PHIL/E
On trouve çà et là clans les chambres intérieures, le nom de Philométor. Une des deux chambres, dont la porte s'ouvre entre les colonnes, est la bibliothèque. Malheureusement, aucun titre des papyrus qui ont dû y être mis en dépôt n'est conservé.
Planche 83. — Le kiosque est à droite; à gauche est le petit temple élevé à Esculape par Ptolémée Epiphane. La femme de ce roi, Cléopâtre, fille d' Antiochus , avait été longtemps sans enfant. Pour conserver le souvenir de sa reconnaissance envers le dieu qui avait guéri la princesse do sa longue stérilité, Epiphane fit construire la chapelle dont nous avons la façade sous les yeux. On sait que le fils, né à ce moment, est le prince que l'histoire connaîtra plus tard sous le nom de Philométor.
L'ensemble de ces faits résulte de l'étude de l'inscription en langue grecque, gravée sur le listel qui surmonte la corniche delà porte intérieure du temple. Toutes les autres parties du monument sont, bien entendu, rédigées en langue égyptienne et écrites sur les murailles en hiéroglyphes. Philométor, Évergète II, Auguste, sont les souverains qui achevèrent l'œuvre commencée par Epiphane. Nous ferons remarquer que, dans l'intérieur de l'édifice, rien, à l'exception de la dédicace grecque, ne rappelle le souvenir d'Esculape. Isis, la grande mère, et Hathor, dame de la maison des livres, y sont à peu près seules nommées . ...
Le voyage de la Haute-Egypte est fini, ou plutôt il faut le recommencer, mais en sens inverse. Il y a un an, je revenais pour l'a vingtième fois à Philse, quand le hasard me fit tomber sous la main un livre oublié par quelque voyageur. Ce sont les Recherches en Egypte et en Nubie, d'Ampère. J'ouvre aujourd'hui le livre et j'y trouve, à une des dernières pages, les lignes suivantes que j'aime à transcrire ici : « C'est un charme de passer plusieurs jours dans cette île de ruines, allant d'un temple à l'autre sans y rencontrer d'autres habitants que les figures mystérieuses qui couvrent les murs, et les tourterelles qui roucoulent sur les toits. Je me trompe : dans un petit édifice, j'ai trouvé une pauvre femme dont tout le mobilier consistait en une écuelle de bois. A la rigueur, cela suffit pour vivre sous le ciel de l'Egypte; mais quelle vie! La nuit, nous écoutions le gémissement des roues à pots qui ne s'arrêtent jamais; ce gémissement nous semblait .le soupir de l'Egypte, s' élevant comme une plainte à demi étouffée de cette terre misérable vers le ciel magnifique, à travers la sérénité des nuits.
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Avant le jour, nous étions assis sur une pe tauneno. au centre de
l'île, et nous regardions le soleil poindre tout à coup derrière e Mta des temples. Quelles journées dans mon souvenir que ces journées de solitude, de travail et de rêverie, dans cette île inhabitée et peuplée de merveules, qui était notre empire ! »