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de parchemin, couturée, froncée en replis, en ride caverneuses ; ses yeux chassieux clignotaient, sa che velure gris de fer, longue, nattée, non peignée, lu tombait sur les épaules. Elle bougonnait toujours e montrait ses gencives édentées, en déchiquetant, à ses doigts longs, osseux et sales, la viande amassi devant elle ; souvent elle laissait échapper quelqu exclamation sauvage et colère, tout en frappant | chiens, pareils à des squelettes, qui s’efforçaient d'a traper quelau’un des morceaux délicats de la vian qu'elle semait autour d’elle.
Nous apprîmes, à force de questions, que, par sui du peu de profondeur de l’eau, il était impossible savoir quand le bateau arriverait, si jamais il parr nait à Georgetown, et nous résolûmes de nous rend: à Fort-Garry en canots. Cependant nous avions hi cents kilomètres à faire sur la rivière, qui arrose pays sauvage et désert, sans autres habitants que | tribus errantes des Sioux, des Chipeouays et des A: siniboines {. Après avoir bien marchandé, nous finim 4660 par acheter à quelques métis deux canots d’écorce : deg bouleau. L’un, qui était tout perforé de trous de b: aller les, avait jadis appartenu à des Assiniboines, qu'u: Sieu bande de guerriers sioux surprit, comme ils desce P6iR daient la rivière, l'été précédent, et qui furent imy que toyablement tués à coups de fusil par leurs ennen COR cachés en embuscade sur la berge. L'autre, délab il: faisait eau. Tous deux, avant de pouvoir à peu prä étre readus imperméables, exigeaient d’être rapié Noë et calfatés avec soin. Nous essayâmes d'engager à * V
1. Les Chipeouays sont entre le haut Missouri et le lac: Bois, conséquemment dans la vallée de la Rivière Rouge nord. Plus haut, à l'ouest de cette rivière, entre la riv: pe Souris et le lac Manitoba, on trouve des Assiniboines ; maïf êf gros de ces tribus, qui sont une division des Sioux, esté ‘4 l’angle que forment aux Etats-Unis le Missouri et la rivière, 1#Pl la Pierre Jaune, entre les Gros Ventres et les Pieds Noirs. -— JI1 €8t fe
tte service un guide, qu’il fût métis ou Indien; mais @ fut peine perdue. Les vagues rumeurs qui alors hnoncaient la probabilité de la prise d'armes des
oux étaient suffisantes pour effrayer ces lâches. % Nous n’emportions que peu de provisions, car nous étions convaincus que notre voyage ne durerait pa: db delà de huit à dix jours, et nous savions que nous fouverions, tout le long de la rivière, des canards en jüantité. IL nous parut donc suffisant d’avoir unc ji gtaine de livres de farine et de pemmican !; une dizaine environ de viande salée de porc, un peu de s, que, par sui graisse, de l’amadou et des allumettes, une petite quanit impossible: tité de thé, du sel, du tabac et beaucoup de munijamais il part tions. Une marmite en fer-blanc, une poêle à frire, s de nous rend gMlelques couvertures et, pour chacun de nous, un ment imperméable, une hachette, un fusil et un
nous avions hu VeR ne e, qui arrose l x 1 de chasse : tels étaient les compléments de ’ x FR
abitants que À e équ'page. | :
ouays et des À Comme nous achevions nos préparatifs, un métis
ndé, nous finim aééburut, tout agité, avec la nouvelle qu’une bande anots d’écorce : detguerriers sioux rôdait dans les environs. Sortis pour de trous de ix aller chasser le cerf, il avait tout à coup découvert plu:
niboines, qu'u sieurs Indiens qui se dérobaient sous le bois. Leur mme ils desc Péliture et leur équipement lui avaient fait connaître qui furent im qUé c'étaient des Sioux sur le sentier de la guèrre. ar leurs ennen C@ime les Indiens n'avaient pas l'air de l'avoir aperçu, L'autre, délabrili@tait tourné le dos et pris la fuite, et il avait réussi voir à peu präf@ntrer dans l'établissement sans avoir été poursuivi
it d'étre rapié N@Bs n ajoutâmes pas plus de foi à son récit qu'aux s d'engager à n4ViR que nous avions reçus précédemment, et, le lendéMain, nous partimes tout seuls. Et cependant, ces
MMeurs et ces renseignements sur l'esprit hostile qui amiait les Sioux, si légèrement traités alors par nous,
jent, comme on l’a vu, que trop fondés.
