‹ Voyage dans les régions arctiques [microforme]Chapitre 78 sur 103 · POISSONS · texte numérisé non relu

POISSONS

A l'exception des prairies des rivières Rouge, Saskatchewan et Colombia, tous les districts des pays à fourrures sont coupés par des lacs et des cours d’eau fort abondants en poissons. Particulièrement dans les districts où dominent les terrains primitifs, les rivières ne sont guère que des chaînes de lacs à plusieurs branches, liés ensemble par des rapides resserrés ou des cascades. Comme c’est là, du moins dans lés parties boisées, que l’on trouve le plus de fourrures, la plupart des forts ou postes de traite s'y sont établis. Sans l'abondance du poisson, en effet, on ne pourrait se procurer les provisions nécessaires: une troupe qui ne voudrait vivre que de viande toute l’année ne pourrait y réussir si elle était considérable, parce que les gros quadru-

pedès ne sont pas assez nombreux pour cela. Les

postes à viande, comme on les appelle, ne peuvent

se fonder que dans les prairies qui fourmillent de bisons et de cerfs, ou dans certaines localités près de la limite septentrionale des bois, où le renne passe en troupes nombreuses au printemps et dans l'automne. Dans quelques quartiers , ainsi que nous l'avons déjà dit, on peut se procurer assez d'oies pour plusieurs semaines ; dans d’autres, on prend beaucoup de ptarmigans; mais, en général, aucun endroit ne peut é choisi avec sécurité pour un poste d'hiver s’il n est voisin d’une bonne station de pêche.

Hearne et les voyageurs qui l'ont suivi ont donnt d'amples détails sur les procédés en usage pour prendre du poisson dans les pays à fourrures ; on les trouve aussi dans le troisième volume de la Faune boréale américaine. Il n’est donc pas nécessaire de nous étendre sur ce sujet; disons seulemeñt qu’à toutes les stations de pêche la majeure partie des provisions d'hiver s'obtient en automne immédiatement avant ou peu de temps après que les lacs ont gelé. Dès que le poisson est ôté des filets, on lui passe une gaule à travers lesouies, eton le suspend sur des échafauds élevés hors de la portée des chiens et des bêtes de proie.

Celui qui est ainsi pendu avant la gelée acquiert une

odeur putride, mais on croit que la qualité s'en

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aiéliore ; celui qui est pris plus tard se conserve tout

l'hiver par la gelée sans altération. :

Lux ATrimawmec ou Poisson BLANC, Coregonus

albus.

Ge poisson célèbre se trouve dans toutes les pièces d'eau duuce entre le luc Erié et la mer Arctique, et l'on peut dire que la traite des pelleteries est en quelque sorte fondée sur les produits abondants qu'en fournissent les pêcheries, L'Attihawmeg, ou poisson blanc des voyageurs, parvient à sa plus grande dimension dans les lacs les plus grands et les plus profonds; on en trouve du poids de zo livres (4,53 kil.) et au-dessus dans les lacs Huron, Supérieur et du Grand-Ours ; mais ceux que l’on pêche dans les contrées à fourrures pèsent l’un dans l’autre de 3 à 4 livres (1,36 à 1,81 kil.). Dans la saison, il est d’une saveur riche, agréable et très salubre:; on ne s’en lasse jamais; et même, lorsqu'il est maigre, 1l est préférable, comme article de nourriture, à tout autre poisson du pays. Quoique de la famille du saumon,

Je poisson européen qui lui ressemble le plus, quand il

est cuit, est peut-être un hareng gras du lac Fyne

lorsqu'on vient de le tirer de l'eau. Dans les pays à fourrures, Îe mode de cuisson le plus ordinaire consiste à le faire ‘bouillir ; il donne ainsi une soupe blanche excellente; il est extrêmement bon quand il est frit, surtout si on l’a d’abord enveloppé d’une pâte.

