‹ Voyage dans les cinq parties du monde (volume 2)Chapitre 19 sur 53 · NOUVELLE-IRLANDE · texte numérisé non relu

NOUVELLE-IRLANDE

Cette Ue, inclinée du nord-ouest au sudest, a 75 lieues de long et 4 à 5 de large.

Sa principale production est le cocotier , comme à la Nouvelle - Bretagne ^ on y trouve aussi du gingembre, plusieurs espèces d'aloès , des ratans et des bambous.

Il y a une foule d'oiseaux et d'insectes, w mer et les rivières fourmillent de poisson, avantage également commun à la Nouvelle-Bretagne. Les cabanes des indigènes sont groupées en villages dont le principal est Likilikiy j^acé sur le penchant d'une colline , près d'une baie vaste et fermée qui offre un bon abri; ce village renferme 200 habitans, qui vivent de racines de taro, de poisson et de fruits. A l'occident, la côte est formée par des terres basses et boisées, que M. de Blosseville, qui les a

î49 visitées en iSaS , lors du passage de la Corvette la Coquille^ croit séparées par des marais et des montagnes. Au-dessus de leur partie nord , il existe un autre village nommé Fané. Celui de Likiliki renferme une espèce de pagode de 36 pieds de long sur i8 de haut et 1 1 de large, avec un grand nombre d'idoles figurant des hommes , des poissons et àei chiens.

M. de Blosseville signale les Nouveaux^ Irlandais comme généreux , hospitallei*s ,.

propres j tiempérans , mais peu disposés à se lier avec les Européens et à profiter des^ bienfaits de la civilisation. Us vont entièrement nus y ils sont très-jaloux de leurs femmes; leur signe de bienveillance ou d'amitié est de mettre leurs mains sur leurs tètes y de faire claquer leurs doigts et résonner la langue. Ils sont en général noirs , et quelques-uns teignent lefur chevelure longue et laineuse. Le poli de leurs armes prouve une c^^taine industrie; ieui^ bra* celets de coquilles méritent d'être admirés pour la foraske et la. blancheur } leurs colliers, leurs hameçons et leurs plumets sont

i5o artistement faits. Leui* tête, leur cou, ieui's oreilles portent des ornemens , et leur nez même est décoré de petites plumes ou de petites dents placées dans le cartilage. Us ont des instrumens de musique, comme le tamtam , la flûte , et une espèce d'épinette formée du bois d'un arbre à moelle; du reste ces naturels ne connaissent qu'une harmonie barbare, et leurs danses peu variées ressemblent à celles des esclaves africains. Tout ce que M. de Blosseville put apprendre de leur culte, c'est qu'ils ne font pas de sacrifices humains. Tous leurs dieux indistinctement portent le nom de Bakoui.

Quant à la forme de leurs cabanes, les toits en sont faits de feuilles de vacoua , aiTondies aux extrémités, tombant] usqu'à terre, et composant ainsi la case entière , dont la longueur est ordinairement de a3 pieds, w largeur de 9 et la hauteur de 10.

A l'extrémité 8eptenti*ionale de la Nouvelle-Irlande se voit la Nouvelle-Hanovre j île longue de i5 lieues, large de 10, et qui en est séparée par le détroit deByron. A 35 lieues N.-O. on, trouve le groupe de tA-

mirauté y et 3o lieues plus loin, dans la même direction , celui des Ermites ou Ermitanos. L'île Rooke est dans le détroit de Dampier , entre la Nouvelle-Bretagne et le cap du roi Guillaume. A Test, et assez près, de la Nouvelle-Irlande , s'étend une chaîne parallèle d'îles , dont celle de Vicher est la principale.

Une terre plus importante et qui s'offi^ comme l'anneau rattachant les Moluques à la Nouvelle-Hollande d'un côté et aux archipels polynésiens de l'autre y appelle dans cette lettre , en dernier lieu, notre at« tention : c'est la Nouvelle-Guinée.

NOUVELLE-GtINÉE.

Comprise entre o'-io' lat. S., et 128-146* long^. E. , la Nouvelle- Guinée s'étend du nord-ouest au sud-est , dans une longueur d'environ 5oo lieues; sa plus grande largeur est de 106 lieues. Cette île, la seconde de l'Australie en surface^ excède au moins d'un tiers la superficie de la France; maisFiaté-

rieur nous estau98i complètement inconnu que celui de la Nouvelle- Hollande. Le tracé même des cotes, sur les cartes, offre encore des lacunes considérables. La cote nord a été la mieux explorée. On y remarque le cap du roi Guillaume vers l'extrémité sud, et le cap de Bonne-Espérance à l'extrémité nord-ouest. Les baies Lammende, Geeivinks et Doréy^ occupent à l'est du cap de Bonne-Espérance une étendue de côtes de 3o lieues. Plus à l'est de ce dernier s'ouvre le lai*ge golfe dit la Grande-Baie ^ à l'entrée duquel sont les tles Shouten ou Mysoriy l'île Johie et quelques autres. Les deux accidens naturels les plus notables de la côte occidental^ sont le §o\feMao-Cluer, qui s'enfonce de 4o lieues dans l'intérieui^ vers l'extrémité N.-O. } et le cap Walsh , qui termine une péninsule au nord de la Garpeutarie.

