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POLYPIERS

N° 42. TURBINOLIA STRIATA, d'Orb.

PL VI, fig. 4, 5.

T. conica, basi incurva, externe longitudinaliter striata, transversim subrugosa , plicata; lamellis stellæ inæqualibus.

Dimensions : Longueur, 45 mill.; diamètre, 22 mill.

Ensemble conique, quelquefois un peu comprimé, plus ou moins arqué, largement strié, en dehors, par des stries également espacées, croissant de largeur jusqu’au sommet, où elles correspondent avec les lames de l'étoile. Un grand nombre de plis transverses peu réguliers et peu profonds viennent se croiser avec les stries. L'étoile supérieure est pourvue de lames qui se bifurquent du centre, à la circonférence.

Tout en décrivant cette espèce dans le genre Turbinolia, je n’ai pas l’entière certitude qu’elle doive appartenir à ce genre. Il serait très-possible qu’elle dût être placée dans le genre Cyathophyllum, ce dont je ne puis juger, n'ayant jamais rencontré que des individus séparés.

Localité. Je Vai recueillie dans le calcaire carbonifère de Yarbichambi, sur le plateau bolivien, à la hauteur absolue de près de 4000 mètres. Elle y est rare.

Explication des figures. PI. VI, fig. 4. Individu entier, vu de côté.

Fig. 5. Le même, vu en dessus.

N.” 43. CERIOPORA RAMOSA, d'Orb.

PL, VI, fig 9; 10:

C. ramosa, rotundata; poris minimis æqualibus. Ensemble rameux, dichotome, formé de branches rondes, cylindriques, ornées, en dehors, de pores ronds, petits, rapprochés, épars sans ordre à la superficie. Je ne possède de ‘cette espèce que quelques tronçons, qui sont, du reste, en trop mauvais état de conservation pour qu’on puisse s'assurer du genre.

Localité. Je les ai recueillis, avec l'espèce précédente, à la ferme de Yarbichambi, paléonsur le plateau bolivien, au nord de la ville de la Paz. ARE Explication des figures. PI. VI, fig. 9. Un morceau de grandeur naturelle.

Fig. 10. Une partie fortement grossie.

N° 44. RETEPORA FLEXUOSA, d'Orb.

PI. VI, fig. 6—8.

R. explanata, submembranacea , irregulariter ramosa; ramis subdichotomis, reticulatis ; poris minimis sparsis.

Ensemble représentant un éventail ou mieux un entonnoir mince, lamelliforme, contourné ou enroulé d’une manière irrégulière, composé de rameaux droits, anastomosés les uns aux autres et se bifurquant sur les côtés. Entre chaque rameau sont des ouvertures rondes, larges, égalément disposées par lignes longitudinales et offrant les mêmes bifurcations que les rameaux, à cette différence près que les rameaux conservent leur largeur uniforme, tandis que les ouvertures augmentent de largeur à mesure que les rameaux divergent les uns des autres, jusqu’à ce qu’il naisse une nouvelle bifurcation. Les pores sont ronds, très-petits, épars sur les rameaux.

Rapports et différences. Cette espèce est voisine du Aetepora laxa, tout en s’en disünguant par ses ouvertures rangées en lignes longitudinales.

Localité. Je Vai recueillie dans le terrain carbonifère de Yarbichambi, sur le plateau bolivien. Elle y est rare. |

Explication des figures. VI. VI, fig. 6. Ensemble avec le test.

Fig. 7. Le même à l’état d’empreinte.

Fig. 8. Un morceau grossi, pour montrer les pores.

Résumé géologique.

Les couches de calcaire et de grès calcarifères, supérieurs aux grès dévoniens et inférieurs aux argiles bigarrées, que j'ai cru, d’après leur superposition, devoir rapporter aux terrains carboniferes, renferment les espèces que je vais, dans le tableau suivant, comparer aux espèces d'Europe qui

s'en rapprochent ou leur sont identiques.

ÏIE. Paléontologie.

Paléontologie.

ESPÈCES EUROPÉENNES ESPECES BOLIVIENNES. VOISINES DES ESPÈCES BOLIVIENNES

ou qui leur sont identiques.

Solarium antiquum, d'Orb.

S. perversum, d'Orb.

Pleurotomaria angulosa, d'Orb.

Natica buccinoides , d'Orb. J

N. antisiensis , d'Orb. . . . . . . . . . . . . | Natica plicistria; terrains carbonifères d’Angleterre

et de Belgique.

Pecten Paradezi, d'Orb.

Trigonia antiqua , d'Orb.

Terebratula Andi, d'Orb.

T. Gaudryi, d’Orb.

Spirifer Roissyi, Léveillé. . . . . . . . . . . | Spirifer Roissyi; des terrains carbonifères de Tournay (Belgique).

Sp. condor, d'Orb.

