PROLÉGOMÈNES
droite, et des marche-pieds sur la rive opposée. Ces chemins de hallage ont quatre mètres de largeur en couronne. Dix ponts , tant en maçonnerie qu'en bois , facilitent la communication entre les deux rives , sur les grandes routes et les chemins vicinaux ; ce sont :
1» Le pont à trois arches, sous Châteaulin , sur la route royale de Brest à Nantes»
2? Le pont Caublant, en maçonnerie et en bois, sur la route vicinale de Pleyben à Qu imper.
3° Le pont Paul , en maçonnerie, a trois arches, sur la route vicinale de Châteaunéuf-du-Faou à Quimper.
4° Le pont de Châteauneuf-du-Faou ,'en maçonnerie et en bois , sur la route vicinale de Chàteauneuf à Gourio.
5° Le pont Triflen , en maçonnerie et à trois arches , sur la route départementale de Châteauneuf-du-Faou à Carhaix , au confluent de rHyères avec l'Aulne.
6° Le pont de Spézet, qui traverse la rivière d'Hyères, à cinquante mètres du pont Triflen, sur le chemin vicinal de Landeleau à Spézet.
7° Le pont Coz-Castel , sur l'Hycres , à une lieue en aval de Carhaix , à l'embranchement du Kergoat inférieur.
g» Le pont Provost, sur la route de Carhaix à Gourin , à une lieue en amont de Carhaix.
9o Le pont de Motreff , sur la route vicinale de Carhaix à Motreff.
10° Le pont de Pellem , à nnè lieoe.de Carhaix , sur le chemin vicinal de Carhaix à Pleuven.
Une gare pour abriter les bateaux est établie au pont Provost.
ta section du canal qui traverse le Finistère est achevée. 11 ne reste que quelques écluses à terminer dans les Cotes-du-Nord , une partie de la coupure de la lande de Glomel, et le barrage de retenue sous Rostrenen. Avant deux ans, le canal sera probablement livré à la navigation dans son entier. *
Nous ajoutons à ces Prolégomènes la reproduction d'une excellente' note de feu M. Solange Prié , capitaine du génie , à Brest , relative aux
* Noos ae partant ici de» route* cl du canal que pour donner quelque» rcunrignenieoj généraux ; non» examineions en deux objet» «on* leur rapport indnatriel d»nt le < h. .pure qui traitera de r»gncollure , de l iutlurtne et dn commerce.
places fortes , aux villes de casernement , aux forts et batteries , aux directions d'artillerie et des fortifications du département du Finistère , note déjà insérée dans l'Annuaire de Brest de 1835.
On compte dans le département du Finistère quatre places fortes, Brest, Qoélern, Concarneau et le Château do Taureau; trois platies de casernement, Quimper, Landcrnean et Moruix; vingt forts principaux, ceux do camp retranché , de la rade, du goulet, des baies de Bertbeaume et de Camaret , de Toulingoet , et les forts Cézon et Cigogne; enfin, 115 autres forts ou batteries. La contenance des bâtimèos militaires de ces places , forts et batteries, est à peu près de 17,000 hommes. L'armement total des ouvrages de fortification peut être porte* à environ 1,400 bouches à feu de tout calibre. ,
Brest. Les fortifications de cette place, excepté le Château , d'une construction très^ancienne, le fort Bouguen et l'ouvrage de Kéliversan , construits seulement à la fin du dernier siècle, ont été tracées en 1680, par le maréchal de Yauban, qui, immédiatement, en fit commencer l'exécution. A cette époque, les ouvrages du Château , le donjon surtout (ancien château des ducs de Bretagne), ont aussi reçu de nombreuses améliorations.
La ville de Brest renferme dans ses murs ua grand nombre de casernes. Les principales sont : la caserne neuve du Château , celle des Carmes , le grand quartier de la Marine, la caserne des Marins et la grande caserne de Recouvrance. Le casernement est disposé pour recevoir 8,500 homme* » mais il serait facile de l'augmenter considérablement. La place offre aussi d'immenses ressources en magasins, approvisionnemens , munitions et armes de guerre. Son armement est d'environ 460 bouches à feu de tout calibre, y compris les batteries servies par l'artillerie de marine.
Forts nu camp retranché. On nomme ainsi les cinq forts placés à une demi-lieue environ des fortifications de Recouvrance. Ils occupent d'excellentes positions, se protègent mutuellement, sont pourvus de belles et vastes casemates à l'épreuve de la bombe. La construction de ces forts ne remonte qu'à nne cinquantaine d'années.
