Voyage de Charles-Quint par la France
E tous les poètes du xvi« siècle, René Macé, Fauteur du F^oyage de Charles Quint par la France, est certainement aujourd'hui un des plus oubliés, bien qu'il ail eu son heure de gloire et de célébrité. Les auteurs, ses contemporains, n^ont pas manqué de lui décerner les épithètes les plus flatteuses; malheureusement ils n'ont pas prodigué de la même façon les détails biographiques sur son compte, et, en dépit de bien des recherches (i), nous devons
(i) Notre confrère M. de Fleury, ancien archiviste de Loir-et- Cher, a bien voulu, pour nous, faire aux Archives de Blois des recherches, restées infructueuses, dont nous le remercions vivement.
INTRODUCTION
nous contenter des renseignements que nous donne d'une part la notice de Lacroix du Maine (i) et de l'autre un seul vers d'Antoine du Saix, que jusqu'ici on n'avait pas utilisé.
i( René Macé Vandomois », nous dit Lacroix du Maine ; notons à ce propos que la famille de René Macé était sans doute originaire de l'Anjou, où le nom de René, porté par saint René, patron d'Angers, et par le Bon Roi, a dû être très répandu ; ajoutons de plus que la connaissance exacte que montre Macé de cette province et le soin qu'il a pris de lui consacrer un long poème, sont de fortes présomptions en faveur de l'origine angevine de notre poète. Le nom de Vendômois (Vindocinensis), que nous voyons apparaître dans presque tous les manuscrits de ses ouvrages, lui vient donc, non pas de la ville où il naquit, mais bien du lieu où il prononça ses vœux, en devenant moine bénédictin de la Trinité de
(l) Bibliothèque fraiicoise, éd. 1772-177J, II, J70. — Remarquons que la première édition de Lacroix du Maine a i)aru eu i584 : Reué Macé vivait en 1340, comme nous le verrons plus loin : le témoignage de Lacroix du Maine oflVe doue |ire!^(jue autant de garanties que celui d'un conteinpoiain.
INTRODUCTION
Vendôme (i). Lacroix du Maine ajoute :
« surnommé le Petit Moijie, chroniqueur du roi et son poète, homme fort estimé de son temps I) .
Ces quelques lignes de Lacroix du Maine contiennent tout ce que les biographes ont dit de René Macé, aussi bien D. Liron (2) que l'abbé Gouget (3), qui le premier cependant a produit le témoignage contemporain d'Antoine du Saix. Antoine du Saix cite deux fois le nom de Macé ; c'est d'abord au commencement d'un de ses ouvrages, en faisant l'éloge des « maistres jurez et coronnez en l'eschole de Minerve, comme sont Saincl Gelais, René Macé, La Maison Neufve, etc.. (4) » ; c'est encore dans une des pièces de vers qui font suite à son Es-
(i) C'est à tort que l'auteur (D. J. François) de !a Bibliothèque générale des écrivains de l'ordre de S' Benoist (II, l3ç)) |)rctend que le Père Lelong fait naftre René Macé à Vendôme. Le Père Lelong, dans sa Bibliothèque historique, lui donne siiuplement le nom de Fendômois.
(2) Bibliothèque chartraine forinaut rj,mique vol. de la Biblio. thèque générale des auteurs de France, 1719,1). i36.i37.
(3) Bibliothèque française, XI, 375 et 3go ss.
(4) La touche naifve pour esprouver Vamy et le Jlatcur, invente par Pluturqur, etc., (i;»37). Dédiciice au roi, fol. 7 v».
JV INTRODUCTION
peroii de discipline (i). Dans ces vers, le poète ne ménage aucune flatterie à son confrère : il ne saurait, dit-il, passer sous silence « le grand Renay Macé » ,
Celluy qui a tout le loz amassé.
Que jamais homme en Europe et Asie
Peust mériter par liaulte poésie.
Souventes fois en la Cour Jupiter Procès fut meu jusques au despiter, Et tirer droiz du profond de l'aumaire. Sur le combat de Virgile et de Homère, Auquel des deuz pour tiitre glorieux Appertenoit le nom victorieux :
Mais au rapport de son Huissier Mercure, Comme raincuz de combattre ils n'ont cure, Depuis que au monde en estime a régné L'excellent nom du triompliant Renay.
Si quelque loy ou statut canonicque Semble a aulcun non entendent inicque, Venez a luy a consultation ; Il en donrra rinteq)retation, Quoyque d'eneur sentence eu soit vieillie. Ritlime a esté longtemps ensevelie, Mais par Renay rare régnant renaist :
Car tel que luy vivant en terre n'est. Dont pour aultant qu'il est en l'art unicque, C'est l'escripvain de Royalle Cronicque Du lys François que l'on consacre a Reims, Tant que prieur il en est de Beaureins.
(i) Éd. ioji (?), fol. signe N.
