XXVI
Rien ne saurait égaler ma joie, lorsqu’après une absence de trois ans, je me retrouvai de nouveau dans les environs deSarepta, et que je revis dans cette ville M. Neiz qui se fit un plaisir de m’enseigner la langue kalmuke.
Grâce à un travail suivi et opiniâtre, je me vis bientôt en état de traduire tout seul l’ouvrage mongol dont je n’avais pu comprendre que quelques feuillets qui m’avaient été dictés par M. Neiz. Je m’arrêtai deux mois à Sarepta, et je quittai cette ville pour me rendre au milieu des hordes pour y réunir les matériaux nécessaires à l’exécution de mes projets.
Le manque d’argent , de secours et d’égards, m’obligèrent au bout d’un an de renoncer à mon plan. Ce que j’offre maintenant aux lecteurs, est le fruit de mon travail pendant cette année.
J’ai choisi, pour la narration de mon voyage, le style épistolaire, premièrement, parce que cette forme me donnait plus de liberté , sans avoir besoin d’adopter un ordre systématique pour décrire les mœurs et les usages. Secondement, parce que j’ai supposé