Paolo Caliari dit Véronèse
4. Aujourd'hui, sur l'emplacement de cette ancienne église fondée en 13fi0, s'élève V Académie des Beaux-Arts, dont la galerie, fondée en 1798, renferme une vraie profusion de chefs-d'œuvre (Les primitifs. Les maîtres italiens. Les flamands. La salle du Véronèse, la salle du Titien, la salle du Tiepolo, la salle Carpaccio, etc.).
précieuses très belles, les morceaux en sont grands. La mosaïque de la voûte manque en quelques endroits de ce réduit; ce que j'en ai vu est du même goût à peu de chose près que les ouvrages de notre temps. On montre dans la sacristie un vase de porphyre beau quoyque le pied en soit cassé, et un plat fort pesant d'or et d'un métal inconnu. L'on dit vulgairement que Tune et l'autre de ces pièces ont servi aux noces de Cana. Je parlai à un prêtre, un homme d'esprit, qui ne me fît pas ce conte et qui me dit naturellement qu'il n'y avoit pas d'apparence à le croire et qu'il y en avoit plus à regarder le plat comme une antiquité romaine comme je le lui disois. D'autant plus que les quatre petits pieds sont percés, ce qui me faisoit croire que cela pouvoit avoir servi 230ur les sacrifices, pour voir les entrailles, etc., d'autant plus que pour un plat il est trop lourd.
Ce même prêtre me montra un morceau d'architecture, qui fait jDartie de leur maison , du Palladio ^, qui est très beau. Il y a dans la sacristie un assez beau tableau et deux belles colonnes de marbre fin, qui, comme il se voit par d'anciens papiers, ne leur ont coûté les deux, il y a plus de 300 ans, que quarante ducats. Cela prouve combien l'argent s'est multiplié en Europe, car, à présent, elles coûteroient quinze fois plus.
C'est dans cette maison qu'Alexandre III se réfugia pour éviter Frédéric Barberousse. On voit une partie de cette histoire dans un mauvais tableau qui est dans cette église.
Le couvent des religieuses de Ste-Claire, nommé Ste- Marie Majeure, est une vilaine église ancienne et sans aucune beauté pour les bâtimens, mais en récompense elle est pleine de beaux tableaux du Titien et du Bassan. Il y en a d'autres, de peintres modernes, qui ne sont pas mauvais. Les bonnes religieuses, aimant mieux l'argent que les peintures, avoient consenti à en vendre quelques-unes, mais le