eplis, en ride taient, sa che on peignée, lu ait toujours € échiquetant, à viande amasst happer quelqu en frappant À efforçaient d'a ts de la viani
issouri et le la:
Rivière Rougt
bre, entre la ri °9à
ssiniboines ; maïN @6R des Sioux, est , | ,
ouri et la rivière, He lus bas, on expliquera ce qu'est le pemmican et commet
L'Pieds Noirs. = jAl est fabriqué par les femmes des métis, — J.-R,
Milton, avec Rover, occupait le plus petit canot: Treemiss et Cheadle dirigeaient le plus grand. D’abor, notre navigation ne {ut pas fort habilement conduite et nous nous trouvions assez inexpérimentés à manie la rame. Un canot d’écorce de bouleau est si léger su l'eau qu'il suffit d'une bouffée de vent pour le fai: . dériver comme une coquille de noix; et, quand le ver vous est contraire, ramer est un travail aussi lent qu pénible. Mais, au bout de peu de temps, nos progri étaient merveilleux. Miiton avait une longue pratiqu de cet art, et les deux autres a’aient souvent dirigé légères et agiles embarcations sur l’Isis et la Cam: Nous descendions donc assez agréablement, pagayar à notre aise et flottant tranquilles, à. l’aide d’un cou rant paresseux. La journée était chaude et briliant Nous recherchions l'ombre gracieuse des arbres q ornaient les rives des deux côtés; le silence des bo n'était interrompu que par le bruit de nos avirons, k sauts des poissons ou les cris de quelque oiseau; l'éa reuil se jouait et gazouillait au milieu des rameai des arbres, le pic moucheté frappait de son bec le tror creux, et, perchés sur l: cime: la plus éievée de qu: que géant desséché de !a forêt, l'aigle: et le faucon | taient leurs cris rudes et discordants. Cà et là, le lor des rives, des essaims de loriots noirs et dorés se gro paient dans les buissons ; le martin-pêcheur au g
1. L'Isis passe près de Cirencester et se réunit en amont d' ford à la Thame, pour former la Tamise. La Cam arrose | d'Ély, de célèbre mémoire, et passe à Cambridge. Sur ces de rivières, s’exercent au canotage les Oxoniens et les Canta c'est-à-dire les élèves des universités d'Oxford et de Cambric. pour se préparer à la joute solennelle où ils rivalisent de for et d'adresse, tous les ans, sur la Tamise. Cette joute est: événement qu'annoncent et que racontent tous les journa MO: anglais. Il s’y mêle de ces passions qui rappellent les ancien: ef factions du cirque à Constantinople. Les Oxoniens qui avai "# été vainqueurs de 1861 à 1859 sans interruption ont été vai cus le 6 avril 1870 par les Cantabs.. — J.-B,
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1s petit canot, grand. D’abor, ment conduite nentés à manie est si léger su nt pour le fai t, quand le ver 1 aussi lent qu 1ps, ñ10S progit longue pratiqu Duvent dirigé c sis et la Cam:
ment, pagayat l’aide d’un cou ude et briliant . des arbres q silence des bo nos avirons, À ue oiseau; l'é eu des rameal son bec le troi élevée de que ». et le faucon | Ça et Là, le lor et dorés se groi pêcheur aug
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rivalisent de for Cette joute est:
tous les journt Ilent les ancient koniens qui avai ption ont été va
