CHAPITRE XVI
si longtemps attendu. Il paraissait donner les plus belles espérances. Je trouvai du rapport entre ses traits et ceux de l'empereur Napoléon ; elle fut bien aise de me l'entendre dire, car elle professait une sorte de culte pour tout ce qui rappelait ce grand homme. ]\Ia surprise fut extrême en remarquant que l'enfant portait deux petites plaques et la croix de Westphalie à la boutonnière.
J'étais trop dévouée à la mère pour cacher mon impression. J'osai lui parler avec la franchise désintéressée qui seule donne le ccurage de hasarder des vérités peu agréables. Elle me répondit, les larmes aux yeux, qu'une de ces décorations avait été envoyée par son père, le roi de Wurtemberg, et se tut sur les autres; je n'osai point insister, cependant j'ajoutai encore qu'il me semblait que le plaisir que font ces brillantes bagatelles n'équivaut jamais au désagrément de se les voir disputer. Je crus faire d'autant mieux que je savais avec
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certitude combien la disposition des esprits leur était peu favorable.
L'ambassadeur de France , autant par pusillanimité que par haine personnelle, avait depuis peu présenté une note à son gouvernement afin d'obtenir qu'on fît en sorte d'expulser les Bonaparte de l'Europe, comme étant dangereux au repos des nations. Pendant mon séjour à Rome, j'avais eu plus d'une discussion très vive avec le duc de Laval à ce sujet. Il poussait l'injustice jusqu'à faire un tort à la princesse de l'attachement qu'elle portait à son mari, l'aristocratie allemande ne pouvant pardonner à la fille d'un roi d'aimer le frère d'un usurpateur.
Nous ne passâmes qu'un jour à Sienne , mais il fut bien employé. Quoique passionnée pour l'architecture grecque, dont j'avais étudié avec enthousiasme les précieux fragments, je ne pus voir avec indifférence la cathédrale gothique qui , dans son genre , est