‹ Voyage dans le FinistèreChapitre 64 sur 159 · EXTRAIT · texte numérisé non relu

EXTRAIT

D'un mémoire de Laumont , inspecteur général des mines de France.

( J .ii nui de Physique , nui 1786. )

« Je m'arrêtai davantage sur la minedu lluelgoat , où j'ai trouvé l'acide pliosphorique dans une espèce de galène, dans plusieurs mines de plomb spa- Ihique, et sous forme de sel acide pliosphorique martial. Je Unirai par quelques détails sur un quart/, disposé en laines carrées, ■ 1 1 1 î n'j pas encoit M décrit. »

Les bons liions de mine dans la Bretagne paraissent couler du nord au midi, dans une direction perpendiculaire à celle des si histes qu'ils lra\ ersenl.

lis liions de Poullaouen et du lluelgoat sont dirigés «lu nord au sud. Ils existent dans des roches feuilletées , granitoldes : elles ont eu , vers 1761), une exploitation considérable.

Les productions utiles de la mine de Poullaouen sont :

« 1° I a galène à grandes facettes , donnant généralement peu d'argent (une once par quintal), mais riche en plomb, cl très-facile à traiter. •

("elles tpii intéressent le naturaliste sont :

■ 2" l>i s pv rites martiales, chatoyantes, trèsagréables ;

• 3" De la, blende brune feuilletée et en cristaux noirs très-brillans;

» \° De belles cristallisations de quartz ;

• 5° Du spath calcaire rhomboidal à sommets obtus ;

» 6° Du spath perlé ; » 7° De la stéatite. »

Les productions utiles du lluelgoat sont :

■ 1° Les galènes à grandes et petites facettes , quelquefois chatoyantes , souvent mêlées de mine de plomb lessulaire. Kl les donnent, eugrand, environ 55 liv. de plomb sur 100 liv. de minerai trié et lavé , et depuis 2 jusqu'à i onces , et quelquefois plus, d'argent par quintal.

a 2° Une ocre martiale, et une terre noire, légère comme la suie , connue sur la mine sous le nom de terre rouge.'.KJIe a donné depuis 2 jusqu'à 16 onces d'argent par quintal de terre . 4 quelques livres de plomb.

» 3° Je crois devoir rapporter ici des morceaux d ocre d'un brun-jaunâtre, parsemé d'argent natif, que M. Sage dit, dans la nouvelle édition de ses ouvrages , tome 3. page 247 , avoir été trouvés m

UISTHICT DR CUMUIX Efl 1794.

»w/ grande quantité dans les raines de l'oulbooen.

• On ne l'avait jusqu'ici reconnu dans ce» min. -s ( le plomb ) que minéralisé par le souffre et par l'acide méphitique ou air fixe; j'y ai trouvé l'acide le comme minéraliaateur , et son pasilfureux. J'ai pris de la belle miue, d'un brun-rouge, transparente, du lluelgoat, et l'en ai tiré du phosphore. J'ai traité de même celles en aiguilles , en canons , la mine de plomb grise en houppes , celle» fleurs de pécher , et elles m'ont donné pareillement du phosphore. J'ai essayé la .mine de plomb en canons noirs, une tari été de pâleur , et j'en ai tiré du souffre et du phosphore. J'a* essayé la mine de plomb blanche et irausparente , elle n'a produit que de l'air fixe. •

Le local dans lequel sout placés les établisse mens •le lamine de Poullaoueu n'a rien de remarquable ; il est environné de montagnes pelées; le» scories, et la fumée ajoutent encore à l'aridité

Le bâtiment principal, habité par les officiers de la mine , est imposant , d'une assez bonne architecture; il frappe surtout dans nn pays où l'on ne voit que des chaumières.

1rs mues immenses qu'on aperçoit sur le grand chemin , les longs appentis rouverts d'ardoises, les forges, les magasins où sont dé|xtsés le» outils, la demeure des ouvriers , les chantiers , les cuves nécessaires aux lavages, les beaux chevaux et le» voitures employé» auxdifférens travaux, tout annonce une grande manufacture.

Deux mille quatre cents hommes , femmes et enbas , sont employés aux travaux de la mine.

Tout ce qui peut être uti le a l'exploitation se bbrique sur les lieux. Un en excepte les -rosses pièces de fonte, les manivelles de roues, etc. , qu'on fait venir d'indrel.

Les ouvriers travaillent 12 heures de suite a la fonderie , et se reposent M heures Les établissefcens en général occupent un espace d'un quart de (rue de longueur sur 6oo toises de largeur.

