III. i.re part
et de Santo -Corazón; celle des Chapacuras, des Païconecas, existe encore à Concepcion; mais le saravéca de Santa -Ana, l’otukès de Santo-Corazon , ne sont plus connus que de quelques vieillards et doivent disparaître avant quelques années. Pour le curuminaca, le curavès, le covareca, le tapiis et le curucaneca, personne ne les entend déjà plus; ainsi le projet des jésuites de généraliser le chiquito et d’y fondre toutes les autres langues se réalise
de nos jours.1 2
Les Indiens, gouvernés, sous le rapport religieux, absolument comme du temps des jésuites , n’ont pas changé de position depuis le gouvernement républicain. Ils doivent par semaine, à l’État, le lundi, le mercredi et le vendredi. Légalement le mardi, le jeudi et le samedi leur appartiennent; mais les corvées pour le bien général, pour les bâtisses, pour l’amélioration des bâtimens , etc. , étant placées en dehors, ils ne profitent que rarement des jours que la loi leur accorde. Il en résulte, qu’obligés de prendre sur ces journées le temps de cultiver pour nourrir leur famille, de filer et de tisser pour la vêtir (car depuis l’expulsion des jésuites l’État ne s’en charge plus), ils vivent dans la plus profonde misère et dans un dénûment absolu. Cette misère les asservit davantage à leurs chefs et amène la plus grande dissolution dans leurs moeurs. Ils ont toujours la faculté de commercer avec certains hommes privilégiés, tels que les parens des curés et des administrateurs; mais on les trompe indignement et ils abandonnent le produit de leur travail en échange de bagatelles inutiles, au lieu d’obtenir des outils nécessaires à la culture. J’ai vu à Santiago les juges déclarer au gouverneur qu’ils ne pouvaient plus cultiver,
faute de haches pour abattre les arbres. ^
Les indigènes de Chiquitos sont de couleur bistre olivâtre très -pale; leur taille est d’environ I mètre 663 millimètres. Robustes et bien bâtis , sans néanmoins accuser de formes herculéennes, ils ont une démarche aisee. Les femmes ne montrent que rarement les formes élancées du beau idéal grec, mais elles présentent le type le plus parfait de la force physique9. Quelques-unes sont jolies, leur figure arrondie, gracieuse, est pleine de douceur et de gaite. Le caractère des nations consiste en un fond de bonté a toute épreuve, en une soumission sans bornes à leurs chefs. Leur abord inspire la confiance et l’hospitalité est chez eux poussée à l’extrême. Semblables à de grands enfans
1. Je ne parlerai point ici du mouvement de la population indigène, ayant traité cette question dans mon travail spécial sur 1 Homme américain , p. 17--0.