‹ Voyage dans l'Italie méridionaleChapitre 32 sur 80 · VOLONTAIRES · texte numérisé non relu

VOLONTAIRES

Garde noble d’honneur répartie à Modena, Reggio, Massa et Carrara.

Bataillon urbain, 6 compagnies établies à Modena, Reggio, Massa, Carpi, Coreggio, Finale.

Milice volontaire, 3 bataillons de 6 compagnies chacun dans le duché de Modena, et 2 d’égales forces dans celui de Reggio.

Chasseurs de la plaine de Modena, 1 bataillon de 6 compagnies.

Chasseurs des montagnes de la province de Ileggio, 1 bataillon de 6 compagnies.

Chasseurs agrégés au bataillon du Friguano , 6 compagnies.

Milice volontaire du duché de Massa et de la Lunigiana, 6 compagnies.

En tout, 40 compagnies.

Onze forts ou villes fortifiées s’élèvent sur le territoire Modénois , et c’est un vicieux système de défense; car si elles étaient attaquées, le pays ne pourrait fournir assez de soldats pour garder leurs remparts. Une ou deux places régulières d’une certaine étendue , et par conséquent capables

ORGANISATION MILITAIRE. 203

d’une plus longue résistance, seraient, ànotre avis, de beaucoup préférables. C’est àu reste une opinion que les militaires adoptent aujourd’hui daüs toute l’Europe j en effet, les petits souverains possédant trop de places fortes sont en temps de guerré soumis à l’alternative , ou d’en confier la garde à leurs alliés qui deviennent les maîtres du pays et en abusent souvent , ou de les livrer à l’ennemi et de lui donner ainsi des points d’appui pour seà opérations.

Le service militaire soldé se fait par enrôlement volontaire. L’enrôlé reçoit une prime d’engagement, et ses parents sont exemptés de la taxe personnelle.

. Les dragons font le service de la police ; c’est une espèce de gendarmerie, et dans les contrées montagneuses ils sont aidés par les chasseurs.

La formation du corps des pionniers ne mérite que des éloges , et a principalement pour double but civil et militaire l’instruction d’enfants de pauvres familles dans les métiers de charpentiers, de forgerons, de constructeurs, etc. , qui, après l’expiration de l’engagement, répandent leurs connaissances acquises parmi les classes ouvrières. A cette compagnie sont adjoints, en nombre fixe, des jeunes gens appelés cadets qui suivent les cours dé mathématiques , de physique et de chimie des facultés académiques, et vivent en commun, ainsi

FINANCES

que dans une école militaire. Lorsque leurs cinq années d’études sont terminées , ils subissent un examen , et, s’il est satisfaisant, on les reçoit ingénieurs. Cette institution mérite d’être imitée par d’autres Etats italiens , moins peut-être pour son organisation que pour ses résultats. Comme on vient de le dire , c’est une espèce d’école des arts et métiers, ouverte à l’indigence, qui produit d’excellents, ouvriers et a contribué à l’amélioration de la petite industrie. Sous ce rapport, si elle n’était pas dépendante de l'administration de la guerre , nous aurions dû la reporter au chapitre de l’instruction publique.

FINANCES

Un cadastre fut commencé en 1786 et terminé en 1790; mais il ne s’appliqua qu’aux pays de plaine et aux collines ; car les communes des hautes montagnes firent une composition avec le gouvernement , et invoquèrent d’antiques conventions, qui les autorisaient à ne payer qu’une somme déterminée et invariable. C’était de leur part une espèce de consentement à l’impôt, un reste du privilège dont jouirent jadis presque toutes les nations européennes, et qu’aujourd’hui aussi elles ressaisissent presque toutes ou tendent à recouvrer. Sans doute, en 1790, au moment

FINANCES

où l’Italie avait les yeux fixés sur la révolution française , le duc de Modène n’osa pas irriter les montagnards , fidèles d’ailleurs à leur prince , comine le furent en général les peuplades occupant les Apennins , depuis le duché de Parme jusqu’à l’extrémité du royaume de Naples.

L’impôt foncier rend 1,860,000 livr. ital.

