PREFACE
p^'0-^^^pfl' VANT (rentreprendre le long voyage dont nous allons donner le récit, nous nous étions c.TàI'X préparés, par des études sérieuses, aux revA^^G^y cherches minéralogiques et géologiques qui ^*^ * nous poussaient vers la Russie méridionale. L'auguste protection qui veille sur cet Enis- -1 i ,^ pire, et qui s'inquiète avec une sollicitude ^^ toute paternelle des moindres détails de son î^ûJ^Al^ administration, daigna encourager notre entreprise. C'était d'ailleurs la première fois que pareille tentative avait été faite sur la partie la plus jeune et la moins connue de la Russie.
Anjourd'luii , après les travaux préparatoires élahorés en commun , nous publions les observations, les souvenirs et les tableaux de ce voyage. Dans ce livre destiné à faire connaître les contrées que nous avons parcourues, chacun de nous a consigné ses remarques et ses études, chacun
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a exposé sps niodostos conquêtes sciontifiquos. Ainsi, cotto œxwvc commune est destinée à apprendre à tous ceux qui aiment les progrès des sociétés humaines, les merveilleux résultats et les brillantes espérances de ces peuples et de ce sol qui, il y^a un demi-siècle, n'étaient encore connus que sous leurs noms fabuleux.
Qui pourrait dire combien d'âges avaient vu se succéder sur ces plaines innnenses Tinvasion , le ravage et la destruction, jusqu'au jour où la grande impératrice Catherine, cette ferme volonté qui a suivi celle de Pierre le Grand, poussa fièrement les contins de l'Empire jusqu'aux flots de la mer Noire, étonnée de baigner une terre pacifiée et chrétienne! Le génie qui s'empara à leur profit de ces contrées, avait légué ses plans à ses glorieux successeurs; mais longtemps encore ils restèrent inachevés, car la guerre était venue embraser l'Europe ; et telle était la terreur qui planait sur ces tristes régions, que les peuples éperdus n'osaient pas se tixer sur cette terre féconde, qu'ils n'étaient pas assurés de fertiliser pour eux.
Cependant d'importantes fondations vinre.it rassurer ces provinces nouvelles et témoigner du prix que la Russie attachait à sa belle conquête. Bientôt les plaines méridionales virent arriver des colons qui se groupèrent autour d'un puissant rempart de cités : Nicolaïeff, Kherson, Odessa, et plus tard Kertch, sortant rajeunie des ruines de Panticapée pour dominer encore une fois sur ses deux mers et sur le royaume de Mithridale, jadis redoutable à un grand peuple, aujourd'hui faible part d'un immense empire.
Dès ce moment un essor créateur s'empara de ces jeunes colonies. Pendant que Nicolaïeti' lançait de ses chantiers improvisés une flotte si grande que ses mers n'en avait jamais vu de semblable, Odessa ouvrait son port libre, et appelait à elle toute la navigation de la Méditerranée. Cette fois, le IJospliore étonné pensa être revenu aux temps glorieux des Génois de Katfa. Autour de ce mouvement intelligent que la civilisation avait placé là, comme dans un centre excellent, arrivaient une vie et une activité qu'augmentaient encore la merveilleuse fécondité du sol et les populations croissantes attirées par la sage protection accordée à tous, sans distinction de race ni de culte.
Mais c'est surtout dans ces derniers temps, depuis la paix glorieuse coïKjuise sur la Perse et sur l'empire Ottoman , que les gouvernements
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méridionaux, incorporés désormais à la Russie d'une inanièi-o inévocable, ont ressenti Timpulsion ascendante doimée à leur prospérité, et se sont élevés à la consistance d'un grand corps social , tout prêt à recevoir sa noble part des progrès du siècle et à la mettre à profit.
