‹ Voyage dans la Haute-ÉgypteChapitre 4 sur 49 · VI. Wivà^Tiç · texte numérisé non relu

VI. Wivà^Tiç

VII. $ouaép)ç (Var.) Wouaevvte l ^%* Prénom : Ra-aa-kheper, Setep-en-Amen.

f~~^\ Nom : Meri-Amen, Pe-seb-en-KHA (3).

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Voilà pour la branche tanite de la XXIe dynastie.

Quant à la branche usurpatrice, ce n'est pas à Manéthon (qui ne la cite pas) qu'il faut eu demander l'histoire, mais aux monuments: et précisément à ce Temple de Ghons qui fait en ce moment l'objet plus spécial de notre attention.

Les tableaux dont le Temple de Ghons est décoré, présentent en effet une particularité qu'on ne rencontre dans aucun autre temple. Invariablement, les tableaux dont les autres temples sont ornés, nous font voir le roi fondateur en présence des divinités locales, et jamais une autre personne que le roi fondateur n'est admise à y figurer. Une dérogation à cette

(1) Ces deux cartouches ont été trouvés pendant nos fouilles, à la fois aux Grandes Pyramides et à Tanis. Aux Grandes Pyramides, ils étaient associés dans le même temple aux cartouches de Ramsès II.

(2) Je dois dire que le fragment de sphinx sur lequel ces deux cartouches se trouvent est très fruste, et que les noms ont été plutôt devinés que lus. Le cartouche-nom est cependant à peu près certain.

(3) Depuis que M. Lepsius a publié son Lirrc des Rois, et depuis que M. Brugsch a publié son Histoire d'Egypte, nous avons reconnu que le cartouche-prénom Ra-s-menlih-lia , placé par le premier de ces savants dans la XXIe dynastie ( uniquement peut-être parce qu'il a été découvert à Tanis). et attribué par le second à Thoutmès, est le cartouche-prénom du roi Mer-mesch-ti de la XIV" dynastie.

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règle se montre pour la première fois dans le Temple de Chons. Un grandprêtre d'Ammon, chef suprême du sacerdoce égyptien, y est représenté faisant, à la suite du dernier Ramsès de la XXe dynastie, les cérémonies que le rite ordonne. Dans une salle, il se contente de la première place après le roi; dans une salle voisine, le roi disparaît et le grand-prêtre officie seul; dans une troisième salle, le roi disparaît encore et le grand-prêtre s'y montre, la couronne royale sur la tête. Telle est l'origine de la dynastie usurpatrice. La dynastie légitime régnait à Tanis. Pendant le même temps, Thèbes reconnaissait pour souverains les quatre ou cinq grands-prêtres qui avaient profité de la faiblesse des derniers Ramsès pour s'emparer du pouvoir.

Gomment se termina l'antagonisme des deux dynasties? Quels événements préparèrent l'arrivée au pouvoir de cette XXIIe dynastie sous laquelle l'Egypte se trouva de nouveau réunie sous un sceptre unique? C'est ce qu'on ignore encore. Il faut seulement faire remarquer qu'une très importante inscription découverte à Karnak et non loin du Temple de Chons . pendant nos fouilles de 1874, nous montre Psousennès II à Thèbes. et sa fille Ra-men-ka réclamant pour elle et sa postérité la couronne à laquelle sans doute sa naissance lui donnait des droits.

Notons que c'est quelques années seulement plus tard qu'eut lieu la scission de l'empire de Salomon en royaume d'Israël et en royaume de Juda, et que le partage dont l'Egypte venait de donner l'exemple a pu ne pas être sans influence sur les déterminations qui amenèrent ce grand événement.

2° Le Temple de Chons doit une autre partie de sa célébrité à une belle stèle qui y a été trouvée et qui, par les soins de M. Prisse, décore aujourd'hui une des salles de la Bibliothèque nationale de Paris.

Cette stèle est datée de l'une des années d'un Ramsès de la XXe dynastie dont on ne connaît pas exactement la place, et qu'avec M. de Rougé, nous appellerons Ramsès-Meïamoun II. Un texte de vingt-huit lignes, qui jette un jour bien inattendu sur les mœurs et les croyances de cette époque, y est gravé au registre principal.