Lj fonderie du fourneau à manche est un édifice de 40 pieds de long sur 30 de large ; il a 2 cheminées et 4«M irneaux. Jadis on employait 5 fourueaùx a wertoc re dans ce bâtiment ; il n'y en a que {qui servent» préseul.

la laverie sur les grilles , la laverie aux cribles , le tocard où l'on broie le métal à l'eau . sont trois et bien entretenus Dans la

laverie des tables, où le rainérai réduit est lavé, on n'emploie que de» femmes où des petite» filles.

Le puits principal de Poullaouen a plus de 600 pieds de profondeur. Le plomb est ananiunémeul mélédesonffre, d'arsenic, de zinc, et d'antres semimétaux ; de» quartz, des schistes, forment la gangue du filon qu'on exploite. Ce» filons ont ici de 24 à 30 pied» de puissance; bs veines sont quelquefois de 4 pieds massifs de minétai.

On lau* les minérais passés par des cribles de 2 a 2 lignes ci demie de maille, sur des caisses allc-

Le plomb s'écoule dans de» lingotière» de 3 pieds de long sur S pouces de large et 4 de profondeur , ce qui donne un lingot de 68 à 70 livre».

Le fourneau a manche a , depuis le sol jusqu'au point de la charge , 5 pied» de hauteur, 3 pieds de profondeur , et de 20 à 22 pouces de largeur : derrière est placée la tuy ère ; sur le devant, le bassin qui reçoit les matières fondtes.

Le» soufflets ont 10 pieds de long sur 3 à 4 de large; ils se meuvent à l aide d une roue mue par l'écoulement des eaux du bocard , qui fait aussi maccher les trompes d'affinage.

Les fourneaux sont de granit ; la chaleur le fond quelquefois : c'est cependant la meilleure pierre qu'on puivse employer à cet ouvrage.

La brasque dont on se sert ici pour recevoir les scories et le plomb Ion. In est composée de deux parties : de pou-su re de charbon et d'une partie de terre ar-ill

tarais. On l'humecte, on la coupe , on la prépare, afin qu'elle puisse s'agglom.-r* r dans la main sans qu elle soit trop humide ; on la jet» alor» dan» le fond du fourneau ; ou l'apptatil avec de» pilons de fer. Ce i mois.

, ce travail se renouvelle tous les

Les fourneaux d'affinage sont au nombre de 2 , ase est de 1 2 pieds. L'intérieur de ces fourneaux a 7 pied» de dilraèire. la coupelle se fait ici de cendres de v ignrs less»e>* , qu'on tire de la Rochelle ; on les mélange d'un huitième de sable ferrugineux. I* plateau d'argent, résultat de Affinage , est de 60 marcs , quand on a placé «bus le fourneau IA milliers de plomb provenant des fourneaux à réverbère. Le bâtiment ou se fait ce travail a 30 pieds de long »ar 24 de large.

La mine de feulboueu donne figrosd arpent par quintal de plomb ; celle du Huelgoat , 3 once» 2 a 4 gros et plus par quintil. Vins, |a |

-2iO

DISTRICT DE ( 4RKUT 1794.

goat est phis riche en argent ; elle l'est beaucoup moins en plomb.

h jus les exploitations . on a trouvé des racines ,i ms arbresà 30 pieds de profondeur (I).

!N Vsi-il pas singulier qu'il n'existe pisàPoullaiioen un cabinet où l'on puisse étudier? Les produitsonlétédonnésauxauciensenl repreneurs, dispersés dans les cabiiieuWe Paris, portés eu présens chez les»"ministres-, confondus avec 1rs minéraux dé la Sââe , dé la Suisse , etc. Ces grandes collections peuvent être d'un intérêt général . mais elles h^ppr*Micitt rien de particulier, de (Ixe , de certain; on ignore communément à quel sol , à quel ciel appartient l'objet d'histoire naturelle qu'on éludie. Sans proscrire les grands rasseinbleinens , je voudrais qu'on trom.il dans chaque département desmonU'cs de tous ses produits. Je uece%si« de citer pour exemple le cabinet du ministre Spreugli , pré) de tlerne. On y voit tous les oiseaux de la Suisse , des éi hanlillofts de tous les bois , de toutes les graines , de tous les minéraux , des pierres de «elle couirée, sans aucun mélange étranger. On preud chez lui des idées justes et précises; et l'on jie confond pas, comme je l'ai tu faire a des gens a réputation, les animaux , les minéraux, les coquillages de la ÏXorttège , a>ec ceux recueille sur les rivages de Madagascar , ou dans le détroit de la Soude. I,cs administrateurs de l'oullaotien m'ont assuré qu'on n'aurait plus de reproches:! Icurlairc sur l'impardonnable négligence de leurs prédécesseurs, et qu'ils conserveraient ce qu'ils déroutriraient «le curieux , sans permettre aux amateurs de l'enlever.

le citoyen l'on reelet , dont j'ai déjà parlé, n'était pas rirhe en grands morceaux , mais il avait des échantillons, rassemblésdepuis long-temps, des mines du Huelgoal et de Poullaoueu.il tient de mourir. Je ne sais ce qu'est devenue sa petite collection , mais il m'en a donné des montres «pie je conserve. <v t

J^J? citoyen Schiyiber, inspecteur des mines, était à Poullaouen pendant le séjour que j'y lis. C'est un homme froid , mais aimable.

