‹ Voyage dans les royaumes de Siam, de CambodgeChapitre 2 sur 6 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

les Anglais dans la vallée de l'Irrawadi; ils l'ont explorée en conquérants, et en ont réduit la moitié méridionale en provinces anglaises. Toutes les grandes sectes chrétiennes ont eu et ont encore des missionnaires dans rindo-Chine, et plusieurs même possèdent des temples à Siam. Le meilleur livre * qu'on ait écrit sur ce dernier pays est l'œuvre d'un évêque catholique. Les pages les plus intéressantes et les plus douloureuses des Annales de la Propagation de la foi sont consacrées à la Cochinchine et au Tonquin. De courageux missionnaires se sont établis depuis une douzaine d'années dans les marches sauvages de l'Annam et du Cambodge; ils ont navigué sur le grand fleuve Mékong, l'artère de la grande vallée orientale de l'Indo-Ghine, et ont signalé à la géographie le vaste lac Touli-Sap et les ruines antiques qui dorment sur ces bords.

L'honneur de relier l'ensemble de ces découvertes, de décrire, et de dessiner ces ruines , de traverser la chaîne qui sépare les deux bassins du Ménam et du Mékong, et de remonter ce dernier fleuve jusqu'aux frontières de la Chine, était réservé à un de nos compatriotes, M. Mouhot, choisi pour cette mission par les sociétés scientifiques de Londres.

n a payé cet honneur de sa vie, mais un honneur plus grand était réservé à sa mémoire. Récemment une commission française, chargée par le gouverneur de Saigon de remonter le fleuve Mékong et d'en relever topographiquement le cours, a croisé, à plusieurs reprises, les traces de Henri Mouhot, et dans le

1 Description du royaume Thay ou Siam, par M»' Pallegoix. Paris, 1854.

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