M. Birch d'abord, et après lui M. de Rougé et M. Brugsch, ont publié d'excellentes traductions de la stèle du Temple de Chons. Nous nous appuierons sur ces documents pour présenter au lecteur une analyse du curieux .récit que la stèle contient.

Le récit est partagé par M. de Rougé en six chapitres.

Le premier n'est qu'une fastidieuse énumération des noms et des titres du pharaon auquel la stèle se rapporte. Ramsès, parlant de lui-même, se

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dit • «L'Horus, taureau puissant, honoré de tous les diadèmes, donl le règne est établi comme celui d'Atoum; l'Horus vainqueur, dommanl par la gloire, détruisant les barbares. . . . etc. ».

° Le récit commence au second chapitre. Le roi est -mi Mésopotamie, occupé à recevoir les tributs de l'année. «Les princes de toute In terre venaient se prosterner en sa présence et implorer sa faveur ». Parmi eux est le chef de Bakhtan, nom propre géographique que M. de Hou-.' identifie avec le mont Bagistan, et dans lequel M. Brugsch retrouve Ecbatane. Sa fille est avec lui. « Cette femme était belle, elle plul au roi par dessus toute chose, il lui donna, en qualité de première épouse royale, le nom de Neferou-Ra (beauté du soleil), et à son retour en Egypte, il lui fit accomplir tous les rites des reines ».

Le troisième chapitre nous transporte en l'an io et au 22' jour du mois d'Epiphi du règne de Ramsès-Meïamoun IL Le roi se trouvait dans son temple de Thèbes « occupé à chanter les louanges de son père Ammon-Ra ». lorsqu'on vint lui dire qu'un envoyé du chef de Bakhtan se présentait. L'envoyé fait part de sa mission. « Je viens vers toi. è mon seigneur, pour Bint-Reschit. la jeune sœur de la reine Neferou-Ra: un mal a pénétré dans sa substance; que ta majesté veuille envoyer un homme connaissant la science pour l'examiner ». Le basilicogrammate Thoth-em-hebi reçoit l'ordre de partir. Arrivé au pays de Bakhtan, « il trouve Bint-Reschit obsédée par un esprit; mais il se reconnut impuissant à l'expulser ».

La princesse n'étant pas guérie . le récit passe sans transition à une nouvelle ambassade. C'est le sujet du quatrième chapitre. Le chef de Bakhtan demande au roi de lui envoyer, non plus un homme «connaissant la science», mais le dieu Chons lui-même. Ici quelques obscurités se présentent. Le dieu Chons est envisagé sous deux faces. Il y a « Chons. dieu tranquille dans sa perfection ». et « Chons, conseiller de Thèbes ». L'un des deux Chons communique à l'autre « sa vertu divine, pour qu'il guérisse la fille du prince de Bakhtan ». C'est Chons, conseiller de Thèbes, qui part « dans son grand naos, avec cinq petites baris et un char; de nombreux cavaliers (probablement pour les relais) marchaient à sa gauche et à sa droite ».

Cinquième chapitre. Le voyage dure un an ei cinq mois. Le prince de Bakhtan vient avec son armée à la rencontre de Chons. Le dieu est mis en présence de la jeune possédée. « Il lui communique sa vertu ». L'esprit prend alors la parole et dit : «Sois le bienvenu, grand dieu qui expulses les rebelles: la ville de Bakhtan est à toi: ses peuples sont tes esclaves:

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moi-même je suis ton esclave ». Puis il ajoute : « Je m'en retournerai vers les lieux d'où je suis venu pour satisfaire ton cœur sur le sujet de ton voyage. Ordonne qu'une fête soit célébrée en mon honneur par le prince de Bakhtan ». C'est alors le dieu qui, par la bouche du « prophète » dont il est accompagné, répond en ordonnant que le prince de Bakhtan apporte à l'esprit une riche offrande. « Pendant que ces choses se passaient et que Ghons, le conseiller de Thèbes, conversait avec l'esprit, le prince de Bakhtan restait avec son armée, saisi d'une crainte profonde. Il fit offrir de riches présents à Ghons, conseiller de Thèbes, ainsi qu'à l'esprit, et célébrer une fête en leur honneur. Après quoi l'esprit s'en alla paisiblement où il voulut, sur l'ordre de Ghons, le conseiller de Thèbes ».