Je n'eus qu'à me louer des soins, des attentions, des honnêtetés que je reçus des chefs , des directeur?, etc. , qui vivent à Poullaouen. I.e Hlojen

(■) Nom parlrtoni tti <Jrt»i| ilrt ninrs ilr Poulljoara cl Ja ilurlçfwt ti«iu I» tcrnndc pirti*. 43*^ ^iJo^'C^

lialosse eut la complaisance de m accompagner à la mine du lluelgoat.

On traverse, en s'y rendant , la commune île Loo

maria, la nlagnedu bois de Corbier. la route

est détestable. Il est aisé de se convaincre, à la couleur jaune des arbres, des prairies qui bordent la rivière , du tort qu'apportent à ces coulrérs Tes écoiilemens de la mine.

La commune de l.ocmaria demande la réparation du chemin quii omluil .1 Morlaix . et la construction d'un pont à Saiul-Mtrhcl. Mie tondrait aussi qu'on mil en élat de service la roule qui conduit à Paullaotien ; c'est par elle que le lluelgoat verse KS produits; on les transporte a dos de dictai : ces animaux chargés s'extéuueiit dans celte traveçe. •

Outil tranquille dans la commune de Tournée. Ses babilans travaillent aux deux mines. On y soigne un grand nombre d'abeille.s. Li terre u'yfyo- «luit point de froment , mais du seigle , de l'atmae et du blé noir.

Celte commune, entourée de forêts, toit tous, les jours détorer ses bestiaux par les loups, et n.» [•as d'armes pour les éloigner.

lis hommes sont t élus de bel linge : les remiue^ de vétemensà longues queues , qu'on appelle manchon : elles portent communément une coiiïc de toile sous une coiffe de molleton.

Le Huelgoal est à cinq quarts de lieue de Poullaouen. le premier établissement de la mine qu'on trouve en s'y rendant se voit sur la montagne de Poulahas : c'est une machine à molette, établie sous un appentis d'environ GO pieds de long sur AA pieds «le large; il est couvert d'ardoise et bien bâti ; la charpente est de bois de chi ne. Les leviers de cette machine ont, depuis l'anse de l'arbre vertical jusqu'au point ou les chevaux sont attelés, 10 pieds G pouces de longueur; la machine a 42 pieds de diamètre ; les hassicots descendent jusqu'à 100 pieds ; la galerie d'écoulement a , du nord au midi , 5ô0 toises de longueur ; le cable qu'on emploie a 3 pouces de diamètre , il dure 10 mois; I*. molettes ont 5 pieds de hauteur sur un pied de largeur.

Li matière contenue dans le bassicot pr>e brute de a liOO litres. (Juaud la machine est bien sertie, elle peut extraire de 20 a 2> charges par jour.

I.e point (le vue qu'on a de la montagne de Poulahas est agréable et varié, terminé par les monlagucs d'\rès. Ltes ro( hers dépouillés bornent la tue au nord ; le reste des terrains qu'on apeiWt

UISTIUCT OC CAJUUtX EX 1794.

est fonué d'un vasle a nu» .de roi line» asseï bien cultivée», couronnées d'arbres et de clochers agréablVinrnl disposas.

On descend à l'endroit où sont situes les magasins , les forges , les bocards , les laveries . les lograiens des rhefs. La machine hydraulique, dont les tirans s'étendent a 300 toises , a 36 pieds de diamètre ; elle est mue par l'eau de l'étang du Iluelgoat, qui s'y rend par un canal souterrain de •>,600 toises, La largeur du canal est de fi pieds à la surface , et de 3 pieds au fond ; il a trois pieds de pror. L'eau roule sur un lit de granit ; elle agite rouages qui senent à l'épuisement des sources intérieures , à piler le* matières , etc. ; elle s'écoule après dans les vallons , et va se perdre dans la rivière de IMaudonen , à 300 toisev < ette petite rivière se joint plus las à l'Aulne.

