'est un bon homme. Il est de Reg-g-io.

VIGENGE. — Nous vînmes le douze dîner à Vicence. Nous fîmes deux postes de chemin assez mauvais, rempli de pierres. Nous vînmes loger a Au Soleil » qui est assez bon, mais dont le vin me déploit. Ainsi qu'à Padoue, nous fûmes d'abord voir la place délia Signoria qui est long-ue, pas parfaitement régulière, et sur laquelle il y a deux colonnes de marbre, moins grosses que celles de Saint-Marc à Venise, mais inégales aussi, sur lesquelles le lion est à droite avec un rayon de saint sur la tête, et sur l'autre, N.-S. Ges deux figures m'ont paru de pierre.

Le Palais ou maison de ville est un morceau d'architecture. Elle est simple et de l'ordre toscan, longue de 96 de mes pas et large de 52, dans sa longueur il y a neuf portiques^ dans la largeur il y en a cinq. Ge morceau est à deux étages. Sous le premier sont les boutiques; dans le second, est une grande salle^ mais moins vaste que celle de Padoue plus grande et moins sombre. Le tout est couvert de plomb. Le second rang de portiques se termine par une balustrade sur laquelle sont des statues qui ainsi que le reste, ne sont que de pierre. Le tout ensemble est beau et m'a rappelé des idées de bâtiments romains \ Il n'y a que trois côtés de bâtis. Le quatrième tient à la maison d'un magistrat, qui est vilaine, à laquelle est attachée une tour assez élevée fort menue et qui sert d'horloge. La grande salle sert à rendre la justice. A côté est une chambre longue où l'on m'a dit que se tient le Gonseil. Entre plusieurs tableaux médiocres, il y en a un, que je crois de Paul Véronèse, qui représente une Vierge et un bambino adorés par des figures rouges. De là nous sortîmes par la porta Lupia et en montant aux

1. Œuvre de Palladio, se nomme aujourd'hui Basilica Palladiana.

environs d'un demi-mille nous fûmes à une Madone nommée de Monte Berici^. Elle est sur une hauteur, fatig-ante à monter, de laquelle on a une agréable vue. L'on voit que la ville est longue et n'est qu'aux environs de quatre milles du pied des Alpes qui font de beaux coups d'œil et qui terminent ag-réablement la vue du côté de la gauche. La plaine fertile, remplie de maisons de campagne, forme une variété qui n'est pas moins agréable. Au pied de la hauteur, aux environs de quatre portées de carabine est la maison du marquis Gapra où l'on dit qu'il y a quelques tableaux et dassezjolies choses à voir. Nous ny avons point esté. L'église de la Madone adorée en ce lieu, vient d'estre rebâtie depuis peu, avec assez de goût, mais c'est peu de chose. On dit que son image est sortie de terre, que c'est la Vierge qui l'a faite et qu'on n"a jamais eu assez de force pour la transporter jusques à la ville. On nous proposa de la voir, mais tous ces contes ne nous donnèrent point de curiosité. Une partie de l'église et du cloître est tapissée d'ex-voto, et entr'autre d'un pendu. Ce qu'il y a de plus beau dans ce lieu c'est la vue et un tableau de Paul Véronèse qui est dans le réfectoire des moines qui est fort beau. Il représente un repas de saint Grégoire^, où N.-S., à ce que l'on dit, apparut. Ce tableau est beau et grand. Ce sont des Servites qui le gardent et qui, quoiqu'ils ne vivent que d'aumône ont déjà commencé une espèce de portique ou de galerie couverte pour conduire les pèlerins à couvert depuis la ville.

(24) Le Dôme est une ancienne église plate où je n'ai rien vu du tout de beau, ni le dedans ni le dehors. L'évêché est tout auprès. Nous vînmes de là à la porte du Castello^ ainsi dite parce qu'il y en avoit autrefois un dans ce lieu : il n'y a plus que ses ruines. De cette porte à celle de Lupia, il y a un grand espace qui est un pré fort estendu qui a conservé son nom de Champ de Mars. Par cette même porte

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