Le fort Portzic, qui occupe la gauche du camp retranché, défend les nombreuses batteries établies sur ce point pour battre le goulet et la rade; à droite de ce fort viennent ensuite les forts Mootban é , Keranroux . Gucstclbras et Pcnfcld : «
PR0LiC0*tJF-S.
dernier est placé sur tin mamelon . à la source d>
la rivière de ce nom et à la droite du camp. Ces forts
I en r armement se compost* d'eiuiron 70 bombes à feu de limt t a libre , sans compter les batteries ilu IWlzic, dirigées sur le goulet tri la rade.
Forts de la mm. Oualre fors, dont lis feux battent lis mouillages de l.i rade, sont établis Mir ses. côtes. I)i'iiv de ces forts, tmx du l'orbeau et de l'Armoriquc, sont situas sur la rote de l'Imigaslcl ; le iroisicmc couronne un mamelon életé, «Jan3 le fond de l.i rade. .lu bourg de Lin» roc,
don! il porte le nom ; le qualriei >t celui de
lUf- Longue. Placé sur le roc escarpe qui tenu me aa Bord celle Jle. il occupe une Mie el forte po- MtjoO au rentre de la rade.
La construction de r.s quatre torts n'a précédé que de quelques anixvs f** 1 1 ►* dis fui t- du camp retranché. Comme c«s derniers, ils urtrcio ru b<gejnens et en magasins lout.s les ressources d'une bonne défense Ou peut y cavrni-r \\M hommes et les armer de b0 ramms et mortiers.
b'ORTS LT BiTTMUIS 1)1 COI LKC IT l>« CoTIS 0*1 lORMEST LU rUOI-OM.» >UM. IjS lletl\ I IMS
du poulet, ou bras de mer donnant entrée dans la rade de Brest, sont garnies de batteries formidables dont les feu\ >e ii nisi'iit. I <•> batteries «h* la rÔtenord sont celles du IWlzic. dé(.i mentionnées, el celles des forts IMlec, Minant cl Mirmu: sur la foie Mld s,- m.meiit KsliaUeries.1,- la Pointe des flspagliols , et «elles de Hubert el de ( oritmiaillc. Le sommet de chacune des pnintis des Kspagnolsel deCornntiaillc estampé par une batter ie haute et par une forte |o»r crénelée et année d'artillerie. Os t. .ni s sont millièmes; elles ont été construites pendant les dermens année* de, guerres de l'einpin-.
La Pointe des Espagnols doit celte dénomination, et une certaine célébrité, à son occupation par les espagnols, pendant quelques mois, a l'époque des guerres de la Ligue. Le fort en terre, construit el très-vaillamment défendu par cinq à sii cents de ce» étrangers, fut pris d'assaut , le 15 novembre 1*94, après un siège de trois semaines, dirigé par le maréchal d'An mont.
Au-delà du goulet , on troote an nord la baie de Bertbeaume, et au sud celle de Oamaret. Elles sont l'une et l'autre défendues par des forts et de nombreuses batteries. Trois de celles de la cote botu. rs Miitrics ut i uumrocx , ' .rtac iiiucur ci
Saint-Marzin , ont pour réduits des louis modernes du genre de celles de la rive sud du goulet. A l'ouest de la baie de Derlheaume, on remarque, sur un ilot , le chàlcau ou fort de ce nom « el le pont de corde qui le réunit à un autre Ilot , auquel on communique de la eôle par un pont de bois. < elle ligne de balleries csltrrminée par la bnllerie de Saint-Mathieu, remarquable par sa position, bs Mies ruines de l'église de l'abbaxe. cl par le phare qu'on vient d'y construire.
Auprès de Camaret, à l'extrémité du sillon ml jetée du port de re i-oiirg, existe une haute et ancienne tour défensne , entourée d'une batterie circulaire , doiil I entrée est fermée par un pontlc*ii>. <> fnrl bal la baie et défend le port , e\rrlbnt lieu de relâche, ou l'on compte beaucoup de bateaux faisant la përHe delà sardine, el souvent nu grand nombre de bilimms de commerce.
Dans le fond de la baie de Camaret , un voit une batterie dont le nom rappelle un Tait historique à citer. Cetle laiterie est celle de la Mort-rrus -Anglais, ou de la Mort- Anglais?, ainsi nommée depuis la tetitathe infructueuse de débarquement faite sur ce point par une Hotte anglaise, le 17 juin lb!M. Dans celte action, un grand nombre d'anglais perdirent la Me; l'amiral Barklay, ontmandant de la flotte, fut tué, el les >aisseau\ ennemis trev-mahraités.
