II. F
pu reconnaître combien ces médailles sont communes , et combien elles varient par le style et par le poids.
Il n'y a aucun exemple d'une aussi grande quantité de pièces autonomes pour une colonie. Cette reproduction si fréquente du même type ne pouvait avoir d'autre but que de rappeler constamment la bataille de Phîlippi. Nous allons voir le même esprit se manifester sur les médailles impériales.
Planche II. AUGUSTE.
N.^9- COL. AVG. JVL. PHiL. ivssv. AVG. Tête d'Auguste laurée, à
droite.
R. AVG. Divi. F. Divo. iVLio. Auguste, vêtu de la toge, et posé sur une grande base, parait couronner Jules -César, qui est en habit militaire. De chaque côté de la base on voit deux petits autels Or. 2.
Eckhel , qui a publié cette médaille dont j'ai possédé plusieurs exemplaires, a très- bien reconnu et expliqué le sujet; il se trompe seulement, en disant que la figure de Jules est demi-nue , et que cette nudité est un signe de son apothéose. Sans doute les médailles qu'il avait vues étaient frustes. Mais je dirai avec ce savant que , si c'était la colonie qui eût spontanément fait élever ce trophée, la légende du revers qui offi-e la statue de Jules -César, porterait permissv, ainsi qu'on le voit sur d'autres médailles de colonies, et non pas ivssv. Il faut donc croire avec le même auteur que ce monument fut érigé en mémoire de la vengeance qui punit le meurtre de Jules- César. La légende, Divvs avgvstvs divo ivoo, exprime suffisamment la pensée d'Auguste. Les deux autels me font juger qu'on rendait chaque année un culte à ces deux nouvelles divinités, et qu'on rappelait ainsi la mémoire de la bataille gagnée par Auguste et Antoine contre Cassius et Brutus.