Il n'y a point de fonderie au lluelgoat : on y lave le minérai ; on le transporte à Poullaouen , à dos de cheval.

Tous ces établissemens sont placés sur le penchant d'une colline entourée d'arbres , dans nn site qui me rappela, par ses vapeurs, par le bruit des chutes d'eau , par la forme des ha ti mens , par leurs boiseries de sapins , par l'air d'élrangcté , de solitude de tout ce qui environnait , ces habitations si calmes, si sauvages, des petits cantons de la Su Use, près de Sainl-Gal , dans l'Apenzcl, au milieu des rochers , des cascades , de riches tapis de verdure, et des forêts qui couronnent les monts en ménageant dans les vallées un jour sombre et religieux.

L'inspecteur de la mine me reçut très-honnctemenl. C'est un allemand , jeuneencore. Sa femme, un enfant au berceau, sa flûte, une guitare, Hubert Gesner et Zacbarie , lui fout pavser de doux momens daas ces demeures solitaires.

.Nous nous rendîmes à la commune du lluelgoat par une route variée, pardi « montagnes de granit et des chemins fort difficiles. Hicn dVv rrableouii Me les pâtés de ce chef-lieu de canton ; il n'est aucune toiture qui ne versai eu le traversant. Il > a 3 et 4 pieds du niveau de la rue .m fond des hou esses ornières qui s'y sont pratiquées par la m „li genre des habitaus. Que de ru i lies 1 que de misère 1 Il y a plu» de 20 ans qu on demande un chemin qui conduise du lliielgoal a Morlaix

Les ponts de» emiruus sont dans un état déplorable.

( i ) Om y travailla au

muhcbi i vktii

L« halle a besoin de réparation, l'oiul de fontaines dans la commune ; mais l'eau des environs est bonne.

Le principal commerce y consiste en bestiaux , en moutons , en miel. I* pays est sans manufactures , sans tanneries. On y voit beaucoup de mendians,

tradition conserve dans ces lieux le souvenir de l'énorme château d'Artus ; des rochers de granit entassés donnent l'idée de ses vastes murailles. On doit y trouver des trésors gardé* par des démons , qui souvent traversent les airs sous la forme d'éclairs , de feux foleLs , en (toussant quelquefois des hurlemens affreux ; ils se répètent dans les forêts, dans les gorges du voisinage. L'orfraie , la buse et les corbeaux sont les seuls animaux qui fréquentent ces ruines merveilleuses (î).

Le citoyen Mathurin Grillau a partagé les morceaux d'un grand vase d'or trouvé par son père en bêchant un champ nommé TouI-ar-Heai. Ce lui m'est attesté par tout»' la commune et par U municipalité. »

Les loups, les sangliers i t < î > • : . en général, sont fort communs dans le» environ - du lliti-l-n.it.

L'étang fournit des poisson» • \< . liens, «h tanches, truites; peu d'anguille» ; il a plusd. toises de long, 200 toises de largeur, 19 a 20 pieds de profondeur. Ses eanx lui sont fournies par la petite rivière de Saiiit-Gninés, et par le ruisseau dcGoazalés, ou de kenisien. La chaussée qui les soutient est large et forte. 1 ne partie de ses eaux

(») Il axiale rrrtlajneul . prr» <ia lluelfual , nia pM mm tkàlr+m mf Ârtm$ , Mk» mm tmvmft Artmt. Cnl l< nota ipaa l us .1 .nn<- dit» Ir fmty à une fottilii altoa buirr* qai m ltou«* • or le tommel I an* ni.-olj-nr qui ilunmr loo« le, ranmu du llwtgiut

Cet ta fœtifiraUoa ri for»*» par aa irtraa < lu iii—I 4» trm d'an* «tuniaine Jm pmmU de biui . ralout* d un /•>»•* rl <mm- Umm an* liKjgf m é'rwian 40a p* • t ntmmm • U larm* d'ua tt.j>f-*a» A I ur ér* e»ir*a»rtn

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passe dans le canal , qui lait jouer les machines de la mine ; l'autresYchappe avec fracas, par une chute de plus de 60 pieds , à travers les plus gros rorhers; elle disparait, et ne se montre .1 l u il qu'à 7 un SIX) pas dans le talion, au pied delà montagne. ( les rochers entassés de 2<) ,1 .m pieds . cl .*,ti pieds de diamètre , sont arrondis , polis comme des cailloux roulés. Ils sont sansdoule les débris d'une montagne énorme, dout les flltrations, dans un temps prodigieux , auront miné les hases ; la terre au loin est couverte de ses débris. Que de siècles il a fallu pour que les eaux du ciel aient arrondi toutes ces surfaces ! Elles ne peuvent l'avoir été par d'autre frottement. L'Océan en fureur ne pourrait pas les agiter. Ces massent se couvrent , se supportent, s'amoncèlent ; c'est un des grands boulewr>emens de la nature . une incontestable démotistration de la durée infinie de notre monde.