Des villes nombreuses et tlorissantes fondées dans tous les gouvernements composant la nouvelle Russie, faccroissement progressif de la production agricole dans toutes ses branches, la multitude des transports à rintérieur, factivité croissante de la navigation des côtes, les bienfaits du commerce compris par toutes les classes d'habitants, fétat formidable de la flotte impériale, l'ordre et la facilité avec lesquels fonctionnent siu' les points les plus reculés tous les ressorts du Gouvernement; enfin, fesprit de progrès sage et conservateur qui est la vie réelle des peuples : telle est l'esquisse rapide du bien opéré jusqu'à ce jour dans celte nouvelle Russie, qui naguère n'était qu'un désert sans lois, sillonné par des hordes sans frein.
Cependant il est un besoin qui se fait sentir aux nations comme aux individus lorsqu'une somme de prospérité suffisante est venue récompenser les travaux et les agitations d'une vie longtemps occupée. Ce besoin, c'est celui de fonder pour soi-même, de bâtir sur son propre sol, de s'entourer de ses propres créations, et de s'affranchir du tribut importun qu'on paie à l'intelligence étrangère : ce besoin, en un mot, c'est l'industrie.
En effet, findustrie, comme la comprend notre siècle, c'est l'exercice libre des facultés que la Providence nous a départies; elle rapproche entre eux les peuples et les hommes ; elle réunit dans un seul et même faisceau tous les intérêts : findustrie, c'est l'ordre, le travail, l'obéissance, l'autorité, le bien-être matériel, la force des États et des Gouvernements.
Et comme, à tout prendre, de l'industrie du fer, dont se fabricjuent les charrues et les épées, procèdent toutes les autres industries, il était tout simple que les esprits prévoyants portassent d'abord leur attention sur la richesse minérale des contrées de la nouvelle Russie. La Russie méridionale aura-t-elle ou n'aura t-elie pas une industrie qui lui soit propre? Telle était l'importante question qui se présentait tout d'abord. Quelques indices favorables annonçant la présence du minerai de fer, répondirent aux vœux des premiers observateurs; mais une autre recherche, décisive au jihis haut degré, restait à entreprendre avant qu'on pût résoudre la
Mil l'HÉKACE.
f|iu'stioii : si la ualiirc a refusé à ces vastes solitudes luéiifliouales les sapins et les chênes, on pouvait espérer que le sol se montrerait moins avare, et livrerait à Tindustrie naissante la houille, cette àme nouvelic du du monde matériel, et qui, mieux que l'or, fait aujourd'hui la richesse des peuples. La nature des terrains, dans quelques parties des gouvernements non loin du Uon et du Donetz, faisait croire à un important gisement ; bien plus, dans ces mêmes localités une découverte déjà ancienne avait signalé la présence de la houille; c'était, d'ailleurs, une des espérances de Pierre le Grand, ce vaste génie qui n'a guère espéré en vain. « Ce minéral, avait-il dit, deviendra une richesse .pour nos descendants. »
Mais la question était restée jusqu'à ce jour indécise. C'est pour essayer (le la résoudre qut? nous résolûmes de nous livrer à des recherches qui, dans tous les cas, ne resteront pas sans résultats.
En entreprenant cette tâche difficile et consciencieuse, j'ai voulu m'entourer de toutes les lumières que fournissent les sciences, de tous les secours que peuvent prêter les beaux-arts; en etï'et, il m'a paru qu'une exploration comme celle que je tentais devait embrasser tonte l'histoire physique du pays. En niênie temps, j'ai cru accomplir une œuvre utile et patriotique, et cette conviction m'a déjà récompensé de mes travaux.
J'ose présenter au public cet ouvrage, comme le résultat de longues études, de patientes découvertes et d'un labeur obstiné. Trt)p heureux si les savants, les artistes et les écrivains qui ont pris leur digne part dans ces travaux et dans ces fatigues, obtiennent, ainsi que moi, qui les ai |)artagés tous avec eux, un de ces regards indulgents qui encouragent et réconq)ensent.
l'iilis, ;iviil \)ii'J.
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