M. Lçsson , ayant eU l'extrémie obligeance de nous confier le journal manuscrit de son voyage fait à bord de la Coquille en 189^, i8ii3, i8a4 et 182^5, et nous ayant permis d'en extraire ce qui

pourrait convenir à notre sujet, nous aurons ici l'avantage de présenter à nos lecteurs des détails inédits, premièrement sur la partie physique de la cote où se trouve le havre de Doréy , et secondement sur les Tïsages des indigènes.

Le havre de Doréy ou Dory-j situé par o°-ai V iat. S. et iîi8*'-4o° long. E., sur la cote orientale de la grande terre des Papous , et au nord du petit golfe de Geei^ vinks ou Geehingy a concouru avec unehaie opposée , à transformer la Nouvelle-Guinée en deux presqu'îles réun\es par un is^me étroit. Ce port se dirige au N.-O.

Les plages qui le bordent sont vaseuses , garnies de mangliers et coupées par des rivières dans lesquelles la mer remonte as* sez loin. Les autres points de la côte sont garnis de rescifs de corail. Des arbres d^une taille gigantesque y forment des forêts épaisses qui n'ont de terme que la mer.

L'épais^ur de cette lisière , par les morcellemcns nombreux qu'elle a éprouvés et qui forment des creeks et de petites baies non abritées , s'étend assez au large pour

i54 donnci' lieu sm promontoire de Doréy. Sur la terre ferme ce terrain s'élève , et n'est borné à l'ouest que par la haute chaîne des montagnes d*Arfak , dont le piton dominant est de 2,901 m.ëtres au-dessus du niveau de la nier. Cette chaîne court du sud au nord , en s'abaissant vers l'isUime du golfe de Geelving et se terminant insensiblement au cap de Bonne-Espérance au nord. La même chaîne parait composer un haut plateau , offrant lui-même un autre plan de montagnes placé derrière la première rangée; car , dit M. Lesson, on découvre un haut piton qui s'élève de beaucoup au-dessus du pic d'Arfak. C'est aussi la remarque faite par Malte-Brun , qui dit que dans l'intérieur les montagnes semblent entassées sur des montagnes. Il y a des cataractes dont on aperçoit à plusieurs lieues de distance les flots écumeux.

Toutes les montagnes de la côte sont richement garnies de bois, notamment de cocotiers. Les cochons founuillent sur les côtes et le sanglier dans les forêts.

L'île de Manasouary^ à l'entrée de la

baie, à 3 milles S.-E. du havre de Doréy, pi'ésente une surface uniforme, couverte de grands arbres et de plantations. La végétation la plus active couvre ce point du globe; il n'y existe pas le plu&petit espace vide , c'est une forêt continuelle. La plupart des plantes des Moluques croissent sur ce sol privilégié, avec celles qui y sont particulières; mais presque toutes, observe M. Lesson , se composent de grands arbres, dont les trois quarts ont parfois jusqu'à i5o pieds de hauteur et une circonférence en proportion. On y voit à peine quelques plantes herbacées, elles prennent presque toutes une organisation robuste et ligneuse. La fécondité de cette terre qu'humectent d'abondantes rosées et les pluies de six mois , en même temps que le soleil équatorial la vivifie, tient presque du prodige.

C'est dans la baie de Doréy que se montre partout le magnifique oiseau de paradis , le précieux manucode et tant d'autres qui sont peu connus. Le thermomètre k l'ombre et à midi s'y élève jusqu'à Sa*» cen^

tigrades. Le sagoutier est l'arbre le plus important de la Nouvelle - Guinée, parce que les naturels en refirent la farine qu'ils convertissent en pains aplatis et carrés , formant leur nourriture principale. Us ont aussi le bananier, le chou-caraïbe, la canne À sucre, la couirge, les patates douces, le maïs , le riz rouge , l'arbre à pain , le tabac le haricot, le teck , divers bois de fer et cet èbène qui a un tronc énorme et s'élève jusqu'à 300 pieds. Le muscadier est de même un bel arbre , dont le fruit est trèsaromatique. Les foi'éts sont , comme nous l'avons dit, remplies de sangliers et de cochons sauvages.

L'ornithologie de la Nouvelle -Guinée, dit M. Lesson , est très-riche en espèces , dont la dominante est l'oiseau de paradis.

Il y a aussi de nombreux passereaux , que les environs de Doréy semblaientmultiplier à l'envi. Les pigeons couronnés, vivant pai* troupes dans les ruisseaux taris ou sur la terre , où ils cherchent leur nourriture , sont très-communs. Il en est de même du casoar • nous voudrions en décrire les es-

pèces y mais il est temps^d'arriver aux ha* bilans de la Nouvelle-Guinée.

Les hàbitans de la Nouvelle-Guinée, connus sous le nom de Papous ^ se distinguent généralement par l'habitude qu'ils ont de laisser croître leur chevelure laineuse et de la peigner de manière à lui laisser prendre la foime ébouriffée particulière à ces peuples. Les sauvages des côtes ont dans le nez un bâtonnet qui en traverse la cloison, et qui est un diminutif de celui que portent les Alfourous ou peuples de l'intérieur, célèbres parmi les peuples riverains pour leur férocité, et nommés Endamènes par la tribu de Rony. Les Âlfàkis ne sont que des Papous cultivateurs , qui vivent près de» montagnes. Nos considérations préliminaires ont déjà établi ces distinctions.

