‹ Voyage de Benjamin Bergmann. Chez les KalmuksChapitre 7 sur 49 · XIX · texte numérisé non relu

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dans l'armée prussienne , et ils sont persuadés que, sans cette ruse, le roi de Prusse n'eût pas fait sitôt la paix.

Un autre préjugé qui n'est pas moins répandu, est que les kalmuks mettent la viande sous la selle de leurs chevaux, et se dispensent par-là de la faire cuire. On a peut-être remarqué des morceaux de viande ou de graisse sous la selle des chevaux, et l'on s'est de suite empressé de répandre le bruit, que les kalmuks mettaient là leur viande pour la manger sans la faire cuire ni rôtir , sans réfléchir combien ce moyen eût été difficile à supporter par les chevaux, et combien la viande ainsi parfumée de la sueur de cheval devait être désagréable. Il est vrai que ces derniers mettent souvent des morceaux de viande et surtout de graisse sous la selle de leurs chevaux ; mais leur but est seulement de guérir les plaies que les selles de bois font ordinairement sur le dos de ces animaux; mais lorsque cette viande a servi à guérir ces plaies, les kalmuks ne la mangent pas, ils la jettent. J'ai causé quelquefois de ce préjugé avec eux, et ils ont ri aux éclats de la simplicité des

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européens. L'interprète Gerbounow, qui a vécu plus de quarante ans avec les kalmuks, et qui les accompagna clans diverses campagnes contre les turcs et les tartares, fut si étonné de ma supposition , qu'il ne revenait pas de sa surprise. Ils sont même si éloignés de manger de la viande crue, qu'ils s'étonnent que nous autres européens puissions manger des jambons crus.

De pareilles erreurs pouvaient cependant être combattues par des personnes qui ont habité pendant plusieurs années parmi les peuplades mongoles, qui ont appris leur langue, et qui avaient des notions exactes sur leur manière de vivre et de penser, leurs mœurs, et leurs usages. C'est aussi ce qui arriva ; mais ces personnes ne possédant pas toutes les connaissances nécessaires pour parvenir à ce but, le résultat de leurs objections n'eut pas toujours tout le succès nécessaire. Jèri^, cet enthousiaste adinirateurdes mongols, est presque le seul qui ait séjourné chez les kalmuks dans une vue littéraire. Nous lui devons beaucoup de matériaux essentiels 5 mais Jèrig possédait, avec une amande connaissance des dialectes

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mongols, trop peu des connaissances nécessaires pour une pareille entreprise, et lors même qu'il les eût possédées, son esprit était trop enthousiaste pour être propre à nous donner une idée exacte des peuplades mongoles. Il y a beaucoup d'interprètes qui ont demeuré long- temps chez les mongols, ou qui y sont fixés $ mais on ne peut rien espérer de leur part, car ils n'ont aucune connaissance ni en littérature, ni en mythologie. D'ailleurs les mœurs nomades leur sont devenues si familières, qu'ils ne se doutent pas qu'il soit nécessaire de les décrire.

Si l'on avait traduit les documens les plus essentiels , et qu'on en eût excepté plusieurs peu importans qu'on nous a fait connaître, il est incontestable que c'eût été le meilleur moyen de nous éclairer sur les connaissances littéraires, philosophiques et théologiques des mongols. Les morceaux traduits par Jèrig, comprennent à la vérité des détails sur les principaux dogmes mongols; mais en général ils sont si mal choisis, et si médiocrement traduits, que l'on est, pour ainsi dire, éloigné de lire des documens de

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