Le sixième et dernier chapitre nous fait assister au retour de Ghons dans son temple. Émerveillé de ce qu'il avait vu, le prince de Bakhtan avait refusé de laisser partir le dieu, et pendant trois ans et neuf mois, il l'avait gardé près de lui. Un songe qu'il eut le fit changer de détermination, et Ghons put enfin prendre le chemin de l'Egypte. « Le prince de Bakhtan, en congédiant le dieu , lui offrit de très riches présents en toutes sortes de choses précieuses, ainsi qu'une escorte nombreuse de soldats et de chevaux. Leur retour à Thèbes fut heureux; Ghons, conseiller de Thèbes, entra dans le Temple de Ghons, dieu tranquille dans sa perfection, et lui offrit les présents en toutes sortes d'objets précieux que lui avait donnés le prince de Bakhtan; il n'en garda rien pour son propre compte. Ghons, conseiller de Thèbes, rentra heureusement dans sa demeure, le 19e jour de Méchir. dans la 33e année du roi Ramsès ».

La stèle qui nous a conservé cette singulière histoire, donne un intérêt exceptionnel au temple où elle a été trouvée, et où se sont passées la première et la dernière partie des événements qu'elle raconte. Malheureusement tout n'y est pas également clair. Que la maladie dont la jeune fille était atteinte fût un cas pathologique comme la pratique en fait rencontrer chaque jour, c'est ce qui n'a pas besoin d'être démontré. Que, dans les croyances du temps, le Khou (selon l'expression delà stèle), c'est-à-dire l'esprit dont la belle-sœur de Ramsès était possédée, fût l'âme d'un damné qui s'était logée dans son corps, c'est ce que les recherches de M. Ghabas ont mis en évidence (1). Mais qu'était cette « vertu divine », ou, comme l'appelle

(1) Voyez aussi le travail de mou excellent collègue M, Paul Pierret, Le dogme de la résurrection chez les anciens Égyptiens, Paris, 1871, page 3; et le Dictionnaire d'archéologie égyptienne, Paris, 1875, page 29-1.

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M Ghabas «cet acte de salut » dont l'influence rend la jeune malade à La santé? Depuis que M. Ghabas et M. de Rongé ont publié leur travail, on a reconnu que le $ Sa, « la vertu divine » ou « L'acte «I, salut ». es! un des

mots qui servent à exprimer

les idées générales de salut, de conservation, de

défense, et qu'il désigne plus particulièrement le don d'influence magique, la propriété qu'avait celui qui possédait ce don. de préserver les personi et les choses de la destruction et du mal. Mais qu'est-ce que ce don d'influence qu'un dieu communique à un autre dieu, et don! celui-ci se sert pour chasser un esprit avec lequel il converse ei qui lui répond? Qu'était-ce surtout que ce dieu et en quoi consistait-il? Il est facile, par ce que les monuments nous enseignent, de nous Faire une idée du cortège divin, à son départ du Temple de Chons et dans sa roule vers le pays de Bakhtan. •Il y avait un char, destiné sans aucun doute au prêtre (pie nous voyons, en présence de la jeune fille, recevoir les ofdres du dieu et qui. en somme, doit jouer le rôle principal dans l'exorcisme. Il y avait « le naos » qui est un grand coiFre en bois, voilé d'une étoffe épaisse, et dans l'intérieur duquel est déposé, caché h tous les yeux, le dieu lui-même, c'est-à-dire la statue on l'emblème qui le représente; le naos est fixé au centre d'une barque (bari), montée sur un plancher qu'une douzaine de prêtres portent sur leurs épaules (1). Il y avait enfin cinq autres baris destinés au transport des talismans dont la statue principale est accompagnée. Mais, si circonstanciés que soient ces renseignements . on se demande encore si l'on croyait . sous Ramsès-Meïamoun II, que l'attouchement d'une statue de pierre ou d'un talisman quelconque, avait le pouvoir de guérir, avec la seule intervention d'un prêtre, une maladie nerveuse dont le symptôme principal était une obsession. Le problème est trop complexe pour que nous essayions d'en chercher ici la solution (2).