Les Papous de Doréy et des côtes environnantes ont généralement une taille petite , grêle , peu fournie. On remarque cependant parmi eux quelques beaux hommes. La peau est d'un teint noir qui varie d'intensité; la lèpre, qui en recouvre une VI. i4

bonne partie , lui donne une apparence de blancheur. La chevelure est 'noire , laineuse, épaisse, à sommité rousse, et par mèches sinueuses, lorsqu'elle n'est point ébouriffée par le peigne. Le nez est légèrement épaté , la bouche grande , le menton petit, la barbe rare , le front haut, la denture blanche, mais souvent gâtée par l'usage du bétel. La peau est lisse chez les jeunes gens, et leurs formes sont dessinées avec force. Les vieillards sont débiles et couverts de cicatrices. Les femmes sont ici encore plus laides que les hommes ; leurs mamelles sont pendantes et leurs traits repoussans , ce qui n'empêche point les hommes de professer pour elles une jalousie toute musulmane.

Les Papous qui habitent les parties méridionales et occidentales de la Nouvelle- Guinée , passent pour avoir un naturel féroce ; mais ceux du havre de Doréy et des environs, et en général de toutes les parties septentrionales jusqu'au. cap de Bonne- Espérance, paraissent au contraire d'une grande douceur et phis disposés k fuir à la

vue des Européens qu'à ^leur nuire. Ils laissent tout voir chez eux, excepté leurs femmes. Ils se peignent le corps avec de la poussière rouge ou blanche. Ils se disent soumis auradja d'Emberbakène auquel ils paient tribu, mais dont ils sont protégés et aidés lorsqu'ils ont quelque guen*e à soutenir; c'est un sultan qui habite l'extrémité nord de la Nouvelle-Guinée, et porte le titre de Korano.

Plus on remonte vers le midi, plus les villages se multiplient } mais la construction en est bien négligée et l'apparence misérable. Du reste les Papous se composent d'hommes libres et d'esclaves. Ceux-ci, enlevés par trahison ou par surprise aux ti^ibus voisines , servent dans les maisons et exécutent les travaux les plus fatigans; à chaque instant néanmoins ils peuvent changer de propriétaire , et cet état leur semble naturel. La plupart des Papous ont le corps chargé de cicatrices provenant des flàches qu'ils se lancent avec une merveilleuse adresse. Aussi un Papou est tellement habitué à se défendre,qu'il ne ferait pas un

pas sans avoir avec lui une provision considérable de flèches ; le pêcheur qui , seul dans sa iréle pirogue , darde \e poisson , n'oublie jamais ce moyen de défense. Les armes à feu lui font peur , il est peu de Papous qui osent tirer un fusil. Ces insulaires vont entièrement nus; ils voilent seulement les parties naturelles par un étroit maro d'étoffe de bananier. QueK ques Papous mahométans ornent leur tète avec des mouchoirs qu'ils obtiennent en échange de leurs marchandises et qu'ils disposent en forme de turban. L'argent et le fer blanc sont les deux métaux qu'ils estiment le plus ; ils s'en font des bracelets. L'ornement de prédilection d'un Papou est un long peigne en bambou qui contient son énorme chevelure. Il porte également sur le cou des morceaux de bois enveloppés de guenilles et qu'il regarde comme sacrés; il les considère comme pouvant le garantir des blessures de ses ennemis, pourvu qu'il ait marmotté quelques paroles et fait quelques signes , qui ressemblent à celui de la croix. Ces

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amulettes sont Pobjet d'un vœu, et le Papou qui les porte ne les abandonne jamais.

Les Papous emploient aussi le tatouage, et les femmes sont beaucoup plus tatouées que les hommes. Les deux sexes ont des incisions sur la poitrine et sur les bras , de manière à obtenir des cicatrices en relief. Les petite garçons et les jeunes filles qui n'ont pas atteiiit l'âge de puberté sont dans un état parfait de nudité. Ces peuples sont indolens, paresseux, mélancoliques , sans industrie perfectionnée , et vivent dans une profonde apathie. Le seul art qu'ils cultivent est celui de fabriquer de la poterie; c'est uniquement roccupa-»

tion des f gemmes, qui, du reste, sont chargées des plus rudes travaux ; elles accompagnent leurs maris à la pèche et nagent nues à c6té des pirogues. Le seul instrument musical des Papous est le tamtam.

La polygamie est générale parmi eux.

Leur religion est un mélange de fétichisme et d'idolâtrie, accompagné de rites supers^ titieux et aveugles , unis à des idées assez

i6i nettes sur la résurrection des âmes , sur une vie éternelle et heureuse. Ils ont un grand respect pour les morts.

L'abondance des vivres rend la vie des Papous de Doréy facile. Leurs alimens principaux sont le sagou et le poisson, qu'ils cuisent par la chaleur d'un foyer au-dessus duquel il placent ces alimens; ils font rôtir sous la cendre les patates, les ignames et les taros. Ils allument promptement le feu par le frottement d'un mo^ ceau de bois sur du bambou. Us ont de longues torches de résine pour s'éclairerj et lorsqu'ils naviguent dans leurs pirogues ils ont constamment xm. tison ardent qui sert pour allumer leurs cigarettes roulées dans luie feuille de vaquois dont ils font une grande consommation , car ils fument tout le jour. Us ne boivent que de l'eau pure à leurs repas , après lesquels ils se lavent toujours la bouche et les maius.

