ZOOPHYTES
Turbinolia striata, d'Orb., Paléontologie, pl. VI, fig. 4, 5.
Retepora flexuosa, d'Orb., Paléont., pl. VI, fig. 6 —8.
Ceriopora ramosa , d'Orb., Paléont., pl. VI fig. 9, 10.
Les terrains carbonifères, sur les points où J'ai pu juger de leur contact inférieur, sont partout superposés aux terrains dévoniens.
Ils forment dans la province de Chiquitos les dernières couches dérangées, et ne sont cachés que par des alluvions modernes, tandis qu'au contraire, quelquefois à découvert sur le système bolivien, ils supportent encore ailleurs des couches triasiques relevées.
Il résulterait de l'étude des dernières couches disloquées que le système chiquitéen aurait pris son relief postérieurement aux terrains carbonifères, avant les premières couches triasiques, puisque les derniers terrains dérangés sont les roches carbonifères. Quant au système bolivien, la formation triasique en couches inclinées, et aujourd’hui à la hauteur de plus de 4000 mètres au-dessus de FOcéan, atteste aussi que son relief est postérieur à ces terrains.
D’après ce qui précède, l'Amérique méridionale se serait, postérieurement à la période carbonifère, accrue à l’ouest des terres déjà sorties du sein des mers, d'une surface immense, qui s'étend de la province de Minas Geraes jusqu’à l’ouest du système chiquitéen, ou du 47. au 68." degré de longitude occidentale.
Il me reste néanmoins un scrupule relatif aux dérangemens que les terrains carbonifères avaient subis sur quelques points du système bolivien, avant le dépôt des roches triasiques. Îl est évident que le contact immédiat des argiles bigarrées des régions situées à l’est de Cochabamba, avec les terrains dévoniens, annonce une dénudation des terrains carbonifères, antérieure au dépôt des terrains triasiques. On serait peut-être alors obligé d'admettre quelques modifications de forme, dont les traces ne sont pas apparentes.
T'ERRAINS TRIASIQUES OU SALIFÈRES. ?
Sans être représentés par de grandes surfaces, ces terrains sont répandus sur une assez vaste étendue de la Bolivia, le seul point où je les aïe vus. ls manquent sur le versant occidental des Cordillères et sur leur pla-
1. Lorsque j'ai dit, p. 75, que je ne connaissais pas de muschelkalk en Amérique, je n'avais pas encore comparé mes échantillons et mes notes relatives à la Bolivia.
Ce terrain est coloré en aurore et porte le n.° 9.
teau occidental. J'ai commencé à les apercevoir aux parties occidentales du Gécogie, grand plateau bolivien, où ils forment un lambeau à louest des terrains carbonifères de PApacheta de la Paz', un autre au Pucara; de bien plus développés à Guallamarca et à Totora*. Je n’en ai plus reconnu ensuite qu’au sud-est du même plateau, auprès de Lagunillas, dans la vallée de Miraflor, non loin de Potosi”, et au Terrado, entre cette ville et Chuquisaca“. Ils y sont en lambeaux très-disloqués. Leur direction générale est sud-est et nord-ouest.
Le versant oriental des Andes m'en a montré encore beaucoup de lambeaux aux parties supérieures des collines comprises entre Cochabamba et les derniers contre-forts de Santa-Cruz de la Sierra, sur une longueur de près de deux degrés et demi. En effet, ils se remarquent au sommet de la côte à Pocona, à Totora, au Durasnillo, à Chilon, à Pulquina ?, à Samaypata, à las Habras, à Coronilla f et au Nuebo Mundo”, où leur direction générale est aussi sud-est et nord-ouest.
En dehors de mes observations personnelles, je ne sache pas qu'on ait signalé cette formation ailleurs en Amérique. Elle serait alors réduite à occuper aujourd’hui, à Pétat de lambeaux assez vastes, les deux versans de la Cordillère orientale sur le système bolivien, où elle atteindrait, à son point culminant, la hauteur d'environ 4000 mètres au-dessus du niveau des mers. Ce sont probablement les restes d’un grand tout qui couvrait cette surface de terrain.