Planche 41. — Le Grand Temple est. à tous les points de vue, le premier et le plus considérable des monuments compris dans l'enceinte de Karnak. Le Grand Temple, considéré dans sa partie construite et enfermée

(1) La barque de Chons est figurée au premier registre de la stèle qui nous fournit ces renseignements . A part les symboles qui la décoraient, cette barque était en tout semblable aux barques d'Ammon dont on trouvera un dessin très exact sur notre planche 46.

(2) Comme document parallèle , on étudiera cette précieuse « stèle de l'intronisation » qui provient de nos

fouilles de Gebel-Barkal, où ce qu'on appelle « for., parle par la bouche des prêtres d'Ammon el désigne la personne qui doit être appelée au trône, absolument comme nous voyons ici le dieu Chons ordonner, par la bouche d'un de ses prêtres, que l'espril soil apaisé au moyen d'offrandes, dont certainement la statue ou l'emblème du dieu ne profiteront p

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de murs, a 360 mètres de longueur, sur une largeur moyenne de 105. Il couvre par conséquent 37,800 mètres carrés de terrain.

Le Grand Temple présente ce phénomène que le dallage actuel de ses chambres est de plus d'un mètre cinquante au-dessous du niveau moyen des hautes eaux du Nil. Il en résulte que. tous les ans, pour peu que l'inondation atteigne ses limites normales, le temple est envahi par l'eau. En vain dira-t-on que l'entrée du fleuve dans le temple pourrait être arrêtée par une digue construite entre le temple et le fleuve. Un tel obstacle serait absolument sans effet. L'eau ne gagne pas le temple directement, mais par une infiltration lente. Le lac voisin ne s'alimente que de cette façon. Aucune puissance ne peut lutter contre ce mode souterrain d'envahissement. Aussi le mal est-il sans remède, et il est certain que de tous les temples égj^ptiens, le Grand Temple de Karnak est celui dont la ruine est la plus prochaine.

J'en donne ci-après le plan aussi complet que le permet l'état de délabrement dans lequel se trouve aujourd'hui ce grand édifice.

Je compléterai par quelques notes rapides les renseignements que j'ai déjà eu occasion de donner sur les diverses époques du temple.

Pylône I. Il est sans inscriptions. On reconnaît cependant, par son mode de construction, qu'il est de l'époque ptolémaïque. Le pylône I a été laissé inachevé. Les espèces de fenêtres carrées qui le traversent de part en part, ne sont que des vides ou l'on disposait les appareils destinés à maintenir les longs mâts terminés par des bandorolles qui décoraient la façade.

Cour B. Au centre est la seule colonne qui reste du temple élevé au milieu de cette cour par Tahraka (XXVe dynastie). A droite, est le temple M, construit par Ramsès III (XXe dynastie), comme un monument de sa piété envers le dieu principal de la tribu thébaine. A gauche, est un autre temple L, construit par Séti II, comme un monument de sa piété envers le même dieu. La colonnade qui règne sur les deux côtés est de l'époque des Scheschonk. Au fond, se dressait le pylône de Ramsès Ier (n° 2 du plan). C'est la vue de la colonne encore en place du Temple de Tahraka et des premières assises du pylône de Ramsès ; que la planche 41 du Voyage représente.

En l'an 27 avant notre ère, un effroyable tremblement de terre secoua Thèbes jusque dans ses fondements. C'est à ce moment que le pylône de Ramsès s'abima sur lui-même , en même temps que s'écroulaient dans Karnak le sanctuaire de Philippe, le pylône n° VIII,- et qu'à Gournah, l'une des deux colonnes d'Aménophis III se fendait par le milieu du corps, et devenait la statue tronquée qui devait être, quelques années plus tard, la statue de Memnon .