A l'ouest du coteau de ( jmaret c*l étabtie . sut la pointe ou presqu'île de Toillingtiet . une forte Laiterie défendue à sa gorge par une tour moderne, semblable a celles de fo rote nord.
Les balleries qui, n partir des pointes de rsaint- Malbieu el de TouliiTguH , ont une action pins ou moins directe contre l'entrée d'une flotte ennemie dans la rade de Brest . ne s<>n1 pas armées Je moins de MO canons el mortiers «le gros calibre, l^urs casernes su lïsctit au logement de l^ini hommes.
Lit«:s ne Qckurv I-a presqu'île de Quélern , liorn.^ à l'est par la rade de Bresi , au iwrd par le goulet , et à l'ouisl par la haie de t jmaret , a une lieue Cl quart de longueur sur plus d une demi-lieue dans o grande largeur. Ij falaise des rAles nord et ouest est tn^srarp. e el *'é|é»,> aildtssus tle la nier d une hauteur de W à 70 mètres. Celle presqu'île, qui ne lient ail continent . du colé du sutl , que par un i*lhme de 1 Tt2*nt meir»s environ de largeur, esl fermée par des lignes laslion nées, entière! lien l rev élues cil mari uni crie , el tout son pourtour *l garu. de batlcrio. LVcu-
pation de l'un des pointe de cette presqu'île par les espagnols, et plus tard le débarquement tenté par les anglais dans la baie de Camaret , engagèrent le maréchal de Vauban à défendre son entrée par des lignes. Ces anciens outrages , qui n'étaient l>a$ revêtus et qui existent encore en partie, ont été remplacés, un siècle plus tard, par de nouvelles lignes plus solides.
De la droite de ces lignes , sur le bord de l'escarpement, du côté de la baie de Camaret, on jouit d'un des plus beaux points de vue des environs de Brest On découvre , au sud , le bourg de Crozoo , qui se présente en amphithéâtre , surmonté de la grosse tour de son église ; les côtes de la baie do Douarnenez et la pointe du Ratz ; à l'ouest, les énormes rochers de la pointe aux Pois, Camaret, la pleine mer, l'archipel des lies d'Oue&sant et la pointe Saint-Mathieu , avec ses ruines et son phare ; au nord , la baie de Bertheaume, l'intérieur de la presqu'île, les tours de Cornouaille et des Espagnols , et les environs de Brest; enfin, à l'est , la rivière de Landerneau , la cote de Plougastel , les lies de la rade , la rivière de Château lin, Lanveoc et les montagnes du Mt nez-Hom. Ces divers paysages offrent une grande variété : les uns présentent la nature sous un aspect grand , imposant ; les autres sous l'aspect le plus varié , le plus riant.
Parmi les bàtimcns militaires des lignes de Quélern , on remarque une belle .caserne pour 600 hommes, plusieurs autres casernes, des pavillons d'officiers , des magasins et une manutention des vivres. L'armement des lignes est d'environ 60 canons et mortiers. Si l'on considère la presqu'île dans son ensemble et comme une grande , une immense place, on peut évaluer la contenance de ses casernes à 1,200 hommes , et son armement a 300 bouches à feu. Eu temps de guerre, ou établit un camp au centre de cette presqu'île.
Qlimper. Cette place, autrefois fortifiée, et dont ont voit encore une partie des anciennes murailles , possède deux casernes, celles des Ursulines et de Loc-Maria, de la contenance totale de 1,000 hommes.
CoacAMEau. Petite place à quatre lieues au sud de Quiraper, à l'entrée d'un havre qui donne sur la baie de la Foret. Elle est entièrement entourée d'eau a haute mer, enceinte de hautes murailles très-solides, flanquées de grosses et fortes tours. Ses batteries prolègeut le port, lieu de refuge pour
des bâtimens d'un fort tonnage, et même pour des
bitimens de guerre. Le vaisseau le Vétéran , monté par Jérôme Bonaparte, poursuivi, en 1806 , par les anglais, s'y mit sous la protection des batteries et y resta mouillé pendant un an contre les remparts. Cette place protège encore une pêcherie de sardines qui occupe a peu près 300 bateaux. Sa garnison peut être portée à 150 hommes , et son armement à 10 pièces dé. canon.
Post-de-Bcis/ La poudrerie de cette localité est gardée par un détachement d'infanterie, commandé par un officier.