image voltigeait en passant: des canards et des oies Mgcaient sur l’eau, et le pigeon à longue queue d'Am rique s'élançait comme une flèche au-dessus des ar- Res. A l'approche de la nuit, des centaines de hiboux aient autour de nous; le whip-poor-will (on fouette
Je pauvre Guillaume) nous faisait tressaillir par la
quence et la rapidité de ses appels, et le plus mélancolique de tous les oiseaux, le plongeon imbrim, éjaeulait ses lamentations lugubres sur le bord d’un lac sin. Ces scènes et ces rumeurs sauvages, jointes à range sensation de la liberté, de l'indépendance ab- … ER nous trouvions, nous charmaient pro- Nous avions abattu autant de canards qu'il nousen it. Donc, au coucher du soleil, nous débarquâmes,
nuit était noire. Notre inexpérience nous mit dans un cruel embarras au sujet du bois sec qu'il fallait amasseppour notre feu et pour notre cuisine. Cependant kr à finimes par réussir à plumer, à fendre en deux ebà ouvrir en aigles déplovés nos canards ; ils furent rôti sur des bâtor.s à la façon indienne, et, en y joignBnt un peu de thé et quelques dampers ou gâteaux pain sans levain, nous nous procurâmes un fameux pas ; puis nous nous roulâmes dans nos couvertures M jove, sous la voûte des cieux, car nous n'avions as de tente; mais notre sommeil manqua de son Calme habituel : il subissait l'influence des récits que Qus ivions entendu faire sur les maraudes des Sioux ous ne dormions que d’un œil. | ; lus tard nous nous sommes mutuellement rappelés Colment l'un ou l’autre de nous, se dressant tout à
coup sur son séant, tâchait de percer de ses regard l'obscurité dès qu’un son inaccoutumé frappait son oreille, ou comment il se levait pour aller avec pré. caution examiner la cause des craquements et des fr6. lements qui s'entendent si souvent de nuit dans |}: forêt, mais qui pouvaient aussi bien trahir l’approch: furtive d’un Indien ennemi. Les moustiques abon. daient et contribuaient à nous empêcher de dormir.
Peu à peu le plaisir que nous avait fait éprouver l' solement, pendant les premiers jours du voyage, f: place au désir de le voir cesser.
La Rivière Rouge coule presque continuellemen dans la terre de la Prairie. Elle a donc pu, dans c« plaines unies, se creuser un canal profond, dont le berges sont couvertes d'arbres de haute futaie qui sou vent baignent leur pied dans l’eau. L'aspect invariab} de la rivière et l’étroitesse du paysage, cerné des deu côtés par l'élévation des berges, finirent par rendr monotone notre voyage. Puis cette routine de coupe la viande et de la faire rôtir, de charger et de déchar ger nos embarcations, de pagayer et de chasser, for amusante le premier jour, finit par nous paraître asse ennuyeuse,
D'ailleurs nos misérables canots ne cessaient pas d prendre de l’eau. Cela nous forçait si souvent à débar quer pour les vider, et à perdre de nombreuses heure pour essayer d'arrêter les voies d'eau, que nous avan cions bien lentement dans le trajet des huit cents kile mètres que nous avions à parcourir. Nous nous déc: dâmes donc à inspecter à fond nos esquifs, et, espéran les avoir rendus à peu près imperméables, nous nou résolûmes à faire un effort et à voyager toute la nui Le temps était magnifique, et, malgré l’absence del lune, la lumière qui tombait des étoiles était suffisant pour que nous pussions guider notre route.