£n résumé, les Papous ont une adresse très -grande, des sens très-perfectionnés, un instinct animal très - étendu , tandis

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que la civilisation a fait perdre ces qualités à rhomme social, en lui procurant un développement plus considérable de l'entendement et du génie. Nous aurons la même remarque à faire pour l'archipel Asiatique, dont il sera question dans la lettre suivante. Achevoi/s celle-ci par un mot sur VïïeWaigiou, Elle est située au Kord-ouest de la Nouvelle- Guinée y dont elle est séparée par le détroit de Dampier, à 3o lieues £. de Gilolo , entre la ligne et le 2^ degré sud^ elle est peuplée, dit-on, de plus de 100,000 âmes; les terres sont élevées, il s'y trouve des montagnes trèshautes; au nord sont les deux ports de Piapis et d'Oiïak; l'île entière est couverte de grands arbres } ses habituais vont nus , leur peau n'est pas très -noire; ils ont les cheveux crépus et très-épais ; ils manient l'arc avec adresse; ils se nourrissent de cochons , de poules , de tortues , d'oranges, de papayes, de courges, de pourpier, de cannes à sucre , de patates , de piment et de maïs. L'ile SalvaUy ou Salaouatty

i64 est voisine de celle de Waigiou, et ces deux îles terminent T Australie au nord.

Toutefois , avant de passer à l'archipel Asiatique , revenons un moment sur les habitans des deux iles de MaUicolo et Tucopia ^ dans l'archipel du Saint-Esprit^ près desquelles il paraît que La Pérouse a tépminé sa vie (i). Des renseignemens nouveaux y fournis par le capitaine Dillon, qiii a visité ces parages en 1826 , nous permettent de caractériser ces insulaires.

Le capitaine DiUon désirait vivement recueillir toutes les particularités possibles sur les Mallicoliens ou Malicoliens , et il questionna les Tucopiens avec beaucoup de soin. Ces derniers assurent que leurs voisins ne sont pas cannibales. Quand un en-

(1) Noua avions cité, page la, rarcbîpel dea Fiilgi i qui est plu» à Test ; mais les canoDS français ^ui Tiennent d'être découverts à basse imrée à l'ile de MaUicolo, indépendamment des croix de Sainte Louiti Irouvéeschez les indigènes, ne laissent plu& aucun doute sur le lieu du naufrage.

oemi tombe entre leurs mains , il est tué immédiatement , et son corps est déposé dans de l'eau de mer et y est conservé juscpi'à ce que les os soient complètement dépouillés. Le squelette est alors retiré :

on gratte les os que Ton coupe de diverses manières pour former les extrémités aiguës des flèches et des lances.

Les armes des Mallicoliens consistent dans de lourdes ma«sues , des lances , des arcs et des flèches : ces dernières sont empoisonnées avec une gomme rougeâtre extraite d'une espèce d'arbre particulière aux îles M allicolo. Dès qu'un homme est blessé à un membre avec une flèche empoisonnée, on se hâte de couper ce membre et quelquefois on pai^ient à sauver l'individu ; mais lorsque la blessure attaque une partie du corps que Ton ne peut retrancher arec facilité , le blessé se résigne tranq[uilleinent à la mo^Nans se plaindre, quoique souvent il languisse quatre ou cinq jours dons les souffrances les plus horribles. Les Mallicoliens différent de presque tous les insulaires de la mer du

i66 sud , ils ont la couleur noire des nègres, avec leurs cheveux courts et laineux, et ils leur ressemblent par les traits du visage^ leur religion est également différente. Les habitans de Tucopia dirent au capitaine Dillon que dans, tous les villages des Mallicoliens il y avait une maison dédiée à la divinité. Les crânes de toutes les personnes tuées et appartenant au bâtiment échoué à Whanou , sont encore conservés dans la pièce principale } les Tucopiens qui ne sont pas accoutumés à la vue des os humains , évitaient le plus possible de s'approcher de cette maison sacrée.

Les Tucopiens sont extrêmement doux, înofFensifs , hospitaliers et généreux. Us n'avaient jamais eu aucune communication avec d'autre bâtiment que le Hun^^^ en iSiS^ mais ils dirent que , fong- temps avant son apparition , un bâtiment s'étaiit présenté en vue de l'île , ils s'imaginèrent qu'il contenait de mauvais génies venus pour les détruire. Ce bâtiment mit son canot à la mer et s'approcha de terre j mais les habitans assemblèrent toutes leur»

forces pour s'opposer au débarquement 5 les hommes du canot firent plusieurs tentatives pour débarquer, mais sans effet, et ils retournèrent à bord de leur bâtiment , qui appareilla aussitôt et qui fut bientôt hors de vue , à la grande joie des Tucopiens. Le capitaine Dillon dit que ce bâtiment doit être le Barnwell de 1 798-

Quelques années après, une pirogue, avec quatre hommes , fut poussée par les courans , de Rotouma (îles Grenville de la Pandore ) à Tucopia , qui en est éloignée de 4^^ milles. On leur donna connaissance de l'apparition du bâtiment qui portait les mauvais génies , mais les Rotoumaïens les détrompèrent et leur dirent qu'ils avaient fréquemment de semblables visiteurs à Rotouma, et qu'ils y étaient toujours bien venus , car au lieu d'être de mauvais génies, les hommes des bâtimens étaient bons, qu'ils venaient d'un pays éloigné pour leur donner des objets de coutellerie et de verroterie. Le ffunter était le preimier bâtiment qui se présentait à Tucopia depuis cette époq\ie y et les habitans

i68 furent très-heureux quand ils l'aperçurent.