Sp. Pentlandi, d'Orb.. . . . . . . . . . . .|Se trouve également dans le terrain carbonifère, à Visé (Belgique ).

Orthis Cora, d'Orb.. . . # . . . . . . . . . | Orthis Michelini; des terrains carbonifères de Tournay (Belgique).

O. Buchi, d'Orb.

Leptæna variolata, d'Orb.

Productus Capacii, d'Orb. . . . . . . . . . . | Productus lobatus ; des terrains carbonifères d’Angleterre.

Pr. inca, d'Orb. . . . . . . . . . . . . . | Pr. antiqualus; du terrain carbonifère d’Angleterre, de Belgique, etc.

Pr. peruvianus, d'Orb.. :e. & in à ... «| Pr. punctatus ; des terrains carbonifères d’Angleterre et de Belgique, etc.

Pr. boliviensis , d'Orb. . . . . . . . . . . . .| Pr. lobatus; du terrain carbonifère d’Angleterre, d'Allemagne, etc.

Pr. Villiersi, d'Orb.. . . . . . . . . . . . . | Pr. Villiersi; des terrains carbonifères de Russie. (P. Cankreni de Verneuil.)

Pr. Andii, d'Orb.. . . . . . . . . . . . . . | Pr. comoides; des terrains carbonifères de partout.

Pr. Humboldtü, Orb. . . . . . . . . . . .| Pr. punctatus; des terrains carbonifères d’Angleterre, de Belgique, etc.

Pr. Cora, d'Orb.. . . . . . . . . . . . . .| Pr. comoides, du terrain carbonifère de Belgique, d'Angleterre , etc.

Turbinolia striata , d'Orb.

Ceriopora ramosa, d'Orb.

Retepora flexuosa , d'Orb.

Des comparaisons qui précèdent il résulte que, sur les vingt-six espèces des terrains carbonifères de Bolivia que j'ai décrites, douze ou plus de la moitié ont leur plus grande analogie avec des coquilles fossiles des terrains carbonifères de notre Europe, et que, même sur ce dernier nombre, trois, les Spirifer Pentlandi, Spirifer Roissyt et le Productus Villiersi, sont

( 59 ) entièrement identiques aux mêmes espèces de Belgique et de Russie. Les analogies paléontologiques viendraient donc donner la certitude que les couches rapportées géologiquement aux terrains carbonifères, sont bien une dépendance de cette formation.

Ce fait, établi par les trois espèces identiques et par neuf autres voisines, offre de plus un facies d'ensemble si marqué, qu'au premier aperçu on pourrait ny voir que des espèces européennes, qu'on à lhabitude de rencontrer dans les terrains carbonifères. En effet, les espèces dominantes sont des Productus, genre spécial en Europe à cette formation, et dans les espèces de ce genre, les Productus Inca, Humboldtii, Capacut, boliviensis et Cora, qu'il serait facile de prendre pour les Productus aniiqualus, punctatus, lobatus et comoides; mais la comparaison minutieuse les fait facilement distinguer. {Il ressort de ensemble que, dans les terrains carbonifères de Bolivia et d'Europe, on trouve les mêmes genres des espèces ayant un facies commun, et de plus trois espèces identiques.

Cette ressemblance pourrait faire supposer que les terrains carbonifères de Bolivia se sont formés sous les mêmes influences atmosphériques que ceux d'Europe. La simultanéité d'espèces identiques, au 17. degré de latitude sud, et jusqu’en Russie vers lhémisphère nord, ne devrait-elle pas aussi faire admettre une communication directe des deux mers, et de plus une chaleur terrestre propre assez forte pour annuler Peffet de Pénorme différence de latitude qui existe entre ces divers points du globe. Si lon n'avait pas de preuves plus récentes de cette uniformité de température à la surface du globe, il faudrait douter de celle-ci; mais des couches jurassiques oxfordiennes identiques à celles de France s'étant montrées jusqu'au nord de la chaîne de lOural, en Russie, il est évident que le froid polaire ne se faisait pas sentir vers la moitié de la période jurassique, et qu’alors encore il n’existait, parmi les faunes, aucune influence locale de latitude.

Au milieu des ressemblances que j'ai fait remarquer, on voit que beaucoup d'espèces, tout en composant lensemble, n’ont pas été comparées dans le tableau; je lai fait avec intention, parce qu’elles mavaient pas de rapports immédiats et que d’ailleurs, sur un point aussi éloigné que l'est la Bolivia de l'Angleterre, de la Belgique ou de la Russie (au moins 2000 lieues), il doit nécessairement y avoir, avec les espèces voisines, d’autres espèces distinctes qui tiennent à la localité. Parmi celles-ci se distingue une J'rigonie, genre qu'on n’a pas encore signalé au-dessous des terrains jurassiques. Ce serait sa première apparition sur notre planète.

Paléontologie.

Paléon-

tologie.

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