PRÉFACE IX
Hasselquist et Osbeck, deux autres suédois, se préparaient à partir pour aller explorer les régions fertiles, l'un de T Asie-Mineure, de l'Egypte et de la Palestine, et l'autre de la Chine, d'où ils devaient rapporter d'immenses richesses en fait de collections et d'observations, qui ont grandement servi à Linné.
Restait l'Amérique Septentrionale, avec sa vaste flore encore inconnue. Ne pouvant y aller lui-même, le grand naturaliste songea à faire charger un de ses disciples de cette mission ; il jeta les yeux sur Pierre Kalm, alors professeur à l'Université d'Upsal. Son choix fut ratifié par l'Académie Royale de Stockholm. Mais en Suède l'argent était alors plus rare que les savants, et il fallut pourvoir aux dépenses d'un voyage aussi considérable. L'Académie s'adressa aux trois Universités d'Abo, de Lund et d'Upsal, qui firent une première mise de fonds, à laquelle vinrent s'ajouter une seconde contribution de £150 sterling, que versa Y Université d'Upsal, à la demande de son chancelier, le Prince Royal de Suède, et la somme de £45 fournie par une société de manufacturiers. Kalm dépensa dans ce voyage, outre son salaire et la somme souscrite, près de £130 pris sur ses économies, ce qui le mit dans un état de gène pécuniaire dont il se sentit toute sa vie.
Nous sommes entrés dans ces détails, parce qu'ils