INTRODUCTION
Nous savions déjà que Macé était chroniqueur du roi (Lacroix du Maine nous l'avait appris, et René Macé, dans le prologue de sa Chronique en vers faisant suite à celle de Guillaume Crétin, ne nous laisse aucun doute à cet égard) ; mais ce que nous ignorions, ce que l'abbé Goujet lui-même, tout en citant le vers, n'avait pas relevé, c'est que le Petit Moine de Vendôme eût été prieur de Beaurain. Beaurain (i) était alors un prieuré bénédictin, a nomination royale^ dépendant de la grande abbaye de Marmoutier ii) : il n'est donc pas étonnant que le poète de François P'', sou chroniqueur ordinaire, appartenant du reste à l'ordre de S' Benoît, ait été pourvu de ce bénéfice. Nous pouvons supposer d'ailleurs, d'après le dernier vers d'Antoine du Saix, que cette nomination de prieur suivit de très prés celle de chroniqueur du roi, et qu'en succédant, en iSaS (3), à Guillaume Crétin, Macé prit en
(i) Département du Nord, canton de Solesmes.
(2) Dictionnaire de Géographie sacrée, I, col. 72,1, dans le XXVIIP vol. de V Encyclopédie tliéologi</ue de la Collection M igné.
['i) R. Mari-, (l;iiis une note mise en marge du Fojage dt'
^) IXTRODUCTIOX
même temps congé d'Antoine de Grèvent (i), abbé de Vendôme, pour s'en aller administrer le prieuré de Beaurain .
A partir de cette époque, Macé a dû partager son temps entre son prieuré et sa charge d'historiographe royal ; nous le retrouvons, en i54o, année où il compose sur l'ordre de François I*""" le Voyage de Charles Quint par la France. Nous le perdons dès lors de vue ; mais on peut supposer qu'il mourut peu de temps après, car il fut malade, comme il nous le dit (2), pendant le carême de i54o, et aucun de ses ouvrages ne se rapporte à une date postérieure. Quelle que soit du reste la date de sa mort, René Macé en avait assez fait, paraît-il, pour forcer l'admiration de ses contemporains. Ce n'est pas seulement le poète Antoine du Saix
Charles Quint par la France (v. 994, en note), nous ai)pren(l qu'il avait présenté !e prologue de sa Chronique à François I"^ revenait d'Espagne (mars f5s>.6). Sa nomination de chroniqueur était donc antérieure à cette époque, et datait au moins de février 1325 (Bat. de Pavie), ce qui concorde avec la date attribuée jusqu'ici sans grandes preuves à la mort de Guillaume Crétin.
(i) Mémoire pour servir à l'histoire de la Sainte Trinité de Vendôme, p. 355-355, formant le tome II de VHistoire de Fendante, par l'abbé Simon, i834, 3 vol. in-'>.
(•2) Voy. v. 714, en note.
INTROnL'CTIO>f VI]
qui le loue comme un maître, c'est aussi GeofroiTory,qui, s'inspirant de Properce, s'écrie (i) avec enthousiasme : « Arrière ! arrière ! autheurs grecz et latins : de René Massé naist chose plus belle et plus grande que le Ihade » . C'est aussi Germain Colin, qui, dans une Epître à Jacques Boucliet (2), parle du « François » de Macé, qui
... est (le telle j)restance Qu'il resplendit autant que le latin ;
c'est Bouchetf3), qui se défend de haïr Macé, lui reproche toutefois d'avoir médit d'un innocent, mais ne peut méconnaître sa valeur; c'est Ronsard (4) enfin, qui, dans une ode supprimée par les éditions postérieures à i55o (5), veut que ses vers témoignent la « gloire )) de Macé et portent aux générations futures le nom célèbre de l'excellent poète.
(i) Champ Jleurj..., iDsg, fol. III r°.
(2) Epistres morales et familières du Traverseitr, i545, fol. 43, ro.
(^3) Ibidem, fol. 46 i'" ^^ ^■°-
(4) OEuvres complètes, i^S~, II, 408-409.
(5) Cette suppression explique le doute que La Monnoye, dans la Bibliothèque de Lacroix du Maine, émet sur le témoignaj^e de Ronsard relatif à Macé. •
VUJ INTRODUCTION
La critique moderne doit-elle ratifier les louanges que les contemporains prodiguaient à Macé?
C'est là une question que le lecteur pourra résoudre lui-même en lisant le Voyage de Charles Quint par la France ; et l'appréciation qu'il portera de la valeur littéraire du Petit Moine sera sans doute la même que celle que nous donnons plus loin .
Quant aux autres ouvrages de Macé, que nous allons passer en revue, ils présentent sans exception ce mélange d'afl'éterie et de préciosité qui caractérise les poètes de l'école de Guillaume Crétin. Ces ouvrages, tous en vers et tous manuscrits, sont de deux sortes, latins et français :
Ouvrages latins. — I. — Bibliothèque de Gotha, ms. sur parchemin de 87 feuillets (i). — Ce ms. porte le titre à'^Andias seu Elogium iirbis Andes et est dédié à Louise de Savoie,
(i) Ce ms. est analysé dans les Beitrxge zur mltern Litteratur... par Fr. Jacobs et F, A. Ukert, Leipzig, i834, I, 177-181. Il a été signalé par M. L. Delisle dans le Bulletin de la Société Je l'Histoire de Paris, II (1875), p. l'i.
