IC
qu'os a du pont s'élend sur les sinuosités de la rivière; b montagne de Menet-Biban la termine à
I>ps quinze cents volumes de la des capucins d'Vudieriie offrent le» seuls moyens d'instruction du district. La boiserie de cette bi-
de sculpture d'une rare élégance (I).
Ijt citoven Yolthier, maître d'hydrographie, avait
d'élèves et frisait de forts écoliers ; la 1 de lui en enlever un grand nombre.
On montre près de Pont-Croix, à torhrist, les débris d'un ancien hôpital ; c'était une ladrerie , mat-oa dit. Des cordeliers s'y suai établis.
Les poissons qui fréquentent ces parages sont cent de b baie de Douarneoez. Nous en parierons. Le» loups sont communs sur la cote, le gibier nombreux, les chevaux en grand nombre, mais abandonnés au hasard , sans que les races se perfectionnent dans des lura* ou par des étalons choisis.
On pèche sur la cote beaucoup de congres , de juliennes, de merlus ; on le* sèche au soleil ; ils se tendaient aux catalans. On assure que le congre, ainsi préparé , sert dans les teintures espagnoles. Andierne seule en expédiait pour trente mille francs par année.
Les détails que je *ais donner sur Audierne , bouarnenez , l'Ile de Sein , compléteront la description du district de Pont-Croix.
La surface du pays est montagneuse , comme celle de toute la Bretagne ; les cotes sont le séjour des vents , des tempêtes , des naufrages. On nomme l'enfer , à IMogoff , un abîme où U s'engouffre avec un bruit épouvantable; les du fond y sont de couleur rouge, le jeu des vapeurs et de l'écume les fait paraître en m<>ui cm. nt.
la pointe du Baz est élevée de trois cents pieds. De sa hauteur on voit U mer , avec effroi , saper les fondemens de ce roc dépouillé ; les vagues , un vent de nord-ouest , se déploient
Que sont les tourbillons de Cary Me et Scylla, déterminés par des rochers presque invisibles , si
avec une force , une puissance qu'il est impossible de calculer, lie plus intrépide matelot ne passe jamais sans implorer b pitié du très-haut devant b baie des Trépassé», dont le nom lui rappelle les millions d'hommes qu'elle a dévorés et qu'elle engloutit tous les jours.
(i) Rfm >f«..i»M.»ii a rttcoiMCMc.
qu'ici vous a»ez sous les yeux.
Lt vue de la pointe du Baz est sublime , surtout au coucher du soleil : Nie de Sein, le pr<
à l'horizon , à plus de sept lieues de distance ; la pointe de la Chèvre , élevée, d'un blaur éblouissant; la côte de Brest prés du Conquet , Ouessanl , le
immense , agitée par les vents du soir, forment un spcclarle sans bornes qui ne se lie qu'avec le ciel , l'univers et l'éternilé.
C'est sur cet angle de la terre , célèbre par le voisinage des prêtresses gauloises de l'Ile de Sein , par le séjour des vieux druides , par les idées de destruction des trépassés, des ombres dont noua trouvons encore les traces ; c'est b , dis- je , que l'imagination des anciens plaça les bouches de l'enfer, les gouffres du Ténare , que , par erreur , on transporta dans l'Italie , que la Grèce ignorante a » ingt (bis confondu avec l'occident de l'Europe.
E»l locut nfrrmaia pin.).» quo Rallia lilita Occam pnxteoliu aijui» , qun fertur l'l>M«t Sanguine libalo populuni QMtiut »ilrnluaa. lllic 'imbrinim Iroui •Injure lulantum , H. auditur quand» . »iinuUcr» olooi rtllîdi, licfuiii i»»cjut «idrei œigrarr Cajura* : llinc dra protiliit , ptxrb.qor rfrrna tetraoa
Trnifiro , Knut frralc Britaaoia nurmar ,
f.l xikihub qualit uni fragor , rrtoluta cjuc TWtia
SubouO rl rbrout pnitrcla lofpuil noxta.
