VI
peut tarder à paraître, je ine suis décidé, en attendant la publication de l’ouvrage entier, de donner la partie qui n’est pas susceptible de changemens. C’est la relation du voyage que Benjamin Berginann a fait chez les kalmuks , et qu’il raconte dans une suite de lettres adressées à un de ses amis. Ces lettres sont d’un style facile ; il y règne cette sorte d’abandon que permet le genre épistolaire; défaut qui, si c’en est un, paraîtra plus sensible encore dans la traduction que dans l’original , parce que la langue allemande étant trois fois plus riche d’expressions que la langue française, la narration semble plus variée dans la langue de l’auteur que dans la nôtre. L’on remarque presque partout dans les lettres de Ben jamin Bergmann un louable désir de dégager son esprit de toute hspèce de prévention; il veut nous faire connaître le peuple qu’il a visité, tel qu’il est; il cherche à s’oublier lui-môme et à se mettre à la place d’un kalmuk, pour voir, agir et sentir comme lui , afin de mieux nous dire ce qu’il a éprouvé. Quelque difficile que fût cette tâche, il s’en est acquitté de manière à satisfaire presque toujours un
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lecteur judicieux. Son ouvrage est plein de remarques et d’observations exactes et vraies; l’esprit de l’observateur se montre à chaque page de son livre, et quand on a lu les lettres de Benjamin Bergmann , il semble qu’on connaît le peuple nomade qu’il nous décrit , comme on connaît ses voisins.
Leurs mœurs, leurs usages et leurs habitudes y sont racontés avec une simplicité qui fait que la mémoire les retient sans peine; on se familiarise même promptement avec une manière de vivre si éloignée de nos habitudes européennes.
Je n’entrerai point dans les détails du plan de l’ouvrage et dans les motifs qui ont déterminé l’auteur à le composer. L’introduction qui précède les lettres contient à cet égard tout ce qui peut satisfaire la curiosité du lecteur. Je m’étais proposé de joindre aux lettres des notes explicatives et des observations, mais je les réserve pour la publication complète de l’ouvrage; je me bornerai seulement à faire remarquer en passant que l’hypothèse de l’auteur sur la ressemblance des kahnuks avec les huns est un peu hasardée, et que ce passage de