INTRODUCTION JX
mère de François P^ C'est un poème en distiques latins, divisé en trois parties, où Macé, après avoir parlé de la fondation des villes de Vendôme et d'Angers, passe en revue les beautés de l'Anjou, la qualité de ses vins, la grâce et la sagesse de ses femmes ; il vient ensuite à dire les actions de ses grands hommes, avec une chaleur qui ne convient qu'à un Angevin, et termine en faisant l'éloge de S* Maurice d'Angers, qu'invoquent les femmes stériles :
O quoliens illuin votis preriljusque vocavit !
O quotiens liumiles oljtulit Anna manus! Anna suo cupiens innatiun ducere regem
Gignere, qui Galliim duceret imperium At renuere preces cœlestia numina, Francus
Non alio melitis rege regendus erat.
Quam bene suh Franco Francisco Francia franca est.
Principe suh Franco franca sit illa opus est.
Ces vers sont une délicate flatterie à l'adresse de Louise de Savoie, et font allusion à la stérilité d'Anne de Bretagne, qui permit à François P"" d'occuper le trône de France en i5i5. La reine-mère, plus tard, n'oublia sans doute pas le Petit Moine, qui, dans le Voyage de Charles Quint, ne manque pas l'occasion de rappeler sa mémoire. Ce fait nous donne une
INTRODUCTION
date pour VJndias, qui ne peut être antérieur à l'avènement de François P"",
II. — Bibliothèque nationale, ms. lat. 8417 (anc. 65 17). — C'est un ms. sur velin qui comprend, en vers de tout mètre, des Élégies^ des Epigrammes et des Epîtres. La première pièce, Cupidinum elegla prima, est dédiée à François I*""; les autres sont adressées à des personnages du temps, parmi lesquels nous remarquons seulement le poète Robert Corhin (i\ dont Macé se dit Vamicissimus (2), Ces vers, la plupart assez élégamment tournés, ne sont guère que des réminiscences classiques, et la part de l'auteur est plus que minime dans leur composition.
Ouvrages franç\[s. — 1. — Bibliothèque nationale, mss. fr 49^6 (anc. 6935*) et aSaS (anc. 8402'). — Ces deux manuscrits composent tout ce que nous avons aujourd'hui, à notre connaissance, de la Chronique rimée de Macé. L'œuvre de Guillaume Crétin, qui s'arrête à la
(i) Voy. Lacroix fin Maine, Bibliothèque francoise, II, .'J82. (.i) Fol. i) vo à 16 r».
INTRODUCTION xj
fin des Carolingiens, est contenue clans les mss. fr. ?,8 17-9-822 de la Bibliothèque nationale; René Macé, après un long prologue où il parle de G. Crétin et de sa devise Mieulx que pis, continue dans le ms. 49^6 la Chronique rimée depuis Hugues Capet jusqu'à la fin du règne de Robert (i). Vient ensuite une assez longue lacune, le ms. 2823 (P. Lelong, n° 16677) "^ commençant qu'à la mort de Louis-le-Gros et necomprenant que lerègne deLouis-le-Jeune(2). Macé avait-il composé la partie de la Chronique qui s'étend entre la mort de Robert et celle de Louis-le-Gros? Cela est évident; il avait même poussé son œuvre beaucoup plus loin, car d'une part, nous lisons à la fin du ms. 2828 : « J'ay escript de la suytte deceste bystoire jusques aux guerres de Philippes de Valois el des Anglois et j'ay commencé a Hue Capet »; et de l'autre, une allusion faite en marge d'un ms. du poème
(1) Une note de Duchesne sur la garde du ras. 4966 attiiliue à tort l'ouvrage à Guillaume Crétin : les premiers vers du Prologue nous disent au contraire que l'auteur a u ensuivy le chemin » de Crétin.
(2) Une copie de cette partie delà Chrnniquf se trouve er/cure à la Bibl. uat., coll. Dupiiy, vol. 5(54, fol. 27 r" à t^1. r".
XIJ INTRODUCTION
que nous publions (i) nous prouve que l'œuvre de Macé devait comprendre le règne de François I"au moins jusqu'en i54o. Le Père Lelong semble du reste (n° iSôpp) avoir eu sous les yeux cette fin de la Chronique.
II- — Voyage de Charles Quint par la France. — C'est le poème objet de cette édition, que nous étudions séparément au chapitre deuxième de cette Introduction, et dont les mss. sont décrits au chapitre troisième.
Telle est l'œuvre de Macé, telle du moins que nous la présentent les manuscrits qui sont à notre disposition ; mais les ouvrages qu'il a composés ont dû être en nombre bien plus considérable, comme on peut le supposer d'après différents indices. C'est ainsi qu'au v. looi du Voyage de Charles Quint, Macé parle d'une èpigramme, que nous n'avons pas retrouvée dans les manuscrits (2). De même Geofroi Tory, dans son
(i) Voy. V. 1483, en note.