(Cla»dU.i. «rf )
> itilâ la véritable place des sombres rêveries consignées dans les plus anciens écrivains ; c'est de celle Bretagne, c'est de ce point que parlent leurs écrits. Ce n'est ni dans l'Islande, ni dans Thulé , ni dans l'Angleterre inconnue des gaulois euxmémes, pratiquée par les seuls bretonsarmoriciins, ni dans l'Irlande , qu'il but placer le théâtre de cet merveilles. I.es sénés gauloises, b baie des Trépassés, l'enfer de IMogoff, b tradition, les cris des morts et des noyés qu'on croit encore entendre dans l'Ile dr Sein , cette multitude de pierres druidiques , d'aiguilles élevées, consacrées au génie do soleil par la piété de nos pères; ces monument de Douarueuez, del'enmarc'h, de Clohars-Carnoet, de Carnac , de b cote de Vannes; ces propbéu-vaes sunnites des Iles deb Loire : le souvenir des villes
DISTRICT DE tOlfT-CROlX CT 1794.
englouties, des terres abîmées dans les ondes , tout nous rappelle dans ces lieux à cesévénemens extraordinaires, à rrs houle\ersemens, à ces ravages <!. lempi qui marquent éternellement dans le souvenir . qui ■iont en tête de toutes les histoires , «pie les colonies , les nomades H les conquénnte portëmitMir tous les points de l'univers. C'estainsiqn'on trouve les mêmes faits, les mêmes r-\ . 11. r11.1ts , les di'Iup's. avec les mêmes circonstances, dans la haie de Douarnenez , en Grèce , en Arménie, près il \f- Iwmo, dans le lac de Grandlien, dans l'xmérique, dans la Judée, dans l'Atlantide; c'est ainsi qu'un lettl l'ail a donné lieu, sansdoute,aux contes de W,de Xixulrus, d'Ogyges, de Dcuralion, du roi Gralon , etc. , etc. , etc.
C'est là qu'on doit placer la fable rapportée par Tzetzès ( Al od'u , transportée par erreur de nom dans l'Me de lîrrtagne. On assure que de là les aines étaient portées dans mie île . espèce dT.lv (ée, par des pécheurs qu'un génie réveillait, ( es pécheurs trouvaient sur le rivage un bateau prêt , cédant au poids des êtres invisibles qu'il portail ; ils le dirigeaient vers l'Ile des ombres où des êtres qu'ils ne pouvaientvoir, comptaient, interrogeaient le» morts . permettant aux pêcheurs de retourner dans leurs loyers. Avant que les Gaules et l'Angleterre fussent bien connues des romains , toutes les plages , toutes les Iles du nord et de l'occident se confondaient dans la tête des grecs ; de là ces erreurs 01 ossifies par lesquelles ils prennent l'Espagne pour une v il le . ta \ tatulc pour l'Eridan , par lesquelles ils confondaient les îles Elcrtrides avec les iles Ca>sitéridcs, le llhonc avec l'Eridan; de là les erreurs d. s plus grands hommes; d'Xristote, qui taisait loucher Cadix aux terres de l'Inde: de Midlmn , qui place les sources du Danube dans la Bohême; d'Eschyle, qui l'ail couler l'Eridan dans I Espagne. Ee nom de Thulé, qu'on donne a cette (le merveilleuse . ne doit point détruire mon assertion; ni les anciens, ni les modernes, n'ont pu lixer la place de Thulé ; et les matelots de nos eéta , Picrre-le-Breton , marinier, de Carient entre auli' s. attestent que de tout temps leurs pères leur oui fait connaître l'Ile d'Ouessaul sous le nom de Thulé, qu'ils lui donnent encore daus leurs contes et dans leurs chansons.
Passons à des laits, à des détails plus positifs , à l'Ile de Sein , qui , dans les temps les plus reculés, fut un lieu de féerie, de nymphes, de dryades, et qui b'«st à présent qu'une plage de sable aride et
dépouillée , où quelques malheureux végètent «ans trouver autour d'eux les al i mens nécessaires à leur existence. Leur histoire ressemble à la figure des syrènes , qu'ils croient entendre si souveut, t l qu'Horace nous a dépeintes :
Dttinit in pittem mulirr foimou «uperor.