Les autres poissons que l'on prend en différentes localités des pays à fourrures ne sont pas en assez grande abondance pour être mis en ligne de compte quant à la question économique : ce sont des truites de diverses espèces, dont la principale est le Sa/mo namayseus; le brochet (Esox lucius) ; plusieurs catastomes (sucking carp }, et le methy ou lotte de rivière (Lota maculosa). Toutes les truites sont excellentes , particulièrement la grande que nous avons nommée; cependant elles forment une nourriture accidentelle plutôt que régalière, car on ne les pêche abondamment que dans quelques mois de l’année, particulièrement à l’approche du printemps. Le brochet est d'une grande importance, à cause de la facilité avec laquelle il mord à l’appât en toute saison, plutôt qu’à cause de sa bonté comme nourriture; car, à cet égard, il est inférieur à toute la classe des traites. Il est à remarquer qu'on ne trouve

pas le brochet à l’ouest des montagnes Rocheuses ,

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di

tit ide à

pays à quoique l'espèce pêchée à l’est de cette chaîne soit s à ; la même que celle des rivières et des lacs de l'Euonsiste rope, de l'Asie septentrionale, et même de la mer lanche Caspienne.

il est ds à e pâte , Les catastomes ne sont pas très estimés comme Te nourriture, mais ils sont abondants et bons pour faire L] PS v de la soupe. Les Meihy ({ota maculosa) , quoique moins nombreux que les coregones, les truites et les -ompte k catastomes , sont cependant répandus dans tous les truites districts à fourrures : mais la chair er. est si mauvaise Salmo L e ; qu on la mange seulement dans les temps de disette. 1sieurs Se Cependani ses œufs, très petits et en grand nombre, . foninent une espèce de pain agréable quand il est battu >s son | avec un peu de farine; même lorsqu'ils sont cuits seuls, > nous : ils donnent des gâteaux très mangeables avec le thé, 1ourri- Mais d’une digestion difficile.

ne les el il Y ? aussi d'autres poIssons moins généralement e l’an- 1 L répañdas, mais qui ont une importance notable dans ps. Le dl certains districts où Îls se trouvent, Ainsi la pêcheric > de la À : de Cumbcriind- House, sur le Saskatchew: n . donne, e saiindépendamment des espèces ci-dessus rommées , le nournc] Brochet-Perche ou Sandre d'Amérique (Lucioperea ute la

Americana ); le Mathemeg ( Pimelodus glacialis ) : trouve d © |

le Tullibee, espèce de corégone; le Naccaysh (Ziodon

'USCS ;

chrysopsis, Faun. bor. «amér., p. 239, 311, pl. 94, fig. 3, À B C); et l'Esturgeon ( Acipenser Rupertiunus).

Aucun des poissons nommés dans le dernier paragraphe ne setrouveaussiaunord quele lac de l'Esclave; mais nous y avons le Salmo Mackenziü, qui y ‘ient de la mer Arctique et n'existe pas dans les eaux plus méridionales. Ce poisson, quoique se rapportant à l’ordre des truites par la structure des mâchoires, diffère de tous les sous-genres établis par Cuvier dans le Règne animal, par ses dents en “elours disposées par bandes, étroites aux extrémités des mâchoires et plus larges sur le vomer et les os du palais. D’après ses petites dents serrées, on peut donner à ce sous-genre le nom de Srenonus, dont l'Inconnu ou Salno Mackenzii cst la seule espèce reconnue. L’Ombre de Back (T'hymailus signifer), et le Poisson Rond (Coregonus quudrilateralis) abondent dans les rivières limpides qui aflluent au nord et à l’est du lac de l'Esclave et dans les eaux des plus hautes latitudes ; ils existent aussi, wais pas en grand nombre, dans le grand lac de l'Ours; le poisson le plus abondant de cette vaste pièce d’eau

est le Saumon-hareng (Cosegonus lucidus). L'In-

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paraclave; cient plus ant à )Ires , uvier {ours s des s du peut dont pèce fer), alis)

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APPENDICE. 361 connu ne remonte pas la rivière du lac de l'Ours, et donne la préférence aux eaux vaseuses.

Le saumon des diverses espèces dépose son frai dans

les rivières qui se rendent à la mer Arctique; le ca-

/ pitaine sir James Ross en a pris une grande quantité dans le golfe de Beothia. Il est donc probable qu'il

en entre quelques uns dans le Thlew-ec-Choh, quoi-

qu'on n’en ait point rapporté de spécimen.

Observation. — Dans le tableau qui suit, toutes les mesures sont

françaises ; les degrés du thermomètre sont centigrades ; les chiffres à

la suite des airs de vent donnent les rapports de la force du vent.

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