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us endormait presque sur nos rames avant que la mière du jour vint nous fournir un prétexte de dérquer, ce que nous fimes au premier endroit favora- Ple qui se présenta. Sur le bord, nous entrâmes dans Ja boue jusqu'aux genoux; mais, pour aller chercher Une place plus lointaine, nous étions trop fatigués et fous avions trop envie de dormir. Nous transporâmes nos effets plus haut, où de la terre, glissée d’une äbrupte falaise, avait formé un terrain sec, uni et large de quelques mètres carrés. La falaise tournée vers le sud décrivait un demi-cercle autour de nous. Il n’y ayait pas un souffle dans l'air. Or, nous nous étions ndormis sans avoir rien qui nous garantit contre l’etét des rayons enflammés du soleil de midi; aussi fous réveillimes-nous à moitié cuits, Nous avions la veille au soir tué quelques canards ; ils puaient déjà et étaient à moitié pourris. Plutôt que d’en manger, nous les jetâmes à l’eau. Rester dans ce four nous semblait insupportable. Rechargeant donc de mauvaise grâce nôs canots, nous nous remîmes à descendre la rivière, pagayant avec langueur, jusqu'à ce que le soir fût venu.
Au bout d'une semaine que nous étions partis de Gtorgetown, nos provisions s'épuisaient, car le pemmMican nous avait paru si mauvais que nous l’avions
bandonné à Rover. Nous étions donc réduits à nous ngurrir de canards sauvages, qui heureusement ne nous manquaient pas. Les jeunes oies aussi étaient de JOnne ressource; car, bien qu’elles eussent presque atteint leur taille et poussé leurs plumes, elles ne poufient pas encore voler. Quand nous les poursuivions, Mes plongeaient à l'approche de nos canots et finissalent par chercher un refuge sur le rivage. C'était
le méprise fatale pour elles : Milton débarquait alors immédiatement avec Rover ; on les découvrait bientôt cOuchées, satisfaites d'avoir caché leur tête dans le
gazon ou dans les broussailles, et elles ne tardaient guère à être embrochées devant notre feu.
Un jour que nous nous livrions à cetamusement as. sez entraînant, Milton se mit à descendre le couranti la poursuite d’un oiseau blessé, tandis que ‘Treemiss et Cheadle restaient en arrière à chercher quelques-uns d: ceux qui s'étaient réfugiés à terre. Le premier ramai gaiement en chassant sa proie, lorsqu’à un tournant suhit de la rivière, il se rencontra avec le bateau à vapeur qui remontait un rapide peu profond. Désireur d'aller à bord goûter les friandises dont nous étion: privés depuis quelque temps, il entra dans le courant côte à côte du bateau, dont le pont s’étendait par-dessus. L'eau déjà rapide et forte le devenait plus encor par l’eff:t de la roue d'arrière, qui poussait vivement le petit navire dans cet étroit chenal. Le canot dé: riva jusque sous la projecture du tillac; mais Müiltor le maintint énergiquentent, et quelques gens de l'é quipage l'ayant saisi le hissèrent obligeamment lui « son canot à bord. Quant aux compagnons qui suivaien: Milton à quelque distance, ayant à leur tour aperc le bateau et partageant le plaisir que cette vue avai faite à leur devancier, ils s’élancèrent dans le courant pour monter à bord le plus rapidement possible.
La roue d’arrière fut alors arrêtée ; mais, comm Treemiss et Cheadle approchaient du bateau, on | remit en marche tout à coup. Le canot, tiré avec un effrayante vitesse, passa le long du flanc du bateau e fut aspiré pour ainsi dire par le tourbillon que formai le mouvement de la roue. Ceux qui le montaient euren besoin de tous leurs efforts pour éviter de se laisse entraîner sous le navire ; mais le rapide les emporta: quatre cents mètres de distance. Rover fit un essai d même genre; il fut emporté avec eux, après avoir vaï nement lutté contre la force du courant. Cheadle € Treemiss étaient furieux contre le capitaine qui venai
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recommencer, toujours emportés. Enfin, à force de
ramer, ils se rapprochent, ils ne sont plus qu’à une
" centaine de mètres, ils arrivent; mais, à cet endroit, “la rivière se resscrrait, le courant tournait la pointe avec nine vélocité doublée par les obstacles; et, la tête
À de I: ar canot virant de bord malgré toute leur énergie, x ils se mirent à redescendre de plus belle.