Plusieurs usages des Tucopiens sont extraordinaires. Le capitaine Dillon ht surpris du grand nombre de femmes que Ton voit à Tucopia ; il est au moins trois fois aussi considérable que celui des hommes } il apprit que tous les enfans mâles ^ à l'exception des deux aines , sont étranglés dès leur naissance. Us donnent pour raison que la population de leur petite île est si grande , que sans cette mesure ses produits seraient insuffisans pour nourrif les habitans. Tucopia n'a que 7 milles de circonférence , mais le sol en est fertile } néanmoins il y a rareté de provisions. Ils vivent principalement de végétaux , n'ayant ni porcs , ni volailles , qui sont si abondans sur les autres îles. Ils en avaient aU" trefois , mais ils furent considérés comme des animaux nuisibles , et comme tels f exterminés d'un consentement général* Les porcs détruisaient leurs plantations d'ignames , de patates , de taro et de bananes , qui , avec les fruits de l'arbre a

i69 pain y les noix de coco et le poisson , forment leur nourriture. La grande profondeur d'eau autour de l'île rend le poisson rare* *

L'île est gouvernée p«ir un chef ayant sous ses ordres plusieurs petits chefs qui font l'office de magistrats; ils vivent paisiblement; ils n'ont jamais de guerre entre eux ni avec leurs voisins , ce qui peut être attribué à leur diète pythagoricienne; mais cela ne les empêche pas d'avoir une propension au vol, et quoique la punition soit très -sévère pour celui qui est pris en flagrant délit, les gens de la basse classe s'entre-volent les fruits de leurs jardins et de leurs plantations; si le voleur est arrêté, il est conduit devant un chef, et sur la conviction du fait, son terrain et sa propriété sont saisis au profit de celui qui a été volé.

La pluralité des femmes est permise.

La cérémonie du mariage est curieuse :

quand un homme veut se marier, il consulte d'abord poliment l'objet de ses afFec-

tioBS ; si l'on agrée ses offices et que les VI. ' i5

parens y donnent leur consentement^ il envoie trois ou quatre hommes pour l'enlever comme si c'était de force. Il adresse ensuite , en présent , aux parens de la fiancée, des nattes et des provisions, et les invite chez lui à une fête qui dure ordinairement deux jours. Les Tucopiens sont trës-susceptihles sur la fidélité des femmes mariées ; une fenune surprise en adultère est mise à mort avec son amant par le mari ou par ses amis. Les fenmies non mariées sont lihres dans leur conduite^ les veuves ne peuvent se remarier.

A la naissance d'un enfant, les amis du përe et de la mère s'assemhlent et apportent des présens à la nouvelle accouchée.

On laisse la vie à tous les enfans du sexe féminin. A la mort d'un naturel , ses amis viennent chez lui , l'enveloppent soigneusement et avec beaucoup de cérémonie dans une natte neuve, et le placent dans un trou préparc près de sa demeure. Un fait curieux , dont se rendent compte difficilement ceux qui ne croient pas à l'apparition des revenans , c'est que cette croyance

est universelle parmi les insulaires de la mer du Sud ; et il n'est pas présumable que ces idées leur soient venues de Tanci en monde.

A Tucopia il existe un grand bâtiment appelé , dans le langage des habitans, la maison des esprits. On suppose qu'ils y résident, et à rapproche d'un coup de vent ou d'un orage , circonstances qui alarjnent extrêmement les insulaires , ils accourent à cette maison et y demeurent aussi long-temps que dure l'orage, faisant des offrandes de racines de kava, de noix de coco et autres mets. Us s'imaginent que l'orage est causé par le président des esprits, qui, lorsque quelque chose lui déplaît, monte sur la partie la plus élevée de l'ile, et manifeste sa colère en faisant naiti'e uiie tempête ^ et ils croient que quand il est apaisé par les offrandes il retourne à la salle des esprits.

Les Tucopiens sont d'ime couleur cuivré-clair ; ils font usage de noix de bétel et 4e churan. Ils sont très -propres sur leurs personnes , et se baignent plusieurs

fois par jour dans de petits ruisseaux d'eau fraicha, qui sont nombreux. Il y a un lac très-profond dans la partie méridionale de rîle. Ces msulaires n'ont que de petites pirogues, ils bornent leuirs voyages à l'île d'Unuto, située à environ 60 milles au vent y et aux iles Mallicolo , à la mémie distance sous le vent.

POSTSCRJPTUâf.

En achevant cette lettre il nous* tombe sons la main reKceilcnt article que M. Lesson vient de faire insérer dans le Dictionnaire géographique de Kilian , tome T, sur la Nouvetle-HoUande» Nous en extrairons quelques traits pour compléter la description de cette vaste portion du globe.