(2) Macé cite en marge une épigramnie d'Alciat sur le ravissement de Ganimède (voy. v. looi, en note), et ajoute qu'il a donné, lui aussi, une interprétation de ce ravissement a en l'epigrararae commençant • • Ganimedes en ung champ. »
INTRODUCTION
XUJ
Champ fleury mentionné plus haut, met sur le compte de R. Mace une méprise relevée ailleurs (i), d'après laquelle Dante et les frères Greban auraient vécu à la même époque. Un moment nous avons cru être sur la trace de cette eri'eur, car nous voyons dans Vlndex auctonim de Du Gange (?,) indiqué sous le nom de Renatus Vindocinensis le ms. de la Bibliothèque du roi n° 1069. Ce ms., qui a porté le n° 10 149 dans l'inventaire de Clément, et actuellement a le n" latin 5896 dans le catalogue imprimé, est une Histoire de Florence. Florence et Dante, ces deux noms s'expliquaient l'un par l'autre; malheureusement, après vérification , le ms. latin 0896 n'est autre que VHistoire de Florence de Léonard Bruni d'Arezzo (3), mort en i444 ^t n'ayant pu jamais connaître les Greban. Ce sont donc deux ouvrages inconnus à ajouter à la liste de ceux de Macé, le premier auquel renvoie Geol'roi Tory,
(1) Voy. V Introduction, p. xill, du Mystère de la Passion d'Ainoul Greban, publié j)ar Gaston Paris et Gaston Rayuaud, Paris, Vieweg, 1878, gr. in-80.
(2) Éd. Henscliel, V[I (i85o), p. 4uj.
(3) Inip. Strasbourg, 1610, in-f".
IXTHODL'CTION
le second que Du Cange désigne par le n° 1069, sans doute fautif.
Pour finir, il nous faut parler d'une Chronique rimée de Vendôme y que M. Achille de Rochambeau a trouvée dans la collection Clairambault de la Bibliothèque nationale i), et qu'il a attribuée à René iMacc. Cette Chronique ^ que M. de Rochambeau a publiée {2), se termine, il est vrai, à une époque où !Macé vivait encore ; mais rien ne peut fane supposer qu'elle soit son œuvre, et le nom de Vendôme ne suffit pas, à notre avis, pour faire attribuer au chroniqueur de François F"" la paternité de cet ouvrage, dont le style ne ressemble que peu à celui du Voyage de Charles Quint (3;.
(i) CLùrambault, ii6o, coll. S'-Esprit, 5o, fol. 127 àiSir".
(2) Galerie des hommes illustres du Fendômois. René Mace, 1869, in-80.
(3) Cette j)retniére pmtie de Vlntrodtujtioii a déjà été publiée ilaus le Cabinet historique, XXIV, 16G-176; nous ne Pavons modifiée que très légèrement.
INTRODUCTIOX
Le passage de Charles-Quint par la France en i53q-i54o fut certainement un des gros événements du milieu du xvi^ siècle. Nous n'avons point à envisager ici le côté historique et politique de ce vovage ; la plupart des historiens qui se sont occupés de cette époque n'ont pas manqué de traiter la question à ce point de vue, et tout dernièrement encore M. Ch. Paillard a tait (i), d'après les documents originaux, une étude intéressante, qui offre des vues nouvelles sur l'histoire des rapports entre la France et la maison d'Autriche au xvi'= siècle. Le poème que nous publions ne nous apprendrait du reste rien à cet égard : composé par l'historiographe du roi de France, sur l'ordre exprès de François P"", qui voulait, comme nous le dit Macé (2, que
(1) Revue des qucstioii.t /listoiiqucs, XXV, .joti-ôo. (?.) Vny. V. 7iJi,cii note.
XVJ INTRODUCTION
« tous estatz feissent leurs debvoirs envers l'Empereur » , c'est un morceau purement littéraire, plein d'intérêt et de vérité, quand l'auteui nous rend compte de faits, d'anecdotes, de conversations, dont il a été le témoin ou l'auditeur, mais aussi rempli de fantaisie, dans les cas fort nombreux où le poète ne parle que par ouï-dire. U Entrée à Paris forme réellement le morceau de résistance du poème ; Macé glisse rapidement sur le reste, sur le passage à Bayonne, à Poitiers et à Orléans, où cependant de magnifiques réceptions furent faites à Charles- Quint, comme en font foi les imprimés de l'époque, destinés à populariser l'événement i ^ : son but principal est de raconter les fêtes données à Paris. Aussi, à partir de Fontainebleau, il ne nous fait grâce d'aucun détail : les arcs de triomphe avec leurs devises, les tapisseries, le cortège des Princes du sang et du Légat, le défilé du Parlement, de l'Université, les costumes des « mignars de Paris » , il nous décrit tout avec plaisir et se complaît dans ses énuméra lions. Chemin faisant le poète nous promène
(l) Voy. plus loiu p. xxiv-xxvij.