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Salle D. La salle D est la fameuse salle hyposiyle. Le plus étonnanl peutêtre de tous les monuments que les Égyptiens aient élevés. La salle D compte cent-trente-quatre colonnes presque toutes encore en place. Elle est si grande, que Notre-Dame de Paris y tiendrait tout entière. Commencée parRamsèsIw,

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elle fat achevée comme constr action par son successeur Séti Iw. Sous Ramsès II, fils et successeur cle Séti, elle était finie comme construction et comme décoration. Çà et là quelques légendes de rois postérieurs y ont été ajoutées : les Ptolémées enx-mêmes tinrent plus tard à honneur d'y marquer leur empreinte. Mais les parties de la salle sur lesquelles ces légendes apparaissent ne sont pas autre chose que des places laissées inoccupées par les rois fondateurs.

Pylône III. Le Pylône III était la façade du Grand Temple sous Aménophis III (fin de la XVIIIe dynastie), comme le pylône II était la façade du Grand Temple sous Ramsès Ie1' (commencement de la XIXe dynastie). Il est presque entièrement détruit, Les restes de légendes qu'on aperçoit encore à la face orientale se rapportent aux conquêtes de ce roi en Asie . et aux dons nombreux dont il enrichit le trésor du temple.

Pylône IV. Nous connaissons déjà le pylône IV. Sous Thoutmès Ier. le Grand Temple avait pour façade le pylône IV et pour limite vers l'Est le fond de la cour S. Le pylône était précédé de deux obélisques, l'un qui fut achevé et gravé au nom de Thoutmès Ier, l'autre dont Thoutmès III fit sculpter plus tard les légendes. Les deux obélisques étaient accompagnés de deux colosses. La base du colosse méridional est seule visible.

Le pylône IV est très démoli. Sa porte avait été successivement restaurée par Thoutmès IV, par Sabacon et par les Ptolémées.

Pylône V. Le pylône V est une autre des constructions élevées par Thoutmès Ier dans le Grand Temple. Il est malheureusement encore plus détruit que son voisin.

Entre le pylône IV et le pylône V (salle F) s'élève le gigantesque obélisque de la reine Hatasou, fille de Thoutmès Ier et sœur de Thoutmès III. Il ne mesure pas moins de 32 mètres de hauteur. Il était originairement accompagné d'un autre obélisque de même dimension, qui était déjà renversé à l'époque du voyage de Pococke (1740). et dont les débris couvrent le sol aux environs.

Quand les deux obélisques furent amenés des carrières d'Assouan où ils ont été taillés, les deux pylônes IV et V existaient déjà, et déjà les vingt-deux colonnes qui couvraient la salle située entre les deux pylônes étaient debout sur leurs bases. Pour faire pénétrer les obélisques et les mettre en place, on pratiqua une brèche clans le mur du Sud de la salle, on abattit toutes les colonnes de la partie Sud et quatre des colonnes de la partie Nord . et on se servit dos pylônes eux-mêmes comme points d'appui

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pour les appareils destinés à l'érection des monolithes. C'est sous Aménophis III seulement que la brèche fut réparée et les colonnes rétablies

Pylône VI. Le pylône VI appartient à Thoutmès III. et fait par.., de l'immense ensemble de constructions par lesquelles ce prince fit du Grand Temple le monument principal de Karnak. Du côté Ouest, 1, pylône montre au visiteur les deux listes de noms géographiques dont nous parlerons bientôt. Du côté Est, est une partie de ces fameuses Annales qui vont également faire, tout à l'heure, l'objet de notre attention. Le pylône VI est le dernier des pylônes compris dans l'enceinte proprement dite du Grand Temple.

Chambres G, H, I, K. R, S. Il y a quelques années, j'ai consacré à la description du Grand Temple de Karnak un opuscule qui est resté à peu près inconnu. J'en extrais les lignes suivantes qui concernent Les chambres G, H, I, K, R, S.

« Tout cet ensemble est l'enveloppe de la chambre P. La chambre P n est pas. comme on le dit toujours, le sanctuaire du temple, mais un passage qui conduisait au vrai sanctuaire, lequel était celui dUsertasen (i) ».

« La chambre P avait été construite en granit rose par Thoutmès III. Elle était en ruines à l'époque de Philippe, père d'Alexandre, qui la fit réédifier sur l'ancien plan et avec les mêmes matériaux ».