Carda rx. Pendant l'occupation des Gaules par les romains, cette ancienne cité eut une grande importance militaire , ainsi que l'atteste l'histoire et les restes des constructions qu'y élevèrent ces conquérons. Si la Bretagne était menacée d'uoe invasion , Car liai x , par sa position centrale sur le point culminant du Finistère, serait sans doute appelée à Jouer un grand rôle dans la défense du territoire. Une compagnie d'infanterie, logée chez les habitons, y a tenu garnison les années précédentes. Cette ville, traversée par plusieurs routes, et à proximité du canal de Nantes à Brest , parait destinée à acquérir de l'accroissement Elle a le projet de (aire construire prochainement une caserne.
LAjvontmuu. La marine possède dans cette ville une caserne ( l'ancien couvent des Ursulines) , de la contenance de 900 hommes. Ce bâtiment est occupé en ce moment par les dépôts des régimtns coloniaux.
Morlaix. Les casernes des Jacobins et des Capucins peuvent recevoir 600 hommes. La première 1 contient en outre des écuries pour 300 chevaux* L u autre bâtiment militaire , le Calvaire , renferme une boulangerie et les magasins nécessaires au service des vivres.
Château on Taorrao. Celte petite place occupe en entier la surface d'un rocher situé au milieu de l'embouchure de la rivière de Morlaix. Elle s été construite sous le règne de François 1er, le sac de Morlaix, par les anglais, qui y descendirent, le 4 juillet 1521, Les habitans, pour* préserver du retour de semblables malheurs, firent les frais de la construction du château du Taureau, et y tinrent garnison jusqu'en 1660, époque où Louis XIV leur enleva ce droit.
Par sa position , la hauteur et la
solidité des"
I revêlemeus , ce château , qui défend pariaitenieoi
PROliXOMtra.
feutrée de 1* rivière et protège ses excellens mouillages , est a l'abri de toute surprise et d une attaque de vive force. Il renferme des batteries' et des hymens casemates; i) peut recevoir une garnison de 150 hommes, et l'on peut l'armer de vingt pièces de canon. Les casemates , construites par le maréchal de Vauban , après la visite qu'il fit décrue place, en 1680, ont été illustrées par le séjour du noble et infortuné de Iji Chatolais.
Sutt-Revjli. Cette ville renferme des fours et des baUmens militaires destinés à ïapprovisiônnemeni du camp qu'on établit sur ce point en temps dr guerre.
La CoTOtrrr. Il existe auprès de cette ville deux
des laiteries et des
Iixs et littoral. I j's entes du dé parlement sont dVfmdues par uo grand nombre de forts et de i, qui assurent aussi au cabotage toute la
Parmi les remarque :
I* A quatre lieues au sud dcConcarneau , celle ds Iles de Glénan , occupée par le fort Cigogne , l*juel est revêtu en bonne maçonnerie, {pourvu
nombreuses casemates, et dont l'eutréc est fer- Bec par un pont-ktis ;
î» A trois lieues à l'ouest du Conquet, dans rardûpel des Iles d'Ouessant , l'Ile de Molène , qui m pourvue d'une caserne et défendue par trois toileries;
> A cinq lieues à l'ouest du Conquet, l'Ile Wtaessant , qui renferme des bitimens militaires ( logemens d officiers et de soldats, et manutention da vivres), et dont les côtes sont occupées par «lit batteries;
4° Auprès de RoscolT, Nie de Batz, sur laquelle on construit an phare, et où existent quatre batteries.
L'armement des batteries de ces Iles et du littoral est compris , ainsi que leurs ressources pour le casernement des troupes, dans les indications placées au commencement de cet article.
La direction d'artillerie de Brest se compose des places , forts et batteries de la partie du département dn Finistère et de celui des Côtes -«lu- Nord comprise entre la rivière d'Odet et celle de Trieu , c'est-à-dire de tout le développement du littoral , les Iles comprises, depuis la batterie de Combrit Jusqu'à celle de 111e Saint- Mandé in -
La direction des fortifications- de Brest comprend tout le département du Finistère et celui des Cdtes-du-Nord , moins la sous-préfecture de Dinan. Cette direction est divisée en M*pt arrondisse mens du génie; savoir :
!• La place de Brest et les forts du camp retranché ;
2" L'arrondissement du Conquet, qui se compose du reste de la sous-préfecture de Bre-si , moins le canton de Daoulas ;
3° L'arrondissement de Quélern , qui s'étend sur tout l'arrondissement de CbJteaulin et sur le canton de Daoulas;
4" L'arrondissement de Quimper et Conearneau f formé de la sous-préfecture de Quimper ;
5* L'arrondissement de Morlaix , comprenant toute cette sous-préfecture;