INTRODUCTION XVIJ
dans le vieux Paris, et nous lui savons gré de citer en passant le nom de Tabbaye de Saint- Antoine-des-Champs, du Palais des Tournelles, de l'apport Baudoyer ou porte Baudet, des rues de la Coutellerie et de la Vannerie, de la Planche Mibray, du Palais de Justice et finalement du Louvre. Macé ne se contente pas de décrire ; il fait parler aussi ses personnages, et le dialogue qu'il rapporte entre l'Empereur et un marchand Flamand est d'une bonhomie charmante ; c'est peut-être le passage du poème le plus moderne et le mieux réussi. Macé nous le fait voir, ce gros « espicier, de noir tout veloutté » , bien heureux que l'Empereur veuille lui parler, et se mettant hors d'haleine pour suivre le pas du cheval impérial ; la mise en scène est simple et naturelle, le tableau est vrai et vivant. Nous retrouvons la même vérité dans les paroles qu'échangent Marguerite de Valois et Eléonore d'Autriche (i), ainsi que dans le discours que Macé met dans la bouche de Louise de Savoie, à laquelle il avait dédié autrefois son Andias (2).
(i) Voy. V, 653-680.
(9,) Voy. V. 332-422.
XVllJ INTRODUCTION
Malheureusement les éloges qu'on peut adresser à René Macé s'arrêtent ici : comme composition, comme style, comme langue, le Voyage de Charles. Quint par la France est plus que médiocre. C'est un fatras poétique, où se heurtent les légendes chrétiennes et les fables de la mythologie grecque et romaine ; et malgré le grand désir de l'auteur de composer suivant les règles de la bonne rhétorique un poème tout classique, on ne peut que déplorer cette recherche prétentieuse d'expressions et de tours de phrases, qui rendent parfois la pensée incompréhensible. La langue de Macé n'a rien de remarquable ; ici aussi l'influence de l'antiquité se fait sentir dans tous les vers, qui abondent en mots savants, entremêlés parfois de néologismes comme de if fier (i) ou comme pierrie( 2). Le pastiche du « gergon de la table ronde (3) » n'est pas non plus très heureux et fait bien voir que notre auteur connaissait beaucoup mieux les littératures grecque et latine que l'ancien français. Virgile et Homère sont du
(i) Voy. V. 768, en uote.
(2) Voy. V. i5i6, en note.
(3) Voy. ii56, en note.
INTRODUCTION
reste les modèles que Macc a toujours en vue, et les citations qu'il en donne sont nombreuses dans ses manuscrits (i). Pline l'Ancien est aussi mis à contribution par notre poète, puis Pindare, Diodore de Sicile, S. Augustin, et parmi les modernes de son temps Jean de Hantville et Baptiste le JMantouan. Tous ces noms sont cités par Macé. Il en est d'autres qu'on peut rétablir d'après les emprunts qu'il fait aux auteurs, Claudien, par exemple, dont un vers est traduit presque littéralement au v. 777 :
Plus on est liaull, plus ou trébuche bas !
et Robert Gaguin, dont est reproduite l'opinion relative aux trois grenouilles de l'étendard des Scythes, opposées aux trois crapauds qui ont précédé les fleurs de lys dans les armes de France (2).
Tel qu'il est, et malgré des imperfections de toute nature, le poème du Voyage de Charles
(1) Nous avons repioduit en note de cette édition la plupart des remarques ou citations qui se trouvent en marge du Fojage de Charles Quint dans le ms. de Paris.
(2) Voy. V. 5o4, en note. Cf. à ce sujet une note très explicite de M. Paul Meyer dans le Débat des hérauts d'armes, Paris, i!i77
'87y)> P- iSg-Co.
INTRODUCTION
Quint par la France méritait d'être publié, car non seulement il nous fournit quelques aperçus sur la société et la cour de François I", aperçus qu'un témoin oculaire pouvait seul nous donner, mais il nous permet encore, grâce aux notes que l'auteur a jointes à son ouvrage, d'étudier la manière dont au xvi^ siècle les poètes patentés et consacrés grands hommes par leurs contemporains composaient et écrivaient les œuvres qui leur ont valu une réputation, à notre avis souvent bien usurpée.
Les manuscrits qui nous ont servi pour cette édition sont au nombre de deux.
Le premier porte dans le fonds français des mss. de la Bibliothèque nationale de Paris le n° 14992 ; c'est un petit volume, écrit sur vélin, de 230""™ de hauteur sur i65 de largeur. Il est incomplet à la fu], car le 4^^ et dernier feuillet,
INTRODUCTION XXJ
contenant les v. 1693-1700,3 été déchiré. Ce ms. appartenait autrefois à Monsieur de Villayer, « doyen du Conseil » , qui a écrit en tête la note suivante : « Acheté le 28''aoust lySS, 4'* >'• Antérieurement il avait pour possesseur René Thevenin, dont le nom est imprimé en lettres d'or sur un des plats de la reliure, qui est du temps. C'est ce ms. dont nous avons presque partout suivi les leçons, employant seulement le deuxième pour corriger les fautes évidentes.