Les inscriptions gravées sur les parois des chambres I. K. R. S et des cellules environnantes, sembleraient prouver que cette partie du temple était employée à la consécration des objets ou offrandes qui devaient servir dans les cérémonies du culte. Ce n'est pas sans étonnement que, sur les murailles de quelques-unes des cellules, on aperçoit, à côté des cartouches et de la figure de Thoutmès III, les cartouches et la figure d'Aménophis Ier. le père et le prédécesseur de Thoutmès Ie1'. Le souvenir de son aïeul est invoque par Thoutmès III, probablement parce que c'est a Aménophis Ier, que le Temple d'Ammon devait la fondation du service d'offrandes qu' Aménophis et Thoutmès présentent, sur les murailles des cellules, à la divinité du lieu (2).

Le couloir m, n mérite l'attention du visiteur. Le long tableau qui en couvre les parois du côté du Nord et de l'Ouest, se divise en deux parties, Dans la première, Thoutmès III est représenté offrant au dieu les objets

(1) Usertasen, le deuxième roi de la XIIe dynastie. C'est plutôt à Amenemha, premier roi de la même famille, qu'il faut faire remonter la fondation du sanctuaire, ainsi qu'on a pu le reconnaître récemment.

(2) Depuis que ceci est écrit, j'ai eu occasion de reconnaître que les cellules marquées des légendes d'Aménophis Ier, sont des parties encore subsistantes de l'ancien temple, celui qui avait la chapelle d' Amenemha pour sanctuaire.

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précieux dont il enrichit soit le trésor de son temple, soit son temple luimême. Parmi eux figurent deux obélisques (aujourd'hui perdus ), des coffres, des vases, des anneaux d'or et d'argent, des colliers, des ustensiles du culte. La seconde partie se compose des textes incomparables que la science connait sous le nom « d'Annales de Thoutmès III ». Thoutmès III y énumère les campagnes qu'il a faites de Fan 22 à l'an 40 de son règne. Il compte les tributs qu'il a imposés à l'ennemi vaincu, les armes, les chariots qu'il lui a pris, les prisonniers qu'il a faits, les lingots d'or, d'argent, de lapis, les vases en matières rares, les meubles incrustés de pierres, qu'il a apportés à Thèbes pour être déposés dans le trésor du temple de son père Ammon.

L'inscription o est également digne d'intérêt. Ici Thoutmès III n'en umère plus ses campagnes; il rend compte de tout ce qu'il a fait pour l'embellissement du Temple de Karnak. « Il l'a décoré de statues nombreuses et bien travaillées. Il a muni le laboratoire de tous ses ustensiles; il l'a pourvu d'essences et d'aromates. Il a décoré les portes d'ornements d'or, d'argent et d'airain. Il a construit les pylônes dont il donne les noms. Il a fait exécuter et offert au temple une statue d' Ammon, telle qu'en aucun temple on n'en trouve une pareille. Il a aussi donné au temple une belle harpe enrichie d'or, d'argent, de lapis, de turquoises, et de toutes sortes de pierres précieuses ». Le roi fait en même temps le compte des revenus en terre, en céréales, en farines, en pains, en bestiaux, qu'il assure au temple pour les besoins du culte. Puis, passant subitement à un autre ordre d'idées, il décrit le sens allégorique de sa bannière et de ses deux cartouches, c'est-àdire les noms royaux « que, dit-il, il a choisis et composés lui-même ».

Cour T. On peut regarder les quelques débris de colonnes qu'on trouve au milieu de la cour T comme le noyau dont le Grand Temple tout entier est le fruit. Nous rappellerons en effet que c'est dans la cour T que s'élevait le sanctuaire primitif du temple, celui qui eut le roi Ainenemha Ier pour fondateur.

Chambres U. V, X. Thoutmès III est le seul roi nommé comme constracteur de cette partie du Grand Temple. Il est impossible de déterminer d'une façon quelque peu satisfaisante la destination de chacune des salles qui le composent, On peut conjecturer cependant que la chambre U, improprement appelée par les voyageurs le Promenoir de Thoutmès III, est un lieu de station ou un reposoir pour les processions. La salle U était la fameuse « Salle des Ancêtres », maintenant à Paris: c'est là que le roi fondateur venait rendre hommage à ses prédécesseurs sur le trône. Sur la grande table

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