La côte offre^un coup d'œil très-varié, ayant en quelques endroits, à la distance de plusieurs milles, des chaînes d'ile? petites et stériles ; en d'autres endroits le rivage est escarpé et inaccessible , tandisqu'au nord surtout, et dans le golfe de Garpentarie, il est très-plat et d'apparence sablonneuse et nue. Il y a sur la côte orientale une singulière chaîne d'écueils de corail qui suivent cette côte dans une di-

rcction du S.-E. aa N.-O, du aS» lat. S. au détroit de Torrès, gous les noms de rescifs de la Barrîèn^ du Labyrinthe et de la Grande' Barrière. Cette ehatoe immense de rochers et d'iles est à des distances diverses de la terre ; au S. elle est à a5 ou 3o lieues du rivage dont elle s'approche en avançant an N. et finit par le joindre. On a trouvé dans ces écueils des passages praticables, notamment par i8<» 5a' et aa* lat. S. Le périmètre delà Nouvelle- Hollande est de 3a5o lienes.

Pen de contrées offrent un pins grand nombre de havres spacieux, de ports commodes et sûrs. Les côlet nord, liasses et déclives , sont bordées d*in> B<Mnbrables Ilots ; les eôiet méridionale» sont morcelées par de vastes et larges baies ; la côie occident taie présente l'immense baie des Chiens-marins, mais sans bon port, parée qu'elle t!st encombrée de bancs à fleur d'eau ; la. presqu'île Péron , qui la divise , est sablonneuse et nue ,.et l'on n*y trouve aucune source d'eau, parce que celle des ruisseaux qui y coulent, serpentant au milieu de terres basses et noyées j devient saumâtre; la mer remonte assez avant d'ailleurs dans la plupart des rivières de cette partie de la côte , et notamment dans la rivière des Cygnes, La côte sud a d'exccllens ports : en commençant par l' O. , on trouve la baie dn roc Georges oh coule la rivière des Français ; cette baie offrirait un mouillage sûr aux flottes de toute l'Europe. Si la France songe à former un établissement de forçais déportéi, il est bien à désirer, dit M. Lessoo»

qu'elle jette les yeux sar ce hane dont l'expédhioD d'Entrecasteanz a levé tous les plans , «t qui lu procurerait d'immenses avantages. Le manque d'eaa douce dans la baie ne serait point un obstacle, et la Tille principale de colonisation pourrait fort bien être portée sur la rivière , à la ou i5 lienes dans lin teneur, tandis que sur la baie on se borne* rait à établir un poste de débarquement. Yen le S.-E., les Anglais ont fondé en 1826, au superbe port JVeitem^ une colonisation réglée du port Jackioo » vis-à-vis du port Dalrymphe et de George-Town» de la terre de Diémen et au nûlieu du détroit de Bass. Ce port Western est destiné à devenir le point de communication , par terre , de la Nouvelle* Galles du sud avec la terre de Diémen , et la oangation de ces deux points se réduit à une trèi' courte traversée. La côte N. a reçu de même, en i8a6 , une colonie anglaise à l'ile MeUeviUe. Qoant à la eôte de fett, elle est découpée en baies sans nombre , telles que la baie JervU^ Batany^Bayi le poriJacki09, Broken^Bay^ le port MaequarU, et U BaU Morttan 9 parcourue par de belles rivières , garnie de terres productives ^ et jouit de tous les avan* tages qui sont refusés à la plt^art des autres point^ de la Nouvelle^Hollande.

Les vente y varient suivant les parallèles sous lesquels sont situées les diverses régions. Les moussons se font sentir dans la partie N. , où règne le plus ordinairement la mousson d'£. , et s'étendent jusque par aS» lat. S. , sur les deux côtes E. et O. La por-

tion eztra-tropicale , an contraire « est soumise à des Tents soufflant presque constamment de la partie ~de rO., qui semblent régner de 5o* à 45" lat. S, La partie S. de la Nouvelle-Galles méridionale est tellement salubre, que les Anglais Tout nommée le Lan^ guedoc austral; mais la partie N. de la même contrée étant basse 9 est soumise à l'influence d'une hante température, et des marécages y occasionnent des dysenteries et des fièvrea.

Sous le rapport des protlueiians, le luxe des plantes est renommé dans la partie orientale de la Non- Telle-Hollande y ce qui donna même lieu au nom de Baie-Bctanùfuô de la part des naturalistes qui les premiers en touchèrent les rivages ; à l'ouest, les terrea d'£ndracht et d'Edel sont beaucoup moins riches en espèces , bien que celles-ci ressemblent généralement aux plantes de l'autre côté. Ces végétaux ont un caractère unique, celui de posséder un feuillage sec, rude, grêle, aromatique, à feuilles presque toujours simples; cette coupe similaire donnée à toutes les feuilles semble être accommodée à la sécheresse du sol et destinée à multiplier les surfaces par où s'opère Ib nutrition du végétal. En outre les forêts australiennes ont quelque chose de triste et de brumeux ; la teinte du feuillage, dit M. Lesson, est d'un vert glauque, monotone ; les rameaux sont à demi dépouillés de leurs écorces fongueuses , ou celles-ci se détachent par lanières qui flottent au gré des vents. Toute la moitié intertropîcale de la Nouvelle*IIollande produit des plan-»

tes des climats chauds , et les Anglais y ont établi des cultures d'iadigo, de café et de cannes à. sucre; tandis que là partie méridionale ayant sa Flore spéciale^ et étant aussi ^la seule qui convienne aux arbres à fruits d'Europe , en a reçu quelques pêchers et même la vigne.