Ce deuxième ms., signalé par M. Léopold Delisle (i), se trouve à Aix en Provence, à la bibliothèque Méjanes. Il portait le n° i4i dans le catalogue resté inachevé et non publié de feu Rouart (a) qui le décrit ainsi : « In-4°, 79 p. régi., bon écrit, anc. et riche reliure, mais fatiguée, avec fil. dentelles et fl. de lys aux coins, tr. d., xvi^s. » Nous n'avons pas vu ce ms., mais nous en possédons une collation, qui nous a permis parfois de rectifier le ms. de Paris ; nous donnons du reste à la fin de notre volume
(1) Bulletin de la Société Je l'Histoire de Paris, II (1875),
(2) Catalogue des manuscrits de la Inhliothèque Mejanes, j)ar Rouart, p. f)f)-8.
XXlj INTRODUCTION
le relevé des Variantes peu nombreuses des deux manuscrits.
Un ti'oisième manuscrit n'a pas été utilise par nous ; il appartient à Taneienne bibliothèque de Sir Thomas Phillipps, placée aujourd'hui à Cheltenham, et est mentionné aux col. 869-70 du Répertoire de G. Haenel en ces termes : « In-octavo. Les 3 premiers livres du Bon Prince ou Voyage de V Empereur Charles V par la France en loSp, par F, René Macé,
religieux du monastère de la Trinité en Ven-
dôme (vél.). » C'est sans doute le ms. que le Père Lelong (n" 17072) et La Monnoye (i) disent avoir appartenu à l'intendant Foucault. On remarquera que ce volume porte deux titres : jo Voyage de Charles Quint; 1° le Bon Prince. Ce dernier titre est le seul qui figure dans les deux manuscrits d'Aix et de Paris; l'auteur veut faire sans doute par ces mots une flatterie non pas à Charles-Quint, comme le dit Rouart dans la notice qu'il a consacré au ms. d'Aix, mais bien à François I", que Macé, à plusieurs reprises dans son poème, appelle le Bon Roy.
(i) Lacroix du Maine, BibUothè(jue française, II, 3^0.
INTRODUCTION X^XH.)
Nous avons préféré cependant donner à notre publication le titre de Voyage de Charles Quint par la France^ qui a du moins le mérite d'avoir un sens bien défini.
Nous l'avons dit plus baut, le passage de Cbarles-Quint à travers la France frappa d'une façon toute particulière les gens du xvi^ siècle ; à cette occasion les Entrées, Relations, Chansons, Lettres, etc., ne manquèrent point de se produire. Nous donnons de toutes ces pièces une bibliograpbie, restreinte exclusivement au xvi^ siècle ; cet ensemble de documents contemporains permettra au lecteur de contrôler et de rectifier le témoignage quelquefois hasardé de René Macé.
Nous divisons cette bibliographie en trois parties : la première (n"" i-i4) se rapporte uniquement aux Entrées de Charles-Quint ; elle
IXTRODUCTIOX
est classée, ville par ville, clans Tordre même du voyage ; la seconde (n°^ 10-28) comprend un certain nombre de pièces historiques dans Tordre chronologique ; la troisième enfin (n°* 29-89) s'applique aux chansons et plus généralement à toutes les productions littéraires qu'a pu faire naître sur son passage l'empereur
d'Allemagne.
1. Cérémonies faites a l'entrée de Charles d'Autriche Empereur en la ville de Bourdeaulx, au mois de nouvembre iSSg.
Bibl. nat. Mss. fr. coll. Dupuy 32.5, fol. 53.
2. Triomphes d'honneur faitz par le commandement du Roy a l'Empereur en la ville de Poictiers, ou il passa venant d'Espaigne en France pour aller en Flandres le noufviesme jour de décembre l'an
mil cinq cens xxxix. — On les vend a Paris
par Jehan Dupré, libraire, Mil. D. xxxix. (In-8", 1 2 ff . non chiffrés) .
Bibl. nat. Impr. Lb'^Si (Réserve).
Réimpr. Mémoires de Martin et Guillaume Dubellai- Langei (éd. 1753) VI, 339-367.
3. Triumphes d'honneur faitz par le commandement du Roy a l'Empereur en la ville de Poictiers,
INTRODUCTION
OU il passa venant d'Espaigne en France le ix. jour de decembi'e l'an mil cincq cens xxxix. Ensemble de l'entrée et triumphes faitz au dit Empereur, le premier jour de l'an ensuivant par les Université, Cité et Ville de Paris en France. — Imprimé a Gand près le Chasteau par moi Pierre Cœsar, Van M. ccccc. XXXIX, le xix janvier. (Petit in-8°, i6 ff. non chiffrés. Vignette Plus oultre gravée sur bois. A la fin, écusson avec 3 fleurs de lys).
Vander Haeglien, Bibliog. gant. n° 35. (La ï" partie, consacrée à l'Entrée à Poitiers, est une réimpression du n" 2. — La relation de l'Entrée à Paris est signée Corneille Romain).
Bibl. de Rouen, catal. Leber, n" 5196.