Stnu . induit , Me la fL.i.de situ orbit , e.6.) in Britanm, o
mariotiitmiit aJverta tittoribui, galltci numinii oraculo ùuignn nt: evjui antiititet perpétua" ■virginilate tanclir numéro Mrw e ur traduntur. Calli Cenai vacant , putant que ingénia tingularibui proditat maria et vento* concitari carminibut , tet/ne in tjua-vetint animatia fertere , tanare <fu<r apud a/ii i inuaùmbilia tunt , Scù-e ventur* et pnrdicare , led non n'ui deditit narigationibus et id in taiilum , ut te cumulèrent projeetiu
« E'ile de Sein est , dit Pompoiiius Mêla ( L. 3. de situ orbis, c. fi. , , sur la côte des ossisuiicns. Ce qui la distingue particulièrement, c'est l'oracle d'une divinité gauloise. Les prétresses de ce dieu gardent une perpétuelle virginité; elles sont au nombre de neuf. Les gaulois les nomment Seue>; il- i roienl qu'animées d'un génie particulier, elles peuvent, par leurs vers , exciter des tempêtes et dans les airs et sur la mer, prendre la forme de toute espèce d'animaux, guérir les maladies les plus invétérées , prédire l'avenir : elles n'exercent leur art que pour les navigateurs qui se mettent eu mer dans le seul but de les consulter. ■
Sans doute, au retour de leurs longs voyages, ces navigateurs recoiinaissaiis comblaient de presens ces prêtresses ; l'Ile de Sein alors n'était pas une plage de - aide dépouillée de Imite verdure ; des esclaves, des femmes v servaient. Sur ces rochers, qui s'avancent à cinq lieues dans la mer, peut-être existait-il des arbres, de* habitations, l esrivages qui s'étendent delà pointe de l'cnmarc'h au Ha/, étaient couverts de villes considérables , comme la tradition , les souvenirs de la ville d'Is , les ruines de Dntiaruenc/, les ruines immenses de Penmarc h, les ruines de la pointe de la Chèvre, celles de IU>, etc. , le démontrent à tout être impartial. Les principes du druidisme, qui détendaient d'écrire l'histoire; la grossièreté des romains, qui négligèrent de s'instruire de ce qui concernait la Gaule , qui détruisirent toute espèce de monumeitt dans l'antique patrie des celtes, pour anéantir tout ce qui pourrait faire ombrage à leur fausse grandeur, à leur inconcevable vanité; la cessation du commerce, de l'empiré de venètes, détruit par mer , quand les romains s'emparèrent de l'Angleterre; par terre, à l'arrivée de ces sauvages li anes , de ce déluge de barbares qui refluèrent de
l'Asie dan« l'Europe ; 1rs gnems civiles de» princes brru.os ; la hariurie des siècles d'ignorance ; tas soldés îles Grégoire de I ours , de»
les \ertot, du président Hcoault, >ndus à la cour de Franc* ; le mariage dr la reine Anne; la ialousie des écrivains ai d.»^ . firent perdre a la Bretagne , à U Gaule celtique . la place qu elle doit occuper dans ITiUtoire. Ainsi les fondateur* , les souverain» de toute l'Italie , les pères de tous le*>arts , les maîtres de la Gn-ce, de l'Asie, de l'Egypte, les étrusques, coriqui» par le» romain» , devinrent pour le commun des hommes un petit peuple obscur descendu de h Grèce et de la Lydie. — Le joug de tant de préjugé» , de l'autorité . de l'intérêt «le* rois et des empire*; celui de» religions, t;ui bornent la duré- du temps; de la routine, qui nonsfoii suivre les récits sans critique des Hérodote , des Tite- Live. des Diodore de Sicile, etc.: l'empire des académies , qui ne (vermcllaient jias de changer la roule qu'elle» avaient tncée; les )a|1>llsj,s ^ peuple à peuple . la légèreté qui nrosn i»ii | érudition, nous tiennent encore opprimés «ou» le sceptre de l'ignorance, lirions loin*' espèce île
ionc* * Inrans-njHiv île |"«h , u*\"°s omis n<
que nous trous suivies écartés de la vérité.
Forcatulus (de gai imp.) prétend que l'enrbanteur Merlin, si célèbre à la cour du roi Arme , dans les romans de la table ronde , et
qui rendait des oracles sous l'empire de Cbarlemagne , naquit dans l'Ile de Sein. Artur dut à son ami fidèle les sucre» qui le rendirent si Il le lervit tantôt sous 1a Tonne d'un nain , »ou» celle d'un varlet, tantôt sou» la forme d'un cerf ; il disparut , contraint , par un ebarme invincible, d'obéir à Viviane sou amie. La foret de hWéliande, dans la Basse-Bretagne, lui sert encore de demeure ; il y vit enchanté , enclos , arrêté, invisible, à l'ombre d'un bois d aubépine. \ ivianc avait essayé sur Merlin la formule, le ebarme qu'elle avait appris de lui-même . uns croire qu'il pot opérer : elle se désespéra quand elle vil qu'à iamais celui qu'elle adorait était perdu pour elle, que l'cnrbautrment qui l'arrachait à ses rmlTiwuit-its était iiidestruclil>|e. O il issu ri' nue messire Gauvin et quelques cbevaliers de U Unie ronde cberrbérent partout ce magicien célèbre , mais en vain; («auvin seul l'entendit , mai» ne put kvotr flans la forél de rxLvmh» r*am
ci 1794.