4 Nos infortunés étaient près de quitter la partie en “ désespérant de la gagner, lorsqu'ils virent l’autre canot “ accourir vers eux. Deux hommes le montaient et prou- “ vaient, par leur habileté à manier l'aviron, qu'ils © étuient des mariniers expérimentés. Lorsqu'ils eurent “ accosté, l’un des rameurs changea de place avec * Cheadle. Alors les deux bateaux habilement dirigés, ra- " sant la rive, évitant soigneusement le lit du courant, À revinrent pour la quatrièine fois, mais avec facilité, à + l'endroit critique. Ici la lutte reprit tout son intérét. + À chaque instant entraînés quelques mètres en arrière, "ils remontaient toujours à la charge. Finalement, ils N atteignirent victorieusement le côté du bateau.
“ Le capitaine eut la bonté de s'arrêter une demi- À heure pour nous laisser le temps de faire un bon diner. & Nous apprîmes alors que très-probablement il ne serait # pas de retour avant une semaine et nous obtîinmes de
© lui une nouvelle provision de farine et de porc salé;
© puis nous nous remimes en route. Bientôt nous rencontrâmes Rover, qui avait pris terre beaucoup plus © bas et qui rentra en sautant dans un de nos canots.
3 Nous continuions notre descente lente et monotone, où nous étions souvent obligés de nous arrêter pour “réparer nos barques détraquées, quand nous nous dé- “cidâmes à essayer encore un voyage nocturne. La nuit cc. nença belle, avec un ciel plein d'étoiles. Une heure
ou deux après, des nuages menaçants s’élevaient & l'ouest et les ténèbres devenaient plus épaisses. Cepen dant nous allions toujours, espérant bien qu’il n’y au rait pas de tempête. Mais bientôt l’obscurité devin complète. Ce fut, à notre sens, un changement subit Alors, sans que rien l'eût annoncé, un éclair éblouis sant illumina pour un moment la scène sauvage qu nous environnait; et, presque immédiatement, épouvantable coup de tonnerre, semblable à l’explosio: d’un magasin de noudre, nous arréta immobiles, si: lencieux, terrifiés. Un horrible coup de vent balai}: la rivière, rompant les grands arbres et les éparpillan: comme des brindilles de tous côtés. La pluie qu tomba par flaques nous pénétra jusqu'aux os. 1 partir de ce moment, les éclairs furent presque in. cessants, toujc''rs en compagnie des roulements di tonnerre, De temps à autre, une lumière obscure vacillante, défaiilante et bleuâtre, pareille à la flamm: d’une lampe remplie d’esprit-de-vin ou à un feu follet voltigeait au-dessus de l'eau, mais ne réussissait pas: dissiper la profonde obscurité de la nuit. Elle était ac: compagnée d’un sifflement effrayant, fort comme celu d'une machine à vapeur et qui suivait le vent, tantÿ retentissant à nos oreilles, quand la flamme était pro chaine, et tantôt s’éloignant avec elle.
Nous nous trouv'ons dans le foyer même de la tem pête. L'air était surchargé d'électricité, et, selo: | changement des vents, le fluide électrique se jouait «: passant dans nos cheveux et les hérissait. L’odeur dt l'ozone avait tant de force qu'elle nous faisait ronfe et qu'elle nous obligeait à remarquer ce phénomènt parmi les autres plus terribles qui signalaient la ten pête. Nous essayâmes de prendre terre tout de suite mais les ténèbres avaient une telle intensité qu’il nou fut impossible de parvenir à distinguer, pour les éviter, les saillies et les arbres abattus qui encombraient la rivi
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s s’élevaient & épaisses. Cepen en qu'il n'y au bscurité devin:
angement subit n éclair éblouis.