4. La triumphante et excellente entrée de l'Empereur faicte en la ville d'ÛRLEANS par le commandement du Roy, ou est contenu l'ordre gardé et observé en icelle. Avec la harengue faicte par le baillif d'Orléans a l'Empereur et la réponse de l'Em- 'pereur au baillif. — On les 7>end a Paris... en la boutique de Charles Langelier. (Iii-S** 16 ff. non chiffrés. Caract.goth. Privilège daté du 10 janvier 1539-1540. — A la suite de cette pièce se trouve le n** 30 ; voy. plus loin),
Bibl. nat. Impr. Lb^" 82 (Rései-ve).
Réimpr. Mém. de. Duhellai-Langei, VI, SôS-Sga.
5. S'ensuivent les triumphantes et honorables entrées faites par le commandement du Roy très-
XXVJ INTRODrCTION
christien Françoys premier de ce nom a la sacrée Majesté Impériale Charles V de ce nom tousjours auguste es villes de Poictiers et Orlea>'s, avecque la harengue faicte par le baillif d'Orléans a sa dicte M. I. et la respouse de sa dicte M. au dict baillif.
Item le honorable recueil que luy feit le dict Roy treschristien a son entrée du chasteau de Fontayxe Bleau, Tan m. d. xxxix.
Item la complainte de Mars, dieu des bataylles, sur là venue de l'Empereur en France, par Claude Chappuys, varlet de chambre du Roy ; le tout im- ])rimé sur la copie de celles lesquelles ont esté imprimées a Paris par privilège du Roy et deffences.
Item un epigramme de Clément Marot sur la venue de l'Empereur en France.
— On les vent a Lille par Guillaume Hamelin librayre, demourant sur le marché au blé dudict Lille. (Petit in-S", Sa ff. non chiffrés. Carac. rom. On lit à la fin : « Imprimé a Gand près l'hostel de ville par Josse Lambert, Van iSSg »).
Catal. Van Hultliem, ii" 27649.
Vander Haeghen, Bibliog. gant. n° 56.
Bibl. nat. Impr. Lb'" 80 (Réserve). L'Entrée à Poitiers est la réimpression du n" 2. — L'Entrée à Orléans est la réimpression du n° 4. — Pour la Complainte de Mars et rÉpigramme de Marot, Toy. les n"» 32 et 34.
Réimpr. en partie. Mém. de Duhellai-Langei, VI, 400-418.
6. Le double et copie d'unes lettres envoyées d'Orléans a ung abbé de Picardie contenant a la vérité le triumphe faict audit lieu d'ORLEAXs a l'entrée et
l^'Tl\or)u^.TIOX xxvi.l
réception de l'Empereur contre ce qui auparavant en a esté imprimé qui est faulx. — Hz se vendent... ...a Paris es boutique\s] de Gille Corrozet et Jehan Dupré. (In-S", 20 ff. "on chiffrés. Privilège du -xi janvier i539-i54o).
r>il)l. nat. linpr. Lh'" 83 (Réserve).
r.ihl. (le Rouen, catal. Leber, n° 5196.
7. L'ordre tenu et gardé a l'entrée de treshault et trespuissant prince Charles Empereur... en la ville de Paris... L'ordre du banquet faict au Palais. L'ordonnance des joustes et tournoy faict au chasteau du Louvre. La description desarcz triumphans, magnificences.., faictz en icelle ville... m. d. xxxix.
On les vend es boutiques de Gilles Corrozet
et Jehan Dupré. (In-S" 19 ff. non chiffrés. Caract. goth. — En tète de cette pièce se trouve le n° 35 ; voy. plus loin).
Bibl. nat. Impr. I.I)^" 84 (Réserve).
Réimpr. Mem. de DubelLi-Langfi, VI, 419-4/14.
8. La magnificque et triumphante entrée du tresillustre et sacré Empereur Charles César tousjours auguste faicte en la excellente Ville et Cité de Paris, le jour de l'an en bonne extreinne. — On les vend a Lyon, chez Françojs Juste. (In-4% s. d. Caract. gotii.)
Bibl. nat. Impr, Lb™ 84 * (Rec. Fontanleu Cl.XX, 271-
Bli)l. de Gand (In-40 l3 ff. et l blanc, s. 1. n. d.). Bibl. de Bruxelles (Autre éd., in-S», 18 ff.).
XXVDJ IXTRODUCTION
9. El grande y muy sumptuoso recibimiento que hizieron en la gran cibdad de Paris al invictissimo Emperador y Rey nuestro senor. (In-4° goth. 4 ff. non chiffrés. Au frontispice les armes impériales).
10. Entrada de Carlos V en Paris el ano i5/io. — En Léon de Francia, Scheuring, 1864. (In-4''. Armes impériales).
BihI. nat. Impr. Lb^** iSg (Réimpression du n"> 9.)
