‹ Voyage dans la Russie méridionale et la CriméeChapitre 64 sur 68 · NOTICE SUR M. HUOT · texte numérisé non relu

NOTICE SUR M. HUOT

absorbé par ses incessants devoirs, M. Iluot se livra à des travaux utiles; mais il n'avait pas le loisir de travailler pour son nom et pour sa gloire. Ce n'était que comme un repos, comme une récréation donnée à son esprit, quMl écrivit quelquefois des mémoires et des notices dont il enrichissait plusieurs recueils estimés. C'était aussi pour secouer la fatigue de ses longues veilles et pour rompre le silence de ses méditations solitaires, qu'il professait la minéralogie et la géologie dans le sein de la société des sciences naturelles de Seine-et-Oise, où sa parole était écoutée avec faveur.

Les études spécialement cultivées par M. Iluot exigent des voyages; il savait économiser sur son temps et sur son laborieux pécule, et il parcourut, le marteau à la main, la plus grande partie de la France, la Suisse et les bords du lUiin. Lorsqu'en 1837, une auguste bienveillance m'autorisa à conduire dans la lîussie méridionale quelques observateurs studieux, je m'estimai heureux de pouvoir adjoindre à mon voyage un tel collaborateur. Il déploya dans cette fructueuse campagne un zèle, un courage et une activité à toute épreuve.

M. Iluot, en 1838, éprouva dans sa santé quelques altérations graves. Il n'en continua pas moins de produire des travaux portant le cachet de la maturité et de l'expérience. En 18/i2, les soins de sa famille et plus de modération dans le travail , l'avaient rendu à la santé. Ce fut alors que l'administration municipale de Versailles, reconnaissant son aptitude, lui confia la conservation de la bililiothèque de la ville. En I8/1/1, un voyage en Italie fut reconnu nécessaire ; l'affection pulmonaire dont M. Iluot était attaqué faisait de nouveaux progrès. Le malade revint un peu soulagé de cette excursion ; mais le temps qui lui avait été accordé n'était pas suffisant pour que sa constitution, gravement altérée, se ressentît du bienfait d'un climat plus doux.

L'année 18/|5 s'ouvrit donc, pour M. Iluot, sous de tristes auspices. Dans les premiers mois de cette année, l'administration des finances, dans laquelle il exerçait depuis trente - quatre ans les mêmes fonctions, celle d'entreposeur des tabacs à Versailles, lui fit connaître qu'il devait opter entre sa place de bibliothécaire et ses devoirs d'employé du Trésor. S'il est un cumul permis, c'est à coup sûr celui qui réunit à des fonctions purement administratives un emploi essentiellement scientifique; dans la position de T\I. Iluot surtout, avec ce rude impôt, ce tribut volontaire prélevé sur son travail, presque sur sa vie, cette modeste accumulation de traitement eût pu être tolérée. Il n'en fut pas ainsi : M. Iluot sollicita sa retraite, et ro))tint par une décision ministérielle du l/i avril 18/j5. Un mois plus tard, le 19 mai, au moment où il devait remettre le service à son successeur, il s'éteignit après quelques licnres de souffrances.

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Ses obsèques eurent lieu îi Versailles, im niilicii du concours des not;il)ilités de la science, des autorités municipales et de nombreux amis venus de. Paris pour rendre un dernier devoir au savant, à riionnète honuuc, au (li>;no citoyen.

Les travaux publiés par M. Iluot sont nombreux ; j'en donnerai ici la nomenclature aussi complète que j'ai pu la rassembler.

1820 — 1823. — Rédaction d'articles scientifiques dans un journal quotidien. — Collaboration au journal de la Société de la tiiorale chrétienne , dont il était l'un des fondateurs avec MM. (luizot, de Broglie, de Gérando, etc. — Notices historiques dans le Musée des protestants célèljres.

182i — 1825. — Mémoire sur un prétendu fossile humain découvert près de Moret, dans la forêt de FontaineI)leau.

Ce mémoire , présenté à l'Académie des sciences , fut adopté par la savante Compagnie comme le rapport le plus lucide sur la question, et l'Académie en vota les conclusions.

Polémique à ce sujet avec les auteurs de cette prétendue découverte : — Où M. Huot prouva jusqu'à la démonstration la plus évidente l'erreur dans laquelle ils étaient tombés.

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