TeU sont les récits bisloriques , telles sont (es fables qui donnent à l'Ile de Sein quelque célébrité. Passons a son état réel , éloigné de tant de mer-
Cette Ile est le prolongement de la pointe du Raz, dont autrefois elle disait partie , sans doute ; elle court de l'est a l'ouest. On compte une lieue un quart de distance entre la pointe de Sein et la grande terre. L'Ile a trois quarts de lieue de long, sur un quart de liene de large. la chaussée de la pointe de l'ouest s'étend a cinq lieues. La partie la plus élev ée est celle du nord : elle a trente pieds au-dessus du niveau de la mer. Dtns les haute» marées, les terres soul submergées , en mars surtout , dans la partie que l'on cultive.
Ces terres sont entièrement dépouillées ; on n'y roit pas une ronce ; quelque» fougère», quelques bouquet» de landes sont les seules productions naturelle» de l'Ile. Le curé soigne un seul pied d'arbre , mai» dès qu'il surpa»se son mur , il est coupé, brûlé par le vent du sud-ouest.
Tou» le» hommes y sont pécheurs. Les femmes cultivent la terre à la main ; leurs mari» , quelquefois , ignorent la place de leurs propriété». 1rs partage», les mesures entre elles, se fout avec leurs tablier» , de bonne fui et sans querelles.
Les portes des maisons ne se ferment qu'aux app roc h es de la tempête ; des feus follets, des silllemens l'annoncent. Ouand on entendait ce murmure éloigné qui précède l'orage , les anciens s'écriaient :
bilion les suit. Ces Crierien sont les ombre» , les «vseiaens des naufragés qui demandent la sépulture , désespérés d'être, depuis leur mort, ballottes par les élément.
S'il se perd quelque chose dan» l'Ile, on le retrouve dans l'église , pendu aux cordes de la cloche (I;.
La révolution n'a rien changé dans ce pays pauvre et tranquille, la cloche du soir sonne à cinq heures; tout le monde se rend à la prière. Le curé, galant homme , n'a pas quitté sa paroisse ; il ignore probablement les divisions, les schismes de ses
lUe de Sein, ; elle eut été
Jamais on n'entendit parier, d'une fille coupable la p idée sans pitié.
(.;Cm> M MM'
ton J»
Les mariages s'y font avec simplicité , sans cérémonies, sans usages extraordinaires. Les mariés, le premier Jour des noces , ne quittent pas la main de leur maîtresse. On danse au chant ; pas une musette dans cette lie.
11 existe trois cent quarante-quatre habilans dans cette république , soixante maisons , soixante feux , soixante vaches (1).
Dans la meilleure année , la culture produit environ quatre cents boisseaux d'orge, d'une qualité médiocre.
Depuis vendémiaire jusqu'en germinal , les femmes vivent dans l'oisiveté. On pourrait , en leur fournissant du lin, du chanvre, les occuper utilement. Le reste des saisons s'emploie aux semailles , aux récoltes , à pécher les goémons qui servent à fumer leurs terres , à l'entretien de leurs foyers.
Pas un ouvrier dans cette Ile. Ils s'aident tous dans la construction des baraques qui leur servent de maisons.
Us hommes y portent de grandes culottes , le bardocuculus ; les femmes mettent sur leur coiffe de toile un mauvais chapeau pour porter du goémon ; elles ont un justaucorps , un jupon de toile, des bas et des sabots pour tout habillement.
Jadis, les congres de leur pêche étaient sécbés au soleil; on ne les salait point. Des barques les portaient à Bordeaux; des catalans les achetaient. Tout leur poisson se vend à Brest, depuis la révolution.
Les habitans de l'Ile de Sein n'aiment point que des étrangers viennent s'établir dans leur tle; ils sont d'ailleurs hospitaliers, vous reçoivent à bras ouverts, se disputent la possession de ceux qui viennent les visiter. Tous volent au secours des naufragés. A quelque heure de la nuit que le canon lasse un signal d'alarmes, les pilotes sont à boni , bravant les vents , le froid , la grêle , la tempête et la mort: tout le monde est sur le rivage. Le malheureux qui se sauve à la nage est recueilli dans le meilleur lit du ménage ; il est soigné , chauffé , nourri; ses effets ne sont point volés : on les respecte avec un sentiment de piété inconnu sur les côtes de la grande terre. Ils sauvèrent le magnifique vaisseau de soixante-quatorze de l'escadre de Dorvilliers.