11. La sontuosa intrata di Carlos V sempre augusto in la gran città di Parigi con gli appariti, triumphi , feste, archi triumphali, livrée, presenti, cérémonie ecclesiastice et pompe regale, fatte a S. M. in Francia. — (A la fin :).... Da Parigi alli 111 di gennaro i54o. (Petit in-4'', 4 ff. Au titre les armes de France et celles de Charles-Quint).
Catal. Ruggieii, no 904.
12. Warhafftige aucli gantz glaubwiirdige newe Zeytung, wie Keyserlich Majestat, jûngst verschynen, den fiinfften Januarii dises xl. Jars, zu Paris in Franckreych ankommen ist. Auch mit was Pomp und Bracht er empfangen und geehrwyrdigt worden sey. Ailes gegenwertig gesehen, erfaren und schrifftlich verfasset, wie nachfolgends klarlich angezeygt wirdt'. — Oetrucht zu Augspurg durch Heynrich Steyner. (In-4'^ goth. de 4 ff. non chiffrés. — Au
* L'auteur dit qu'il a précédemment raconté le début du voyage. Nous n'avons pas vu cette relation, qui doit se trouver dans quelque bibliothèque d' Allemagne.
INTRODUCTION
titre uu bois des armes impériales, avec la devise : Plui ultra).
Bibl. muuicip. d'Augsbourg.
Verzeichuiss einer Sammluug von naliezu 3ooo Flugschiiften Lutliers und seiiier Zeitgenossen beaibeitet von Arnold Kaczynski {Leipzig, If'eigel. 1870, in-S"), n" îSSa.
13. — Déclaration des triumphaiitz honneurs et recoeul faictz a la Majesté Imperialle a sa joyeuse et première entrée, ensemble aux illustres princes messieurs le daulphin et le duc d'Orléans en la cité et duché de Cambray, en l'an de grâce iSSg au mois de janvier le 20« jour dudict moys. — Imprimez a Camhray, par Bonaventure Brassard (Petit in-4° goth. 16 ff., plus 4 ff. de musique composée par Courtois. L'Entrée est suivie de pièces de vers latins et français et du motet latin : Venite populi terrœ).
Ciital. Ruggieri, n" 902 his.
14. La triumphante et magnificque entrée de l'Empereur Charles tousjours auguste cinquiesme de ce nom, accompaigué de messeigneurs le daulphinde France et duc d'Orléans en sa ville de Valentiennes .MDXXXix. — Imprimé a Rouen par Jehan Lhomme le vingtiesme jour de mars mil cinq cens trente neuf. (In -8°).
Bibl. de Valenrienries. Ms. n° Sag.
Bibl. nat. Irapr. Lk' ioo38 (Réserve).
Réiinpr. Gacliard, Collection des Fojages des souverains des Pajs-Bas, II, SSi-Sya.
INTRODUCTION
•t7\f l'ÏV'
15. 27 nov. i53g-4 janvier i54o. — Relation (lu voyage de Charles-Quint en France.
Bibl. de Bruxelles. Ms. 16884- 16887 («"<=. Van Hultlicin nO 620).
Pujjl. Gacliard, Relation des troubles de Gand, 44-56.
16. 4 clécembre-6 décembre iSBg. — Résolutions de la commune d'OaLEANs relatives à l'entrée et à lu réception de l'Empereur (4 pièces),
Bibl. nat. Mss. fr. coll. Dupuy 325, fol. 60-66, et Sgr, fol. 19-24.
Publ. Gachard, Relat. des tr. de Gand, 299-30.5.
17. — 6 décembre i53g. — Lettre de Granvelle à la reine Marie de Hongrie sur la réception faite à l'Empereur en France.
Archives de Belgique. Troubles de Gand (i537-l542), t. II. l'ubl. Gachard, Rel. des tr. de Gand, 3o5-3o7.
18. 12 décembi'e i.53g-8 janvier i54o. — Différentes lettres de la reine Marie de Hongrie, relatives au voyage en France de l'Empereur et à sa réception dans les villes, adressées au duc d'Arschot.
Archives du duc de Caramau, à Beaumoiit. .Vrchives de Belgique. Troubles de Gand, {^lS'~-lb!yl),t. I. l'ubt. Gachard. Rel. des tr. de Gand, ^i&'3iu.
INTRODUCTION XXXJ
19. 21 décembre iSig. — Lettre de l'Empereur au cardinal-archevêque de Tolède en partie relative à son voyage. (Ecrite d'Orléans, en espagnol).
Arcliives de Siinancas, Es ta do, liasse nO 496- Publ. Gacliaid, Relal. des tr. de Gand, 641-644.
20. '21 décembre 1.^39-7 janvier i54o. — Relation (en espagnol) du voyage de l'Empereur depuis le ai décembre i53g, jour de son départ d' Orléans, jusqu'au 7 janvier i54o, jour de son dépai't de Paris.
Bibl. nat. de Madrid. P. 3o, fol. ii6à ii8 vo. Publ. Gachard, Relat. des tr. de Gand, 653-658.
Mss. nombreux, voy. Gacliard, Coll. des voj., II, Introd. p. xxin-xxiv.
Publ. Gacliard, Coll. des voy., II, i54-i59.