‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 129 sur 233 · O1 CON · texte numérisé non relu

O1 CON

TITI. Géologie.

Géologie.

en offrant des effets analogues à ceux d'aujourd'hui, sont néanmoins sur une trop grande échelle pour n'avoir pas été déterminés par une cause plus puissante que les agens encore en activité. En effet, le sable fin qui recouvre les Pampas, les medanos ou anciennes dunes de ces mêmes lieux’, les sables qui forment de longues collines, dans l'est de la province de Corrientes’, les graviers et le sable du grand plateau bolivien”, les immenses alluvions des environs de Santa-Cruz de la Sierra”, des plaines de Moxos’, de la province de Chiquitos”, qui partout recouvrent les terrains pampéens, ont une trop grande puissance et sont surtout trop uniformément répartis loin des cours d’eau actuels, pour ne pas être le résultat d’une cause générale.

Ces alluvions sont généralement sablonneuses et paraissent avoir été enlevées aux diverses formations qui couvrent le sol. Si l’on en cherche lorigine, il sera facile d’en trouver les traces dans les vastes dénudations qui ont sillonné tous les terrains, depuis les plus basses régions jusqu’au sommet des montagnes. Partout ces alluvions recouvrent le terrain pampéen, partout ces alluvions sont les dernières couches terrestres, où elles se mêlent, dans les parties supérieures, à lhumus végétal : il faut donc y voir à la fois des produits postérieurs au terrain pampéen, et les derniers dépôts qu'on puisse rattacher à la géologie.

J'ai long-temps eu des incertitudes sur l’âge de ces alluvions; mais une observation faite dans la province de Moxos a fixé mes idées à leur égard. J'ai trouvé, au Rio Securi”, une berge de huit mètres de hauteur, composée de deux mètres de terrain pampéen vers ses parties inférieures, et au-dessus de six mètres d’alluvion. À peu de distance du terrain pampéen, dans les couches les plus basses du banc diluvial, je reconnus, au milieu d’une petite ligne remplie de charbon, un grand nombre de morceaux de poteries, qui aunonçaient un ancien séjour des indigènes. Cette découverte me donna la certitude que ces alluvions sont postérieures à la création de l’homme.

Il paraît donc probable qu'après larrivée de la race humaine il y à eu, d'un côté, des dénudations très-profondes, bien différentes de celles que

. Voyez p. 44.

. Voyez p. 32.

. Voyez p. 131.

. Voyez p. 182.

. Voyez p. 207.

. Voyez p. 189.

. Voyez p. 205.

NO Or À CE YO en

peuvent produire les eaux actuelles, par exemple la dénudation des conglomérats trachytiques du plateau occidental” du grand plateau bolivien?, et une foule d'autres, que je pourrais citer, tandis qu'il se déposait dans les bassins terrestres des alluvions trop épaisses, trop éloignées des cours d’eau actuels et surtout trop uniformément répandues sur le sol, pour qu’on ne doive pas les attribuer à des causes plus puissantes que celles qui agissent aujourd’hui.

Terrains diluviens marins ou quaternaires.

Je désigne ainsi tous les dépôts marins qui, placés maintenant bien audessus du niveau des mers actuelles, ne renferment que des corps organisés dont les analogues vivent encore sur les mêmes côtes. Je rapporte à ces terrains les bancs de conchillas de San-Pedro , sur les rives du Parana’, élevés de plus de vingt mètres au-dessus de la rivière, et dont les analogues ne se trouvent de nos Jours qu'à Buenos-Ayres; les coquilles de Montevideo“, qui, à cinq mètres au-dessus des eaux, sont identiques à celles des mers voisines ; et enfin, les bancs de la Bahia de San-Blas”, en Patagonie. Il y aurait alors eu, sur le littoral de l’océan Atlantique, depuis le 34° jusqu’au 40.° degré de latitude sud, des exhaussemens qui, vu leur étendue, ne peuvent être dus à des causes partielles.

À l’ouest de la Cordillère, des bancs analogues, contenant les coquilles du littoral actuel, se remarquent à Talcahuano”, à Coquimbo”, à Cobija’, à ÂArica” et à Lima” : ainsi, d’après les connaissances actuelles, on trouverait, sur le littoral du grand Océan, des bancs de coquilles dont les analogues existent encore aux mêmes endroits, depuis le 42.° jusqu'au 36.° degré, ou sur plus de six cents lieues de longueur; ce qui suflit pour faire admettre une

cause générale,

nd

. Voyez p. 115.

. Voyez p. 132.

. Voyez p. 41.

. Voyez p. 23.

. Voyez p. 53.

. Voyez Ulloa et Jorge, Relacion historica del viage a la America meridional, 1. HE, p. 324. . Voyez p. 91.

SO 3 © Or À Co 19

. Voyez p. 94.

9. Voyez p. 102, les considérations dans lesquelles je suis entré relativement aux anciens rivages. 10. Je les ai vus, et Ulloa, Relacion de un viage, etc., t HT, p. 125, les décrit très-bien, ainsi que ceux qui sont compris entre Guayaquil et Lima. /dem, ibidem, L. NI, p. 38.

Géologie.

Géologie. Les espèces fossiles que j'ai trouvées ainsi sont les suivantes:

Page 1