LIVRE itiV, CHAPITRE IV. a6f
consacrés au cabotage, ont une coupe éiégante^ et la plupart des femmes s'adonnent à la pêche des éponges, qu on trouve eii abondance sur les côtes de l'Herinionide. Là , comme à Gymé , petite île voisine deRhodes , chaque fitle doit amasser sa dot en péchant des éponges , et faire preuve de capacité en plongeant à une profondeur . qu*OQ délermine.
A une heure trente minutes de Castri par terre , et à une lieue par mer, ou arrive d'un côté à Crani- 4i, et de l'autre à Bisati, qui e$i son port« Cette place, habitée par six cents familles cbrétiennes , ne repose sur le terrain d^aucune ville ancienne, quoique Halice et Philanorium aient existé aux environs. Quelques personnes croient que Masès, ville eitée par lîonière, exista vers le port dont un des côtés est formé par le promontoire Struthunttum. Avec des soins on trouverait, dans un rayon de quatre à cinq . lieues^ aux environs des hameaux de Cheladia e( de Candia, remplacement des acropoles de Masès et de Boleé; quant à Didyme, bourg copsacré à Castor et à Pollux il existe sous le nom qu'il portait dans Tantiquité. Pour ce qui concerne Bizati , nous dirons que c'est le plus grand pôrt du golfe d'Argos. M. de Qiampmartin, commandant la frégate du roi la Flore, qui y était de relâche au mois d'avril 1776, est le premier qui en ait levé un plan digue de figurer dans un portulan. Il peut contenir la flotte la plus nombreuse, qui y serait à Tahri de tous les vents. On trouve à y faire du bois, et c'est ordinairement l'endroit oit les Hydriotes en prennent les provisions oécessaires à leur navigation.
£n descendant vers Nauplie, on trouve, k six milles
VQTA,Gfi DELA GR^CC
au-dessous de Bizati, Drapano, port où cinquante baûments de guérite seraient à leur ^sa. Oa y cotre par un goulet Jarge de soixanle-deux brasses, après avoir contourné une pointe sur laquelle les Vénitiens avaieut bâti m fort qui est dénioli. On peut amarrer à tent ^ns courir aucun danger^ il y a partout dix-huit é| vingt brasses, fond de coquillages. Nous avons fait çonn^itre les ports Tolon ou Avion et Caratone, qui lont les derniers qu'on trouve sur cette cote avant d'arriver à Nauplie. Ces stations intérieures étaient essentielles à indiquer aux navigateurs à cause des obstacles qu'ils rencontrent de la part des vents de N. E. et de N.
£. qui défendent lentrée du golfe d'Ai^os, ib sont presque réguliers ^ surtout en biver^ temps eà leur impétuosité rend son accès difficile.
L'impçrtance de la partie orientale de TArgolide que nous venons de décrire, sera facilement appréciée cornine point de défense de la INÎorée, si on fait atteotipn aux forteresses dont elle fut autrefois hérissée, et aux ports ouverts sur ses cotes» £lle avait été sentie en 169 3 par François Morosini, doge et coinmandant de la flotte vénitieaae, lorsqu'il conseilla de fortifier Salamine, Égine, Ilydra, Spezzia, qui auraient avec CoHnthe formé une ligne de défense presque insurmontable (1). C'était sur ce terrain qu'il répondait de faire léte à toutes les forces réunies de terre et de mer des Turcs, dont la puissance faisait alors trembler la cbrétienté. Athènes était , comme elle Test au moment. ou nous écrivons , par rapport aux Grecs, un poste avancé quou pouvait difhcilemefltt secourir k
(1) Laugier^ Hbt. de Venise, t. XII, liv. 46.
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cause de son éloignetnent du Pirée , et qu'il fallait par cousequent approvisionner de mâoière à épuiser la patience des Barbares.» qui le^ rebutrat fiK»letiieDl des lonç^eurs d'un siège. Salamine flanquait Tisthme de Corinthe, et défendue par une place murée, elle devenait le refuge de la population de TAtliciue al de la Mégaride, ainsi que cela eut lieu au temps des invasions des Perses et de toutes les bordes ^oi traversèrent ces provinces. Ëgiue, occupée par une garnison « supvcillait le Pirée, qui uVn est éloigné que de dix milles, ainsi que les approches de la Soljfgie. Cette contrée, défendue par Pîada , ob Venise avait fiût construire une citadelle quoa comparait à celle de Corittthe , liait les communications avec cette ville au moyen d*Angeio«»Castron^ forteresse du moyen âge, saHisante pour défendre le deiiie qui aboutit au pont de la rivière de Cléones , près des buttes appelées Asprochâma. Nous avons fait connaître Timportance du Trelé, ia position de Mycènes, les iorts autrefois bâtis dans le défilé qui conduisait de cette ville a Tiryntbe et à Nauplic, de manière à laisser comprendre la sagesse lies vuesdeMorosini, qui furent appréciées à leur juste valeur sans être eitéoutées.
En suivant son système, oii sera convaincu qu'il fut celui des anciens, qui entendaient aussi bien que nous fart de disputer. le terrain» L'intérieur de l'Ëpidau* rie, de la Trézénie et de riiermionide, semblait, d après letat des ruines qu'on y retrouve , avoir spécialement attiré l'attention des Argiens et des Romains qui leur succédèrent. Il est facile dVn juger par les soins et par les combinaisons qu on avait employés à environner Hiéro de remparts destinés à barrer
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les moindres défilés, au moyen de lours bâties pour les | déliendre, de citadelles, a&n d y teair des garnisons, et de vigies disséminées sur les montagnes , pour signaler les approches des partis eiineiiiis , ou pour transmettre des avis par des moyens télégrapliiques connus dès la plus haute antiquité.
(juoK[ue les montagnes soient très-escarpées du colé de Trézène, les passages les moins accessibles étaient retranchés, et chaque ville, environnée de muraille^, ayant son acropole ou citadelle, nécessitait un siège. Dans plusieurs endroits, les temples et les sacellums ou chapelles étaient, comme le sont maintenant les monastères grecs, entouré-s dW cordou de murs. Les métairies avaient leurs pyrges ou tourelles, de maniire qu'un ennemi ne pouvait s*avancelr que pas à pas dans i ce labyrinthe de fortifications, où il était sans cessé harcelé, réduit à l'impossibilité de s'approvisionner | sur le pays , et obligé de recourir à des convois aussi difficiles à transporter qu'à défendre. i
La presqu'île de Methana , fortifiée à son entrée par une muraille, formait à elle seule un boulevard qui protégeait les golfes d'£pid^ure et de Calaurie, ports défendus par des forteresses et par la nature (i). Enfin à l'orient, au midi , au couchant, les mouillages oii les vaisseaux peuvent se réfugier avaient leurs ap* proches protégées par des ouvrages militaires, et ie$ . villes où les populations pouvaient se réfugier et se
(t) C'est dans la presqnt|e Méthanaque le colonel Fabvier a établi en iS%6 sa reserve , son artillerie , ainsi que ses magasins de munitions de guerre et de bouche. Il a senti , en honM habile , l'importance de ceUc position militaire.