Les autres revenus provenant de taxes et impôts divers produisent net 5,000,000

L’impôt foncier est appliqué par le ministre de l’économie publique aux dépenses qu’exigent

L’intérêt de la dette publique ;

Les pensions ecclésiastiques , civiles et militaires ;

L’instruction publique ;

Les secours donnés aux pères de 12 enfants, aux incendiés, etc.

C’est presque une hypothèque affectée par spécialité à leur payement.

Les autres recettes sont attribuées :

A l’entretien de la cour ducale ;

Aux gouverneurs et délégués provinciaux ;

Aux autorités judiciaires ;

A la police ;

A la force armée ;

Aux écoles de pauvres filles.

D’après les recettes, sur lesquelles, ainsi que sur les dépenses, on n’a pu se procurer aucun détail, aucune décomposition, on voit que, divisées par le

ao6 INSTRUCTION PUBLIQUE.

nombre des habitants, elles doivent, en moypnnç, peser sur chaque tête pour 16 fr. environ ; charge très-lourde, carie pays, privé de ports de mer, est peu commerçant, peu manufacturier, et toute s^ richesse provient de l’agriculture.

On ignore si aujourd’hui les recettes et les dépenses sont balancées ; cela est probable cependant d’après l’opinion générale et certains faits que nous ne discuterons pas, ayant pris pour règle constante, dans le cours de cet ouvrage , de n’affirmer que sur preuves et documents. Mais autrefois les premières excédaient de beaucoup les secondes ; car le dernier duc de la maison d’Esle, dont l’héritière apporta le duché en dot à un archiduc autrichien au commencement de ce siècle , avait amassé un trésor que la renommée exagérait sans doute, comme elle fait toujours, mais qui toutefois était très-considérable ; puisque une partie suffit à payer les pesantes contributions imposées par les armées françaises, et que le reste fut déposé à Venise, encore indépendante.On prétend aussi que le duc François IV, mort en 1846 , a laissé de très-grandes économies.

La plus grande partie des établissements relatifs à l’instruction publique, soit primaire, soit

secondaire pour le? deux sexes , appartiennent au? corpora lions religieuses , com tp e le démon t r eron t les tableaux suivants; et il faut convenir que dans ce pays, yn peu arriéré sous qqelques rapports , elles spules peuvent dignement remplir les difficiles fonctions d'instituteurs, et surtout avec économie ; condition essentielle à Modène, où, en général, Jes fortunes particulières sont médiocres. Les villes possèdent un assez grand nombre d’écoles élémentaires ; mais les moyens de s’instruire , et même d’apprendre simplement à lire, à écrire et l’arithmétique, manquent dans beaucoup de communes rurales , et l’on peut assurer que l’instruction populaire est beaucoup moins florissante dans le Modénois que dans le royaume Lombard-Vénitien, la Toscane et les Etats pontificaux , où , depuis longtemps, chaque bourg ou village possède une école pour l’enseignement des classes pauvres. Quant à la haute instruction, elle est beaucoup mieux organisée et peut se glorifier de ses habiles professeurs. A son aide viennent des sociétés savantes contribuant à répandre les lumières.

Comme en France, l’université étend sa juridiction sur toutes les études primaires ou secondaires, çyr son personnel , et doit , sauf les changements opérés par le temps, son organisation et son enseignement, qui remontent à i683, au duc François IL Le bâtiment qu’elle occupe fut élevé par

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la munificence de François III , sur les dessins d’Andrea Tarabusi et contient un laboratoire de chimie, un cabinet de physique, un autre d’histoire naturelle , promptement enrichi d’une belle collection minéralogique, due à l’archiduc Maximilien, et qu’augmentèrent des achats relatifs à la zoologie, faits aux dépens du souverain.

Le premier des corps enseignants est celui nommé académique. Les professorats des facultés sont établis à Modène, à Reggio , à Mirandola, au nombre suivant :

Facultés à

Modène. . Chaires

Modène

Reggio

Mirandola

Modène

Reggio

théologiques

physico-mathématiques. .

de droit

Id

Id

de médecine

Id

Total des chaires,

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