Leê animaux de la Nouyelle-HoUan de se ressemblent tous par un seul caractère , qui est une double poche ou la marsupialité. II n'y a d'exception qne pour trois mammifères ; une roussette , le phocpe et le chien. Les datyure$ sont des carnassiers qui, dans cet hémisphère , remplacent les fouines de nos climats. Le thylacine est de la taille et de la forme du loup qu'il représente. L'omUhorynque^ à corps couvert de poil, à bec de canard, à pieds garnis d*ei^ts Ténéneux , pondant des ceufs , sembte être , dit M. Lesson , une créature fantastique jetée sur le globe pour renverser par sa présence tous les systèmes admis sur l'histoire natn* relie 9 car il appartient tout à la fois aux quadrupèdes , aux oiseaux et aux reptiles. Les baies et les havres des côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande servent de retraite à plusieurs espèces de phoques, dont les individus se comptent par millielv. fin ce qui regarde les oiseaux , la plupart d'entre eux, ne pouvant tirer leur subsistance des fruits dont les forêts soot privées , n'ont que des genres restreints de nourriture : ceux qui vivent d'insectea ont la langue organisée comme les oiseaux des aatiys climats ; mais les perroquetSf les merles et beaucoup

d'autres pa$s«Ttauœ^ obligés de pomper les socs mielleux qui exsudent des corolles des fleurs , oat reçu à l'extrémité de la laague des faisceaux de papilles qui ressemblent à un pinceau et qui leur permettent de ne rien perdre de cette matière toujours peu abondante. Un oiseau fort curieux est le superbe menurt , dont la queue , dans les solitudes australes , est l'image fidèle de la lyre barmonieuse des Grecs. Un autre oiseau non moins remarquable est le moaeherolle crépitant , dont le cri imite à s'y méprendre le claquement d'un fouet. Dans les refh tUei^ le serpent fil, à peine long de 8 on lo pouces, occasionne la mort en quelques minutes; le serpent noir est encore plus redoutable , et son affreux venin l'a fait nommer aeanthophit boitrreau. Enfin , nulle contrée ne l'enferme un plus grand nombre d'espèces de fourmis , ni de plus grosses.

Terminons cet extraie par un renseignement que fournit Gunningbam sur le défilé par lequel il pénétra, en i8a5, au delà des montagnes Bleues. Il est situé sous le i5o* degré de longitude orientale , par 31** 4^' 3o"de latitude méridionale. L'accès de ce défilé du côté de Bathurst est par une vallée de huit milles d'étendue , qui se termine au nord-09t par les montagnes. Depuis le bas de cette vallée , qui porte le nom d'Hawkesbury, jusqu'au point culminant du passage, la montée est de deux milles , et fort rapide , eu égard à l'élévation des masses qui la bornent de chaque côté. La montée du nord, un peu plus escarpée, n'a qu'un mille débogueur.

Les plaines de Liverpool , que M> Oxley décoaTnt «D 1818, sont comprises entre i5o*-i5o' 5o" long. E. et3o« 45'-3i« 3o' Ut. S. Elles sont disposées es lizières» qui ont de 5 à 10 milles de largeur, et oîi l'on ne troa?e aucun arbre de haute futaie, si ce n'est de loin à loin l'acacia pendu la et l'eucalyptai mannifera» Une étendue non interrompue de 5o milles Ta da nord au sud , et une autre de 5o à 60 se dirige de l'O. N. O. à l'E. S. £., et se prolonge jusqu'aux montagnes.

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LETTRE XLTIII.

NOTASIE

ARCHIPEL ASUTIQUE.

Quelques généralités sur l'archipel Asiatique. Sa division : iles de la Sonde , comprenant Sumatra , Jaya , Bali , Lombok , Sumbayâ , Florès et les îles Timoriennes^ Bornéo ; Philippines; Célèbes, Molaques.

De la Nouvelle-Guinée et de Tile de Waigiou qui l'avoisine , nous passons au nord-ouçst dans ce vaste amas d'îles rapprochées des cdtes sud- est du continent asiatique , et que pour cette raison les géographes sont généralement convenus

d'appeler grand archipel d'Asie ou archipel Asiatique y ou simplement Notasie j mot formé du grec nodsy austral ou notosj midi, et du nom même de la plus grande partie du monde.

La Notasie ou V archipel Asiatique repose entre le 1 1' degré lat. S. et le ig*^ lat. N., et depuis le gS' jusqu'au i3i' long. E.

Sa forme triangulaire est analogue à la chaîne des îles Formoses et du Japon. La base , composée par les grandes îles de la Sonde y est baignée au sud par l'Océan indien^ elle s'étend de l'ouest à l'est, dans une longueur de i i5o lieues, depuis le cap d'Achem, extrémité nord-ouest de Sumatra ^ lie elle-même au nord-ouest de Java, jusqu'au petit archipel des Key , situé au nord-est de Timor-Laot. Le côté occidental, figuré principalement par l'île de BornéOj que la mer de Chine sépare de la côte d'Asie, se prolonge du sud-ouest au nordest sur un espace de gSo lieues ; les Philippines et les Moluques fornoient le côté oriental , que Laigne le grand Océan proprement dit, dans une direction nord-sud^

i8i léghretneai inclinée Vers 1- est y et sûr ttne longueur de 750 Heues. Au centre se trouv« Célèhes , que regardent en divers sens les fies de la Sonde, Bornéo, les Philippines et les Moluques.