Les montagnes de Lauler-Brunen , celles que séparent le Trient, la Drance, les voûtes sous lesquelles le Rhône disparaît , sont plus imposantes peut-être; mais des torrens, des fleuves impétueux les rompent , les divisent. Ici l'étang a trop |>eu de moyens pour agir avec violence , et le temps seul opéra ces merveilles. On voit à St.-Guinés une pierre de 18 à 20 pieds de diamètre; l'eau de pluie, sans cesse agitée par le vent , l'a creusée à 8 pouces de profondeur sur une largeur de 4 pieds. L'eau renfermée dans le bassin guérit toute espèce de maux , les maladiesde la peau surtout. On la boit , on s'en lave , on voudrait s'y baigner. I>e tronc qui l'avoisine était toujours rempli. Cet effet des eaux n'est pas rare en Bretagne; on le trouve soumit répété surla route deCoucarneau àPontaven , sur l'Ile Tristan.

A quelques pas de l'étang, sur la gauche, il existe une pierre en équilibre sur lesonunet d'une autre pierre; elle a 20 pieds de long, 16 de large et I rt d'épaisseur; sans beaucoup d'efforts, un homme seul la met en mouvement. Près de Trégunc , pies de Tréguier,re singulier hasard se renouvelle. Je sais qu'on le révoque en doute. Vingt épreuves m'en ont démontré la réalité. Le verre qu'on suspend à quelques lignes est agité, frappé quand elle se nient ; la main qui la touche peulencompter les ballemeiis, les oscillations: ce n'est point une illusion (1).

(1) Celle pierre est un reulen cellinne , ou pierre d épreuve cl ttc comullatioa.

laux v y 1794.

• •* . • Je visitai les rives du canal qui ra faire mouvoir

les grands rouages de la mine; il n'est point de site plus bizarre , plus varié , plus extraordinaire. Les prairies, traversées par une onde agitée ; les grands arbres, dont les feuillages secroisent, dominés par le clocher d'une église fort élevée; l'eau du canal, qui parait immobile; cette impression causée par les lieux sauvages, infréqueutés, tout contribua jusqu'à la nuit à me retenir dans ces lieux. Je lesquittai fort tard avec regret ; mais les sites que je parcourus en retournant à Poullaouen , la belle forêt de IMaudouel , celle de Boudoudrin , les ttddOK d'une route si variée, me consolèrent du sacrilice que je venais de faire en m éloignant du Uuelgoat.

On a trouvé , près d'un plateau que le citoyen Balosse m'indiqua, au milieu des forêts, des instrumens qui feraient croire à d'anciens établissemens,àdesfonderies, etc. Ces iustrumens n'existent plus ; on ne peut pas juger de leur antiquité. Je rapporte le fait pour ne rien oublier , pour engager un curieux à faire quelques fouilles , quelques recherches dans ces lieux; elles nous donneraient peut-être des résultats intéressait*.

Le Huelgoat était une ville murée. Les ducs y possédaient un château fort. Li forêt qui porte son nom était jadis d'uue étendue prodigieuse, dit Ogée, « puisque François 1", dans une ordonnais e des . aux e| forets . rendue le 12 août 1545, prescrit d'en faire la coupe en 50 fois différentes. »

J'avais vu , j'avais traversé toutes les communes du district de Carhaix , Cléden , St.-llernin , l'Ionnévez du Faon.

Cléden , couvert de coteaux , de montagne . terrain pierreux , peu cultivé.

St.-llernin , riche en prairies , pays riant, trèsagréable, couvert d'arbres et de buissons, coupé de jolis vallons.

Plounévez du l'aou . qui ne le cède en rien à SL-Hcrnin : terrain couvert d'arbres fruitiers.

Je quittai le district de Carbaix , et je revins à Morlaix par le chemin que j'avais eu le malheur de faire une première fois. h> seul objet qui lixa mes regards dans celte route détestable, fut une chapelle ruinée, entourée de ueux ifs dont les sommets sont mangés par les wuls ; il nVsi p;,N de pat sagistc qui ne la dessinât sur ses tablettes. Les arbres de ces contrées s'inclinent Ions ters le nord-est. Les\ents du sud-ouest y dominent atec fureur ; aucun arbrr ne s'y déploie avec la force , la beauté , la richesse qu'il obtient dans les vallons el dans les bois. La

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