Le 9 nivôse an III , Us rendirent le môme
( i ) Le nombre de» radie* e»l le dit Ombre, tille» «ont fort petite», et i«
service au loutre l'Écureuil. Une multitude de biiimens , d'une moindre importance , doivent leur saint à ces bons, à ces honnêtes, à ces respectables pêcheurs.
Touché de leur état, de leur misère, le duc d'Aiguillon leur offrit un habitation commode sur le continent, tous les secours, les avances dont ils auraient besoin pour s'y fixer; ce fut en vain. L'idée de quitter leurs rochers leur fit verser des larmes; ils demandèrent à genoux qu'on ne les arrachât point à leur misère, aux sables qui le» avaient vus naître. Le duc, attendri , fit faire une jetée dans la partie du sud ; elle s'étend du sud-est au nord-ouest , préserve les champs cultivés et les maisons des eauxqui les inondaient autrefois- Cette digue a près d uo quart de lieue de long , quatre pieds d'élévation ; la mer l'attaque , la dégrade. Pourrait-on refuser à ces bonnes gens les réparations qu'elle exige (9)?
Pour soulager leur misère profonde , pour augmenter une nourriture insuffisante , le même ministre fil distribuer , tous les trois mois , aux habilans de t'ile de Sein, cent cinquante quintaux de biscuit , trente quintaux de lard , et huit de légumes. Ces denrées se partagent avec la plus grande égalité ; l'enfant reçoit la même portion que son père. On continue cette noble charité; on n'a point cessé de s'acquitter de cette dette si sacrée. Mais , depuis le duc d'Aiguillon , la population de 111e est augmentée de quarante têtes, et les vivres qu'on distribue sont les mêmes. Quel ministre , s'il lit ces lignes , ne s'empressera pas d'augmenter les secours qu'on donne à des êtres si sobres, si pauvres, et si nécessaires aux équipages jetés dans ces parages dangereux (3) ?
Rien d'effrayant comme le passage entre le Rax et l'Ile de Sein ; la moindre erreur , une fausse ma-
(a) La digue » été réparée; le* habita» rentreUennent, et elle ert en fort bon état.
(î) Loin d'aeoir été augmentée, le» aecoor» ont été diminué» an mépri» de tonte humanité et de tonte jnatiee. Voici do reate l'brKoriqoe dea aeeoora accordé» ans habita» de l'Ile de Sein , a différente» époqaei. Avant 1789, on lenr délierait : biaenit 1 »,5oo kil., tard »»lé 4,000 kil-, légume» »ec» <\ooo kil. Son» rempire , il ne lenr fol rien accordé. En novembre 1 8 1 , , on lenr rendit le» dittributioo» antérieure» a 1789.
Plo« tard , sur U propo»ilioo do cooteil d'adn>ini»tration du port de Hrr.t, le mini»tre, par dépêche du 1» mai 181 ) , augmenta ce «ccour», qui Tut porté à 1 8,000 kil. biaenit. 6,ooo kil. luril »alé , 6.000 kil. légume».
Une dépêche ( port» > du nmn''»
DI5T1UCT 01 PO.TT-CnoU B . 1701.
it fous précipitent à jamais dans «1rs gouffres, sur des rochers, sans aucun espoir «Je salut, la passe n'a que trois quarts «le liruis, entre le Chalet U Vieille; on y trouve trentr-*u brasse d'eau. Biscoaz drn ne dremenas ar fias , N'en dexeze aoun pe glaz.
( Nul n'a passé le Raz sans nul ou sans frayeur ).
I>e là celle prière «les matelots :
l'a Doue va sicourrt da dremen ar Ras , Hnr t a letfr a zo binn hac ar mor a zo bras.
( Secoure/ -ro«.i . i;ran«J Dieu , dans le jiassage du Rai , car mon na» ire est |»etit el la mer est grande! , Le* tempêtes, sur ces rivages, sont , dans tas mois «limer , précédées de feux qui courent sur la cote.