Le circuit de l'archipel entier est ainsi dea,85o lieues. La ^£/7;/hre qu'il occupe est de 35o,ooo lieues carrées, dont près des | sont couverts par les eaux, ce qui ne laisse pour les terres qu'environ gg^^^^o lieues carrées, sur lesquelles est disséminée une poj/ulation approximative de t]^^ ,000,000 d'hrabttans } surface et population réparties connue il suit :

Usf. SVPIKVlOlB. HABIT AHS.

Iks de la Sonde. . . . a^iiol. e. i4,o<k>«o6o

( Snnutra , ^ava, ^li , Svmbava f Flore» , Timqr et aotres. )

Bornéo '. • • 4k>»ooo 3,oûo,ooo

Philippines , . 49,000 6,000,000

Gélèbet 6,000? S^ooo^ooa

Moluques ' 5,000? 1,000,000

Tout l'archipel Asiatique est traversé VI. 16

presque dans «on centre par la Ugne équinoxiale , ce qui en rend le cUmal nécessairement trfes-chaud , excepté sur les lieux àevés. D'aiUeurs, près des rivages les brises de mer et ceUes de terre modèrent aussi la température équatoriale. L ordre des saùons est ici déterminé par celui des vents; ceux d'ouest amènent la saison sèche ou l'été , «oit au nord, soit au midi de l'équateur j ceux d'est précèdent l'Mver ou la saison pluvieuse. Les venu absés se font sentir des deux côtés dé la ligne et «jufflent toute Vannée , d'^me manière consunte, soit du nord-est, soit du sudest, selon que le soleil est au nord ou au midi de l'équateur. Les moussons, qui dans l'archipel Asiatique sont un peu combattues par les vents alises, sont au contraire seulement périodiques; pendant six mois eUes soufflent de l'ouest, et pendant les «X autres mois de l'est , mais dans un sens inverse des deux côtés de la ligne , ou également se ren^rquent les courans généraux, et un autre mouvement qui i»rte les eaux du pôle à l'équateur, phénomènes

sur lesquels, nous essaierons .de rerenir plus tard , dans un-coup d'œil général sur.

rOcéan.

Un des grands caractères de l'archipel Asiatique est d'être découpé par le grand Océan , qui y forme de véritables mers intérieures y lesquelles ne diffèrent des nrers de cette espèce en Europe que parc^ qu'eUes ont plusieurs issues , communiquant toutes entre elles par un nombre infini de détroits j embarrasséSi pour la plupart d'ilôts, d'écueils et de bas-fonds. Les mers sont celles de Java^ entre Java et Bor- . néo; de la Sonde j entre Sumbava, Bornéo et Gélèbes; <^ Florès ^ entre cette ile et Gâèbes; des Molui/ues ou Banda ^ entre r«xtrémité orientale des îles Sumatriennes et les Moluques } de Célèbes ou àe Bornéo y entre Célèbes, Bornéo et les Philippinéft } de Mindoro ou Mindanao ou des Phifîppinesj entre Palawan, les îles Bissayas, Mindanao et Bornéo. Les détroits les plus remarquables sont ceux de la Sonde y proprement de Sunda, qui communique de la mer des Indes à cdle de

Java y entre Sumatra et Java) da Bancay entre l'ile de ce nom et celle de Sumatra; de Gaspar et de Clément , séparé^ entre eux par la petite île Pulo-Lit, entre Banca et Billiton; de Carémalt^y entre BillitOA et Bornéo. Ces détroits conduisent de la mer de Java à cçile de la Chine ^«celui de Gaspar est le plus fréquente. U y a encore 1^ large détroit de l^afiassqr ^ qui, entre Bornéo et Célèbes y communique de la mer de la Sonde à celle de Célèbes j le passage des Moluques etcjelui de Gilolaj le premier à l'ouest, le second à l'est de Cirilolo f et conduisan): l'un et l'autre de la mer des Moluques au grand Océan.

Un autre caractère de la Notasie est dans ses productions.» Le muscadier et le giroflier lui sont propres , ain^ que l'arbre à pain , lequel atteint jusqu'aux rivages méridionaux de Sumatra, mais sans passer le détroit de Malacca , qui semble avoir marqué la limite e:ç.trên!ie de sa végétation. Le poivre,. le camphre, le coton, l'indigo , le sucre , le tabac , le gingembre, lé riz , les bois de fer et d'ébène sont aussi

i85 des produits de Farchipel Asiatique y dont le règne animal se distipgue également par de grands quadrupèdes qu'on ne refxouve point dans l'Ai^stralieni dans la Polynésie et qui , peut-être , sont venus io l'Asie en franchissant le détroit de Ma^ lacça 9 si même postérieurement la m)?r ne s'y est point creusé ce passage. Parmi ces quadrupèdes se distinguent en effet lea grandes espèces du continent asiatique^ telles que le rhinocéros , le tigre , Télé* phant que Ton rencontre à Sumatra, Jay^ et Bornéo, dont les principales rivière»

nourrissent l'hippopotame et le crocodile^ et dont les forêts sont peuplées de singef.

et de gros sérpens.

Pour ce qui est des habitanSylaiTSice malaie ou malaise a son berceau çt son foyer dans l'archipel Asiatique , où l'islamisme est dominant et où. les gouvernemens sont presque tous un féroce despotisme, comme uous allons le vpir en parcourant les di-^ vers groupes de cet a^'chipel, dans l'ordre QÙ nous venons de les indiquer.

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