‹ Voyage dans l'Amérique MéridionaleChapitre 94 sur 233 · Voyez p. 100 et · texte numérisé non relu

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degrés ou plus de mille trois cents lieues géographiques de longueur. Comme elle a été observée sur tous les points de la Cordillère où lon a pénétré, il est très-présumable qu’elle est continue et constitue la crête ou le versant occidental des Cordilléres.

Considérées suivant leur composition, les roches porphyritiques sont à Cobija, sur la côte même, formées de porphyres syénitiques noirâtres, trèscompactes ; au Morro d’Arica, de porphyres pyroxéniques; à Palca (Bolivia) et à Machacamarca, de porphyres syénitiques; aux Missions, c’est une roche amygdalaire grise ou violacée; aux montagnes de Cobija et de Palca (Pérou) et sur toute la ligne occidentale des Cordillères, ce sont des wackes anciennes amygdalaires très-variées, contenant une grande quantité de substances diverses ,'

Les rapports de position des roches porphyritiques avec les autres terrains qui les environnent, offrent les résultats suivans :

Les porphyres syénitiques de Cobija forment à louest, de petites chaînes transversales aux autres porphyres, et comme les roches granitiques sont situées aussi à l’ouest de la grande bande porphyritique, J'ai lieu de penser que ces chaînes sont plus anciennes que les autres porphyres.

Aux Missions, les roches porphyritiques sont sous les terrains tertiaires marins. Je mai pas vu le lieu même, aussi ne puis-je affirmer sils ont précédé ou suivi le dépôt qui les recouvre; pourtant, de la différence de niveau géologique des deux rives du Parana, on pourrait induire que ces porphyres sont postérieurs aux tertiaires patagoniens.

À Palca (Bolivia) et à Machacamarca, les très-petits lambeaux de roches porphyritiques se sont fait Jour à travers les dislocations des terrains siluriens, dévoniens et carbonifères, en modifiant les roches phylladiennes en contact.

À Bartolo, elles sont également sous les terrains siluriens; mais, de même qu'à Palca et à Machacamarca, elles paraïîtraient s'être fait Jour entre les derniers dépôts du terrain triasique et les terrains crétacés, si du moins on en juge par la première formation très-disloquée et le manque complet de la seconde, sur toute la région orientale des Cordillères boliviennes.

Pour cette immense bande de roches porphyritiques qui se dirige nord et sud, et occupe tout le versant occidental des Cordillères, les formations dérangées feraient penser qu’elle est postérieure aux terrains erétacés. Les

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( 215 ) terrains crétacés paraissent, en effet, être soulevés par elle, au détroit de Gciogie Magellan. M. Darwin a trouvé ces terrains disloqués, traversés encore par elle, au sommet des Cordillères chiliennes; M. Domeyko les a vus sous les terrains jurassiques et crétacés de Coquimbo. Au Morro d'Arica, où les

terrains crétacés manquent, ces roches soulèvent et partagent les terrains carbonifères. D’un autre côté, il est à remarquer que les roches porphyritiques de cette bande sont généralement situées entre les roches granitiques à l’ouest, la formation crétacée ou les roches trachytiques à l’est. Les épanchemens des roches granitiques sont antérieurs aux terrains crétacés, sur tous les autres points où ils ont été vus en Amérique; ces derniers terrains sont traversés par les roches porphyritiques; il est prouvé d’ailleurs que les terrains tertiaires voisins des Cordillères sont formés des détritus provenant de roches porphyritiques anciennes"; et, enfin, les roches trachytiques sont plus modernes et souvent à lest. Îl est donc presque certain que ces roches porphyritiques de la bande occidentale des Cordillères se sont épanchées par suite de grandes perturbations de la croûte terrestre de ces contrées, postérieures aux terrains crétacés et antérieures aux tertiaires patagoniens. Cette bande aurait des-lors formé les premiers reliefs de la Cordillère, et constitué ces parties terrestres sur lesquelles vivaient les animaux et où croissaient les grands végétaux dont on rencontre les restes dans le terrain tertiaire patagonien*?, C’est le premier relief du système chilien.

En résumé, en laissant de côté les petits lambeaux de roches porphyritiques, qui à diverses époques auraient percé les différens terrains, et ne considérant que les grandes masses, on pourrait croire, comme Je Pexpliquerai plus au long, aux roches de sédiment, que la bande porphyritique située à Pest des Cordillères a formé lun des premiers reliefs du système chilien, entre la fin de la période crétacée et les premiers dépôts tertiaires marins.

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