Ne cherchez dans cette Ile ni Heurs , ni fruits . ni celle multitude d'oiseaux faits pour animer la nature. H y régne d'affreuse* tempêtes, une humidité continuelle , une éternelle mélancolie. Les brouillards , les frimais s'y promènent habituellement en tourbillons comme les sabir* dans l'Afrique. IJ Mes) prolonge « «niillHllK lllfiit |M-|ii .i toiiaulr-dix à soixante-quatorze ans. Les maladies chroniques y sont inconnues. Du vil , une nourriture plus délicate , une poule bouillie, sont les
Itmn tu Miaots , «m mton Ar cm qo« cr» rubiUn* rr.c taxai ■•• alloratma da 3,ooo frasa «la tatnittcr* «U l'mirrtear, ditpotui.ua pra r.(t.,t.,Ur, car l'allocatioa dont il t agiMait «Uil Iota da valoir ponr tôt ra qu"oa leur dclmt.i aa «tarât , doart la Montant , poar U deroirt* (Uitioa , était aa oaoïaa da it^oo fraace.
Ea iti5, anr la daaaeade da* drpatr* da fitmlrra at da ■I da drpattrntrat , la ii..r> >t. r , par drpérbr da aa aoaaeaa erroara, qat lui du à i,ioo k*L batratl . i.Soo ktl. legaatee.
La depattr tarot da I rnlmrur i rua i cette époqaa dr pairr S cra aaaibearaus Ica ),ooa franc t prrrrdraararnt alloua*
La ma an accorde par U aaeriae , qui était eaidreaaral iejeafuaartl , fi»! porte , par drrJrtta du i ain i la< , à 6,ooo lil krarail, •.«•no lit. làfaatra.
Dr***» i*t«J U lïiaiioa a t pat ibeagé, et la délirraarr ra a toa far rter* . loaa Ira Inraearree. Il u'j a paa da raliaa ar- •tteéet la rrpartiuoa dra «rrraa aa (ail par la mum , raur loat
intuUitn tool ra rrrlaanalioo pour ù< brr aaa aafrawauttoo da arcowrv La prafci da I loieirra • Au ra écrira aa aaiaiatrv.
I* ercoart drlitir drpait 1S16 ocrai io— r i U aaariaa aa* dipin •aaarlla da ( par appronavtiioa ) t.toa fr.
•a oa rrrebluaeil l'aUoraltoa da lllj. t U Japraaa arrail « paa pece da ?Ioae fr.
Mat* paarqaai la drpartraaeal de I lalmeare-t-d rapprise laUtwattoa «fa l.ooo fr.»
seuls remèdes qu'on y connaisse; la médecine n'a pas encore pénétré dans cette demeure de la sobriété , de la sagesse et de la pauvreté.
L'Ile de Sein ne nourrit ni lapin , ni lièvre ; on n'y voit pas un seul cheval ; des oiseaux d«? mer s'y reposent un moment. Des lieux , des rongres , «les raies, des turbots, une grande quantité de vieilles , d "écrivisses , devienne ut la proie des pécheurs, qui sont souvent trois, quatre ou cinq jours éloignés de leur domicile ; ils ne quittent pas leurs bateaux dans ces courses.
Dans la partie ouest de l'Ile , on voit une petite chapelle, m. mm. V Sainl -Corenlin. l'ne maisonnette lui est adossée ; elle est accompagnée d'un jardin muré , près duquel est un puits de seize à v ingt pieds de profondeur : l eau en est irès-boune. Les anciens da pays rapportent qu'un ermite y vivait dans les temps reculés.
On »'esl servi d'un de ces monumens druidiques , qui rouvrent la « olr de la Itrelagne , qu'on trouve «lans toutes les parties du monde, pour en Cure une poudrière ; on y dépose deux cculs livres de poudre (1).
Deux canons de quatre sont placés à l'entrée dn port, a l'est de l'Ile; au sud, on en trouve un autre; un quatrième défend l'abord de l'ouest, en face de la petite chapelle dont je viens de parler.
Les habiUns s'exercent a la cible; ils possèdent trente fusils.
On a la plus belle vue de l'Ile de Sein. Kn face est la pointe du Raz , la côte d'Audieroe jusquà Prnman h , la pointe «le Saint-Mathieu , les anses variées de la terre de Oozon ; pas un vaisseau ue sort de Rrc*l sans être aperçu de cette Ile. Les rochers prolongé» de la pointe de l'ouest , le mouvement des navires a la voile dans le lointain, les cbangeineiis subits de l'atmosphère, le lever, le courber du soleil , spectacles toujours nouveaux , toujours sublimes , enchanteraient in l'ami de la nature et de ses immenses Ubleaux.
Dans les temps de fureur , dans les temps de tempêtes qui viennent de désoler la France, dans I u, ..meut ou l'rcns tes lignes , qui ne voudrait être l'ermite de Sein , s'il ne préférait de parugtr les dangers de se» frères, de ses amis, de sa patrie , a ce repos , au bonheur dont il )ouirail seul dans sa retraite?
