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C’est le rhumb de la boussole

Géologie.

j'ai déjà parlé. Elle se compose de couches inclinées au nord-est, de grès blanchätre quartzeux dévonien. Je traversai cette colline, alors beaucoup plus haute qu’à Viacha, et J'en suivis le versant sud-ouest jusqu’au village de Llocolloco, et de là, jusqu’à Tiaguanaco, c’est-à-dire jusqu’à la distance de deux lieues des bords du lac de Titicaca. À Tiaguanaco, si célèbre par ses monumens anciens, j'avais à l’ouest la chaîne de VApacheta de la Paz, à quelques lieues de distance, et à l’est la chaîne de Viacha, que javais passée près de Llocolloco : celle-ci continue ensuite jusqu’au bord du lac, où elle forme une pointe avancée, près du bourg de Taraco. Je la traversai, de nouveau, près de Tiaguanaco , et la trouvai beaucoup plus élevée que sur les deux autres points où je l’avais déjà franchie. Elle est fortement escarpée du côté de la vallée de Tiaguanaco et présente la tranche de toutes les couches sur une hauteur que je crois être d’au moins deux cents mètres. Du sommet on descend sur les couches les plus supérieures, en en suivant la pente au nord-est jusqu’au village de Lacaya.

Je traversai ensuite, l’espace de deux lieues et demie, une plaine très-large, couverte d'argile ou de limon rougeàtre jusqu’au village d’Aygachy, situé au pied d’une colline dirigée est et ouest, dont la continuité, à l’ouest, vient former, dans le lac même, un groupe iles très-remarquable, vers lequel je me dirigeai. On y pénètre de la terre ferme et de l’une à l’autre, soit par des isthmes naturels, soit par des chaussées. Je visitai successivement Vaïs, les îles d’Amasa, de Tirasa et de Quebaya, la dernière où lon puisse entrer sans s'embarquer; les autres, celles de Surique, de Taquiri, etc., étant plus éloignées au sein du lac. Je les trouvai toutes composées de terrains carbonifères, dont les couches, très-disloquées, fortement inclinées en tous sens, mais le plus généralement au sud-ouest, sont composées de grès rougeätres dans les parties supérieures, et dans les parties inférieures d’un calcaire de montagne? gris bleuâtre compacte, si semblable par leur grain et par leur couleur à celui de Visé, près de Liège, que, placé à côté, il serait impossible de les distinguer. L'âge géologique m'en fut de plus confirmé par des fossiles bien caractérisés, que j'y recueillis, au nord de l'ile d’Amasa, près du hameau de Patapatani, et à l’ouest de l’île de Quebaya. Ces fossiles , difficiles à détacher de la roche et en très-petit nombre dans la masse calcaire, me montrèrent les espèces suivantes.

Solarium antiquum, d’'Orb., pl. I, fig. 1, 2, 3. Spirifer condor, d’Orb., pl. V, fig. 11, 14.

Productus boliviensis, d'Orb., pL IV, fig. 5, 6. Spirifer Pentlandi, d'Orb., pl. V, fig. 15.

Productus cora, d'Orb., pl. V, 8, 9.

À l'ile de Quebaya, les couches de calcaire, alors très-compactes, reposent sur une roche d’un beau vert, qu'on croirait stratifiée et que M. Cordier dit être un pétrosilex talcifère à base de saussurite. Le relèvement des couches atteint, dans quelques endroits, près de 200 mètres au-dessus du niveau du lac, dont la hauteur absolue est de 3911 mètres; mais, le plus souvent, la saillie des points culminans ne me parait pas

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