ÉCOLES SPÉCIALES
L’académie militaire est aussi une institution réservée à la noblesse et que le gouvernement érigea en 1821 ; d’abord établie dans lepalaisGuic* ciardi , elle est actuellement en possession d’un
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local disposé pour les études qu’qn y exige. J£n fixant toutefois le nombre des élèves , le souverain l’a fondée en faveur des jeunes nobles qui peuvent y être admis après avoir terminé leur cours de philosophie , les uns gratis et les autres en payant une modique pension. Là , selon leurs penchants et leurs dispositions, on les perfectionne dans les sciences civiles ou militaires. C’est donc improprement qu’on lui donne cette dernière épithète et l’on devrait plutôt l’appeler école polytechnique du premier degré. Les élèves portent le litre de cadets et l’uniforme de la garde ducale d’honneur. Tous les aps ils passent les vacances à une maison de campagne où se trouvent des bassins pour apprendre la natation. Ceux qui se distinguent par leur intelligence et leur application au travail obtiennent du prince, et à ses frais, pendant ces mois de villégiature , de voyager à l’étranger accompagnés du directeur de cette académie et d’un professeur, pour joindre le plaisir à l’instruction. Ordinairement , après trois ans d’études, ces jeunes gens entrent dans ia garde d’honneur, et ceux qui sont les plus capables deviennent officiers de la troupe active, ou obtiennent des places honorables à la cour ou dans l’administration.
Nous avons déjà parlé de l’école des pionniers, et nous n’en faisons mention ici que pour mémoire 5
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ajoutons cependant que l’on permet à quelques personnes qui ne sont point attachées à rétablissement d’en suivre les cours, et qu’on y forme aussi d'habiles arpenteurs en leur enseignant la mensuration des surfaces.
L’école d’équitation est ouverte aux nobles, aux militaires et à toutes les classes de citoyens qui désirent apprendre à monter à cheval, la danse, l’escrime et les exercices gymnastiques. Des professeurs y sont placés et payés par le gouvernement.
L’école vétérinaire et de maréchalerie n’offre rien de particulier, et, en moyenne , entretient 25 élèves.
L’institut des sourdes-muettes remonte à 1818. Confié aux religieuses de Jésus , il renferme une trentaine d’élèves de tout âge, qui reçoivent de cinq maîtresses l’instruction, soit littéraire, soit relative aux travaux manuels, et basée sur les procédés déjà employés.
L’Académie des beaux-arts a pour but, comme son nom l’indique, de former des peintres, des sculpteurs, des architectes et des graveurs. Nous renvoyons à la description de Modène ce que nous avons à dire sur le monument qu’elle occupe et sur son organisation.
Carrara en possède une aussi ; mais sa destination, plus restreinte, est réduite à ce qui concerne
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la sculpture et la marbrerie , source de richesse pour cette ville et son petit territoire, renfermant les plus belles et les plus abondantes carrières de marbre blanc qui soient connues depuis que celles de Paros sont épuisées. Nous reviendrons également sur celte académie et sur la manufacture marbrière, si Ton peut s’exprimer ainsi, qui lui doit son existence et sa prospérité, lorsque nous visiterons Carrara et ses environs.
A Reggio, il existe encore une école de beauxarts. En voilà donc trois instituées dans un état égalant à peine en superficie un de nos départements. Certes, les indigènes, enclinsaux arts d’imitation, n’ont pas à se plaindre.
L’Académie royale des sciences, lettres et arts dépend aussi du ministre de l’instruction publique et doit entrer dans ce chapitre. Elle fut réorganisée en 1816, et sa fondation date de 1680. Comme notre institut, elle est divisée en classes scientifique, littéraire, artistique, et a publié de remarquables mémoires.
L’Académie philharmonique s’occupe exclusivement de la musique, des méthodes, de la composition et de l’exécution. Elle commença par la réunion spontanée de professeurs et d'amateurs, et obtint ensuite le titre académique et des statuts qu’elle doit à la spéciale faveur que lui accordait le souverain. Les exercices musicaux, les concerts et
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oratorios qu’elle exécute dans son local particulier, et quelquefois sur le théâtre de la cour, jouissent d’une grande réputation.
La société italienne des sciences est indépendante de la première classe de l’académie royale, et vit par elle-même ; c’est une espèce de congrès permanent pour la Péninsule. Son but est clairement marqué par les paroles suivantes, savoir : k qu’elle s’est réunie en un seul corps académique pour concentrer et mettre en action les forces scientifiques de toute l’Italie, comme si elle ne formait qu’une seule cité. » Aussi est-elle composée de 4o savants italiens sociétaires, de membres émérites, d’honoraires et d’associés étrangers. Elle est suffisamment dotée pour décerner des prix sur des questions de sciences et de mathématiques, et publier des mémoires et des dissertations; leur collection forme déjà un grand nombre de volumes. François IV a toujours accordé une utile protection à ses travaux.
C’est donc à tort qu’on a représenté ce souverain comme ennemi des lumières ; sans doute les événements de i83o et des tentatives subséquentes de révolte, à Modène, influèrent puissamment sur son caractère et sur la marche politique de son gouvernement, qui céda trop peut-être à de continuelles craintes ; mais tout ce qui pouvait répandre la haute instruction, sans la mêler à des idées gou-
vernemen taies, tout ce qui était purement scientifique, littéraire ou artistique, fut toujours l’objet de ses faveurs, et le nombre des établissements qui se propageaient dans son duché en donne une preuve péremptoire. Avouons, toutefois, qu’il n’en fut pas de même pour l’instruction primaire, et cette négligence provint encore de la pensée que les connaissances acquises par les classes inférieures et la lecture de livres, qu’il regardait comme dangereux, les rendraient moins religieuses et moins dociles. Il aimait la science; mais il aurait voulu la rendre aristocratique.
Ces observations portent moins cependant sur l’instruction élémentaire des villes, qui, par les progrès forcés delà population, sont assez largement pourvues d’écoles pour les deux sexes, surtout la capitale, que sur celle de la campagne, où beaucoup de communes n’ont aucune possibilité, dépendante du gouvernement ou du budget local, de faire apprendre aux enfants à lire et à écrire. Pour connaître exactement le nombre des élèves, les documents nous ont manqué et nous avons été réduit aux chiffres, déjà anciens, du colonel Serristorij modifiés toutefois par des renseignements obtenus de vive voix dans les écoles, mais auxquels on ne peut attribuer toute l’exactitude désirable. Voici donc ce que nous avons pu recueillir.