ène sauvage qL édiatement, ur ble à l’explosio:
immobiles, si de vent balay:
t les éparpillan . La pluie qu isqu’aux Os. À ent presque in:
roulements di amière obscure eille à la flammi
à un feu follet réussissait pas it, Elle était ac:
ort comme celu t le vent, tantü amme était pro:
même de la tem:
ité, et, selon que se jouait c!
sait. L'’odeur dt s faisait ronfe ce phénomènc alaient la ten e tout de suite, ensité qu’il nou , pour les éviter, mbraient la rivt
ssi glissante qu'escarpée. La force du courant nous nçait contre ces obstacles, de façon à nous faire comendre qu’il nous fallait abandonner notre dessein, nous ne voulions ni étre coulés à fond ni voir déchiles bordages de nos embarcations, presque aussi les que du papier. Nous n’aurions eu dans ce cas que n peu de chances de salut, car la rivière était prode; et, même en supposant que nous pussions, au Milieu des ténèbres complètes qui nous enveloppaient, trouver le bord, il y avait peu d'apparence que nous fussions en état d'en gravir les talus glissants. Nous nav: ons donc rien à faire que d'affronter lu tempête jusqu'au lever du jour. En conséquence, nous attaâmes les deux canots l’un à l’autre et nous nous liâmes à la fureur des éléments. Il ne fut pas facile marrer bord à bord nos esquifs; mais, grâce à des appels réitérés, en mettant à profit les illuminations fômentanées ue produisaient les éclairs, nous finimes par y parvenir. Treemiss, couché sur l’avant, surveil- @it attentivernert la marche, tandis que nous, assis à irrière, nous essayions de la diriger. Chaque fois qu'un é éclair jetait sa lueur pour un instant devant nous, il pouvait signaler les rochers et les saillies que s avions en tête; alors nous, par un vigoureux cop d'aviron, nous évitions les brisants pendant l'inmyralle d' obscurité qui suivait.
près une courte période d'aveuglement, un autre ect ir venait nous montrer que nous n'avions évité un dhger que pour nous avancer vers un autre, qui était Quelques mètres de nous. Les heures succédèrent Bsi aux heures, La tempête rugissait toujours avec méme fureur et la pluie ne cessait point de tomber AB torrents. En vain, nous recherchions avec anxiéti découvrir la première lueur annonçant le jour. La auit semblait ne vouloir pas finir. Les canots se rem-
plissaient d’eau peu à peu; nous en avions presque
jusqu’à la poitrine; à peine si les plats-bords surmo taient le fleuve. Bientôt nous doutâmes qu'ils pusse flotter jusqu'à l'aurore,
L'air de cette nuit était froid et humide. Dans no involontaire bain de siége, avec la pluie qui no fouettait en tous sens, nous frissonnions de la tête x pieds; nos dents claquaient, et c’est à peine si: mains engourdies pouvaient tenir les rames. Cepe dant, malgré les sentiments de désespoir qui pari nous portaient à nous abandonner au hasard, no n'osÂâmes pas nous reposer un seul instant de nos f sues, ni cesser de surveiller notre course ou d'évi les saillies et les rochers.
Chacun de nous se rappellera toujours les souffre ces de cette nuit, et l’immense sentiment de cons tion que nous fit éprouver, je ne dirai pas la premi apparition du jour, mais la première diminution. ténèbres. Peu après, la tempéte 5’apaisa sensibleme mais la pluie continuait à tomber à flots, lorsque nt nous hâtâmes de profiter de l'aube pour débarq: sur une rive fangeuse, la première place pratica que nous eussions découverte. Après avoir tirt terre aussi haut que possible nos canots, pour t
le courant qui montait ne pût pas les enlever, 1 MR
nous enveloppâmes dans nos couvertures toutes: gouttantes d’eau, et, dans l'épuisement où nous tait la fatigue, nous nous endormimes d’un lon: profond sommeil.
A notre réveil, le soleil déjà haut brillait dan: ciel, où il n’y avait plus un nuage, et nos couvert se trouvaient séchées. Nous nous levâmes donc ; n Ps étendimes nos effets sur les buissons et nous essayät d'allumer du feu. Comme nos allumettes et n amadou étaient mouillés, nous perdîmes beaucouf temps à tâcher d'obtenir du feu en essayant d’enf: mer des morceaux de jinge sec par un coup de fi