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Lt-al , Un d'oaa Jr*-
. Quittons cette Ile, où la vie caltne qo'on y mène nous attacherait trop long-temps , et repassons au continent. Les terres qui couvrent le Bec-du-Raz sont soigneusement cultivées par les femmes ; elles sont riches en froment. Les maris pèchent et naviguent. On trouve par intervalle , dans la paroisse de Cléden , les traces d'un chemin de pierre de taille nommé par les bretons Ilent-Ahès ; il a soixante-dix pieds de large ; il se prolonge jusqu'à la baie des Trépassés. On devine que de savans voyageurs en donnent la construction aux romains, à Jules-César, le grand faiseur de toutes les merveilles , de tous les murs , de toutes les ruines de la France et de l'Angleterre.
La baie d'Audierne forme un arc dont les extrémités sont la pointe de Pcnmarc'h et le Bec-du-Raz. Malheur aux navigateurs qu'un vent affale sur ces côtes hérissées de rochers. Sans un miracle , sans une saute de vent très-rare , il est dans l'impossibilité de se relever, il faut périr. Le pilote qui, de la côte, voit les inutiles efforts des matelots, indique avec précision l'heure du naufrage. L'honnête homme palpite à la vue du danger ; l'impitoyable habitant de ces rives s'arme de crocs , de cordes , va se cacher dans les rochers pour y saisir ce que la mer transportera sur le rivage; il attend sa proie, accroupi pour échapper i l'œil des surveillant Jadis , il assommait le malheureux qui lui tendait les bras en échappant au courroux des flots ; il l'enterrait et le dépouillait sans pitié ; il est plus humain à présent , il accorde la vie , ne lue que rarement, mais il vole. En vain la force armée tente quelquefois de s'opposer à cet affreux désordre. Il est une digue de cailloux , vis-à-vis Plovan ; les habitans furieux, unis avec leurs femmes , s'y rassemblent , bravent la mort , attaquent les soldats ; le feu , le sang ne fait qu'augmenter leur audace. Les femmes sont des mégères plus hardies , plus intrépides encore que les hommes. Le comble de l'injustice, de la cruauté, de la tyrannie militaire est , suivant eux , de leur disputer les dons que le ciel leur envoie. Cette année même , au moment d'un naufrage, les habitans de Ptozevet et de l'Iovan obligèrent la troupe à gagner ses casernes ; alors , ivres d'avidité , mus par le démon du pillage , ils s'élancèrent sur les débris du bâtiment avec une telle fureur qu'après s'être gorgés de tins . d'eau-de-tie , de liqueurs, ils avalèrent une taisn; entière de médicamens , qui donna la mort t;::s et d'affreuses convulsions aux autres.
DISTRICT OE POfT-CHOtX É* 1794. f
Peignez-vous la position de ces hommes et de
ces furies qui , la nuit, l'hiver surtout, au moment des orages, cacha dans le» enfoucemeo» du* rivage , l'œil tendu vers les flots , attendent les dons de la mer avec l'avidité d'un tigre. Dans les temps reculés , ils allumaient des feux , ils pendaient un fanal à la téted'une vache, pour attirer les vaisseau x éloignés, trompés par le mouvement de ces animaux et par ces feux qu'ils croyaient pouvoir suivre. On prête cette ruse aux habitans du Pont- Euxin : il n'est aucune atrocité qui n'ait son pendant sur la terre.
Le Cammer, ou la Gamelle, n'est certainement pas un ouvrage fait de main d'homme , mais il atteste encore les idées conservées par la tradition sur l'existence de villes anciennes placées sur ce rivage. Il a trois quarts de lieues d'étendue à une lieue de la côte , et rend très-dangereuse l'entrée du port d'Audierne. Il découvre de cinq pieds dans les grandes marées. Les habitans prétendent que c'est un des débris d'une ville fameuse qui s'étendait depuis Penmarc'h jusqu'au Raz, sur nue étendue de plus de cinq lieues. On voit presque toujours , sur un rocher éloigné du rivage , sous la forme de deux corbeaux, les âmes du roi Gralon et de Dahut sa fille : elles disparaissent à l'œil de ceux qui s'en approchent. Ou demande à bâtir une jetée sur la Gamelle , pour augmenter la sûreté de ce port ; elle se couvre de vingt-deux pieds d'eau dans les grandes marées , et de seize à quatorze seulement dans les eaux mortes. On croit qu'en resserrant l'entrée du port par deux fêtées , il s'approfondirait ; que le courant qui s'établirait alors entraînerait les vases et le table , et que de plus gros bàtimens pourraient y pénétrer.