Les terrains triasiques se composent d'une alternance de calcaires magnésifères, d’argiles bigarrées et de grès argileux friables. Les couches les plus inférieures sont formées d’un calcaire compacte magnésifère, souvent divisé en feuillets très-minces, ondulés. Jai vu cette couche, peu épaisse. près de Lagunillas et dans la vallée de Miraflor. Au-dessus de ces calcaires s'étendent, sur les mêmes points, des argiles feuilletées rosées ou bigarrées, souvent remplies de cristaux de gypse d’une assez grande puissance. Ces argiles se voient sans les calcaires à PApacheta de la Paz, au Puecara, à Guallamarca et sur tout le versant oriental de la Cordillère, depuis Pocona jusqu'aux contre-forts de Santa-Cruzide la Sierra, où elles passent, à leurs parties inférieures, à un grès argileux blanchâtre. Au-dessus des argiles, dans la vallée de Miraflor, se montrent encore des calcaires compactes magnésifères
. Voyez p. 119. | 5. Voyez p. 166 et 167.
. Voyez p. 132 et 133. 6. Voyez p. 169.
. Voyez p. 138 et 141. 7. Voyez p. 175.
. Voyez p. 177.
Géologie,
gris bleuâtres, où je reconnus de nombreux fossiles, dont je ne puis signaler qu'une seule espèce, le Chemnitzia potosensis, les autres s'étant perdus. Partout ailleurs, les calcaires manquent, et les argiles bigarrées sont alors recouvertes, comme à l’est des Andes, de grès argileux blancs ou rougeitres très-friables, qui forment les montagnes de las Habras et de Coronilla. Cette alternance de calcaires compactes, d'argile ou de grès bigarré et de grès rougeñtre, présenterait ici une grande analogie avec les mêmes terrains en Europe. Les calcaires du muschelkalk, dans le nord-est de la France et dans le département du Var, ainsi que les grès bigarrés de ces dernières contrées, n’ont offert en tout l'aspect des roches triasiques de la Bolivia; ressemblance que j'ai déjà signalée pour les terrains siluriens* et carbonifères.?
Les roches triasiques, à lApacheta de la Paz, au Pucara, à Totora, à Guallamarca, à Lagunillas, à Yocalla, à San-Pedro et à Samaypata, reposent immédiatement sur les terrains carboniféres. Sans doute, par suite des dénudations antérieures de ceux-ci, ils sont en contact avec les terrains dévoniens à Pocona, à Totora, à Pulquina, c’est-à-dire sur lintervalle compris entre Cochabamba et San-Pedro.
Les terrains triasiques forment, sur tous les points où Je les ai vus, les dernières couches relevées du système bolivien. Lorsqu'ils ont été recouverts, ils le sont seulement par les couches horizontales des terrains pampéens ou par les alluvions diluviennes, produits purement terrestres et non pas marins. Il paraît donc certain que le système bolivien a pris son relief après la période des terrains triasiques, et avant celle des terrains jurassiques. C’est alors que tout ce massif, compris entre le plateau occidental et les plaines de Santa-Cruz et de Moxos, en Bolivia, aura surgi au-dessus des mers, pour rester, jusqu'à présent, exempt de grands changemens de forme. On doit encore à cette époque la direction nord-ouest et sud-est des Cordillères, comprises entre le 5.° et le 20.° degré de latitude sud, et la sortie hors des eaux de la première partie orientale de cette grande chaîne, partie préexistante qui plus tard a probablement empêché luniformité de la direction des Cordillères. L'Amérique méridionale s’est donc accrue, à cette époque, encore à l’ouest des dernières terres exhaussées, d’une vaste surface occupant non -seulement la plus grande partie de la distance signalée, mais encore probablement une espèce d’isthme, compris entre le système bolivien et le système