On assure qu'autrefois Plovan était un port ; qu'on a trouvé , dans une prairie présentemen éloignée du rivage , des organeaux attachés à de vieux pans de mur. On parle d'un effet très-sin gulier : quand les eaux douces mettent les caillou* eu mouvement, ils s'affaissent comme des sable mouvans et pourraient engloutir hommes , chevaux, etc., etc.
Le commerce se faisait autrefois plus directement d'Audierne que de Morlaix , en Espagne. La situation y attire de grands poissons , des morues même , qu'on séchait , qu'on envoyait chez l'étranger; un impôt mal calculé a produit la ruitiede cette ville. On en a négligé leport,qui s'est comblé. Des quais abandonnas se soi't naturelle-
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mais le mal n'est pas sans re-
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Outre les poissons, les sardines, les congre* i , on exportait jadis d'Audierne' beaucoup de i; les batimens, a leur retour, étaieot rharges de vins , de planche* el de fers.
J'ai vu les rôle» d'Audiente, dans nn hiver où le rivage était couvert de glaces , bordées d'un eecc le d'or qui s'étendait à |>erlc de vue sur la rive. I n vaisseau chargé d'oranges s'était brisé sur les rochers ; des milliers de femmes et d'enfaits en lient leurs sacs et leurs paniers ; tous les , couvert* de neige et de glace , étaient i de ce beau fruit des pays chauds.
La vue qu'on a des Capucins et d'une montagne voisine est très-belle , très-étendue , mais elle n'offre que la pointe du Rai , l'Ile de Sei». la cote est plaie d'Kndierne a Poninare'h ; Hle e>t semée de d<:l»ri« ili* «aisseaux.
La correspondance des signaux entre Penmarcli et l'entrée d' Audierne est interrompue ; un i ..aiivais raisonnement a fait placer tous les pavillons sur les pointes saillantes , trop éloignées entre elles. (*n remédierait ace mal par des signaux intermédiaire* qui seraient bien à Penlmr , à IMounéour , etr. : ce tpi'on pourrait examiner.
1rs hahitaiis d' Vudierne assirent que si l'on en» trrteiiait deux bismyens , à vingt-quatre avirons , «ir letireote. ils sauveraient une partie de* batimens qui s'y perdent. Il paraîtrait urgent de leur ac- • demande.
Iji commune d' Vudierne s'étend sur le rivage s'élève sur une montagne assez rapide. Ses quais ii mauvais état : on commence à les rétablir, les rues sont dépavées, impraticables mal dirigées. L'entrée de la villr serait infiniment plus commode si l'on jetait l»as deux maison* , si l'on perçait deux
sur le port , et si Ion ré|»arait le mauvais pool qu'on
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Tout manque ici : halles , lavoirs , hôpitaux , manufactures . abreuvoirs , moulins, bourheries , bois de chauffage ; U prison ne peut contenir que trois hommes. Audierne est un séjour de misère et de privation. Il était tout autre quand le commerce (tarissait. On n'y trouve n'y médecin, ni chirurgien, pas même un accoucheur (3).
Des trois cents soldats qui gardent le district de Pont-Croix, il en réside cent dans la commune d' Audierne. 1 cins leur sert de caserne.
l-es mœurs , en général , ysontboooes , les habitait* tranquilles ; un tiers de la population est à l'armée.
\jt puits des Capucins , le seul de ce canton , a
quatre-vingts pieds de profondeur.
Ou cultive , dans les environs , de l'orge , du froment , peu de seigle , peu de blé noir , quelques pommes de terre. \*% foins y mau<|ut-ul absolument. On n'y voit point de moutons. Les abeilles y sont en très-petite quantité.
de l>ouarneoez.
Il me reste, dans le district de Pont-Croix , à vous faire connaître lkHiaroenez , sa su perbe Itaie ,
Le territoire de Itouarnrnez n'a pas une demilieue de tour (i). Le nombre de ses babitans ne
(\) ni>>N(«ni VoJ.^roro. hallaa, ai Mpinl , .
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m» pofir npXw^arT mrmrt , ijm ral U t—rtarmairra 4a mom 4» la kaia , In karnlan* tTiat rtprtaaa 4ama ar , il rtail Mlarrl d» icrmiprf Ir toat par I» «ni «» art . «(ai •>(«>(!» a*i>o«»f«r. A.a« . «' m. av. !.'«•«, i U Uftr» , Jrm Un.» da